TŽmoignage de Franois Bonnarel, alors ˆ l'AGEM-UNEF (Marseille), qu'il prŽsida deux ans plus tard

Le mouvement de 76 : la mre de toutes les batailles

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Ce titre n'est bien sžr valable que pour moi et peut tre les gens entrŽs en fac en mme temps que moi, il y a 45 ans !! Cela fait peur d'Žcrire a tant certains souvenirs sont encore vivants ˆ ma mŽmoire tandis que d'autres nombreux se sont effacŽs. Certaines choses que je lis ici ou ailleurs me rafra”chissent un peu les synapses, mais ...

Tenter un tŽmoignage et des analyses ˆ, une telle distance temporelle est sans doute risquŽ, mais je m'essaye quand mme ˆ l'exercice espŽrant faire Ïuvre modestement utile pour l'histoire du mouvement Žtudiant et de "notre UNEF".

Car, comme me disaient les anciens du bureau d'AG, un tel mouvement avec l'UNEF c'Žtait l'"Žcole de la lutte de masse".

Pour commencer mme si c'est sans doute largement connu, de quoi s'agissait-il avec cette rŽforme des seconds cycles prŽparŽe par Jean-Pierre Soisson et portŽe par sa successeure Alice Saunier-Se•tŽ , deux ministres de Giscard ?

1 ) DŽvelopper des barrires sŽlectives entre les annŽes de DEUG et licence ou licence et ma”trise

2 ) attaquer le caractre national des dipl™mes

3 ) introduire le patronat dans la dŽfinition des dipl™mes

Il y avait lˆ assez pour motiver ˆ son encontre les Žtudiants, d'autant que la situation n'Žtait gure brillante pour la majoritŽ d'entre eux par ailleurs. Cette annŽe universitaire lˆ le nombre d'Žtudiants en France a dŽpassŽ le million pour la premire fois. Rappelons que les Žtudiants Žtaient 300 000 en 1960, 5 ˆ 600000 en 68. La sŽlection sociale faisait rage malgrŽ une relative dŽmocratisation. Les universitŽs manquaient de moyens et de profs. Le ticket de RU augmentait rapidement. Il Žtait passŽ de 2,70 F ˆ 3 F quand je suis arrivŽ.

A cotŽ de cela, 2 ans aprs le dŽbut de la fin des 30 glorieuses le ch™mage, surtout des jeunes augmentait pour la premire fois rapidement depuis la fin de la guerre (https://france-inflation.com/graph_chomage.php) et l'angoisse pour l'avenir s'installait dans notre gŽnŽration.

Il faut maintenant prŽsenter le contexte universitaire marseillais, dans lequel j'entrais en ˆ l'automne 1975, habitant alors ˆ Marignane qui n'Žtait pas encore "front national", et venant du lycŽe Paul Langevin ˆ Martigues.

A Marseille en 75 il y avait 4 campus principaux. Au centre ville, ˆ deux pas de la gare, dix minutes ˆ pied de la Canebire et 1/4 h du vieux port, la fac Saint Charles, universitŽ Aix Marseille I.

A 15 km plein Sud, dans une cuvette de la cha”ne c™tire de Marseille et ˆ quelques dizaines de minutes de balade des calanques, le campus de Luminy avec l'Žcole d'Architecture et les sciences d'Aix Marseille II.

A 10 km vers le Nord, au sein des quartiers du mme nom, dans l'ancien village du Merlan (ˆ ne s'invente pas) la fac de Saint-JŽr™me.

Trois facs de sciences appartenant ˆ chacune des trois universitŽs, mme si Aix Marseille I conservait des positions ˆ Saint-JŽr™me au cotŽ d'Aix Marseille III, la fac rŽac crŽŽe par un pote de Giscard en 1974.

Et 5 km ˆ l'est de Saint Charles, le campus mŽdecine et pharma, Aix Marseille II, inclus dans l'h™pital de la Timone.

Sur ces campus il y avait partout des citŽs universitaires, mais la citŽ Gaston Berger proche de Saint-Charles Žtait de taille modeste -j'y avais pourtant une chambre-, tout comme les citŽs proches de la Timone.

Les citŽs de Luminy Žtaient un ghetto ensoleillŽ et festif, quand Saint-JŽr™me Žtait un ghetto triste.

Moi j'arrivai ˆ Saint Charles dŽbut Octobre et ds la rŽunion de rentrŽe je pris ma carte ˆ l'UNEF. Bien qu'ayant ŽtŽ un simple compagnon de route de l'UNCAL au lycŽe j'avais pris la dŽcision de cette adhŽsion avant l'ŽtŽ. Dans l'amphi je rencontrai Maurice Perrin qui allait devenir prŽsident d'AG quelques jours plus tard. Et je demandai, averti de l'existence de "2 UNEF" si c'Žtait bien l'UNEF qui Žtait comme l'UNCAL.

Les premiers mois furent occupŽs par les Žlections dans les conseils universitaires, o il fallait faire face ˆ la campagne agressive de boycott de l'UNEF-US, j'y reviendrais plus bas.

Puis nous avions organisŽ un boycott du RU pour protester contre la hausse ˆ 3F.

Au lieu du repas du CROUS, on vendait les "sandwichs de l'AGEM-UNEF" qu'on avait prŽparŽ au prŽalable dans notre local.

Politiquement l'automne fut marquŽ par la mort de Franco avec les espoirs de dŽfaite du fascisme que cela suscitait. La LCR pour fter a avait montŽ un stand de sangria devant le RU Žgalement.

Fn janvier ou dŽbut fŽvrier nous avions organisŽ avec l'UGEA (les aixois) une manif contre le budget insuffisant d'Aix-Marseille I, l'universitŽ de Provence.

C'Žtait ˆ Aix devant la fac de lettres.

Et en effet notre conseil d'universitŽ dominŽ par SNESUP/SNCS/CGT (les syndicats de la plate-forme disait on alors) et UNEF avait votŽ un budget en dŽficit face ˆ l'insuffisance des crŽdits de l'Žtat.

C'est peu aprs que se dŽclencha le mouvement du second cycle et que la grve fut assez rapidement votŽe ˆ Saint Charles, comme ˆ Luminy ou ˆ Aix. J'avoue ne pas me souvenir de l'Žtat du mouvement ˆ Saint-JŽrome.

C'est le moment de prŽsenter les forces politico-syndicales qui comptaient dans les trois campus de science. Elles Žtaient au nombre de quatre. le campus mŽdecine Žtait ˆ part, mme si l'UNEF y avait des militants actifs et qui lutteront dans ces annŽes lˆ contre le durcissement du numerus clausus instaurŽ quelques annŽes auparavant, mais n'Žtaient pas directement concernŽes par la rŽforme du second cycle. La droite y Žtait forte chez les Žtudiants contrairement aux trois autres campus o elle n'Žtait pas organisŽe.

Le PS qui pourtant faisait dŽjˆ beaucoup de voix chez les Žtudiants ne disposait d'aucune force organisŽe consŽquente dans les facs de Marseille.

L'UNEF d'abord, fortement adossŽe ˆ l'UEC mais qui pratiquait l'ouverture vers les non communistes, sans quoi, non communiste encore ˆ l'Žpoque je n'aurais peut tre pas adhŽrŽ ni pris des responsabilitŽs.

Ensuite la LCR qu'on ne prŽsente pas. Puis un mouvement apparu vers 1970 ou 71 en forme de scission de gauche de la LCR, sous pression des mao•stes, l'"organisation communiste rŽvolution", que tout le monde appelait "Revo" avec son journal "RŽvolution". D'autres les qualifiaient de mao-trostk. Elle existait surtout ˆ Paris et Marseille o enseignaient ses fondateurs les frres Joshua. Parmi les fondateurs Žgalement Christian Piquet, aujourd'hui membre de la direction du PCF dont il s'est rapprochŽ lors de l'Žpisode du front de gauche.

Enfin ceux que nous ne dŽsignions que sous le nom d'AJS, la branche jeune de l'organisation lambertiste OCI dont la branche Žtudiante s'appelait AER, sigle peu connu, malgrŽ leur prŽtention ˆ animer un syndicalismes concurrent sous le nom d'UNEF UnitŽ syndicale ou de FERUF dans les citŽs universitaires (c'Žtait une scission de la FRUF apparue l'annŽe prŽcŽdente seulement).

Plus de traces de mao•stes spontanŽistes, et peu de mao•stes rigides types PCMLF ou PCRml, pas non plus d'anarchistes ni encore d'autonomes ou de toto, sauf peut tre chez les jeunes assistants et ma”tres assistants qui avaient fait 68.

Notre objectif en tant qu'UNEF c'Žtait bien sžr de combattre ce projet de rŽforme mais aussi d'obtenir de nŽgocier en force pour gagner sur des revendications positives : l'allocation d'Žtudes, le blocage des loyers en citŽ U et du prix du ticket de RU, des moyens pour les facs, des postes de profs, etc... D'autres ont Žcrit sur l'exigence de nŽgociations et sur les dŽbats que cela engendrait en collectif national Žtudiant (anctre des coordinations)

Notre souci Žtait aussi de garder au mouvement son caractre massif en Žvitant les formes gauchistes de mouvement.

Cependant en terme de position gauchiste sur la forme, pr™nŽs par exemple par la LCR et RŽvolution c'est surtout la poursuite de la grve aprs les vacances de P‰ques alors que le nombre de manifestants se rŽduisait et que nous pensions qu'il valait mieux arrter et continuer sous d'autres formes. Il fallait aussi assurer une reprise partielle pour aller vers des examens tenant compte de la longueur du mouvement ce que nous avions rŽussi ˆ obtenir finalement.

De fait si je compare ˆ ce que j'ai vu comme type de dŽbat sur les formes d'action dans les facs ces quinze ou vingt dernires annŽes ˆ Strasbourg (CPE, LRU 2007 et 2009, loi travail, ParcourSup ....) il n'y avait pas dŽbat sur le blocage des amphis, vu que si la grve Žtait votŽe les profs ne faisaient pas cours. Pas non plus de vellŽitŽ d'occupation nocturne des locaux, ni de tentative d'aller au contact des flics en manifs ou de s'Žcarter dans celles ci du chemin dŽclarŽ. Contrairement ˆ ce qui se passait ˆ Paris le 15 avril 1976 journŽe des plus grandes manifestations de tout le mouvement partout en France, aucune action violente n'a ŽtŽ enregistrŽe pendant tout le mouvement ˆ Marseille.

Un gros point de divergence politique entre nous et ceux que nous appelions les "gauchards" portait sur la nature du mouvement et ses dŽbouchŽs politiques. Il est clair que pour nous le mouvement Žtait d'abord revendicatif et qu'il fallait obtenir des choses pour les Žtudiants. Le prolongement politique des luttes pour nous c'Žtait le "programme commun". L'UNEF s'Žtait clairement prononcŽ en faveur de ce programme. Ce printemps lˆ nous avions des cantonales qui furent bonnes pour la gauche, et nous Žtions ˆ un an des Žlections municipales de 1977 qui virent le succs du plus grand nombre de listes de gauche pour les municipales, dont un trs grand nombre de municipalitŽs communistes.

Marseille Žtait ˆ part: pas d'union de la gauche. Defferre prŽfŽrant se faire Žlire avec des voix de droite et gouverner avec une partie d'entre elles plut™t que de faire alliance avec les communistes. Mais ˆ semblait tre l'exception qui confirmait la rgle

Au printemps 1976, nous Žtions ˆ deux ans des lŽgislatives de 78 dont nous espŽrions qu'elles verraient la victoire de cette union. Les problmes d'actualisation du programme commun qui intervinrent ˆ l'ŽtŽ 77 Žtaient encore loin et nous Žtions sžrs de notre force et confiants dans la perspective de la victoire.

Du cotŽ de l'axe LCR/RŽvolution, pour tout dire je ne me souviens pas de diffŽrence notable entre les deux ŽlŽments de cette force gauchiste dans le mouvement, contrairement ˆ ce que l'on pouvait remarquer en lisant leur presse, ou alors peut tre Žtait-ce trop subtil pour moi.

Peut tre la LCR gauchissait elle son discours sous la pression de "RŽvolution" ? Au passage il est ˆ noter qu'aprs s'tre muŽe en "organisation communiste des travailleurs" fin 1976 (par absorption d'un groupuscule maoiste issu du PSU) "RŽvolution" s'est dissoute fin 1979, la plupart de ses membres rejoignant alors la LCR, y compris les frres Joshua et Christian Piquet.

C'est au cÏur mme du mouvement que la LCR transforma son hebdomadaire "Rouge" en quotidien, une expŽrience qui ne dura que trois ans. Trs unitaire ˆ l'Žpoque, j'avais participŽ quelques temps avant ˆ la souscription ce que les camarades de l'AGEM m'avaient reprochŽ : "tu finances un adversaire" m'avaient-ils dit.

Du c™tŽ de cet axe donc il s'agissait de rejouer la rŽvolution avortŽe de 1968 et de la mener jusqu'au bout. C'est pourquoi il fallait durcir la grve et espŽrer qu'elle s'Žtende. Le but Žtait de faire tache d'huile et d'Žbranler le pouvoir du capital. Ce qui avec l'humour et l'ironie qui caractŽrisaient les militants de l'UNEF de Marseille, pas avares de moqueries toutes prolŽtariennes ˆ l'encontre des gauchistes nous conduisaient ˆ crier par dŽrision dans certains comitŽs de grve "Grve gŽnŽrale jusqu'en 78". Mais pour eux nous Žtions des rŽformistes, le bras armŽ dans les facs du PCF qui avait abandonnŽ la rŽvolution. Mais il faut bien voir que 68 pour nous qui rentrions en fac en 75 c'Žtait de la prŽhistoire car ˆ cette Žpoque lˆ nous Žtions en CM2 ! Et mme le renouveau de 71 Žtait encore l'antiquitŽ (j'Žtais pour ma part en 4eme). Je n'ai pas croisŽ ˆ l'UNEF de responsables qui auraient fait "71" en 75. Les militants les plus aguerris du bureau d'AG Žtaient entrŽs en fac en 72 ou 73. Donc rejouer 68 Žtait peut tre dŽjˆ hors du temps.

La nature et l'enjeu de la bataille des seconds cycles faisait l'essentiel des joutes oratoires dans les AG et des compŽtitions Žlectorales pour se faire Žlire au comitŽ de grve ou au collectif national.

Des militants de l'AGEM-UNEF comme Serge Pille ou Maurice Perrin y excellaient. Je me souviens avoir ŽtŽ Žlu au comitŽ de grve par mon "amphi" dans ces conditions. Au collectif national certains faisaient voter le socialisme, lˆ tout de suite, parait il, alors que nous, nous nous battions pour les revendications concrtes.

Vous allez me dire que je n'ai pas parlŽ pour le moment de l'UNEF-US, paravent syndical de l'AJS lambertiste. Ceci pour une raison simple c'est que je pense qu'ils ont influŽ assez peu sur le mouvement lui mme en tout cas ˆ Saint-Charles. Plus globalement dans la pŽriode allant de 75 ˆ 81, cependant ils ont jouŽ un r™le extrmement important pour nous combattre. Sur Saint-Charles leur principal porte parole un certain Jacques dont j'ai oubliŽ le nom de famille avait un style tellement rŽtro dans l'expression qu'il influait peu sur le mouvement de masse. C'est ainsi que pour promouvoir l'unitŽ nŽcessaire des Žtudiants ˆ l'instar du mouvement ouvrier il avait pris l'exemple du moment o le "Parti ouvrier franais de Jules Guesde" (sic !!!!) avait pris l'initiative de se rapprocher des autres courants socialistes (sans doute le Parti socialiste franais de Jaurs et consorts). La situation devait tre un peu plus favorable pour eux ˆ Luminy et Saint-JŽr™me ˆ cause du nombre plus important de rŽsidents universitaire dans la population Žtudiante. Dans ces deux sites rŽgnait un certain Bernard Trojani qui devint plus tard secrŽtaire gŽnŽral du syndicat des travailleurs corses, dans la mouvance du FLNC.

En effet, un des points forts de l'AJS Žtait les CitŽ U, avec la FERUF qu'ils avaient constituŽ par une scission de la FRUF un peu plus d'un an auparavant. Du coup ˆ Marseille, la FRUF Žtait en difficultŽ et l'AGEM avait laissŽ cela dŽriver.

Contrairement ˆ l'axe LCR/RŽvolution qui se contentait de nous dŽnoncer ouvertement comme rŽformistes afin d'entra”ner les Žtudiants vers des positions "rŽvolutionnaires", la stratŽgie de l'AJS Žtait plus pernicieuse et hypocrite. Leur but Žtait clairement de nous rŽduire, de nous combattre au nom de l'"unitŽ", de l'unitŽ syndicale entre OS et Žtudiants, comme ils pr™naient l'unitŽ de la FEN, ou l'unitŽ politique au nom du Front Unique ouvrier. Comme me l'avouera plus tard, en 1981, au moment o ils faisaient ouvertement la campagne de Mitterrand au premier tour, un de leurs militants ˆ Jussieu (aprs l'armŽe j'ai fait un tour d'un an lˆ bas en DEA) pour eux les "staliniens" Žtaient bien plus contre-rŽvolutionnaires que les sociaux-dŽmocrates et il importait d'abord de les combattre. On sait qu'aprs avoir favorisŽ leurs contacts avec le PS pour la crŽation de l'UNEF ID, puis fait la campagne de Mitterrand, ils iront jusqu'ˆ rejoindre le PS lui mme en 1986.

Mais c'est une autre histoire. La politique de l'AJS en 1975 et les annŽes qui ont suivi Žtait la suivante :

1 ) appeler physiquement au boycott des Žlections universitaires car il ne fallait pas "gŽrer la pŽnurie". Et nous Žtions forcŽment dŽnoncŽs pour cela.

2 ) utiliser chaque dŽclaration du moindre militant de l'UNEF, aussi inexpŽrimentŽ soit il, ou chaque ratŽ de notre organisation pour la dŽnoncer publiquement et nominativement dans des tracts comme preuve de notre complaisance ˆ l'Žgard de l'administration ou du pouvoir.

3 ) appeler sans cesse ˆ l'unitŽ "entre organisations" c'est ˆ dire entre eux et nous alors que nous nous voulions rassembler l'ensemble des Žtudiants dans une mme maison. Et l'ouverture de l'UNEF vers les Žtudiants non membres de parti n'Žtait pas un vain mot et nous y prenions bien garde.

4 ) enfin nous battre aux Žlections en citŽ U et surtout au CROUS ce qui n'Žtait pas sans contradiction avec leur attitude pour les Žlections universitaires. Mais sur cela je reviendrais dans un autre billet, concernant les citŽs U.

Pour terminer sur 1976, l'annŽe universitaire se termina sans que nous ayons fait renoncer le pouvoir, mme s'il a ŽtŽ contraint ˆ des reculs et sans gagner sur nos principales revendications, notre influence et notre approche avaient grandi et les 2 annŽes qui ont suivi nous avions progressŽ fortement aux Žlections universitaires et aux Žlections du CROUS de 1977. Et puis la gauche unie allait l'emporter nous y croyions trs fort.

Au dŽbut du mois de juillet, moi qui n'avais pas quittŽ Marseille de l'annŽe, je fis ˆ Orsay un stage de formation UNEF assurŽ par Brigitte Dionnet et Didier Seban. Une expŽrience trs riche et enthousiasmante aprs une annŽe de ce calibre. Je me souviens d'un vieil ouvrier d'une cinquantaine d'annŽe qui faisait le stage avec nous. Il Žtait Žtudiant ˆ Vincennes (Paris 8) sans doute sans le bac. Lui nous racontait les barricades ..... de mai 1958 (!!!) au moment de la prise de pouvoir par de Gaulle.

Le 31 janvier 2021, sur le groupe Facebook C'Žtait l'UNEF

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