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TEXTE D'ORIENTATION PRƒSENTƒ PAR L'AGET (TOULOUSE) POUR LE 58e CONGRéS DE L'UNEF
(ORIENTATION Ç UNIVERSITƒ DƒMOCRATIQUE È)

PREAMBULE

Dans moins d'un mois va se tenir le 59e Congrs de l'U.N.E.F. alors qu'ˆ l'universitŽ se dŽroulent de puissantes luttes Žtudiantes contre la politique gouvernementale d'austŽritŽ.

Ce Congrs devrait donc normalement tirer les leons de ces luttes, et fixer la plate-forme des nŽcessaires batailles futures. II devrait tre le lieu d'un riche dŽbat dŽmocratique.

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Face ˆ la politique universitaire du gouvernement, caractŽrisŽe par la pŽnurie des crŽdits et par l'aggravation de la sŽlection sur une base sociale, les Žtudiants ont menŽ de nombreuses luttes. Chaque mesure directe, comme l'augmentation des droits d'inscription, le dŽcret sur les Žtudes mŽdicales, a provoquŽ la riposte des Žtudiants. Dans toutes ces luttes, la tendance U.N.E.F.-Renouveau en posant clairement les revendications, en luttant pour la dŽmocratie la plus large dans les amphis. a contribuŽ au dŽveloppement de l'action, c'est le cas en mŽdecine. Souvent mme, elle en a pris directement l'initiative, notamment ˆ Nancy, Toulouse. Rennes, Nantes, Tours, Aix, Orsay, Nanterre, ˆ la Sorbonne, etc.

Ainsi conduites, les luttes des Žtudiants ont souvent fait reculer le pouvoir C'est particulirement vrai en mŽdecine, o les effets du dŽcret de septembre ont ŽtŽ largement Ç corrigŽs È. C'est encore gr‰ce ˆ la lutte qu'ont ŽtŽ obtenues la construction de la facultŽ de Lettres de Tours et celle du CHU de Toulouse Rangueil.

Si le Bureau national de l'U.N.E.F a, sous la pression des Žtudiants et des ComitŽs de l'U.N.E.F.-Renouveau, affirmŽ sa volontŽ de se prŽoccuper des revendications Žtudiantes, il n'en reste pas moins qu'il a ŽtŽ absent de nombreuses luttes comme celles des Žtudiants en mŽdecine, qu'il a mme tentŽ de les entraver ou de les dŽvoyer. Heureusement, ces actions de caractre aventuriste ont ŽtŽ tenues en Žchec, c'est le cas du blocage des inscriptions ou de la manifestation du Quartier Latin, annulŽe en dŽfinitive.

Il faut donc que le Congrs de l'U.N.E.F. tire des leons de ce premier trimestre, d'autant plus que les luttes actuelles et ˆ venir nŽcessiteront plus que jamais une grande organisation syndicale.

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Cela exige que le Congrs de l'U.N.E.F soit un Congrs prŽparŽ dŽmocratiquement, que se [sic] tenue soit Žgalement dŽmocratique, afin de crŽer ainsi toutes les conditions d'un vŽritable dŽbat portant sur la dŽfense des intŽrts des Žtudiants et l'organisation des luttes.

L'A.G.E.T. et la tendance de l'U.N.E.F. qui luttent pour son renouveau ont toujours considŽrŽ que le respect de ces normes de vie dŽmocratiques Žtait nŽcessaire au dŽveloppement des combats.

Or, le Congrs peut-il tre dŽmocratique quand le Bureau national n'a encore proposŽ aucun texte d'orientation, quand le choix des structures d'Žlection des dŽlŽguŽs est entirement laissŽ au bon vouloir du Bureau national de l'U.N.E.F ? Sur toutes ces questions, le Bureau national de l'U.N.E.F. doit prŽciser sa position et prendre ses responsabilitŽs. Pour sa part la tendance U.N.E.F.-Renouveau, qui a dŽjˆ pris les siennes est prte ˆ continuer l'action avec tous les Žtudiants dŽcidŽs ˆ poursuivre leurs luttes et ˆ refaire de l'U.N.E.F. une organisation syndicale capable de les organiser et de les diriger.

En Ïuvrant de cette faon, ˆ la satisfaction revendications des Žtudiants, l'U.N.E.F mnerait un combat conforme aux intŽrts des Žtudiants, de toute faon convergente [sic] avec les travailleurs et leurs organisations.

L'UNIVERSITE ET LES LUTTES

Les problmes de l'UniversitŽ Žtant Žtroitement liŽs ˆ ceux de la nation, il faut souligner que ces derniers mois ont ŽtŽ marquŽs par de puissantes luttes sociales et politiques exprimant la profonde volontŽ de changement qui caractŽrisait le mouvement de mai et juin 1968.

Les Žtudiants ont pris une part active ˆ ce combat dŽmocratique, en luttant pour dŽfendre leurs revendications, en s'affirmant pour un rŽel changement de politique susceptible de promouvoir une rŽforme dŽmocratique de l'enseignement, en agissant pour rŽnover l'U.N.E.F. afin qu'elle soit en mesure d'unir les Žtudiants dans la lutte et de joindre leur action ˆ celle des travailleurs

A- LA SITUATION A L'UNIVERSITE

L'annŽe ŽcoulŽe a ŽtŽ marquŽe par la mise en place de la rŽforme universitaire Notre analyse de la loi d'orientation est bien connue et les faits l'ont confirmŽ.

Il s'agissait d'un effort du pouvoir, sous la contrainte des luttes, d'adapter la vieille UniversitŽ aux rŽalitŽs de la sociŽtŽ actuelle, ˆ l'heure o les progrs accŽlŽrŽs des sciences et des techniques font jouer ˆ l'enseignement un r™le croissant.

La loi d'orientation comportait donc des aspects positifs et offrait de nouvelles possibilitŽs ˆ l'action des Žtudiants. Mais le caractre de classe de l'UniversitŽ n'en a pas ŽtŽ pour autant changŽ. L'UniversitŽ demeure une institution de l'Etat bourgeois qui vise ˆ former des cadres pour les besoins des grandes sociŽtŽs capitalistes. Elle se trouve mutilŽe parce qu'elle ne reoit pas les moyens correspondants aux besoins de notre Žpoque. Elle repose sur la sŽgrŽgation et contribue puissamment ˆ la rŽaliser. Tout en diffusant un authentique savoir, elle remplit une fonction idŽologique conservatrice

Aussi, conformŽment ˆ sa nature, le pouvoir a tout mis en Ïuvre pour remettre en cause les acquis des luttes et renforcer le caractre rŽactionnaire de l'UniversitŽ.

C'est particulirement Žvident en cette rentrŽe o l'UniversitŽ fait, elle aussi, les frais d'une politique qui compromet l'avenir Žconomique et social du pays.

La politique du pouvoir, mise en Ïuvre par Guichard

refuse ˆ l'UniversitŽ les moyens pour fonctionner comme le prouve le budget 1970. Cette situation aggrave les conditions de vie et d'Žtudes des Žtudiants. Le cožt de la vie augmente (augmentation des droits et des loyers, etc) et le manque de locaux et de moyens met en cause la qualitŽ mme de l'enseignement

aggrave la sŽlection sur des bases sociales, prŽsentŽe comme le moyen de rŽpondre aux difficultŽs de l'UniversitŽ. C'est le sens des campagnes en faveur de la sŽlection ou du plan Guichard-Boulin en mŽdecine

— par une sŽrie de mesures concernant le fonctionnement dei facultŽs renforce le danger de la privatisation de l'UniversitŽ (Ç rentabilisation des Ïuvres, conception de l'autonomie. etc )

B - LE DEVELOPPEMENT DES LUTTES

Face ˆ la politique du pouvoir¥ s'est trs vite posŽ le problme de poursuivre les luttes de mai et juin 1968. C'est cette exigence qu'a exprimŽe la tendance U.N.E.F. pour son renouveau, exigence d'utiliser toutes les possibilitŽs nŽes des reculs du pouvoir pour permettre le combat ˆ tous les niveaux, sur tous les terrains.

Ce fut le sens de la bataille des Žlections universitaires contre le pouvoir et ses reprŽsentants, (les organisations dites Ç modŽrŽes È), qui auraient eu les mains libres si les Žtudiants avaient suivi la politique de dŽsertion pr™nŽe par le Bureau national de l'U.N.E.F. pour la dŽfense des revendications et une UniversitŽ dŽmocratique.

L'expŽrience a prouvŽ que les limites rŽelles de la cogestion dŽpendaient, pour une part, de l'action des Žtudiants. Le terrain de lutte ne s'est pas dŽplacŽ des amphis vers les tables des conseils, mais bien au contraire la prŽsence d'Žlus Žtudiants au sein de ces conseils n'a de sens que si se renforcent les luttes de masse.

Or, depuis la rentrŽe, ces luttes n'ont cessŽ de se dŽvelopper contre la politique universitaire du gouvernement, contre le manque de moyens et l'augmentation des droits d'inscription, contre la sŽlection notamment en MŽdecine.

Ces luttes ont souvent fait reculer le pouvoir. C'est particulirement vrai en MŽdecine o le gouvernement a dž Ç corriger È les effets du dŽcret de septembre. C'est vrai Žgalement dans de nombreuses facultŽs de Paris et de province ou des succs revendicatifs ont ŽtŽ obtenus (constructions de facultŽs, dŽblocage de postes d'enseignement, etc.).

La preuve est faite que la lutte paie lorsqu'elle est conduite avec la masse des Žtudiants et avec des formes d'action dŽcidŽes dŽmocratiquement.

Les ComitŽs et les A.G. de l'U.N.E.F. qui luttent pour son renouveau, ont contribuŽ au dŽveloppement de ces luttes. Ils en ont mme souvent pris l'initiative.

Par contre le Bureau national de l'U.N.E.F. s'est avŽrŽ, l'an dernier, incapable de poursuivre les luttes de mai juin 1968. A la rentrŽe, s'il a prŽtendu, sous la pression des Žtudiants et de l'U.N.E.F. Renouveau, se prŽoccuper des revendications, il n'est pas moins restŽ, pour l'essentiel, absent des luttes. Il a de plus multipliŽ les initiatives visant ˆ les entraver ou les dŽvoyer.

Cette publique du Bureau national de l'U.N.E F fait en rŽalitŽ le jeu du pouvoir et des organisations rŽactionnaires, corporatistes (F.N.E.F., Ç modŽrŽs È) qui ne peuvent que profiter de l'absence d'une grande organisation syndicale de lutte des Žtudiants.

Mais l'expŽrience des luttes montre qu'il est possible que l'U.N.E.F. redevienne cette grande organisation syndicale en refusant l'aventurisme du Bureau national et le corporatisme qui Žquivaut ˆ un refus de mener l'action contre le pouvoir et de lier le combat des Žtudiants des travailleurs.

C— PLATE¥FORME GENERALE D'ACTION DE L'U.N.E.F.

Pour faire face ˆ une politique contraire ˆ leurs intŽrts et ˆ celui de l'UniversitŽ, les Žtudiants n'ont cessŽ de dŽvelopper des luttes de grande ampleur ds cette rentrŽe.

Ces luttes doivent se poursuivre et s'intensifier.

Pour cela, les S.A. [sic !!! Il faut certainement lire C.A.] de l'U.N.E.F. doivent tenir pleinement leur r™le en impulsant, organisant et coordonnant les luttes.

Celles-ci pour tre efficaces, doivent tre dŽcidŽes dŽmocratiquement par les Žtudiants dans les amphis, les T.P. La direction et l'organisation des luttes syndicales ne peut tre, une affaire rŽglŽe en chambre, elles se gagnent dans l'action avec la masse des Žtudiants: l'Žchec de la manifestation, en dŽfinitive annulŽe, du 28 novembre est lˆ pour le prouver.

C'est pour aider au dŽveloppement de ces luttes que l'A.G.E.T.-U.N.E.F. et la tendance U.N.E.F Renouveau proposent ˆ la discussion du Congrs la plate forme suivante :

POUR LA DEFENSE DES INTERETS DES ETUDIANTS

1) Des mesures pour vivre et Žtudier

— Pour la gratuitŽ rŽelle de l'enseignement supŽrieur

— Contre l'augmentation des loyers en citŽs universitaires: nous soutiendrons les initiatives de la F.R.U.F., les revendications ŽlaborŽes dŽmocratiquement par les rŽsidents.

Contre toute augmentation Žventuelle des restaurants universitaires.

Nous exigeons dans l'immŽdiat le dŽblocage des crŽdits d'urgence indispensable ˆ l'amŽlioration de conditions de vie et d'Žtude, notamment pour

— l'augmentation du nombre et du taux des bourses

— le paiement des bourses sans retard.

Nous lutterons pour que soient appliquŽes les propositions de la commission Mollet sur l'attribution d'une allocation d'Žtudes sur critres sociaux et universitaires permettant l'accs de toos ˆ l'UniversitŽ, notamment ceux qui sont salariŽs et ne peuvent Žtudier ˆ plein temps.

Pour obtenir des crŽdits spŽciaux d'urgence pour les facultŽs.

2) Structures, contenu et mŽthodes de l'enseignement

a) Enseignement et recherche

Une liaison organique entre l'enseignement et la recherche scientifique et fondamentale est nŽcessaire tous les niveaux.

Tous les Žtablissements dussent tre vŽritablement consacrŽs ˆ la fois ˆ l'enseignement et ˆ la recherche.

b) L'autonomie

Nous sommes pour l'autonomie des facultŽs qui doit permettre une souplesse dans le fonctionnement des expŽriences pŽdagogiques et de la participation des Žtudiants, c'est notamment vrai pour la gestion financire compte tenu que l'enseignement supŽrieur doit relever essentiellement du ministre de l'Education nationale entirement libres au sein de la dotation globale. Cette autonomie ne doit favoriser en aucune faon l'ingŽrence des intŽrts privŽs dans l'UniversitŽ.

Du point de vue pŽdagogique, des expŽriences sont en cours dont il faudra apprŽcier les rŽsultats thŽorique et pratiques NŽanmoins l'autonomie ne doit pas conduire ˆ la crŽation de facultŽs de niveaux diffŽrents (niveau faible et facultŽs de pointe, vouŽes ˆ la recherche), ou ˆ des instituts pŽdagogiques coupŽs des facultŽs, de l'enseignement et de la recherche

c) La pluridisciplinaritŽ

Nous sommes pour une restructure des facultŽs dans le cadre de la pluridisciplinaritŽ. Cette restructuration doit tre ˆ la fois profonde et progressive, et se faire sur la base de la classification des sciences avec de nombreuses passerelles de rŽorientation.

Il faut Žviter dans ce domaine la constitution de facultŽs monstrueuses ou leur balkanisation. Et surtout, l'inŽgalitŽ de niveaux dans la crŽation des facultŽs (UniversitŽ de pointe et universitŽs au rabais).

d) Les examens

Le systme du passŽ a fait la preuve de ses insuffisances et de ses dangers

Nous sommes pour un juste contr™le des connaissances

— d'une part les expŽriences pŽdagogiques en cours et les conditions de fonctionnement des diffŽrents Žtablissements ne doivent pas mettre en cause la valeur nationale des dipl™mes ;

— d'autre part, il faut des moyens, notamment en enseignants, pour rŽaliser un effectif contr™le continu des connaissances et une pŽdagogie active.

Par ailleurs l'orientation ne doit pas tre considŽrŽe comme une sanction. Nous sommes avant tout pour la sŽlection des meilleurs par la promotion de tous.

Dans l'immŽdiat donner des moyens aux Žtudiants les plus dŽfavorisŽs pour permettre les rattrapages, Des consultations entre Žtudiants et enseignants doivent avoir lieu.

e) I.U.T., grandes Žcoles et classes prŽparatoires

Quant aux problmes des mutations dans l'enseignement supŽrieur, nous avons une position de principe: nous sommes ˆ la fois hostiles ˆ la crŽation des facultŽs de deuxime zone et  la crŽation de facultŽs ou d'Žcoles rŽservŽes ˆ une prŽtendue Žlite.

C'est pourquoi, en ce qui concerne les Instituts Universitaires de Technologie, nous exigeons qu'ils ne soient pas les facultŽs du pauvre.

Nous demandons donc la crŽation d'une ma”trise de technologie et d'un troisime cycle de recherche appliquŽe.

Ceci est d'autant plus urgent que les I.U.T. ou les T.S. sont pratiquement les seuls secteurs en expansion cette annŽe.

Quant aux grandes Žcoles et ˆ leurs classes de prŽparation nous demandons qu'elles soient progressivement intŽgrŽes ˆ l'enseignement supŽrieur

— en Žtendant aux grandes Žcoles le bŽnŽfice de loi d'orientation :

— en confŽrant le statut d'Žtudiants aux classes prŽparatoires

— en harmonisant les programmes et les corps professoraux ;

— en gŽnŽralisant un systme d'Žquivalence.

f) La cogestion, le r™le des Žlus dans les conseils.

La mise en place des conseils d'UER est un acquis de mai-juin, mais elle a montrŽ comme nous l'avions dit que leurs pouvoirs Žtaient limitŽs.

Mais dans le mime temps l'expŽrience de la lutte menŽe l'an passŽ a prouvŽ que ces limites dŽpendent pour une part de l'action des Žtudiants.

Les Žlus de l'U.N.E.F.-RENOUVEAU considrent les conseils comme un des terrains de lutte dont l'objectif est avant tout de dŽfendre les intŽrts des Žtudiants. Ils rendent rŽgulirement compte de leurs actes devant les Žtudiants, ils s'appuient sur leurs actions et contribuent trs souvent ˆ amener les conseils ˆ prendre les dŽcisions en faveur des intŽrts des Žtudiants, par consŽquent ˆ mettre en Žchec les manÏuvres du pouvoir et ˆ obtenir la satisfaction de certaines revendications.

g) Les non-bacheliers

Par ailleurs, nous attachons une grande importance au problme de l'accs des non-bacheliers ˆ l'UniversitŽ.

L'expŽrience de Vincennes doit tre continuŽe et d'autres facultŽs doivent s'ouvrir aux non-bacheliers.

Nous demandons qu'un centre de rattrapage et de formation accŽlŽrŽe accueille les non-bacheliers pour leur permettre de s'adapter.

Nous demandons par ailleurs que l'enseignement qui leur sera dispensŽ soit de mme qualitŽ que celui dispensŽ aux autres Žtudiants, qu'il conduise aux mmes dipl™mes.

3) L'Žquipement socioculturel, sportif et la santŽ.

Nous voudrions Žgalement insister sur cet aspect important de la vie des Žtudiants.

Nous demandons la mise en place de vŽritables Žquipements socio-culturels et sportifs en nombre suffisant (actuellement 425 ma”tres d'Žducation physique pour 600.000 Žtudiants). Ces Žquipements, financŽs par les pouvoirs publics, bŽnŽficiant de l'expŽrience d'un personnel technique qualifiŽ devront tre gŽrŽs dŽmocratiquement.

En ce qui concerne l'Žquipement mŽ­dical et social nous demandons un mŽdecin et un centre de soins permanents dans chaque citŽ et campus universitaire, la construction de crches et d'Žcoles maternelles.

Nous poursuivons la lutte pour la dŽfense de la SŽcuritŽ sociale Žtudiante et de la M.N. E F. contre les attaques du pouvoir et contre les menŽes des liquidateurs.

4) Les dŽbouchŽs.

Sur ce point les Žtudiants sont dans une grande proportion victimes des contradictions qui rŽsultent de la politique du gouvernement et du patronat En particulier de la contradiction entre la nŽcessitŽ, liŽe au dŽveloppement scientifique et technologique, de former de nombreux cadres et techniciens et la volontŽ du gouvernement de rŽserver pour l'essentiel ˆ une minoritŽ les hauts enseignements scientifiques.

De plus, le gouvernement nŽglige des secteurs importants mais qualifiŽs de Ç non rentables È (au regard de la recherche exclusive du profit) comme la recherche fondamentale par exemple.

Ainsi le problme des dŽbouchŽs et de la formation professionnelle des Žtudiants ne peut tre sŽparŽ du problme gŽnŽral de l'emploi et du ch™mage des grandes questions qui concernent l'avenir du pays et qui ne trouveront de solutions profondes et durables que dans la lutte d'ensemble pour une rŽelle transformation de la sociŽtŽ et de l'UniversitŽ.

POUR UNE UNIVERSITE DEMOCRATIQUE

En dŽveloppant la lutte pour les revendications immŽdiates que nous venons de prŽciser, nous avons conscience que les problmes que rencontrent les Žtudiants pour vivre et Žtudier, n'auront de solution profonde et durable que dans le cadre d'une vŽritable transformation dŽmocratique de l'UniversitŽ. L'A.G.E.T..U.N.E.F. et la tendance U.N.E.F.-Renouveau ont dŽjˆ eu l'occasion de prŽciser les grandes lignes de l'UniversitŽ dŽmocratique pour laquelle nous luttons et qui comprendrait notamment

1. La dŽmocratisation du recrutement qui permettrait la sŽlection des meilleurs par la promotion de tous, un Žgal accs au savoir et au mŽtier.

Cette dŽmocratisation permettrait d'augmenter le nombre des Žtudiants afin de rattraper le niveau des autres grands pays modernes et de faire face aux besoins sociaux. Žconomique et culturels du pays.

2. La dŽmocratisation de la gestion de l'UniversitŽ par une vŽritable cogestion et une rŽelle autonomie des fa cuitŽs dans le cadre d'un financement public.

3. La modernisation des mŽthodes et du contenu de l'enseignement.

4. Le dŽveloppement de la recherche dans tous les domaines, notamment en matire pŽdagogique, dans l'intŽrt des Žtudiants, des enseignants mais aussi dans l'intŽrt de la Nation, notamment de son indŽpendance.

5. La mise en Ïuvre des moyens financiers nŽcessaires ˆ l'application de telles mesures, en particulier par l'attribution du quart du budget ˆ l'Education Nationale.

La rŽalisation d'une telle UniversitŽ dŽmocratique, dont les objectifs sont contraires ˆ la politique universitaire du gouvernement actuel, ne sera possible que dans le cadre de profondes transformations dŽmocratiques de notre sociŽtŽ.

C'est pour cela que l'A.G.E.T.-U.N.E.F. et la tendance U.N.E.F.-Renouveau ont ˆ agir pour dŽfendre leurs revendications, joindre leur combat ˆ celui des travailleurs, pour de rŽels changements susceptibles de promouvoir une rŽforme dŽmocratique de l'enseignement, ˆ agir pour rŽnover l'U.N.E.F. afin qu'elle soit en mesure d'entra”ner les Žtudiants dans cette lutte.

L'U.N.E.F.

La situation actuelle des Žtudiants, les luttes qui se mnent ˆ l'UniversitŽ prouvent est possible d'avoir une grande organisation syndicale des Žtudiants.

Cette organisation a dŽjˆ existŽ et, par son action aux c™tŽs des syndicats de travailleurs, elle a obtenu de grandes conqutes pour les Žtudiants (SŽcuritŽ sociale Žtudiante, mutuelle, Ïuvres universitaires).

Or, les dirigeants de l'U.N.E.F. ont rŽservŽ leurs coups contre leur propre syndicat en tentant par tous les moyens de liquider l'U.N.E.F. ; ils ont ainsi pris la responsabilitŽ de priver les Žtudiants d'un moyen essentiel pour riposter en cette rentrŽe ˆ la politique du pouvoir.

Mais cette entreprise s'est heurtŽe ˆ la volontŽ grandissante des Žtudiants de rŽnover l'U.N.E.F. pour qu'elle redevienne un grand syndicat de masse, combatif, dŽmocratique, solidaire des luttes des travailleurs.

1. — L'U.N.E.F., syndicat de masse

Cela implique qu'il soit ouvert ˆ tous, sur la base de son programme et de ses actions. Aucune exclusive idŽologique ou politique n'est admissible. Le syndicat dŽfend les intŽrts immŽdiats et d'avenir des Žtudiants Son r™le d'entraide n'a pas ˆ tre nŽgligŽ. GŽrer une coopŽrative ou un service logement fait aussi partie des t‰ches d'un syndicat.

Un large courant d'adhŽsions ne peut tre crŽŽ que si, outre les revendications communes ˆ l'ensemble des Žtudiants, les revendications particulires de chaque catŽgorie sont dŽfendues et harmonisŽes. La solidaritŽ Žtudiante ne peut se dŽvelopper que sur la base de la dŽfense de tous et de chacun.

2. — L'U.N.E.F., syndicat combatif

Le syndicat Žtudiant a pour but de dŽfendre toutes les lŽgitimes revendications, celles ˆ court terme, comme celles ˆ long terme et dans l'immŽdiat selon la plate-forme de lutte prŽcitŽe.

Il faut donc refuser les conceptions minoritaires des luttes aventuristes, dŽmobilisant les faits [sic! Faut-il lire Ç de fait È ?], les Žtudiants. comme ce lot le cas lors du blocage des inscriptions dŽcidŽ bureaucratiquement par le Bureau National de l'U.N.E.F., sans consultation de l'ensemble des Žtudiants, imposŽ parfois par la violence et qui a entravŽ grandement le dŽveloppement des luttes pourtant nŽcessaires ˆ cette rentrŽe.

De telles conceptions et mŽthodes traduisent en fait une mŽfiance ˆ l'Žgard des Žtudiants. une sous-estimation de leurs capacitŽs de jugement.

L'exemple de MŽdecine est lˆ pour prouver la maturitŽ, la combativitŽ de l'ensemble des Žtudiants. DŽmocratiquement votŽ dans les amphis, notamment ˆ l'appel des sections syndicales, luttant pour le renouveau de l'U.N. E F., la grve a ŽtŽ suivie largement ˆ travers la France.

DŽmocratiquement aussi, aprs l'obtention de ces derniers succs, les Žtudiants en mŽdecine ont votŽ la reprise du travail et la poursuite de la lutte sous d'autres formes.

Il faut refuser aussi la dŽmagogie des corporatistes qui semblent reprendre certaines revendications Žtudiantes et qui s'efforcent ensuite de fourvoyer l'action, refusant en fait de poser les vŽritables problmes et les vŽritables responsabilitŽs.

3. L'U.N.E.F., syndicat dŽmocratique.

Il doit tre dŽmocratique par les objectifs qu'il s'assigne, les luttes qu'il mne et dans son fonctionnement.

La dŽmocratie de fonctionnement ˆ l'intŽrieur de l'U.N.E.F n'est pas un problme mineur. Il s'agit d'un gage d'efficacitŽ dans la lutte.

C'est la condition de la confiance des adhŽrents dans leur direction et donc un ŽlŽment de cohŽsion du syndicat.

Dans l'intŽrt mme du syndicat, de l'ensemble des Žtudiants, nous pensons qu'il faut en finir avec les pratiques bureaucratiques et autoritaires et antidŽmocratiques du B.N. de l'U.N.E.F. comme

a) La transformation antidŽmocratique des statuts de l'U.N.E.F. qui, dans une organisation dŽmocratique, laissŽ [sic. Restituer soit Ç a laissŽ È, soit Ç laisse È] au seul Bureau National de l'U.N.E.F. la possibilitŽ de reconna”tre l'appartenance ou non des sections de base de l'U.N.E.F.

b) Le refus de donner les cartes de l'U.N.E.F. aux directions lŽgales et reprŽsentatives et [sic. Ce Ç et È semble de trop] des A.G.E Groupes, Corpos et ComitŽs d'action U.N.E.F. qui luttent pour son renouveau.

c) L'invalidation systŽmatique et sans fondement des A.G.E. syndicales de l'U.N.E.F.

d) Le refus de prendre en considŽration la demande de validation des ComitŽs d'action U.N.E.F., et des A.G.E., comme le S.E.M.O., l'A.G.E.N., l'A.G.E.S.P., la F.E.N. et d'autres syndicats qui ont assurŽ le renouveau de l'U.N.E.F. et le dŽveloppement des luttes dans leurs facultŽs.

4. L'U.N.E.F. syndicat Žtudiant solidaire des travailleurs.

Il a dŽjˆ ŽtŽ montrŽ comment toutes nos revendications Žtaient liŽes. La lutte pour les revendications immŽdiates des Žtudiants est une composante de la lutte pour une UniversitŽ dŽmocratique. Notre bataille pour cette UniversitŽ dŽmocratique qui exige de profonds changements politiques se fera en liaison avec l'ensemble des luttes des travailleurs et de leurs organisations. Nous avons en effet un adversaire commun et des objectifs communs. C'est sur cette base que doit se dŽvelopper l'intersyndicalisme ˆ tous les niveaux. Le chemin de la victoire pause par l'unitŽ d'action des travailleurs et des Žtudiants.

Nous devons apprŽcier hautement la solidaritŽ des travailleurs lors des grandes batailles de mai et juin, ou lors de cette rentrŽe comme la lettre de Georges SŽguy, secrŽtaire gŽnŽral de la C.G.T. au Bureau du S.E.M.P. ou la prise de position des syndicats pour la dŽfense de Vincennes. Plus que jamais alors que le gouvernement multiplie les attaques contre les organisations syndicales, il est nŽcessaire de renforcer les liens avec les syndicats des travailleurs es des enseignants, notamment pour la dŽfense des libertŽs syndicales et dŽmocratiques.

Une t‰che importante de l'U.N.E.F. est le dŽveloppement de la solidaritŽ avec les luttes des Žtudiants dans le monde. Les derniers mois ont vu de grands mouvements Žtudiants se dŽvelopper, la lutte contre l'impŽrialisme pour la dŽmocratisation de l'enseignement. L'U.N.E.F. doit populariser ces luttes et organiser le soutien des Žtudiants de France.

L'U.N.E.F. doit impulser la lutte des Žtudiants pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien. Les rŽcentes manÏuvres amŽricaines rendent plus nŽ-essaire que jamais le renforcement de notre solidaritŽ active.

Tout doit tire mis en Ïuvre pour que l'annŽe 1970 soit l'annŽe de la lutte des Žtudiants franais pour le soutien et la victoire du peuple vietnamien.

5. — Le renouveau de l'U.N.E.F.

C'est aux meilleures traditions de l'U.N.E.F., celles [sic] qui avaient 100.000 adhŽrents pour 300.000 Žtudiants, que nous nous rŽfŽrons dans notre lutte pour le Renouveau de l'U.N.E.F. Ds la prŽparation du Congrs de Marseille, alors que le Bureau National de Sauvageot essayait de liquider tentant de la transformer en organisation politique, l'A.G.E.T. avec sept autres associations gŽnŽrales de l'U.N.E.F. a marquŽ sa volontŽ de lutter pour la sauvegarde, la rŽnovation et le renforcement de l'U.N.E.F en s'appuyant sur la volontŽ de lutte des Žtudiants.

D'importants succs ont ŽtŽ obtenus dans la lutte pour ces objectifs.

Lors des Žlections universitaires 100.000 Žtudiants ont volŽ pour les listes Ç DŽfense des IntŽrts des Žtudiants UniversitŽ dŽmocratique È. Plus de 1.200 candidats prŽsentŽs per les ComitŽs U.N.E.F. qui luttent pour son renouveau furent Žlus.

Ce fut un succs important du mouvement Žtudiant dans la lutte contre la rŽaction.

Depuis ces luttes du printemps 1969, le courant de Renouveau de l'U.N.E.F. s'est renforcŽ. 1500 dŽlŽguŽs et Žlus participrent aux assises nationales des ComitŽs d'action U.N.E.F. renouveau. Des centaines de ComitŽs d'action U.N.E.F. par amphis, par T.P. ont ŽtŽ crŽŽs.