TŽmoignage de Jacques Rebi�re (ˆ l'UNEF ˆ Paris I de 1982 ˆ 1987), en particulier sur l'UNEF et le serivce militaire

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Ce nÕŽtait pas mon premier congr�s de lÕUnef.... (en 1984 ou 85, Limoges ?), mais jÕavais pu en noter les Ç rituels È. Un congr�s dŽbutait bien avant son ouverture par la chasse aux profs, supposŽs pouvoir prendre en charge tout ou partie des frais dÕinscription, jusquÕaux applaudissements ˆ lÕadresse de telle ou telle organisation Žtudiante Žtrang�re, lors de la soirŽe Ç internationale È de cl™ture... Il y avait aussi les ouvertures, moment Žmouvant ˆ Gardanne quand les mineurs en gr�ve nous avaient re�us nous demandant, ˆ nous futurs cadres, de ne pas oublier que nous avions ŽtŽ soutenus dans nos luttes par des ouvriers... Moments plus convenus quand lÕŽlu du coin pronostiquait d�s le dŽbut un Ç grand È congr�s avant quÕil ne se dŽroule... Moment unique, comme ce discours dÕHenri Krazucki ˆ Colombes, notamment apr�s quÕil ait abandonnŽ la lecture de se son discours Žcrit...

Bref ! jÕŽtais ˆ ce moment-lˆ plus intŽressŽ par la synth�se en cours avec une jeune et charmante dŽlŽguŽe de Reims que par celle qui se tentait ˆ la tribune : retours dÕexpŽriences passionnants (!) sur les polycopiŽs dont je coordonnais lÕŽdition ˆ Tolbiac en histoire et archŽologie... Parce que pour moi, le syndicalisme Žtudiant cÕŽtait avant tout �a : lÕentraide Žtudiante, celle que FrŽdŽric Boccara et FrŽdŽric Houx Žtaient venus expliquer en amphi lors de la rentrŽe, juste avant mon adhŽsion en 1982... Apr�s quelques annŽes dÕengagement mises au profit de cette Ç solidaritŽ Žtudiante È, je ne comprenais pas que Ç mon È syndicat soit si discret sur ce qui coupait les cursus universitaires de beaucoup dÕŽtudiants : le service militaire.

JÕavais apr�s le bac fait une PrŽparation Militaire SupŽrieure dans le but avouŽ dÕintŽgrer les Ecoles dÕOfficiers de RŽserve et, en tant que communiste, de ne pas laisser le monopole du commandement aux fachos. On ne pouvait me taxer ni dÕantimilitarisme ni dÕ�tre un fanatique des armes, mais je sentais dans nos rangs un malaise sur cette question. Au mieux un dŽbat sur la pertinence de rŽduire le service ˆ 6 mois animait les Žchanges (pour former distinctement des chasseurs alpins dÕŽtŽ et dÕhiver, sans doute).

LÕenvie mÕa donc pris de mÕimposer durant la session des questions diverses au congr�s, un crŽneau court mais tout aussi ritualisŽ et pour lequel il suffisait de viser le bon moment, pour intervenir sur ce sujet. JÕentretenais avec ceux qui siŽgeaient ˆ la tribune des relations plut™t bonnes mais je ne suis pas certain que mon intervention qui posait publiquement cette lacune parmi nos actions ait ŽtŽ la bienvenue parmi eux... Ce sont les applaudissements nourris de la salle qui me valurent dÕaller jusquÕau bout de mon intervention... et dÕobtenir que notre expression sur ce sujet soit admise, sans conviction, par la direction nationale. Je fus donc affublŽ du titre ronflant de Ç collaborateur du Bureau national en charge du service national È et dŽcouvris que lÕUnef Žtait (para”t-il) reprŽsentŽe au sein de la Commission ArmŽe Jeunesse, consultative aupr�s du ministre de la dŽfense. FrŽdŽric Verecchia cumulait un r™le de Ç secrŽtaire ˆ lÕInternational È et cette mission... Trop absorbŽ certainement par ses Žtudes, ses multiples voyages et son art de faire Ç sauter È les PV qui jonchaient le sol de sa voiture, il ne semblait pas avoir souvent perturbŽ les dŽbats de cette assemblŽe...

Je mis donc mon Žnergie ˆ y siŽger aussi assidument que possible et ˆ y rŽclamer le report du service militaire ˆ 25 ans, soit apr�s lÕobtention dÕune ma”trise pour beaucoup dÕŽtudiants. Je veux ici mentionner le soutien tr�s efficace des reprŽsentants de la FORR/FSORR (fŽdŽration des officiers/sous-officiers de rŽserve rŽpublicains) et de leurs reprŽsentants Jean Marrane et Gilles Foucher... J'ai beaucoup appris ˆ leurs c™tŽs ; Jean avait la parole calme, rigoureuse et bŽnŽficiait d'un grand respect malgrŽ ses convictions bien diffŽrentes de celles de beaucoup de membres de la commission... Les jeunes CGT Žtaient Žgalement des soutiens importants et il faut aussi mentionner l'appui tacite (mais progressif) du gŽnŽral RenŽ Gili, prŽsident de la commission, peu ˆ peu convaincu du caract�re injuste et discriminatoire des modalitŽs d'application de la loi sur les "sursis". Ces convergences de vues fondŽes sur des expŽriences et valeurs partagŽes m'avaient ŽtŽ grandement utiles pour decredibiliser le reprŽsentant de l'unef-id, dont la prŽsence ne fut qu'ephemere, et principalement focalisŽe sur la seule revendication d'un "service ˆ 6 mois", bien loin de ma volontŽ d'Žradiquer un des handicaps au bon dŽroulement des cursus universitaires masculins, ˆ une Žpoque o� dŽjˆ peu parvenaient ˆ obtenir leurs dipl™mes dans les dŽlais prŽvus officiellement...

Comme indiquŽ plus haut, je n'avais pas prŽparŽ mon brevet de PMS pour partir plus tard mais puisque le ministre Chev�nement avait octroyŽ ce privil�ge aux dŽtenteurs de ce brevet, j'en ai profitŽ ! Ma position facilitait et credibilisait surtout mes interventions pour qu'un report adaptŽ Ç hache È moins les cursus et qu'il ne soit garanti ni par les capacitŽs physiques des jeunes, ni par les besoins de lÕArmŽe en mati�re de cadres.... De Tolbiac ˆ lÕEcole Militaire, je passais dÕun monde o� jÕŽtais un martien qui avait choisi de servir par les armes pour arriver ˆ un autre o� jÕŽtais un extra-terrestre abondamment chevelu, fondant nos revendications sur des dŽmonstrations techniques directement inspirŽes de mes quelques connaissances militaires....

En attendant dÕobtenir, ˆ force dÕinsistance, le principe de voir ce sujet mis ˆ lÕordre du jour des travaux ˆ venir de la CAJ, je dois avouer avoir beaucoup ÏuvrŽ en coulisses pour faciliter un rapprochement ou tel ou tel amŽnagement pour les copains...

Avec une poignŽe de syndiquŽs, aussi atypiques que moi, notamment Laurent Laxenaire, nous avons voulu rŽaliser un guide ˆ lÕadresse des Žtudiants afin de leur faire conna”tre divers droits et astuces juridiques destinŽs ˆ ce que cette annŽe-imp™t se dŽroule au mieux.... Beaucoup de travail, un beau document... qui ne vit jamais le jour. DŽcidŽment, le sujet dŽrangeait....

Nul n'Žtant irrempla�able, d'autres ont repris le flambeau (ƒric Lafon, Pierre Perinetti...), avec la m�me Žnergie, quand apr�s mon cursus universitaire en France (jusqu'en 1987), je servis comme Aspirant au 34�me rŽgiment du GŽnie ˆ Epernay, pr�s de Reims... mais sans rapport avec le dŽbut de ce tŽmoignage....

Sur le groupe Facebook C'Žtait l'UNEF, 7 mai 2021