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Alors que 7 000 allocations d'un montant moyen de 12 915 francs ont été budgétées pour cette année, 392 seulement ont été attribuées à la mi-octobre. Faible renommée d'une mesure nouvelle, absence de critères clairs d'attribution et contingentement de l'aide sont en cause. La philosophie de l'allocation se veut différente de celle des bourses classiques, attribuées en regard de la situation sociale des familles. Elle doit d'abord répondre à des situations d'urgence : l'allocation pourra donc être délivrée, après avis d'une commission où les étudiants siègent à parité avec l'administration, à tout moment de l'année universitaire. Le contingent attribué par le ministère n'a donc pas vocation à être épuisé dans les premières semaines de la rentrée. Mais il s'agit aussi, ce qui pose plus de problèmes, de reconnaître que l'autonomie des étudiants ne vivant pas chez leurs parents peut générer des problèmes financiers de nature à perturber leur réussite. Un texte de cadrage, paru le 15 avril, indique que « l'objectif de la commission académique d'allocation d'études est de répondre à des situations de précarité intervenant au cours de l'année universitaire et qui n'auraient pas pu être prises en compte par le système d'attribution des bourses. Il s'agit de cas correspondant notamment à une dégradation des conditions de vie de l'étudiant (rupture familiale, divorce, séparation, maladie, chômage ou surendettement des parents) ou à toute réalité se traduisant par une situation d'autonomie constatée de l'étudiant ». Cette dernière clause, défendue par l'UNEF-ID, connaît une traduction variable sur le terrain. Le ministère de l'éducation nationale n'a pas, à ce jour, fixé de critères nationaux d'attribution de l'allocation, ni défini « l'autonomie constatée ». Une mission a été confiée à ce sujet à Jean-Francis Dauriac, directeur du Crous de Créteil, qui doit remettre un rapport d'ici au mois de décembre. « Nous ne voulons pas de critères normatifs a priori »,souligne Francine Demichel, directrice de l'enseignement supérieur. « Informons les étudiants de l'existence de l'allocation, voyons quelle est la nature des demandes, et nous pourrons construire des indicateurs. » Ceux-ci pourraient se baser sur les enquêtes sociales ou sur une déclaration fiscale indépendante fournie par l'étudiant - une piste de travail encore dans les limbes. Dans ce cadre pragmatique, le ministère pense qu'il faut surtout répondre à « l'autonomie subie » des étudiants. Une orientation contestée par les syndicats d'étudiants. L'UNEF-ID prône une liste de critères non cumulatifs : disposer d'un logement individuel, être salarié, vivre en couple, avoir des enfants à charge. Le syndicat estime le nombre de demandeurs potentiels entre 600 000 et 800 000 étudiants - ce qui porterait le coût de la mesure à 10 milliards de francs -, considérant que tout étudiant de moins de 26 ans ne vivant pas chez ses parents et ne pouvant bénéficier d'une bourse sur critères sociaux peut prétendre à l'allocation. Le syndicat juge que le ministère « essaie de décourager la demande » et incite les étudiants à remplir des dossiers. INTERPRÉTATIONS DIVERGENTES En septembre, les Crous ont commencé à utiliser le contingent d'allocations pour répondre à des cas qui relevaient antérieurement des bourses sur critères sociaux. Le ministère a alors tenté de clarifier les choses dans une circulaire indiquant que « les cas qui relevaient antérieurement des anciennes commissions régionales des bourses doivent être traités de manière analogue à l'an passé ; soumis à la commission d'allocation d'études, les étudiants pourront se voir atttribuer comme précédemment une bourse sur critères sociaux ». Cette instruction n'a fait qu'ajouter à la confusion, interdisant d'utiliser l'allocation sauf pour des étudiants dont l'appréciation de l'autonomie reste soumise au libre jugement du terrain. Depuis, les interprétations locales divergent. Un cas de surendettement de la famille a donné lieu à l'attribution d'une bourse à Amiens, à une allocation d'études à Orléans. Ici, l'allocation est refusée parce que l'étudiant est salarié. Là, elle est donnée pour la même raison. Au total, sur les quelque 400 allocations déjà délivrées, seules une centaine l'ont été sur la base de l'autonomie constatée du jeune, les autres ayant été attribuées sur des critères qui auraient dû relever d'une bourse. Le montant de l'allocation est variable : il va de l'échelon 1 (7 524 F) à l'échelon 5 (20 682 F) des bourses. Reste que pour Mounia, 21 ans, étudiante en deuxième année d'anglais à l'université de Caen, l'allocation « est venue à point nommé ». En rupture avec ses parents, redoublante, elle ne pouvait compter jusqu'alors que sur les 900 francs mensuels gagnés en faisant le service de cantine d'une école maternelle. « Je ne pouvais pas continuer comme ça. Sans aide, j'allais être obligée d'arrêter mes études. » N. G. la fierté et l'ambition des nouveaux « méritants » PORTRAITS : Les titulaires des bourses de mérite rêvent désormais de « l'inaccessible » Mis à jour le mardi 9 novembre 1999 « RÉCOMPENSE », « reconnaissance », « fierté », « encouragement », ces mots reviennent comme un leitmotiv chez les nouveaux « méritants ». Frédérique, Isabelle, Romain, Emmanuel, Hélène et Anne-Sophie, tous enfants d'ouvriers, d'employés ou de chômeurs, n'imaginaient pas, en obtenant en 1998 leur baccalauréat général, que leur mention bien ou très bien leur donnerait droit à une bourse de mérite. Bons élèves et éligibles à une bourse sur critères sociaux, ils se sont tous engagés sur l'honneur - sans obligation de résultat - à préparer le concours de l'Ecole nationale d'administration (ENA) ou celui de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) et bénéficient désormais d'une aide de 40 000 francs par an tout au long de leur scolarité. Seul l'abandon des études oblige à rembourser les sommes touchées. Pour la plupart de ces élèves, l'ENA et l'ENM relevaient avant tout de « l'inaccessible ». Désormais, l'espoir d'intégrer l'une de ces prestigieuses écoles est « vaguement caressé ». Lancées par Claude Allègre à la rentrée 1998 pour restaurer « la promotion sociale républicaine », 186 bourses de mérite ont été attribuées l'an dernier (135 pour l'ENA et 51 pour l'ENM), dont 136 à des filles. Cette année, 400 aides de ce type devraient être distribuées et élargies aux étudiants souhaitant préparer Polytechnique ou une faculté de médecine. En outre, 48 bourses seront réservées aux diplômés de deuxième cycle (licence, maîtrise, IEP) qui souhaitent préparer le concours de l'ENA. Attribuées elles aussi sur critères académiques (mention au bac et au diplôme universitaire) et sociaux par quatre académies pilotes (Bordeaux, Grenoble, Rennes, Strasbourg), elles n'ont suscité pour l'instant qu'une vingtaine de candidatures. Parallèlement, Sciences-po Paris s'est engagé à ne plus recruter d'étudiants issus des IEP de province à son centre de préparation à l'ENA. Au-delà de la volonté ministérielle de démocratiser l'accès aux grandes écoles, la création de ces bourses de mérite vise également à « accélérer la diversification des parcours de formation ». Si la majorité des étudiants « méritants » sont inscrits dans un Institut d'études politiques (93 boursiers), dans une classe préparatoire (77) ou dans une faculté de droit (32), d'autres ont choisi les filières lettres, sciences économiques, langues étrangères appliquées (LEA), histoire, etc. « UN VRAI MIRACLE » Frédérique n'avait jamais envisagé l'Ecole nationale de la magistrature (ENM). Mais c'était avant d'obtenir sa bourse de mérite. « Un vrai miracle », dit-elle. « J'avais trimé pour obtenir une mention au bac. Finalement, cela a servi à quelque chose. On se dit que c'est mérité et on est quand même fier. » Etudiante en deuxième année de faculté de droit à Dijon, Frédérique met « de l'argent de côté » afin d'intégrer une faculté parisienne l'année prochaine. « S'être engagé à passer le concours de l'ENM, cela fait un peu peur au début. Mais les jours où je n'ai pas le moral, je me dis que j'ai cette bourse et ça me booste. » Isabelle, quant à elle, pensait « se donner le temps de la réflexion » avant de choisir son orientation professionnelle. Cette bourse « m'a pressée », explique-t-elle. Alors ce sera la préparation à l'ENA. Actuellement étudiante à l'Institut d'études politiques (IEP) de Rennes, elle refuse de se « cloîtrer pour arriver première » mais « essaie de profiter de la vie et économise pour effectuer une année d'études à l'étranger ». Après « en avoir bavé » pour décrocher une mention bien à son bac ES, Emmanuel savoure le confort matériel que lui procure sa bourse. Etudiant en deuxième année de DEUG LEA à Strasbourg, il s'imagine plus tard « acheteur à l'international en entreprise » et met peu d'espoir dans une entrée à l'ENA. Quant à Romain, élève en deuxième année de DEUG de droit, il s'est engagé pour l'ENM, curieusement sans savoir quelle profession envisager. Désormais étudiante à Sciences-po Paris après une année à l'IEP de Rennes, Anne-Sophie a bien besoin de cette bourse pour financer sa nouvelle vie parisienne. Si elle parvient un jour à intégrer l'ENA, ce sera « tant mieux », mais elle a déjà prévu de se rabattre sur d'autres concours administratifs. Hélène, titulaire d'un bac scientifique mention très bien et passionnée de droit administratif , a profité de sa bourse pour mettre tous les atouts de son côté. « Cette aide m'a permis de prendre un logement très proche de l'IEP de Strasbourg afin de pouvoir assister aux conférences du soir, d'acheter un ordinateur, plein de bouquins et de couvrir mes frais de retour chez mes parents le week-end », énumère-t-elle. Elle voulait depuis longtemps intégrer la section « service public » de l'IEP mais ne se faisait « aucune illusion » sur les concours. Désormais, elle se dit « motivée » pour passer l'ENA. « Mon projet se structure », assure Hélène, qui évoque, dans un éclat de rire, « le Conseil d'Etat ! ». Sandrine Blanchard Des « licences professionnelles » dans les universités à la rentrée 2000 Mis à jour le mardi 9 novembre 1999 COMME UN PETIT PLAT longtemps mijoté, la licence professionnelle (LP), nouveau diplôme national auquel les universités pourront préparer dès la rentrée 2000, vient de naître après un an et demi de discussions entre le ministère de l'éducation, les syndicats d'enseignants et d'étudiants, et les représentants des entreprises. Sa création a été approuvée, lundi 8 novembre par le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser), avec 33 voix pour (dont celles de la CFDT, de la FEN, du Medef et de la CGPME), 14 contre (FSU, UNI, SUD, FO) et 5 abstentions (CGT, UNEF-ID). Cette nouveauté s'inscrit dans le projet de Claude Allègre d'harmonisation européenne des diplômes. Avec ses homologues étrangers, le ministre de l'éducation nationale s'est engagé depuis 1998 à bâtir une « architecture commune de référence pour les formations universitaires, fondée sur deux cursus, avant et après la licence ». Une réorganisation des sorties de l'enseignement supérieur autour de trois niveaux, très débattue, s'est engagée depuis lors : le bac + 3 - avec une licence professionnelle complétant les diplômes existant -, le bac + 5 - avec le nouveau grade de mastaire - et le bac + 8 (le doctorat). L'APPUI DU MEDEF La licence professionnelle « conçue dans un objectif d'insertion professionnelle » est un diplôme homologué de niveau II. Le Medef s'est engagé à défendre ce niveau d'insertion dans les conventions collectives des entreprises. La formation sera « conçue et organisée dans le cadre de partenariats étroits avec le monde professionnel ». Elle visera à « apporter les fondements d'une activité professionnelle, et permettre au titre de la formation continue, à des personnes engagées dans la vie professionnelle de valider les connaissances et les expériences acquises dans leurs activités ». Sont prévus un stage de 12 à 16 semaines, et un projet représentant au moins un quart du volume de la formation, hors stage. Au moins 25 % des enseignements seront délivrés par des professionnels. Ces derniers donneront leur avis, au sein d'une « commission nationale d'expertise » composée à parité avec des universitaires, sur la création des LP. Ils participeront aux jurys d'examen. Si certains syndicats rejettent la philosophie d'un diplôme faisant la part trop belle aux entreprises, les principales contestations viennent du fait que le texte ne fixe aucune fourchette horaire au cursus. Le ministère, satisfaisant ainsi à une demande du Medef, n'a pas souhaité encadrer la LP, alors que les autres licences tournent autour de 500 heures annuelles. Le Snesup-FSU, notamment, s'est inquiété d'une version du projet qui prévoyait une LP à 300 heures. Les présidents d'université, comme le SGEN-CFDT, se satisfont néanmoins d'avoir obtenu une autre garantie, davantage susceptible selon eux d'assurer la qualité de la formation : les moyens accordés aux LP devraient être alignés sur ceux des filières professionnalisées existantes - IUT ou IUP - qui bénéficient de taux d'encadrement élevés. PUBLICS DIFFÉRENTS Autre point laissé dans le flou, les poursuites d'études à l'issue de la LP : théoriquement possibles, mais contraires à l'esprit de la licence, elles seront prévues au cas par cas, au gré des habilitations. La licence doit enfin, et ce n'est pas la moindre des difficultés attendues, être ouverte à des publics différents : titulaires d'un DEUG, d'un DUT, d'un BTS ou d'une expérience en entreprise. Les Instituts universitaires de technologie (IUT), qui ont déjà développé de nombreuses formations d'un an après le DUT, voient bien l'usage qu'ils feront de la LP. Ce diplôme national se substituera aux formations locales à bac + 3 développées pour mieux adapter les étudiants à l'emploi. Dans les filières universitaires classiques, les motivations sont plus diverses : offrir une sortie rapide à des étudiants de DEUG général en échec, spécialiser des scientifiques, donner une double compétence à d'autres. Dans un premier temps, les LP risquent d'être réservées à tel ou tel de ces publics. La plupart des universités ont des projets de LP, mais attendent, compte tenu de ces difficultés, un démarrage en douceur du nouveau diplôme. L'arrêté ministériel prévoit qu'un bilan sera dressé après dix-huit mois d'expérimentation ; la liste des dénominations des licences sera alors dressée. Par ailleurs, une mise à plat des formations universitaires professionnalisées est promise pour janvier 2000. Nathalie Guibert 01�üúñ:„:x: Rûùùùõû5�CJ5�5�CJ 01jk¸ b·]­üýYµbº i ¿  p ” • ð G ¥ ýûýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýý01jk¸ b·]­üýYµbº i ¿  p ” • ð G ¥ õ N ¢ ú O ¢ ÿ W¶ f¸ g¼c¿fg¿wÍ!}Ô0‰ÄÅùúM¦ûU©\¯[±ÏÐzÔ/€Ù3�é<šòE ø9:_ƒ„…üd¥ õ N ¢ ú O ¢ ÿ W¶ f¸ g¼c¿fg¿wÍ!}ÔýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýÔ0‰ÄÅùúM¦ûU©\¯[±ÏÐzÔ/€Ù3�é<ýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýý<šòE ø9:_ƒ„…Ò A B ‡ Û *!y!Ð!("„"ß"4#Ž#Ý#6$ýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýý…Ò A B ‡ Û *!y!Ð!("„"ß"4#Ž#Ý#6$‡$Û$0%u%v%Ì%!&|&Î&'q'Ê'#(u(Ì(#){)Ö)&*�*Ï*$+y+Ó+-,},¡,¢,Î,Ï,-z-×-,.�.Ù.//‰/ã/=0•0ð0I1¥1þ1E2F2�2ö2C3 3ô3F4›4ñ4J5©56(6)6†6à687�7è798�8ì8E9š9×9Ø9:::D:x:y:²:³:ù:T;¯; <e<e6$‡$Û$0%u%v%Ì%!&|&Î&'q'Ê'#(u(Ì(#){)Ö)&*�*Ï*$+y+Ó+-,},¡,¢,Î,ýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýÎ,Ï,-z-×-,.�.Ù.//‰/ã/=0•0ð0I1¥1þ1E2F2�2ö2C3 3ô3F4›4ñ4J5©56ýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýý6(6)6†6à687�7è798�8ì8E9š9×9Ø9:::D:x:y:²:³:ù:T;¯; <e<À<=ýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýe<À<=p=Ä=Å=>g>À>?m?¾?@o@Ã@AASA«AB[B´BCcCºCD2D3DŒDãD;E“EèE4F5F‘FîFHG›GðGEHžHñHII£IÿITJqJrJ¿JKqK©KªKLYL®L MaMµM N5N6N’NîNFO¡OüOUP¬PQ^Q´QäQåQ RK=p=Ä=Å=>g>À>?m?¾?@o@Ã@AASA«AB[B´BCcCºCD2D3DŒDãD;E“Eýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýý“EèE4F5F‘FîFHG›GðGEHžHñHII£IÿITJqJrJ¿JKqK©KªKLYL®L MaMµM Nýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýýý N5N6N’NîNFO¡OüOUP¬PQ^Q´QäQåQ Rýýýýýýýýýýýýýýý°‚. °ÆA!°¥"°¥#�‰$�‰%° [$`ñÿ$NormalmH 2`2Título 1$@&5�CJFA@òÿ¡FFuente de párrafo predeter. 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