Emmanuel Lyasse

Juin 2000, le mois dŽcisif pour le syndicalisme
Žtudiant en France

 

O pater, o patria, o Priami domus,
 Saeptum altisono cardine templum! [É]
Haec omnia vidi inflammari

Qui  appuya le premier sur la g‰chette ?
Qui recassa le vase de Soissons ?
Bref, qui donna le premier coup de pied au cul ?

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PrŽalables    1- Pourquoi deux UNEF ?    2- Crise   3- PrŽmices : le CNOUS

I- Illusion lyrique    1- Le collectif national du 3 juin    2- Chasse aux candidats, en chambre    3- Le lundi dŽcisif

II– TranchŽes   1- DŽfendre la liste face au ministre    2- DŽfendre lĠUNEF contre les liquidateurs    3- DŽfendre notre unitŽ contre la division

III— Ce que jĠai cru comprendre,É   1- Pourquoi ont-ils tuŽ lĠUNEF ?    2- Pourquoi avons nous ŽtŽ trahis ?    3- Pourquoi avons-nous ŽtŽ ridicules ?

Conclusion

 

 

Le vendredi 2 juin 2000, vers vingt-deux heures, alors que jĠŽtais dans ma chambre en train de me prŽparer ˆ mĠembter le lendemain ˆ un collectif national sans enjeu, et presque sans participants puisque cĠŽtait la pŽriode des examens, le tŽlŽphone a sonnŽÉ

Le vingtime anniversaire de ce qui fut le mois ˆ la fois le plus exaltant et le plus dŽsespŽrant de ma carrire syndicale mĠa conduit ˆ me replonger dans les vieux papiers, les vieux fichiers, les vieux souvenirs, et ˆ inciter mes camarades, ˆ ce jour avec succs, ˆ relancer le site historique unef.org .

‚a a ŽtŽ aussi lĠoccasion de constater que la partie consacrŽe ˆ la fin de lĠUNEF, la plus lourde du site pour des raisons Žvidentes[1], Žtait Žgalement trs  incomplte puisque, ˆ la petite introduction prs, elle ne faisait que reprendre nos publications dĠalors. Nous disions la vŽritŽ, bien sžr, mais pas toute la vŽritŽ, et lĠensemble reflte uniquement le point de vue, ou les points de vue successifs dĠailleurs, car nous nĠavons pas brillŽ par notre constance, que nous souhaitions diffuser.

Je crois pouvoir dire que pendant tout ce mois de juin, je nĠai fait que a (sauf un jour : jĠy viendrai), pensŽ quĠˆ a (mme ce jour). JĠŽtais alors, ˆ vingt-six ans, en quatrime annŽe de thse dĠhistoire romaine ˆ Paris IV. JĠavais un poste dĠATER ˆ Valenciennes, ce qui me permettait de gagner presque correctement ma vie contre huit heures de cours par semaine sur deux jours (et aussi dĠtre syndicaliste Žtudiant ˆ Paris en Žtant prof en province). LĠannŽe universitaire Žtait terminŽe, et je nĠai pas touchŽ ma thse en un mois.

Ce texte est donc un tŽmoignage dĠun acteur, je crois pouvoir dire du principal acteur (ce ne pourra tre jugŽ immodeste, vue la fin lamentable) de ces ŽvŽnements. Cet acteur Žtant historien dĠune tout autre pŽriode, il a des habitudes dĠŽcriture quĠon y retrouvera. Il sĠappuie aussi sur un stock considŽrable dĠarchives, ce qui est publiŽ sur le site, quĠil a de bonnes raisons de ma”triser, mais aussi tout ce qui a passŽ par sa boite mail. Il y a aussi des souvenirs qui nĠont jamais ŽtŽ Žcrits.

Le titre de ce texte aurait pu tre Ç le mois dŽcisif pour la fin du syndicalisme Žtudiant en France È. Ce fut la fin de ce que je considŽrais alors, que je considre encore aujourdĠhui comme le syndicalisme Žtudiant[2], tel quĠil a existŽ aprs 1968 avec en particulier les deux UNEF (Je ne prŽtends pas que notre UNEF Žtait la seule ˆ faire du syndicalisme. JĠaffirme quĠaprs sa disparition, et ses derniers soubresauts, plus personne nĠen a fait). JĠai renoncŽ ˆ ce titre pour ne pas rebuter a priori des lecteurs qui croient en avoir fait depuis.

Je mĠen tiens ˆ ce mois, parce quĠil est Žvident avec le recul quĠˆ sa fin tout Žtait jouŽ, et perdu pour nous et pour, donc, le syndicalisme Žtudiant. Se demander pourquoi nous avons persŽvŽrŽ aprs le soir du 28 (moi en particulier) revient ˆ se demander pourquoi la Wehrmacht a continuŽ ˆ se battre aprs Stalingrad et le Sud aprs Gettysburg.

Ce sera long. Ce sera dĠautant plus long que, puisquĠil nĠy a ˆ ce jour aucune Žtude publiŽe sur lĠhistoire globale de notre UNEF (Il faudrait changer a. Ce sera long et compliquŽ), il faut commencer par rappeler le contexte, ce qui est indispensable aux lecteurs (que jĠespre nombreux) qui nĠont pas vŽcu tout a, et peut tre utile aussi ˆ ceux qui lĠont vŽcu pour se rappeler des choses quĠils ont oubliŽes, voire ne savaient pas ˆ lĠŽpoque.

 

PrŽalables

1- Pourquoi deux UNEF ?

Il y avait donc alors deux UNEF, depuis aussi longtemps que la mŽmoire Žtudiante pouvait remonter, officiellement depuis 1971 mais en germe depuis la fin de lĠannŽe 1968[3]. Disons pour faire trs vite (cĠest passionnant, mais ce nĠest pas notre sujet) que lĠUNEF de 1907 ou de 1946 (dont on fait, bien ˆ tort ˆ mon avis, un mythe sous lĠappellation Ç grande UNEF È) Žtait de fait morte, aprs avoir fonctionnŽ au moteur ˆ explosion depuis 1956, et que deux groupes, qui nĠy Žtaient venus que tardivement, dĠun c™tŽ les lambertistes (dont lĠappellation Žtait alors OCI, AJS pour lĠorga de jeunesse), de lĠautre les communistes (ils nĠŽtaient pas seuls au dŽpart, mais comme a nĠa gure durŽ, nous passons) ont voulu relever le flambeau, et leur cohabitation dans la mme Žtant Žvidemment impossible, ont fini par fonder chacun leur UNEF, prŽtendant continuer la prŽcŽdente (dĠo le numŽro 59 donnŽ ˆ chacun des deux congrs fondateurs)[4]. On les dŽsignait couramment par le nom des deux anciennes tendances, Renouveau pour lĠUEC, UnitŽ Syndicale pour lĠAJS, parfois par les localisations de leurs siges nationaux, variables. On prŽcise que bien sžr, cĠŽtaient leurs directions qui Žtaient communistes et lambertistes, quĠelles avaient le but affichŽ de syndiquer tous les Žtudiants, et avaient des adhŽrents dĠautres obŽdiences politiques, ou sans.

En 1980, lĠUNEF lambertiste, dans un processus quĠelle a comiquement appelŽ Ç rŽunification partielle È a rŽcupŽrŽ la LCR, et quelques socialistes mitterrandistes et rocardiens, et a pris le nom dĠUNEF-ID (IndŽpendante et DŽmocratique), renonant donc de fait ˆ la revendication de continuitŽ (mais la maintenant en interne). Ce choix correspondait au rapport des forces ˆ lĠŽpoque : lĠhŽgŽmonie de lĠautre UNEF, la n™tre, Žtait Žcrasante. Aprs avoir un temps tentŽ de jouer sur la confusion, lĠUNEF devenue ID a choisi de sĠen distinguer clairement. Ce fut le dŽbut de lĠinversion du rapport des forces, parce que lĠUNEF-ID eut ds lors le soutien total du PS, (que rejoignirent rapidement la majoritŽ des LCR de 1980, derrire Julien Dray, puis celle des lambertistes, derrire Jean-Christophe CambadŽlis), donc de 81 ˆ 86 puis 88 ˆ 93 celui du gouvernement, tandis que lĠinfluence du PCF dŽclinait, encore plus sur les facs que partout ailleurs.

Il faut prŽciser, aussi, ce quĠon entend par rapport des forces. Il est Žvident, ou devrait lĠtre, que le nombre dĠadhŽrents officiellement revendiquŽs par chacune relevait de la blague (deux blagues trs diffŽrentes dĠailleurs), que leurs nombres rŽels Žtaient (et sont donc dĠautant plus aujourdĠhui) impossibles ˆ estimer. Le critre Žtait, avec les rŽserves dĠusage et faute de mieux, les rŽsultats Žlectoraux. Dans les annŽes 1970, lĠUNEF (Renouveau) dominait largement les Žlections, lĠUNEF (UnitŽ syndicale) les boycottait et tirait de lĠabstention la preuve de sa plus grande force, ce qui ne trompait que ceux qui voulaient tre trompŽs. LĠUNEF dŽsormais ID a renoncŽ au boycott des Žlections quand elle a pu les gagner. Il faut cependant noter que, pour des raisons trop longues ˆ dŽtailler ici, ce critre Žlectoral avantageait Žvidemment lĠU-ID, et que sa domination nĠŽtait pas aussi Žcrasante quĠil semblait lĠindiquer.

LĠUNEF a connu un mieux, qui sĠest manifestŽ Žlectoralement, au dŽbut des annŽes 1990. On peut lui attribuer deux causes : dĠabord, lĠallŽgeance de lĠU-ID au gouvernement, totale du moment que Jospin a ŽtŽ ministre de lĠƒducation nationale, commenait ˆ se voir un peu trop (et sĠest vue ensuite en interne, dĠo son changement dĠobŽdience de Camba ˆ Juju, mais a nĠest pas notre sujet) ; ensuite (cĠest en partie liŽ), des militants de la LCR, et dĠautres trotskistes et trotskisants lĠont rejointe, ce qui lui a permis de regagner en extension (en perdant, certes, en cohŽsion).

Il y avait donc, encore en juin 2000, deux UNEF, dont une Žtait indŽpendante et dŽmocratique. Elles Žtaient aussi diffŽrentes que peuvent lĠtre deux sÏurs (certes ennemies). Leur structure apparente Žtait la mme, hŽritŽe de lĠancienne UNEF[5] : une union dĠAssociation gŽnŽrale Žtudiantes (AGE), qui Žlisaient en congrs un Bureau national comprenant un prŽsident, un secrŽtaire gŽnŽral et un trŽsorier. Ce point est dĠautant plus essentiel quĠil a souvent ŽtŽ oubliŽ, mme par des responsables nationaux : il nĠy avait pas dĠŽtudiant adhŽrent ˆ lĠUNEF, mais des Žtudiants adhŽrant ˆ une AGE, laquelle Žtait elle-mme adhŽrente de lĠUnion. Complication supplŽmentaire, elle aussi hŽritŽe de lĠUNEF dĠavant : ˆ Paris, les AGE correspondaient chacune ˆ une universitŽ, en province ˆ une ville universitaire, o il y avait Žventuellement plusieurs universitŽs. Elles avaient eu des Žvolutions fort diffŽrentes, dont les germes Žtaient certainement prŽsents au dŽpart, mais que des ŽvŽnements variŽs de part et dĠautre avait accentuŽes. LĠUNEF-ID avait en fait perdu tout caractre fŽdŽral pour devenir une organisation extrmement centralisŽe, o les responsables dĠAGE Žtaient totalement subordonnŽs aux membres du BN, ce que la structuration par tendances (figŽes et centralisŽes) aggravait. Le caractre fŽdŽral avait ŽtŽ maintenu ˆ lĠUNEF (o il nĠy avait pas de droit de tendance) et plut™t approfondi avec le temps. Le BN nĠintervenait en principe dans une AGE quĠˆ sa demande. Un prŽsident dĠAGE non membre du BN (beaucoup lĠŽtaient) avait plus de poids quĠun membre du BN non prŽsident dĠAGE. On peut dĠores et dŽjˆ noter que, rien que pour cela, lĠidŽe de les Ç rŽunifier È (elle nĠavaient jamais ŽtŽ unies dĠailleurs, ayant poussŽ sŽparŽment sur le cadavre de lĠancienne UNEF) Žtait totalement saugrenue, et ne pouvait conduire quĠˆ la disparition totale de lĠune des deux, au maintien de lĠautre ˆ lĠidentique.

On savait bien sžr laquelle disparaitrait dans ce cas. Alors que lĠUNEF-ID, dirigŽe (et verrouillŽe) par le groupe Dray (dit alors Gauche socialiste) avec une opposition de droite rocardienne, une opposition de Ç gauche È LCR, Žtait devenue une machine qui, si elle nĠavait plus grand-chose ˆ voir avec le syndicalisme Žtudiant, Žtait redoutablement efficace, lĠUNEF allait trs mal. Il nous faut repartir en arrire pour essayer de comprendre pourquoi.

2- Crise

Je crois pouvoir dater de 1997 le dŽbut de la crise finale de lĠUNEF (LĠannŽe o jĠy ai adhŽrŽ. JĠai parfois lĠimpression de porter la poisse). Il y avait eu dans les annŽes prŽcŽdentes bien des crises, bien des drames, que dĠautres pourraient raconter beaucoup mieux que moi (je souhaite quĠils le fassent), mais aucun nĠavait mis en cause son existence mme[6]. Lˆ, il sĠagissait du lien structurel, bien quĠŽvidemment non formel, de lĠUNEF avec le PCF, sans lequel elle ne pouvait exister.

On doit pouvoir, aprs vingt ans, renoncer aux hypocrisies et aux euphŽmismes pour dire clairement ce qui est vrai : lĠUNEF Žtait, depuis 1971, le syndicat Žtudiant du PCF. Cela ne signifiait absolument pas quĠelle fžt une organisation communiste dans sa doctrine, ni bien sžr ne comport‰t que des communistes. CĠŽtait un syndicat, un vrai syndicat vraiment Žtudiant, que le PCF finanait (indirectement bien sžr), structurait, auquel il fournissait de fait sa direction nationale, ce parce quĠil estimait avoir intŽrt ˆ le faire. Depuis 1971 (et bien avant dĠailleurs), le PCF avait ŽtŽ, hors la parenthse de 1981/84 (qui nĠavait pas fait du bien ˆ lĠUNEF), hostile ˆ tous les gouvernements qui sĠŽtaient succŽdŽ. Comme tous ces gouvernements Žtaient rŽsolument nuisibles aux intŽrts des Žtudiants, le lien structurel entre le Parti et le syndicat Žtait sain et mutuellement profitable. En 1997, le Parti a dŽcidŽ de participer (avec la ferme intention de sĠy maintenir ˆ tout prix, que la suite a illustrŽe) au gouvernement Jospin, dont il est apparu rapidement quĠil Žtait anti-Žtudiant comme ses prŽdŽcesseurs, plus que ses prŽdŽcesseurs mme. Le hiatus Žtait inŽvitable. Les dirigeants communistes de lĠUnion nationale, pour concilier leurs fonctions syndicales et leur devoir de Parti, en ont ŽtŽ rŽduits ˆ parler de combattre les rŽformes ˆ partir de leurs aspects positifs, puis dĠexiger des moyens pour appliquer les rŽformes, finissant par quasiment refuser de prononcer ou dĠentendre le mot rŽforme, en arguant que lĠUNEF nĠavait pas ˆ prŽtendre imposer son opinion aux Žtudiants et devait se borner ˆ demander la leur, et ont ŽtŽ confrontŽs ˆ une opposition de plus en plus nombreuse et de plus en plus agressive, sur un clivage trs diffŽrent de tous les prŽcŽdents (mais ne les abolissant pas totalement, ce qui nĠa pas simplifiŽ les choses). La tension commena quand la direction renona ˆ son opposition ˆ la rŽforme Bayrou. Le rapport Attali, et le mouvement quĠil provoqua dans de nombreuses universitŽs fin 1998, mit le feu aux poudres.

1997 a ŽtŽ aussi (je ne vois pas de rapport) lĠannŽe du dŽpart de lĠUNEF de presque tous les militants de la LCR, principalement pour SUD ƒtudiants, apparu en 1995 mais qui nĠa vŽritablement existŽ quĠˆ ce moment lˆ. Il est ˆ peu prs certain que cĠŽtait lĠeffet dĠune dŽcision prise au niveau politique, mais je nĠen sais pas plus. En tout cas, ce fut massif : les AGE de Nancy, Poitiers, Reims, Tours (au printemps 98 seulement), Angers (encore un peu plus tard), des minoritŽs de Paris I et OrlŽans passrent ˆ SUD, Strasbourg un an plus tard ˆ lĠU-ID. Seules Jussieu, Nanterre (nous en reparlerons) et quelques militants isolŽs restrent. Ce fut un affaiblissement considŽrable pour lĠUNEF (aucune des AGE perdues ne fut jamais sŽrieusement reconstituŽe, et Paris I resta trs faible), mais aussi un bouleversement total de la notion dĠopposition, puisque jusque alors la LCR Žtait la principale force oppositionnelle, se prenait volontiers pour lĠopposition ˆ elle toute seule (et Žtait souvent prise comme telle par la direction). Son retrait laissait le champ libre ˆ dĠautres, sur un autre clivage, sortant (mme si certains ont ŽtŽ longs ˆ le comprendre) du schŽma communistes contre trotskistes.

Il faut ici ouvrir une parenthse, une de plus, pour dŽcrire ce quĠŽtait alors le fonctionnement de lĠUNEF. Je ne lĠai pas placŽe plus haut parce que je ne peux parler que de ce que jĠai connu, et ne peux garantir que cĠŽtait dŽjˆ comme a auparavant, faute de sources. LĠUNEF Žtait, on lĠa dŽjˆ dit, une fŽdŽration dĠAGE (de villes en province, dĠuniversitŽs ˆ Paris, sauf Jussieu, commune ˆ Paris VI et Paris VII) Žlisant librement leurs directions (en principe, en assemblŽe gŽnŽrale de leurs adhŽrents). Elles se rŽunissaient en congrs tous les deux ans (le congrs avait cessŽ dĠtre annuel aprs celui de 1991) pour dŽcider de lĠorientation de lĠUnion nationale et Žlire son bureau national de trente et un membres, dont, comme tels, le prŽsident, le secrŽtaire gŽnŽral et le trŽsorier, chacune y Žtant reprŽsentŽe par un nombre de dŽlŽguŽs qui Žtait fonction de son nombre dĠadhŽrents dŽclarŽ, Žlus par elle en assemblŽe gŽnŽrale au scrutin majoritaire de liste non bloquŽe. Le BN Žtait Žlu par le congrs de la mme manire : une commission des candidatures proposait une liste de 31 noms, suivis de ceux des candidats quĠelle nĠavait pas retenus ; chaque dŽlŽguŽ pouvait rayer certains des noms proposŽs, et entourer des refusŽs, voire rajouter des non candidats (Ë la fin, la liste proposŽe Žtait toujours Žlue, mais on pouvait mesurer les cotes dĠamour aux Žcarts de voix. Ci-contre, le bulletin pour le 78e congrs (Toulouse, 1997) avec les rŽsultats proclamŽs). Le BN Žlisait ensuite quatre ou cinq secrŽtaires nationaux, qui formaient avec le prŽsident, le secrŽtaire gŽnŽral et le trŽsorier Žlus par le congrs le secrŽtariat national. Entre deux congrs, lĠorgane principal Žtait le collectif national, qui rŽunissait un peu moins dĠune fois par mois hors vacances, sur un ou deux jours, les membres du Bureau national et deux reprŽsentants par AGE (sans tenir compte donc du nombre de leurs adhŽrents).

Ce systme assurait, jusquĠˆ la crise finale, une large majoritŽ systŽmatique ˆ la direction communiste au congrs et au CN, de deux faons diffŽrentes. Au congrs, cette majoritŽ Žtait ˆ lĠŽpoque presque donnŽe par la monstrueuse dŽlŽgation de Paris VIII (quarante ˆ cinquante dŽlŽguŽs) qui votait unanimement. JĠignore si Paris VIII a vraiment ŽtŽ lĠAG de loin la plus importante de lĠUNEF par le passŽ[7]. A lĠŽpoque, cĠŽtait caricatural : ces dŽlŽguŽs Žtaient donnŽs par huit cents ˆ mille adhŽrents revendiquŽs par une AG qui obtenait deux cents voix aux Žlections aux conseils de lĠUniversitŽ (On a pu dire mŽchamment que si lĠUNEF avait vŽcu, il y aurait fini par avoir plus de dŽlŽguŽs de Paris VIII que dĠŽlecteurs). JĠai dŽjˆ dit que les nombres dĠadhŽrents Žtaient une blague. On voit ici ˆ quel point. LĠUNEF avait cette particularitŽ amusante que la cotisation y Žtait facultative, ce qui permettait ce genre de plaisanterie. Mais le jeu nĠŽtait Žvidemment pas Žgal : si les cartes Žtaient gratuites, les places de dŽlŽguŽs au congrs Žtaient payantes (on appelait a mandat), et chres, censŽment pour couvrir les frais dĠorganisation. CĠŽtait en fait la seule contribution financire de la plupart des AGE ˆ lĠUnion nationale. Quand Paris VIII payait ses mandats ˆ la direction, cela revenait ˆ faire passer lĠargent dĠune poche dans une autre de la mme veste. Pour les autres AGE, cĠŽtait une dŽpense importante, et gratuite. Une direction dĠAGE peu soucieuse de nĠavoir que des vraies cartes (On dit que certaines lĠŽtaient) calculait donc dĠabord combien elle voulait payer de mandats, puis faisait des cartes en fonction (en se donnant Žventuellement une marge).

Au CN, cela ne jouait pas puisque les AGE Žtaient reprŽsentŽes ˆ ŽgalitŽ, mais le poids du BN Žlu au scrutin majoritaire par le congrs (o quelques places Žtaient nŽanmoins donnŽes gŽnŽreusement ˆ des contestataires, quatre ou cinq) suffisait ˆ assurer la majoritŽ de la direction, dĠautant plus que trs peu dĠAGE envoyaient une dŽlŽgation ˆ chaque CN, moins encore une dŽlŽgation complte. CĠŽtait dĠailleurs la fonction principale du BN, qui se rŽunissait la veille du CN (Il ne le faisait que trs rarement entre deux CN) o ses membres nĠavaient que le privilge dĠentendre avant les autres le rapport prŽparŽ par le secrŽtariat, qui Žtait la vraie direction de lĠUnion nationale (et ne comprenait jamais dĠoppositionnel).

La situation Žtait donc totalement figŽe : ˆ chaque fois, les opposants repartaient furieux dĠavoir vu voter des choses qui leur semblaient aberrantes, mais sans la moindre intention dĠen tenir compte sur leurs universitŽs, puisque le caractre de plus en plus fŽdŽral leur permettait dĠy faire ce quĠils voulaient (Le matŽriel de propagande de lĠUNEF Paris IV, intŽgralement publiŽ sur le site web, lĠillustre).

Tout esprit raisonnable se demandera certainement comment cela a pu durer, comment les opposants ont pu rester dans une Union nationale o ils Žtaient condamnŽs ˆ tre minoritaires, comment la direction a pu tolŽrer des opposants qui ne tenaient aucun compte de ses dŽcisions. CĠest trs simple, en fait. Les opposants qui sont restŽs Žtaient convaincus (la suite a montrŽ, contre eux, ˆ quel point ils avaient raison) que, sĠils pouvaient faire de belles choses localement, ils nĠavaient absolument aucun moyen de monter une Union nationale concurrente, faute dĠappui politique consŽquent, et quĠil valait mieux rester dans celle-lˆ, en espŽrant, sans trop y croire, que les choses sĠarrangeraient. La direction aurait eu toute raison et toute possibilitŽ de les exclure, mais savait (si parfois, dans le feu de lĠaction, elle lĠoubliait, elle se le rappelait rapidement, ou on le lui rappelait de plus haut) quĠelle ne pouvait maintenir lĠUNEF du PCF sans eux, en particulier parce que cĠŽtaient leurs voix qui permettaient de conserver lĠunique Žlu au CNESER (on y arrive). Cela a pu lĠinciter ˆ parfois faire des concessions : ainsi le communiquŽ adoptŽ (ˆ lĠunanimitŽ, si ma mŽmoire est bonne et si mes papiers ne mentent pas) par le CN du 6 dŽcembre 1998, en plein mouvement contre le rapport Attali, sĠil nĠallait pas jusquĠˆ appeler ˆ amplifier le mouvement, lui Žtait assez favorable. Il a ŽtŽ publiŽ sur le site web de lĠUNEF Paris IV, o il est toujours dans la version dŽsormais historique[8]. Je ne suis pas sžr quĠil ait jamais ŽtŽ publiŽ ailleurs. Ce fut la dernire fois, en tout cas.

CĠest alors quĠon commena ˆ parler  de Ç rŽunification È (mot idiot, dŽcidŽment). Je ne crois pas quĠil en ait jamais ŽtŽ sŽrieusement question avant, ˆ ma modeste Žchelle en tout cas (jĠai vaguement entendu parler dĠun projet avortŽ vers 1990, mais je nĠen sais rien de plus). Evidemment, il fallait tre pour lĠunitŽ, et tout le monde lĠŽtait. Mais il me semble clair que jusque lˆ, les appels ˆ lĠunitŽ lancŽs de part et dĠautre nĠavaient dĠautre but que montrer que celui dĠen face Žtait mŽchant, puisquĠil la refusait. ‚a a changŽ brutalement, en quelques semaines.

La question des relations avec lĠU-ID se posait bien sžr. LĠUNEF avait deux bonnes raisons de la traiter en ennemie, au-delˆ de la concurrence naturelle entre deux boutiques sĠadressant aux mmes clients. La premire Žtait la diffŽrence de structures, signe manifeste de deux conceptions diffŽrentes du syndicalisme. La seconde Žtait le soutien dŽsormais constant de lĠU-ID aux rŽformes gouvernementales. Quand Jospin Žtait ministre, a allait de soi mais, les bonnes habitudes prises, et malgrŽ son passage de Camba ˆ Juju, elle avait aussi soutenu la rŽforme Bayrou en prŽtendant que cĠŽtait une grande victoire ˆ elle. Elle soutenait allgrement (je ne pouvais pas lĠŽviter, celle-lˆ) celles du gouvernement Jospin, bien que le groupe Dray fžt alors dans lĠopposition au PS. Pour la direction nationale de lĠUNEF, le second point nĠexistait plus, alors quĠil Žtait de plus en plus crucial pour ses opposants. Il Žtait donc beaucoup, beaucoup trop pour notre gožt, question dĠunitŽ, mais pas dĠunification, dont la diffŽrence de structures suffisait ˆ faire, rŽpŽtons le, une aberration.

Le premier pas fut la liste commune pour les Žlections ˆ la MNEF dŽposŽe le 20 janvier 1999 aprs dĠ‰pres discussions dans tous les sens et de nombreux retournements. Il est hors de question que je parle de MNEF ici, ce qui serait long, et loin du sujet auquel je ne dŽsespre pas dĠarriver. ‚a appara”t du moins rŽtrospectivement comme le premier pas. Sur le coup, nous ne lĠavons pas du tout vu venir. Paris IV (Philippe Lieutaud et moi-mme) Žtait, contrairement aux autres AGE oppositionnelles, favorable au principe de la liste commune (pas ˆ ses modalitŽs : nous avons fini par appeler, discrtement mais fermement, au boycott), faute dĠautre solution raisonnable. Nous croyions ˆ une parenthse, ˆ refermer au plus vite, et mon souci Žtait que la question de la MNEF ne pourr”t pas le congrs ˆ venir aux dŽpens du dŽbat que jĠespŽrais y voir sur les rŽformes. Et la rŽunification nous est soudain tombŽe dessus, ˆ notre grande surprise et grande fureur.

Je ne me rappelle pas exactement quand, ni comment (Je nĠai pas conservŽ mes mails de lĠŽpoque, nĠayant pas alors dĠordinateur ˆ moi. Ils Žtaient dĠailleurs peu nombreux sur le sujet, faute dĠinterlocuteurs). JĠai sous les yeux mes comptes-rendus pour lĠAGE des deux CN prŽparant le congrs, des 30 et 31 janvier et du 21 fŽvrier[9] : il nĠen est pas question. Je ne vois pas non plus de rŽunification ni de fusion dans le texte adoptŽ par notre congrs dĠAGE du 20 mars, dont jĠavais rŽdigŽ cette partie, qui parle seulement (avec une hypocrisie certaine) de la question de lĠunitŽ dĠaction avec lĠU-ID[10]. Au congrs de Pantin, du 2 au 5 avril, on nĠa parlŽ que de a. CĠŽtait vraisemblablement un appel de lĠUNEF-ID dans la suite des Žlections de la MNEF, auquel la direction de lĠUNEF a rŽpondu favorablement, ˆ ceci prs quĠelle hŽsitait sur Ç rŽunification È et prŽfŽrait parler de nouvelle organisation qui aurait ŽtŽ beaucoup plus vaste que lĠaddition des deux UNEF.

Ce congrs, le 79e (on comptait toujours en commenant ˆ 59), et le dernier rŽgulirement convoquŽ, tenu ˆ Pantin dans des locaux prtŽs par la CGT, fut un cauchemar de bout en bout, hors un bref (et vain) rayon de soleil le dimanche 4 en fin dĠaprs-midi. Il fut marquŽ par le dŽpart surprise, le dimanche matin, de lĠAGE de Limoges qui annona sa sortie de lĠUNEF, lourde de consŽquences[11] (Peu aprs le congrs, lĠAGE de Pau, celle de Grenoble et lĠassociation de Toulouse Mirail annonceront quĠelles quittent lĠUNEF pour la rejoindre et former avec elles SolidaritŽ Žtudiante).

Je ne le raconterai pas en dŽtail, mĠen tenant ˆ ce qui est indispensable pour comprendre la suite des ŽvŽnements. LĠorganisation des dŽbats par la direction nationale fut dŽsastreuse, rendant toute discussion sŽrieuse impossible, sans quĠil soit possible de faire la part de lĠincompŽtence et celle du choix dŽlibŽrŽ. Il nĠy avait pas de texte, pas dĠamendements, on votait ˆ la volŽe des propositions variŽes dŽposŽes ˆ la tribune par nĠimporte quel dŽlŽguŽ (a a permis le rayon de soleil, mais empchŽ toute discussion sŽrieuse sur les rŽformes). Il y avait une hostilitŽ incroyable entre dŽlŽgations des deux camps en prŽsence (Il faut souligner au passage une diffŽrence fondamentale, et dommageable entre congrs et CN. Les CN Žtaient une affaire de bureaucrates, qui savaient tous ce qui allait se passer, savaient aussi les trs bonnes raisons quĠils avaient de se dŽtester, mais ne se f‰chaient que quand ils estimaient y avoir intŽrt, donc trs rarement, sauf bavure provoquŽe par la prŽsence inopinŽe dĠun ingŽnu remplaant un bureaucrate indisponible. Au congrs, il y avait une grande majoritŽ de militants de base (sans doute au moins la moitiŽ des adhŽrents rŽels de lĠUNEF) dont cĠŽtait le premier contact avec lĠUnion nationale, et qui Žtaient horrifiŽs, les oppositionnels par ce quĠils entendaient, les autres quĠil y ežt une opposition si virulente). Nous Žtions venus sans illusion sur la direction nationale, moins encore sur sa reconduction, mais avec lĠespoir de pouvoir discuter profitablement avec les dŽlŽguŽs de province de rŽformes et de Ç rŽunification È. Nous nous sommes heurtŽs ˆ un mur de haine. Les choses ont ŽtŽ compliquŽes par le grand retour de la LCR, absente de tous les CN prŽcŽdents (sauf un), avec vingt ˆ vingt-cinq dŽlŽguŽs menŽs par Ga‘l Quirante, venant tous de Jussieu (seule AGE tenue par eux alors, o nous savions quĠil nĠy avait plus dĠactivitŽ UNEF visible) ou Nanterre (ou ils Žtaient minoritaires, mais devaient un grand nombre de dŽlŽguŽs ˆ la bienveillance de la majoritŽ), votant et agissant en bloc, faisant beaucoup de bruit, insultant la direction, contestant tout mais pr™nant ˆ grands cris la Ç rŽunification È (en reprochant ˆ la direction de nĠen point faire assez), et bŽnŽficiant de la complaisance de la prŽsidence de sŽance pour faire tout a (des temps de parole dŽmesurŽs, une indulgence certaine pour leurs chahuts). Il est clair que beaucoup de dŽlŽguŽs de province nous ont assimilŽs ˆ eux, et donc dĠautant plus dŽtestŽs, convaincus que nous Žtions dĠaffreux trotskistes pour la Ç rŽunification È (comme ils nĠŽcoutaient pas nos interventions, elles ne risquaient pas de les convaincre). Il nous Žtait difficile de ne pas conclure que cĠŽtait le but de lĠopŽration, concertŽe entre direction et LCR (je nĠai pas changŽ dĠavis sur ce point).

JĠen viens au rayon de soleil, qui concerne directement notre sujet. Usant du systme absurde dĠorganisation des votes, un dŽlŽguŽ avait dŽposŽ la proposition Ç Contre toute forme de rŽunification È. JĠai entendu ensuite tant™t que cĠŽtait Thomas Stezicki, de Lille, tant™t Guillaume CavŽ de Nantes (Ils lĠont sans doute fait lĠun et lĠautre). Aucun bureaucrate de notre camp nĠaurait osŽ dŽposŽ un tel truc, qui paraissait aberrant : nous tergiversions sur la nŽcessitŽ de construire lĠunitŽ dans les luttes, en laissant entendre que notre lutte prŽfŽrŽe Žtait celle contre lĠU-ID. Karine Delpas, qui prŽsidait la sŽance, met a aux voix (il y a dž avoir avant le vote une intervention pour, une intervention contre, selon la procŽdure suivie, mais je nĠen ai pas de souvenir). Surprise ! Dans toute la salle, presque tous les bras se lvent. Ë la tribune, Karine regarde la salle, regarde ses assesseurs, puis lve son mandat, eux aussi. Nous nous regardons, Philippe et moi, les autres bureaucrates de notre camp se regardent, et nous nous disons que nous nĠavons aucune raison de nous gner dans ces conditions : nous sommes ˆ peu prs les derniers ˆ lever la main (tout ceci sĠest bien sžr passŽ en beaucoup moins de temps quĠil nĠen faut pour lĠŽcrire). Finalement, seule la LCR vote contre. Quelques dirigeants nationaux sĠabstiennent. DĠaprs mes notes de lĠŽpoque, 111 pour, 25 contre, 10 abstentions, 24 Ç NPPV È. Nous avons lĠimpression dĠavoir assistŽ ˆ un miracle. La preuve est faite que la base des AGE soutenant la direction ne veut pas de rŽunification, et nĠavait pas compris que cĠŽtait lˆ quĠon lĠemmenait : ce vote inattendu a fait tomber les masques, et Karine a dž suivre.

La dŽlŽgation de Paris IV va d”ner (au Chinois en face de lĠŽglise, excellent), avec la conviction que lĠUNEF est sauvŽe, et que la nuit sera longue puisquĠil sĠagit de faire enfin le congrs qui nĠavait pas vraiment commencŽ, bloquŽ sur la question de la Ç rŽunification È. Au retour dans la salle, cĠest la douche froide. La direction sĠest reprise (ou a ŽtŽ reprise par une intervention dĠen haut) et choisit de casser le congrs : votes ˆ la chaine, verrouillŽs (dont lĠofficialisation du ralliement ˆ la rŽforme Bayrou), puis dispersion autoritaire vers minuit sous prŽtexte de dernier mŽtro. Mme jeu le lendemain.

Les manÏuvres rŽunifiantes se sont poursuivies malgrŽ le vote du congrs (avec lĠargument quĠil ne sĠagissait pas de Ç rŽunification È mais de construire une nouvelle organisation) puis (je ne rentre pas dans le dŽtail) se sont enlisŽes progressivement. Il nĠen a plus ŽtŽ question aprs lĠautomne, jusquĠau 2 juin 2000 auquel nous allons finir par arriver. JĠignore si la direction nationale a finalement pris peur devant le rejet par la base, si elle Žtait divisŽe sur ce point depuis le dŽbut et que le contre ont provisoirement gagnŽ, si cĠest lĠUNEF-ID qui sĠest lassŽe.

3- PrŽmices : le CNOUS

Nous arrivons enfin non au mois de juin 2000, mais ˆ ses derniers prŽmices. Le cadre du dŽsastre fut le renouvellement, qui avait lieu toutes les annŽes paires entre mai et juillet des conseils nationaux, le CNOUS et le CNESER, vital car la loi scŽlŽrate de Jospin (plŽonasme) y attachait la reconnaissance comme organisation nationale reprŽsentative. CĠŽtait tout ou rien : une organisation ayant au moins un Žlu dans un des deux conseils Žtait reconnue, dĠo de nombreux avantages dont une subvention trs confortable (proportionnelle au nombre dĠŽlus), celle qui nĠen avait pas (mme ˆ quelques voix prs) nĠavait aucun droit. Les deux Žtaient Žlus au scrutin indirect, avec deux procŽdures particulirement tordues, dont lĠune nuisait particulirement ˆ lĠUNEF telle quĠelle Žtait devenue.

Les huit reprŽsentants Žtudiants au CNOUS, qui gre lĠaide sociale, sont Žlus par ceux aux CROUS de chaque acadŽmie (R comme rŽgional). La particularitŽ est quĠil y en a le mme nombre, sept, dans chacune quel quĠy soit le nombre des Žtudiants, et que leur Žlection a lieu au niveau de lĠacadŽmie (ou, dans quelques cas, dĠune ville) par vote de tous les Žtudiants sans distinction dĠŽtablissement. Dans les acadŽmies nĠayant quĠune universitŽ (Dijon, Limoges, par exemple) a revient presque au mme. Dans les grandes, cĠest trs diffŽrent, et il faut bien sžr beaucoup plus de voix pour avoir un Žlu. Complication supplŽmentaire : dans certaines acadŽmies o on a crŽŽ des universitŽs trs loin de la ville rectorale (Pau pour Bordeaux, Le Mans et Angers pour Nantes), on a crŽŽ des CLOUS (L comme local), avec un seul reprŽsentant Žtudiant (ou deux), qui est comptŽ dans les sept de lĠacadŽmies (Il nĠy a donc que six Žlus au CROUS de Bordeaux, cinq ˆ Nantes et il faut un plus fort pourcentage quĠˆ Limoges ou Dijon pour en avoir un) alors quĠil est Žlu au scrutin majoritaire ˆ un tour. Ce systme Žtait injuste, et mortel pour ce quĠŽtait devenue lĠUNEF, du fait du recul de son implantation : dans de nombreuses petites acadŽmies, elle nĠexistait plus, dans les grandes rarement dans toutes les universitŽs. Il convenait en revanche parfaitement ˆ la machine ˆ faire voter itinŽrante de lĠUNEF-ID (Les Žlections avaient lieu sur trois jours diffŽrents selon les acadŽmies pour permettre son plein rendement).

Pour le  CNESER, qui a compŽtence (consultative, bien sžr) sur tout le reste, le systme est au contraire fondŽ sur les Žtablissements : les Žlecteurs sont les Žlus Žtudiants de ceux-ci, pour les UniversitŽs, lĠessentiel, ˆ lĠŽpoque ceux des trois conseils dits centraux Žtablis par la loi Savary (CA, CEVU, CS), pour les Žcoles des choses plus variŽes selon des critres obscurs. ‚a nĠŽtait pas plus juste, puisque le nombre dĠŽlus dans chaque Žtablissement Žtait sans rapport avec le nombre dĠŽtudiants, fixŽ arbitrairement par ses statuts, a favorisait particulirement les Žcoles, donc les corpos Ç apolitiques È (Rions !), mais cĠŽtait bien meilleur pour lĠUNEF qui, lˆ o elle existait encore, pouvait faire face ˆ la machine ˆ faire voter de lĠU-ID et avoir un nombre dĠŽlus rarement majoritaire, mais souvent significatif. QuĠil y ait onze Žlus facilitait aussi relativement lĠobtention dĠun sige. Les conditions pour prŽsenter une liste Žtaient drastiques : il fallait vingt-deux noms, onze titulaires et onze supplŽants, Žlus dans vingt-deux Žtablissements diffŽrents, ce qui excluait tout amateurisme. Pour lĠUNEF alors, ce nĠŽtait (quand mme) pas un problme. ‚a a ŽtŽ le n™tre le 3 juin.

Puisque nous nous approchons du moment dŽcisif, il semble bon de sĠarrter pour faire un tableau de lĠordre de bataille de lĠUNEF durant cet hiver. JĠessaie de faire bref. La difficultŽ est que je sais fort bien ce qui se passait ˆ Paris IV, forcŽment, trs bien aussi ce quĠil en Žtait de Paris I et dĠEvry (la nouvelle venue), assez bien chez ceux qui Žtaient nos amis, fort mal ailleurs, dans le climat de guerre froide qui rŽgnait depuis le congrs.

Il est difficile de parler de la direction nationale, le secrŽtariat donc, sans manquer ˆ la plus ŽlŽmentaire charitŽ. Sauf sur la prŽsidente, Karine Delpas, sur laquelle on a dit tant dĠhorreurs (moi comme les autres), quĠon ne peut avec le recul que les attŽnuer. Etudiante en biologie ˆ Toulouse, elle avait ŽtŽ une des vedettes du mouvement Žtudiant de novembre 1995 et sĠŽtait trouvŽ propulsŽe ˆ la direction nationale, puis ˆ la prŽsidence en mai 1997, par la volontŽ de Marie-Pierre Vieu, ˆ qui elle succŽdait. Tout le monde pensait et disait quĠˆ travers elle, cĠŽtait toujours Mapie qui dirigeait (cĠest probable, mais on ne peut savoir ˆ quel point). Il est clair quĠelle nĠŽtait pas ˆ la hauteur du r™le, ce qui la condamnait ˆ servir de cible, mais contrairement ˆ ce que beaucoup croyaient, elle ne manquait pas dĠune certaine finesse, qui se manifestait en particulier dans une habiletŽ redoutable pour mener les rŽunions, laquelle a souvent jouŽ des tours ˆ ceux qui la sous estimaient. Elle avait le dŽfaut majeur (ˆ lĠU-ID, cĠŽtait depuis longtemps normal, et a ne sĠest pas arrangŽ depuis, mais a nĠavait pas toujours ŽtŽ le cas ˆ lĠUNEF), comme tous les autres ˆ une exception prs, de ne pas faire dĠŽtudes du tout (JĠignore si elle en faisait ˆ Toulouse. En tout cas, a avait cessŽ ds son arrivŽe ˆ Paris, trs t™t donc) et donc dĠavoir trs peu dĠidŽes sur les UniversitŽs et, hors quelques slogans, sur les Žtudiants. Silvre Magnon, le secrŽtaire gŽnŽral, Žtait trs effacŽ : je ne peux aujourdĠhui dire ce quĠil avait Žventuellement dans la tte. Presque tous les autres, venus principalement de Montpellier Žtaient de lamentables bavards, sans aucun fond ni syndical, ni politique. Le plus prŽsentable Žtait StŽphane Paturey, ˆ lĠorigine en STAPS ˆ Toulouse : ce nĠest pas par hasard quĠil a ŽtŽ choisi un an plus tard pour tre (en partie au moins contre son grŽ), en tant que vice-prŽsident, la seule trace de lĠancienne direction de lĠUNEF dans la prŽtendument rŽunifiŽe. La seule exception Žtait CŽcile Cukierman, Žlue au CNESER depuis 1998, Žtudiante (pour de vrai) en histoire ˆ Paris I aprs une Kh‰gne, mais qui nĠy militait plus depuis quĠelle Žtait secrŽtaire nationale, nĠy avait donc militŽ en fait quĠun an (comme prŽsidente). Elle Žtait dĠun sectarisme fŽroce envers tout ce qui nĠŽtait pas communiste, les opposants de lĠUNEF comme lĠUNEF-ID, mais totalement dŽvouŽe aux autres (qui pourtant ne lĠaimaient manifestement pas) comme la suite lĠa confirmŽ. Il nĠest pas excessif de parler globalement dĠun affaissement intellectuel total de la direction de lĠUNEF alors. Il nĠest pas inutile dĠindiquer aussi que dĠanciens dirigeants (pas les meilleurs) sĠagitaient par derrire, avec manifestement lĠintention de nuire ˆ Karine (ce qui nous intŽressait) mais dont on ne savait pas ce quĠils voulaient vraiment, ni sĠils voulaient quelque chose. Rapha‘l Aulas Žtait le plus visible, mais il Žtait clair quĠil nĠŽtait pas le seul, et pas le chef. Un mystŽrieux Redstar, qui nĠŽtait pas Rapha‘l, envoyait un peu partout des mails sur un ton trs prŽtentieux, avec quelques rŽvŽlations et beaucoup de mŽchancetŽ.

Soutenaient encore cette direction, parmi les grosses AGE quĠon voyait rŽgulirement en CN, Paris VIII bien sžr, OrlŽans, Clermont-Ferrand (trs influencŽe cependant par Rapha‘l Aulas, qui en Žtait issu), la FAEB de Bordeaux[12], et en outre quelques autres ˆ la soliditŽ moins Žvidente, lĠAGEO dĠOrsay, lĠAGEUR de Rennes, Paris XIII (j Ôen oublie peut-tre). LĠUNEF Lyon, un de ses plus solides soutiens au congrs de Pantin, nous avait fait ˆ lĠautomne la bonne surprise de rompre avec elle en se prononant violemment contre la rŽunification, mais nĠavait plus donnŽ de nouvelles par la suite.

La LCR avait alors totalement disparu du paysage. Elle tenait toujours son AGE de Jussieu, mais nĠy avait aucune activitŽ syndicale connue. Elle avait pris aux communistes (selon leur version officielle, par surprise) celle de Nanterre, o elle ne semble pas avoir ŽtŽ plus active.

Le  bloc oppositionnel post LCR, Žtabli depuis le congrs de 1997, avait perdu lĠAGET de Toulouse, par deux scissions successives[13], et lĠAGEL de Limoges. Trois AGE, lĠAGER de Rouen, lĠUNEF Caen (qui a renoncŽ ˆ ce moment au nom ACE), lĠAGEL de Lille, auxquelles sĠŽtait ajoutŽe lĠUNEF Paris IV (AGEPS) avec quelques ambigŸitŽs (aucune de moi, qui Žtais secrŽtaire ˆ lĠorga, pas mal de Philippe Lieutaud, qui Žtait prŽsident).

LĠAGER-UNEF Žtait solidement tenue par la Gauche rŽvolutionnaire, une scission de la LCR quĠon a bien oubliŽe depuis (elle existe pourtant encore aujourdĠhui), mais qui avait alors un r™le capital dans le syndicalisme Žtudiant. Sa prŽsidente Žtait au dŽbut de lĠannŽe Leila Messaoudi, membre du BN depuis le congrs de 1997, ses autres reprŽsentants au CN trs variŽs depuis quĠƒmilie Picot (qui nĠŽtait pas de la GR) avait disparu. Elle semble avoir eu alors des difficultŽs, Leila voulant se retirer mais ne trouvant pas de successeur, ce qui peut expliquer bien des choses (mais pas toutes).

LĠUNEF Caen Žtait au dŽpart sa sÏur jumelle (dĠabord a”nŽe, dĠailleurs), mais les choses sĠy Žtaient compliquŽes. Son chef, vu de Paris (Žtait-il prŽsident ?) restait Olivier Ruet, de la GR, qui en Žtait apparemment le seul survivant, depuis peu membre du BN. Olivier venait au CN avec des camarades que nous nĠavons plus vus ensuite, qui nĠŽtaient pas ceux que nous voyions avant. A ce que jĠai cru comprendre, il y avait eu ˆ Caen aprs le congrs une forte poussŽe pour rejoindre Limoges dans la scission (menŽe par Fabien Guillot, que nous retrouverons incessamment), rŽprimŽe par Olivier, dĠo lĠabandon du nom ACE-UNEF pour UNEF Caen, mais sans exclusion des partisans de la scission (cĠest essentiel pour comprendre la suite).

Les choses Žtaient beaucoup plus compliquŽes ˆ lĠAGEL de Lille. Si jĠai bien compris (mais William Roger aura certainement des complŽments, voire des rectifications, ˆ apporter), il y avait alors deux forces politiques fortes, mais non hŽgŽmoniques, la coordination communiste (les opposants fermes ˆ la mutation du PCF) et, comme ˆ Caen et Rouen, la GR, et un marais plut™t portŽ vers les communistes, mais pas forcŽment vers la coordination.  La coordination et la GR se dŽtestaient et aimaient se dŽtester, mais finissaient toujours par sĠentendre sur leur dŽtestation commune du gouvernement Jospin, de lĠUNEF-ID et de la direction nationale de lĠUNEF. Toujours dĠaprs mes impressions, lĠaccord toujours prŽcaire revenait en gŽnŽral ˆ une prŽsidence GR, tandis que la coordination contr™lait la cafŽtŽria de Lille I, ressource principale. Il a sautŽ pendant lĠhiver quand une GR trs affaiblie a contribuŽ, faute de candidat possible ˆ elle, ˆ faire Žlire prŽsident dĠAGE, contre la coordination, un gars qui sĠest rŽvŽlŽ une calamitŽ ambulante, un vert (chose jusque lˆ heureusement inconnue dans le syndicalisme Žtudiant). ‚a sĠŽtait logiquement terminŽ par un massacre, et ˆ la fin du printemps la coordination contr™lait seule, avec Gilles Andris pour prŽsident, une AGEL bien affaiblie (La GR ayant disparu sans laisser dĠadresse, je nĠai quĠun seul point de vue sur lequel mĠappuyer).

Je vais essayer de ne pas tre trop long sur Paris IV. Ce sera difficile. Philippe Lieutaud et moi-mme avions rŽcupŽrŽ lĠAGE dŽbut 98 dans des circonstances tout ˆ fait acrobatiques (Philippe la voulait. Moi, je nĠai vraiment pas fait exprs, mais jĠy ai rapidement pris gožt). Philippe Žtait ˆ Paris IV, en histoire, aprs avoir ratŽ une annŽe ˆ Sciences-Po. Il Žtait au PS, poperŽniste (a pullulait alors ˆ Sciences-Po), infŽodŽ ˆ Emmanuel Maurel, et ˆ lĠUNEF parce quĠˆ Sciences-Po beaucoup de[14] socialistes Žtaient ˆ lĠUNEF (Je ne peux dŽcemment dire pourquoi ici. Trop compliquŽ, et hors sujet). LĠAG-UNEF de Sciences-Po Žtait alors dans lĠopposition, au sens LCR (La suite est Žgalement compliquŽe, et hors-sujet). Il a atterri ˆ lĠUNEF Paris IV, et sĠy est trouvŽ bien. Il Žtait aussi le socialiste de service dans lĠUNEF, tous les autres ayant disparu, ce qui a contribuŽ, avec son statut de prŽsident dĠune grosse AGE, ˆ le faire Žlire au BN ˆ lĠautomne 1998. Je venais quant ˆ moi dĠadhŽrer ˆ lĠUNEF, en janvier 1997, bien tardivement puisque jĠŽtais en premire annŽe de thse (encore une histoire trop longue ˆ raconter dans ce cadre). JĠŽtais alors chevnementiste, au Mouvement des citoyens depuis 1993, et, aprs bien des pŽripŽties, le numŽro deux officieux de son secteur jeunes (je prŽcise que a nĠŽtait vraiment pas grand-chose, pour Žviter toute erreur sur mon importance). JĠai ŽtŽ dŽfenestrŽ par Jean-Pierre Chevnement en personne ˆ lĠautomne 97 mais ai encore essayŽ de mĠaccrocher jusquĠen janvier ou fŽvrier. De ce moment, jĠŽtais, monstruositŽ logique, un fieffŽ bureaucrate sans aucune allŽgeance politique, ce qui Žtait ˆ la fois pŽrilleux et trs pratique. JĠŽtais rŽsolument dans lĠopposition ˆ la direction nationale de lĠUNEF depuis le congrs de Toulouse, ˆ cause principalement du ralliement de fait ˆ la rŽforme Bayrou. Notre union dialectique (sauvagement dialectique, souvent) nous a permis de rŽussir un truc grandiose, partie parce que nous Žtions trs douŽs et trs travailleurs, partie parce que nous avons eu une veine de cocus : faire de lĠUNEF Paris IV le premier syndicat de lĠUniversitŽ, mme aux Žlections (victoire Žcrasante sur lĠUNEF-ID aux centraux de janvier 1999). Localement, nous Žtions clairement contre toutes les rŽformes, passŽes, prŽsentes et ˆ venir. Dans lĠUnion nationale, a nous plaait naturellement dans lĠopposition mais Philippe y Žtait beaucoup moins fermement que moi. Nous Žtions dans lĠAGE, miraculeusement surpeuplŽe, les deux seuls politiques, la LCR ŽvaporŽe : tant que nous Žtions dĠaccord, les autres suivaient. Les choses se sont malheureusement compliquŽes en cette annŽe 1999/2000. Nous Žtions dĠaccord pour laisser la place ˆ des successeurs, car nous Žtions bien vieux (moi surtout), et dĠaccord pour mettre ˆ la prŽsidence dĠAGE Sancia De Cooman, la seule de nos jeunes militants qui sembl‰t avoir une tte politique, (la suite a montrŽ que cĠŽtait une erreur)[15]. Il semble que Philippe ait voulu en profiter pour mĠŽliminer. Le rŽsultat fut un hiver de massacres, sur lequel je ne mĠŽtends pas. JĠai fini par reprendre la main, ˆ la suite de manÏuvres douteuses, puis Philippe est revenu aussi. En juin, nous Žtions de fait, unis comme nagure, la direction de lĠAGE, en lĠabsence de direction Žlue.

Ce bloc avait ŽtŽ rejoint par de nombreuses AGE ˆ propos dĠAllgre et de rŽunification.

Le CEN de Nantes reste pour moi mystŽrieux. Il est apparu soudain avec Manuel CanŽvet, sans appartenance politique connue alors, qui sĠŽtait fait dŽsigner pour le BN par la direction nationale ˆ lĠautomne 1998, apparemment en lui faisant croire quĠil Žtait de son c™tŽ, avant de sĠafficher comme opposant. On a vu ensuite avec lui Matthieu Lavois, Žcologiste (trs rare ˆ lĠŽpoque dans un syndicat Žtudiant), et Romain Bessonnet, prŽsentŽ comme communiste. On a connu aussi Guillaume CavŽ, lĠennemi de toujours de Manuel. Il semblait trs faible, mais a tirŽ un prestige nouveau de son relatif succs aux Žlections du CROUS de mars 2000 (un Žlu inespŽrŽ, quand on en perdait tant quĠon croyait acquis).

LĠUNEF Paris I Žtait passŽe clairement dans lĠopposition, ˆ propos de rŽformes et, surtout, de rŽunification, aprs le congrs o sa position Žtait ambigu‘. Elle Žtait ˆ peu prs alignŽe sur Paris IV (la cohabitation dans notre local de la Sorbonne aidait), mais trs faible. Paris I avait ŽtŽ autour de 1993 le champ principal de lĠaffrontement entre communistes et LCR, avant une rŽconciliation au profit de celle-ci voulue par la direction nationale dĠalors (celle de Marie-Pierre Vieu), en 1997, qui avait ŽcÏurŽ beaucoup de militants de lĠautre camp. Le dŽpart massif de la LCR vers SUD avait laissŽ lĠAGE presque vide entre les mains de CŽcile Cukierman (qui venait dĠy arriver), qui lĠavait finalement laissŽe (aprs une Žtape intermŽdiaire) ˆ Jihad Wachill, ˆ peu prs le seul communiste restant, aprs tre devenue secrŽtaire national. Jihad avait ŽtŽ Žlu au BN sans problme par le congrs de Pantin parce que chaque camp croyait pouvoir compter sur lui. Il a ŽtŽ par la suite vis ˆ vis du bloc oppositionnel sur une position assez comparable ˆ celle de Philippe Lieutaud (ce qui nĠempchait pas que, dŽjˆ, ils se dŽtestassent). Le secrŽtaire ˆ lĠorga, Sylvestre Roth, alors de gauche sans affiliation politique prŽcise, Žtait clairement dans lĠopposition. Le reste de lĠAGE Žtait, comme ˆ Paris IV, fort peu politique, mais beaucoup plus agitŽ et trs peu contr™lable.

LĠUGEM de Montpellier, aprs avoir ŽtŽ un des principaux soutiens de la direction nationale avec un peu de LCR dedans, Žtait aprs le mouvement de lĠautomne 98 passŽe ˆ lĠopposition, en tout cas les Lettres, majoritaires. Elle Žtait dirigŽe par CŽdric Sudres et GaŽtan Alibert, sans affiliation politique, et manifestait en particulier une forte hostilitŽ aux ex MontpelliŽrains devenus secrŽtaires nationaux.

LĠUNEF Evry (ou AGEE) Žtait notre dernire et miraculeuse acquisition. De ce que jĠen sais, elle avait ŽtŽ crŽŽe (ou recrŽŽe) en 1996 par des militants de la LCR qui avaient quittŽ lĠU-ID parce quĠils nĠavaient pas aimŽ ses mŽthodes contre le mouvement de novembre 1995, et en restaient trs hostiles, contre la ligne de leur organisation, ˆ toute idŽe dĠunitŽ avec elle. Ils ont apparemment rŽsolu la contradiction en arrtant progressivement le syndicalisme. Juste avant, avait adhŽrŽ, ˆ son entrŽe en premire annŽe de Droit, Guirec Manceau, qui sĠest ainsi trouvŽ prŽsident de lĠAGE, quĠil a rapidement dŽveloppŽe. Nos relations furent dĠabord informatiques (Je renvoie ˆ lĠhistorique du site unef.org sur ce site, o tout est dit avec  une sincŽritŽ dŽsarmante, parce que dŽjˆ en 2007 je nĠavais plus aucune raison de cacher quoi que ce fžt). LĠAGE avait alors, avec Guirec et Natacha Sommer, une direction solide, et un nombre relativement important de jeunes militants efficaces. Guirec et Natacha (la plus politique des deux, incontestablement) Žtaient tous les deux communistes, peu enthousiasmŽs par la mutation mais pas ouvertement opposants. Je nĠai aucune raison de cacher quĠils avaient lĠextrme bon gožt de me faire confiance, ce qui Žvitait que leur grande jeunesse fžt un inconvŽnient. ‚a ne signifie absolument pas que je dirigeais en fait lĠAGE. Je crois nĠavoir jamais mis les pieds ˆ Evry (sauf une fois, ˆ la cathŽdrale, longtemps avant et pour un tout autre motif) avant le mois de juin. Guirec mĠappelait quand (rarement) il avait un problme local, et je pouvais compter sur eux dans lĠUnion nationale.

Deux autres AGE, avaient votŽ avec nous le plus souvent au congrs, lĠUNEF CrŽteil et lĠUGED de Dijon, avec qui nous nĠavions plus de contact et que nous ne voyions pas aux CN. Nous les retrouverons bient™t (En revanche, lĠUNEF Besanon, dans le mme cas, avait totalement disparu).

Enfin, nous avons appris en ce printemps 2000, ˆ quelques semaines dĠintervalle la recrŽation dĠune UNEF au Havre (apparemment assez inspirŽe depuis Caen), dans le cadre dĠun mouvement Žtudiant, puis son passage ˆ SUD.

Nous avions eu le souci de maintenir des liens avec les scissionnistes de 1999, regroupŽs dans SolidaritŽ Žtudiante (Limoges, Le Mirail, Pau, Grenoble ayant rapidement disparu), et dĠen retrouver avec ceux  de 1997, lĠAGET-ASL. CĠŽtait un des buts de lĠintersyndicale Ensemble contre les rŽformes Allgre, crŽŽe en deux rŽunions ˆ Limoges en fŽvrier et mai 1999. Certains voulaient faire un nouveau syndicat national, dĠautres une tendance (sans le mot, bien sžr) dans lĠUNEF : le centre, dont jĠŽtais, avait rŽussi ˆ obtenir quĠon rest‰t ambigu, pour laisser les ŽvŽnements trancher. ‚a nĠavait pas ŽtŽ un succs : lĠintersyndicale, aprs plusieurs rŽunions de plus en plus dŽsastreuses Žtait de fait morte. ‚a avait aussi permis des contacts, dont certains resserviront. ‚a avait surtout permis le contact avec le SEUL (syndicat Žtudiant unitaire et la•que) de Montpellier, une scission de lĠUNEF-ID crŽŽe et dirigŽe par Nathan Balsan-Duverneuil, du groupe trotskiste La Commune, scission des lambertistes, dont le r™le fut essentiel dans la suite. Il Žtait le seul participant ˆ nĠavoir aucun lien avec lĠUNEF, hors lĠUNEF-ID Amiens, tenue par la GR, animatrice dĠun des plus forts mouvements locaux contre le rapport Attali, qui apparaissait comme une sÏur de lĠAGER de Rouen. Le rapprochement avec le SEUL avait ŽtŽ facilitŽ, dans un premier temps, par la surprenante (on ne pouvait imaginer trotskistes plus diffŽrents) fusion entre la GR et La Commune en 1999 : ses dirigeants et ceux de nos AGE de Rouen et Caen Žtaient donc thŽoriquement dans la mme organisation. Mais la fusion nĠa jamais, autant que je sache, ŽtŽ effective, et a explosŽ ˆ lĠŽtŽ 2000 (Ce qui a forcŽment eu une influence, que je ne puis mesurer sur nos affaires). Le SEUL Žtait pour la crŽation dĠune nouvelle organisation nationale, et nous prchait la sortie immŽdiate de lĠUNEF. Nathan, qui nĠŽtait plus Žtudiant depuis la rentrŽe mais restait le dirigeant rŽel du SEUL, venait, au printemps 2000, de crŽer un site web appelŽ Luttes Žtudiantes, se prŽsentant (faussement certes) comme national, trs agressif contre lĠUNEF (nous compris), dĠo des tensions (Nathan et moi Žtions alors au bord de la rupture).

Un dernier dŽtour va nous amener aux Žlections du CNOUS, prŽlude de celles du CNESER. Celles aux CROUS, autour du 29 mars, avaient ŽtŽ catastrophiques pour lĠUNEF, pour les raisons dŽjˆ dites, qui ne conservait que onze Žlus, dans neuf acadŽmies, Caen, Nantes, OrlŽans, Bordeaux, Montpellier, Clermont (2), Lyon, Dijon, CrŽteil (2). Les seules satisfactions Žtaient ˆ Clermont et Nantes (un Žlu de plus). Partout ailleurs, nous reculions, passions en-dessous du score nŽcessaire pour avoir un sige ˆ Rouen et Versailles, perdions les deux de Lille, Žchouions ˆ reconquŽrir celui de Paris dŽjˆ perdu en 1998. LĠŽchec Žtait commun aux AGE soutenant la direction et aux oppositionnelles. Quelques succs Žlectoraux dans nos universitŽs (le plus beau ˆ Paris IV), tandis que le reste de lĠUNEF reculait, nous avaient donnŽ lĠimpression que la ligne que nous dŽfendions avait le vent en poupe : les siges perdus ˆ Lille et Rouen, lĠŽchec ˆ Paris, nous ramenaient sur terre.

En 1998, lĠUNEF avait 22 Žlus aux CROUS (dont au moins  3 ˆ Limoges, perdus par scission, donc), et le sige au CNOUS allait de soi. Lˆ, il Žtait Žvidemment perdu, et de beaucoup : on ne pouvait pas lĠenvisager ˆ moins de 18 voix. Le CN des 7 et 8 mai, censŽ faire le bilan des Žlections au CROUS et adopter la liste pour le CNOUS commence dans une ambiance lamentable, avec une direction totalement dŽpassŽe, et des AGE ne sachant quĠaccuser la direction, ses soutiens habituels mme exprimant des doutes. Mais le dimanche, quand on en vient ˆ la liste, tout change. La direction accepte ce que Paris IV, sur ma proposition, prŽconisait : rechercher lĠunion avec nos ex camarades de lĠAGET ASL de Toulouse, qui ont une Žlue, et de lĠAGEL SE de Limoges, qui en ont gardŽ deux, sur une plate-forme nŽgociŽe avec eux, avec une tte de liste acceptable pour eux, et en leur proposant la deuxime place, soit le supplŽant au cas improbable o la liste ait un Žlu. La victoire est improbable car, mme avec ces trois lˆ, on serait, ˆ quatorze, trs loin du compte : il faut espŽrer un miracle, rare dans de genre dĠŽlection. Mais le symbole est beau. La tte de liste proposŽe est (aprs le refus de Manuel CanŽvet) Julien Zloch, de Dijon, que nous ne connaissons pas, mais qui est dĠune AGE qui, on lĠa vu, a votŽ avec nous au congrs, sans venir aux CN ensuite, et Žtait Žgalement signataire dĠEnsemble contre les rŽformes Allgre. Nous nĠavons de toute faon personne dĠautre ˆ proposer aprs les dŽsastres de Lille, Rouen et Paris, et le refus de Nantes. Je deviens soudain, et trs provisoirement, frŽquentable, car la direction compte sur moi pour convaincre les partenaires que nous venons de choisir.

‚a marche sans problme avec lĠAGET-ASL (o Yves Croguennec et Wilfried Pennetier Žtaient des amis du temps o nous Žtions au MdC). Pour Limoges, jĠappelle FrŽdŽric Dauger : a commence trs mal (Il est vrai que cĠest difficile : la direction de lĠUNEF avait trouvŽ subtil de monter, contre lĠAGEL, une liste avec liste des ƒtudiants musulmans de France), mais jĠai lĠimpression dĠarriver ˆ lĠintŽresser ; quand il me dit Ç Mais de toute faon a ne nous fait que quatorze voix È, je me dis quĠil commence ˆ mordre. Il me promet de prŽsenter la chose ˆ ses camarades, mais en Žtant trs pessimiste sur le rŽsultat, car me dit-il, il reste le seul qui ait connu le temps o lĠAGEL Žtait ˆ lĠUNEF (Au bout dĠun an seulement, cĠest trs surprenant, et explique bien des choses pour la suite). Effectivement, ils refuseront, et il nĠy aura donc que douze candidats sur la liste, avec Mina Amirat de Toulouse en deuxime place. Reste lĠespoir que les deux Limougeauds votent quand mme pour elle, et quĠil y en ait dĠautres. Je bombarde de mails la liste ecra o je rŽpte quĠil ne sĠagit pas de ce que nous pensons les uns et les autres de lĠUNEF, mais de la possibilitŽ dĠavoir un Žlu au CNOUS et sa supplŽante. JĠenvoie un mail privŽ ˆ lĠadresse que jĠai pour lĠUNEF-ID Amiens pour suggŽrer que, cela Žtant, leurs quatre Žlus pourraient peut-tre se tromper de bulletin (Pas de rŽponse. JĠavais intitulŽ mon courrier Ç Question aberrante È). JĠessaie aussi dĠobtenir un soutien officiel du SEUL ˆ la liste, qui ne servirait ˆ rien arithmŽtiquement, puisquĠils nĠont pas dĠŽlu (ils nĠont mme pas prŽsentŽ de liste ˆ Montpellier) mais serait de poids pour la suite. Je ne rŽussis pas, mais cĠest lĠoccasion dĠun contact pour une fois positif avec Nathan, qui laisse quelques espoirs.

Un point est ˆ souligner : il nĠa jamais ŽtŽ question, dans toute cette phase, de liste commune avec lĠUNEF-ID, ni de processus dĠunification. Bien au contraire, la direction avait acceptŽ, pour tenter de sauver lĠUNEF, de cŽder sur tout ˆ ses opposants. En mme temps, elle prenait sur la question de la MNEF en train de devenir LMDE (jĠai dŽjˆ dit que je ne parlerai pas de mutuelle) des positions radicalement anti U-ID, au point dĠeffrayer mme moi. Vous comprenez maintenant pourquoi la suite nous a totalement surpris.

On a logiquement encha”nŽ sur le CNESER, avec une situation totalement diffŽrente puisque, pour les raisons dites Žgalement plus haut, lĠUNEF Žtait certaine dĠy conserver son Žlu (sans bien sžr aucun espoir dĠen gagner un second) pourvu que tous ses Žlus dans les conseils centraux votassent (le rapport introductif du CN du 3 juin en revendiquera 184), ce qui ne posait pas vraiment de problme. Contrairement ˆ ceux de lĠUNEF-ID, qui complŽtait ses listes nĠimporte comment lˆ o elle nĠavait pas de vŽritable organisation, cĠŽtaient presque tous de vrais militants. Il y avait quelques disparus en cours de route bien sžr, mais on pouvait globalement compter sur leur loyautŽ, si on faisait lĠeffort de leur rappeler quĠon comptait sur leur vote. Les voix des AGE contestataires (une bonne moitiŽ des Žlus) Žtaient indispensables, mais elles nĠavaient pas de raison de les refuser, seulement lĠenvie pour certaines dĠobtenir des concessions sur la plate-forme prŽsentŽe. Il aurait ŽtŽ assez logique de revendiquer, dans la suite du CNOUS et parce que nos Žlus Žtaient trs certainement les plus nombreux alors, la tte de liste, mais cĠŽtait inacceptable pour la direction, et il nĠy avait dĠailleurs pas vraiment de candidat de notre c™tŽ : cĠŽtait un travail de permanent, et aucun des n™tres ne lĠŽtait ni nĠenvisageait de lĠtre. Il pouvait sĠagir aussi dĠobtenir le maintien de la ligne dĠalliance du CNOUS, moins Žvidente puisque arithmŽtiquement inutile en recherchant la participation, du moins le soutien, du moins les votes, de lĠAGET-ASL, de SE et du SEUL, sans avoir rien ˆ leur offrir quĠune plate-forme satisfaisante pour eux. En relisant mes mails ˆ la liste ecra de lĠŽpoque (souvenirs largement balayŽs par la suite des ŽvŽnements), je vois que jĠŽtait dĠhumeur assez belliqueuse, allant mme jusquĠˆ parler de chantage au boycott.

Deux ŽvŽnements nĠont pas contribuŽ ˆ dŽtendre lĠatmosphre. Le plus grave a ŽtŽ le rŽsultat du CNOUS : 9 voix seulement pour la liste UNEF - ASL, ce qui signifiait que trois au moins de ses candidats nĠavaient pas votŽ pour elle, certainement parce que la ligne adoptŽe ne leur plaisait pas. La rŽaction officieuse (pas dĠofficielle bien sžr) de la direction anticipait sur ce que sont aujourdĠhui les plus belles heures de Sibeth NĠDiaye Ç Mais non, ce nĠest pas un boycott, ce sont des erreurs malheureuses. CĠest compliquŽ le vote par correspondance, il y a deux enveloppes, il faut signer, ils se sont trompŽs È et refusait de donner les noms des non votants, quĠelle connaissait. Si le CN suivant avait eu lieu normalement, la question aurait certainement ŽtŽ posŽe en termes peu aimables.

DĠautre part, Sud ƒtudiants, dont nous avions ˆ peu prs oubliŽ la regrettable existence, avait publiŽ le 14 mai dans un appel adressŽ ˆ lĠ  Ç oppo UNEF È, dont nous, que je ne retrouve pas[16],  son intention de faire sa liste, en invitant les syndicats Ç de lutte È ˆ les rejoindre. JĠavais rŽpondu, avec copie sur le forum unef.org, au nom de lĠUNEF Paris IV, en me rŽclamant dĠun mandat du collectif dĠAGE du 23 (je ne me rappelle plus du tout ˆ quel point cĠŽtait vrai) en rappelant notre attachement de toujours au rassemblement syndical, concrŽtisŽ par la liste du CNOUS, contre lĠUNEF-ID et les corpos et notre souhait dĠune liste unitaire allant dans ce sens, ce qui revenait ˆ leur suggŽrer aimablement de venir plut™t sur la liste de lĠUNEF (texte en note[17]). JĠai su plus tard que le bruit avait couru rue Pailleron que je leur rŽpondais que Paris IV voulait bien venir sur leur liste. JĠignore quelle est y Žtait la part de la perversitŽ, quelle celle de lĠanalphabŽtisme, et ne sais pas non plus si ce bruit a eu une influence sur la suite.

En fin de compte, la direction nationale a fait (sans que jĠy fusse associŽ : jĠŽtais naturellement redevenu infrŽquentable) ˆ Philippe Lieutaud et Oliver Ruet (principalement) des propositions assez raisonnables, auxquelles nous ne pouvions quĠacquiescer, nĠayant aucune alternative : la tte de liste pour CŽcile PiŽtu, la camarade lyonnaise qui avait ŽtŽ la plus virulente contre la rŽunification ˆ lĠautomne prŽcŽdent (Nous avons su ensuite par les autres Lyonnais, puis constatŽ, quĠelle avait ŽtŽ retournŽe depuis, et que donc nous nous faisions avoir sur ce point), la premire supplŽance ˆ Olivier Ruet, de Caen, et un accord sur les rŽformes, en particulier la semestrialisation qui Žtait alors (ˆ juste titre) notre principale prŽoccupation. Il nĠŽtait pas question dĠaccord avec les syndicats citŽs plus haut, mais a laissait lĠespoir de les convaincre de voter.

Ce nĠŽtait certes pas de lĠenthousiasme, mais il nĠy avait absolument aucune autre possibilitŽ. Le collectif national convoquŽ pour le samedi 3 ˆ Nanterre nĠavait plus, tout Žtant bouclŽ en amont, aucun enjeu, il nĠy aurait presque personne vue cette absence dĠenjeu, et la pŽriode, examens encore pour les uns, vacances pour les autres. Nous r‰lerions un peu par habitude, puis voterions pour, ou nous abstiendrions, voire peut-tre voterions contre, mais donnerions ˆ la fin nos actes de candidature, et voterions pour la liste, la seule chose qui compt‰t. Nous repartions pour deux ans dans lĠUNEF, en espŽrant des ŽvŽnements qui lui permettraient ou nous permettraient de rebondir. LĠŽvŽnement qui nous est tombŽ dessus trs vite a eu, aprs un temps dĠillusions, un effet radicalement inverse. JĠen arrive enfin, aprs tous ces dŽtours, au dŽbut. Tempus est iam, Ti. Caesar Germanice, detegere te patribus conscriptis, quo tendat oratio tua : iam enim ad extremos finesÉ

I- Illusion lyrique

Le vendredi 2 juin 2000, vers vingt-deux heures, alors que jĠŽtais dans ma chambre en train de me prŽparer ˆ mĠembter le lendemain ˆ un collectif national sans enjeu, et presque sans participants puisque cĠŽtait la pŽriode des examens, le tŽlŽphone a sonnŽ. Il me semble que cĠŽtait Sancia. Je nĠen suis pas tout ˆ fait certain (les coups de fil ne laissent pas de traces, contrairement aux mails), puisque jĠai eu dans la soirŽe et elle, et Philippe, qui Žtaient tous les deux au BN prŽcŽdant, comme habituellement le CN, mais je crois que cĠest elle qui a appelŽ la premire. En tout cas, il sĠagissait de mĠannoncer que le BN Žtait en train de dŽcider de proposer au CN la rŽunification, avec comme premire Žtape une liste commune avec lĠU-ID pour le CNESER, ˆ trois jours de la date du dŽp™t, fixŽe le lundi 5 ˆ dix-huit heures au plus tard.

JĠenvoie immŽdiatement, ˆ 22h08, ˆ la liste ecra, plus CŽdric et GaŽtan de lĠUGEM qui nĠy Žtaient pas, plus Manuel Blasco de Paris VIII avec qui nous causions gentiment depuis un moment (La suite a montrŽ que cĠŽtait une erreur. Du moins nĠa-t-il jamais apparemment rŽvŽlŽ ce message trs compromettant), un mail intitulŽ Alerte rouge,

 (secret dŽfense, merci) Je viens d'apprendre qu'il est question au BN de l'UNEF en ce moment de liste commune avec l'Ennemi pour le CNESER. Il est Žvident que a change tout. Si une telle liste se fait, il y a un boulevard pour une liste alternative, qui pourrait rassembler des AGE de l'UNEF bien au-delˆ de celles d'ECRA.

Problme: la monter en 48 heures. Problme annexe: que faire de SUD ? Il me semble qu'ils y auraient toute leur place, mais pas en tte. D'autre part, pour la crŽdibilitŽ mme d'une telle dŽmarche, il faut que nous dŽfendions jusqu'au bout notre position ˆ nous demain: que l'UNEF soit ˆ l'initiative d'une liste vŽritablement alternative ˆ l'U-ID et aux corpos, contre les rŽformes. Souci: si a marche, aurons-nous plus de succs que pour le CNOUS auprs des syndicats sollicitŽs ? En tout cas, il est clair pour moi:

Ü que si nous avions le choix entre une liste U-ID/Brejnev et l'abstention, ce serait une occasion manquŽe pour nous

Ü que si nous avions le choix entre cette liste et une liste SUD, ce serait bien pire.

J'attends de vos nouvelles Mon portable (06- [comme cĠest toujours le mme, je coupe]) restera branchŽ durant le CN. Salut, EL 

Un nouveau coup de fil (de Philippe donc, si mes souvenirs sont bons) mĠayant appris que le BN venait de se terminer sur lĠadoption de cette monstruositŽ, jĠenvoie aux mme (moins Manuel Blasco, quand mme. Avais-je appris quĠil Žtait pour ? Je ne sais plus. Il nĠŽtait pourtant pas censŽ tre au BN) un nouveau mail, ˆ 23h22, intitulŽ Confirmation du prŽcŽdent.

Le BN s'achve sur l'idŽe d'une liste commune avec l'U-ID. Message a tous ceux de l'UNEF qui pensaient lŽgitimement avoir autre chose ˆ faire demain: Rappliquez !!!!!! AVEC PHOTOCOPIE DES CARTES D'ETUDIANT (recto-verso) d'au moins un Žlu par fac. La nuit sera noire et blanche.

Ë 0h19, jĠenvoie ˆ toutes les adresses du forum unef.org (mais non sur le forum : il Žtait trop t™t pour que ce fžt public), peut-tre ˆ dĠautres ramassŽes subrepticement (cĠŽtait en cci, et je nĠai pas conservŽ la version dĠenvoi), avec copie au mystŽrieux Redstar (qui essaiera de lĠutiliser contre nous et recevra une rŽponse publique qui lĠa apparemment dŽfinitivement dissuadŽ de se mler de nos affaires), un texte plus ŽlaborŽ, intitulŽ Le feu est aux poudres (URGENT).

Le Bureau national de l'UNEF, rŽuni ce soir, vient d'envisager la constitution d'une liste commune, chose horrible ˆ Žcrire, avec l'UNEF-ID pour les Žlections du CNESER. La dŽcision sera prise par le CN aujourd'hui, samedi de 9 heures ˆ 18 heures, ˆ l'UniversitŽ de Paris X Nanterre. Nous appelons donc tous ceux qui sont disposŽs ˆ refuser cette infamie

Ü ˆ venir ˆ Paris X, si possible avec un mandat de leur AGE, ˆ dŽfaut comme auditeurs.

Ü ˆ dŽfaut, ˆ prendre contact avec nous (portable 06****, qui restera allumŽ pendant le CN de demain)

Il s'agit:

Ü de tout faire pour que cette proposition soit minoritaire.

Ü d'envisager, si elle est imposŽe, le dŽp™t d'une liste qui continue l'UNEF pour le CNESER. DŽp™t des listes ce lundi avant 17 h [apparemment une erreur : partout ailleurs, je trouve 18h]. Besoin de 22 candidats, Žlus aux conseils centraux de 22 Žtablissements diffŽrents, qui fournissent photocopie recto-verso de leur carte d'Žtudiant et acte de candidature signŽ (ceux qui viendraient au CN feraient bien de se munir des cartes ou des photocopies, pour parer ˆ toute ŽventualitŽ). Emmanuel Lyasse, reprŽsentant de l'UNEF Paris IV au CN.

Il faut souligner, pour comprendre la violence des Žchanges qui ont suivi, que cĠŽtait une abominable trahison. JĠai dŽlibŽrŽment fait monter pendant tout ce mois de juin la tension (on mĠa mme accusŽ dĠavoir parlŽ de pendaisons), parce que je pensais que cĠŽtait de notre intŽrt (‚a lĠaurait ŽtŽ, si nous avions ŽtŽ capables dĠassumer notre position), mais aussi parce que a correspondait Žgalement ˆ mes sentiments dĠalors, en toute sincŽritŽ. Il y avait trahison du vote miraculeux du congrs de Pantin, comme nous lĠavons dit et rŽpŽtŽ sur tous les tons. Ce nĠŽtait pas la premire. Il y avait surtout trahison de tous ceux qui avaient participŽ directement ou indirectement ˆ lĠŽlaboration de la liste UNEF, de toutes les AGE qui pensaient nĠavoir quĠˆ voter pour elle ensuite, pour qui cĠŽtait une horrible dŽclaration de mŽpris.

CĠŽtait aussi, comme on nous le prŽsentait, parfaitement absurde. Mme si on croyait, ˆ supposer quĠil fžt possible dĠy croire, ˆ la Ç rŽunification È, commencer par la liste pour le CNESER nĠavait strictement aucun sens. On prŽsente des listes communes quand on pense en retirer un bŽnŽfice, soit, par la dynamique ainsi crŽŽe, en termes de voix, soit, par la bte arithmŽtique, en nombre dĠŽlus. Sur le deuxime point, on savait que lĠU-ID aurait cinq Žlus, lĠUNEF un : la liste commune ne pouvait quĠen espŽrer six, quĠelle nĠa dĠailleurs pas eus, en partie par nos bons soins. Le bŽnŽfice Žtait nul. Sur le premier, il ne pouvait pas tre question de dynamique dans le cadre dĠune Žlection indirecte par correspondance, o ne votaient en principe que des militants. Si le but avait ŽtŽ une fusion loyale, chacun aurait alors pris son bŽnŽfice, avant de discuter gentiment de ses conditions ensuite. Lˆ, il sĠagissait clairement de supprimer la reprŽsentation de lĠUNEF, donc son existence en tant quĠorganisation nationale reprŽsentative, pour rendre la Ç rŽunification È inŽluctable. Aucune garantie nĠŽtait donnŽe sur le partage de la subvention en cas dĠŽchec du processus. Pour corser la plaisanterie, Lise Pastor, la seule de lĠUNEF en position Žligible sur la liste commune, avait dŽclarŽ en BN quĠelle quitterait lĠUNEF sĠil nĠy avait pas de Ç rŽunification È, sans que cela rem”t en cause son investiture. On remarque bien sžr que lĠU-ID nĠavait pas proposŽ de liste commune pour le CNOUS, o lĠUNEF avait perdu dĠavance son Žlu, mais le faisait pour le CNESER, o elle Žtait sžre de le garder, sans rien lui offrir de plus.

La version officielle Žtait que Carine Seiler, prŽsidente de lĠU-ID, avait appelŽ in extremis Karine Delpas pour lui proposer a, laquelle, frappŽe dĠune gr‰ce rŽunifiante ˆ la fois efficace et suffisante, avait dŽcidŽ dĠaccepter. Il est Žvident que la dŽcision a ŽtŽ prise au niveau politique. Le PCF Žtait depuis lĠannŽe prŽcŽdente dŽcidŽ ˆ se dŽbarrasser de lĠUNEF, qui lui cožtait un peu et ne lui rapportait plus rien, sinon quelques ennuis avec Jospin. JĠignore totalement pourquoi lĠU-ID, cĠest ˆ dire son ma”tre Julien Dray, a dŽcidŽ de recevoir ce cadeau ˆ ce moment-lˆ.

Autant quĠil mĠen souvienne, jĠŽtais alors sans illusion sur la dŽcision, vues ses circonstances, du CN du lendemain. Le lecteur aura notŽ la diffŽrence de ton entre les mails envoyŽs ˆ ecra, et celui destinŽ ˆ tous, mais la similitude de fond : faire, pour tre crŽdible, tout pour empcher la ratification par le CN, mais en sachant que ce serait inutile, et quĠil faudrait monter une liste contre celle de la trahison. Je suis incapable de dire aujourdĠhui si je mĠen rŽjouissais ou mĠen navrais alors, tant jĠai souvent changŽ sur ce point en quelques jours : il y avait dĠun c™tŽ la possibilitŽ de faire ce dont nous rvions depuis plus dĠun an sans y croire vraiment, avec les meilleures chances de succs si la liste Žtait dŽposŽe, de lĠautre la difficultŽ de la monter en trois jours.

JĠai certainement aussi donnŽ des coups de tŽlŽphone cette nuit lˆ qui, contrairement aux mails (bis) nĠont pas laissŽ de traces. Un en tout cas, ˆ William Roger, qui, alors que Lille nĠavait pas prŽvu dĠtre au CN, a pu nous envoyer Fabienne Yung, qui est arrivŽe juste ˆ temps pour voter (Il sĠest trouvŽ ensuite des salauds pour lui reprocher dĠavoir votŽ sans avoir assistŽ au Ç dŽbat È) et nous donner ensuite le soutien de lĠAGEL ˆ notre projet de liste.

1- Le collectif national du 3 juin

Je nĠai que peu de souvenirs du CN de ce samedi, tant tout cela Žtait vain, tant je pensais dŽjˆ ˆ autre chose. JĠai trois sources Žcrites, qui sont toutes sur le site unef.org : le texte du rapport, qui nous a ŽtŽ envoyŽ ensuite par mail, un Ç compte-rendu È qui lĠaccompagnait, qui ne rend absolument pas compte des dŽbats, et le communiquŽ que jĠai envoyŽ de  chez moi ˆ 21h32. CĠest le seul qui donne le rŽsultat du vote, 19 pour, 14 contre, une abstention, qui doit tre exact, peut-tre ˆ un ou deux prs, puisque Žcrit ˆ chaud. Nous Žtions donc 34, un effectif ridicule (On rappelle ici que le CN comprenait les 31 membres du BN, plus deux reprŽsentants par AGE). Mon communiquŽ donne un dŽtail des votes approximatif, qui ne me permet pas de retrouver exactement qui Žtait lˆ. Sancia De Cooman et moi-mme reprŽsentions Paris IV. Guirec Manceau est arrivŽ au dernier moment pour Evry, aprs avoir ŽtŽ abondamment rŽclamŽ par tŽlephone, qui avait dŽjˆ quelquĠun pour lĠAGE, et sans doute Hugues LŽvŽcot qui Žtait du BN[18]. Jihad Wachill Žtait lˆ en tant que membre du BN, je ne me rappelle plus sĠil y en avait dĠautres de Paris I. Mme chose pour Olivier Ruet et pour Caen. Fabienne Yung est donc arrivŽe in extremis pour Lille. Il y avait une camarade de Montpellier (Naouel Nefissi me dit que ce nĠŽtait pas elle). Il y avait aussi une camarade de Bordeaux, CŽcile Delhoume, et une Aurelia dont jĠignore le nom pour OrlŽans (nous nĠavons jamais revu ni lĠune ni lĠautre), qui ont dit trs fort leur indignation, et votŽ contre. Il y en a lˆ onze sžrs, qui font quatorze sĠil y en avait plus de Paris I et de Caen, ou dĠautres dont jĠai tout oubliŽ. LĠabstentionniste Žtait SŽbastien Lantenois, dĠOrlŽans, membre du BN. Sur les dix-neuf pour, jĠŽcrivais Ç  13 Žtaient membres du bureau national, les autres Žtant les deux reprŽsentants de Paris VIII, celui de Cergy, ceux des AGE fant™mes de Paris X et Jussieu, et un de ceux de Montpellier, qui semble ne pas s'tre conformŽ ˆ la ligne de son AGE È. Le vote de Paris VIII Žtait logique, et prouvait que les espoirs que nous avions placŽs en Manuel Blasco Žtaient vains. Je ne me rappelle plus qui Žtait le MontpeliŽrain. Le gars de Cergy avait ŽtŽ trouvŽ rŽcemment par la direction nationale (peut-tre parce quĠil Žtait au PCF, peut-tre mme pas) et proclamŽ ˆ lui tout seul AGE dĠune universitŽ o lĠUNEF nĠapparaissait pas[19]. Jussieu et Nanterre, cĠŽtait le grand retour, comme au congrs de Pantin, de la LCR, totalement absente, et avec qui nous-mmes pour lĠune, les camarades dĠƒvry pour lĠautre, avions vainement cherchŽ le contact pour les Žlections du CROUS, leur inaction expliquant au moins en partie les Žchecs de Paris et Versailles. Ils revenaient pour nous donner de nouvelles leons de Ç radicalitŽ ÈÉ et apporter leur renfort ˆ la direction nationale dont ils prŽtendaient tre lĠopposition pour liquider une organisation quĠils avaient abandonnŽe depuis au moins un an, peut-tre deux (dĠo mon expression Ç AGE fant™mes È, qui nĠa pas plus ˆ tout le monde). JĠavais dŽlibŽrŽment citŽ les membres du BN en bloc, pour montrer ce qui Žtait vrai, que cĠŽtaient eux qui faisaient la majoritŽ contre presque toutes les AGE rŽellement existantes (en comptant bien sžr ceux du BN qui Žtaient ˆ nous parmi les AGE). Je ne peux plus dire aujourdĠhui qui Žtaient les treize : tout le secrŽtariat national, bien sžr, et quelques supplŽtifs ˆ lui assimilables. Je crois me rappeler quĠil y avait aussi Jo‘l Pascal, dĠOrsay.

Le rapport (dont le texte est donc sur unef.org) avait ŽtŽ lu par CŽcile Cukierman, dont jĠai dŽjˆ dit le dŽvouement sans faille ˆ la direction. Une camarade, Sancia je crois, mĠa dit quĠelle lui avait confiŽ immŽdiatement aprs quĠelle nĠavait pas du tout aimŽ lire a. Vues son orthographe et sa syntaxe, je prŽfre penser quĠil avait ŽtŽ Žcrit par dĠautres, et que CŽcile ne faisait que porter le chapeau. Aprs le baratin habituel sur les luttes qui montent partout dans le monde, il abordait le CNESER en prŽsentant trois possibilitŽs, une liste de lĠUNEF seule, une liste (hypothse aberrante et gratuite) avec SUD, une liste avec lĠU-ID, signalait la proposition faite en BN par Olivier Ruet dĠune liste avec le SEUL. Il discutait assez longuement lĠhypothse aberrante, pas du tout celle dĠune liste UNEF (la seule envisagŽe encore 24 heures avant), et concluait fermement pour lĠUNEF-ID. LĠargument Žtait que le congrs de Pantin avait dit que nous Žtions pour lĠunitŽ, que lĠUNEF-ID avait bien changŽ et Žtait venue sur nos positions puisquĠelle Žtait maintenant pour lĠunitŽ aussi[20], que dĠailleurs nos positions triomphaient parmi les Žtudiants. Comme preuve que lĠUNEF-ID ne voulait pas dŽsormais dĠune simple Ç addition dĠappareil È, mais bien lĠunitŽ du mouvement Žtudiant, on nous disait quĠelle avait, miracle, acceptŽ que la liste fžt composŽe ˆ paritŽ de militants syndicaux et dĠ Ç Žlus associatifs È. CĠŽtait risible : lĠU-ID nĠavait pas attendu dĠtre convertie par la direction de lĠUNEF pour crŽer toutes sorts dĠassociations totalement bidon (Association des Žtudiants chercheurs pour ses Žlus de troisime cycle, Association nationale des Žtudiants en mŽdecine, pour ses quelques mŽdecins, par exemple) quĠelle affichait comme soutien de ses listes Ç UNEF-ID et associations Žtudiantes È. Les onze Ç associatifs È Žtaient onze Žlus UNEF-ID, sĠajoutant ˆ ses Ç syndicaux È.

Dans la version Žcrite du rapport, il nĠest pas question de places, ni de noms. Je crois me rappeler que nous savions quĠil y avait trois places sur vingt-deux pour lĠUNEF (le coup des associations servant ˆ cacher le rapport de dix-neuf ˆ trois), la premire supplŽance pour Marion Brun, la troisime de titulaire (Žligible ˆ coup sžr) pour Lise Pastor, la huitime pour Boris Bouchet (garantie inŽligible), de Clermont-Ferrand, rŽcemment Žlu au BN (absent ce jour lˆ).

La suite envisagŽe Žtait claire (sauf quant ˆ la syntaxe)[21] : congrs de fondation de la nouvelle organisation ˆ lĠautomne, vente sur les chaines dĠinscription de juillet dĠun coupon de participation ˆ ce congrs Ç indŽpendamment des cartes UNEF È, ce qui ne pouvait signifier bien sžr quĠˆ la place de celles-ci, puisquĠon ne pouvait envisager de placer deux cartes diffŽrentes. Le congrs de lĠUNEF annoncŽ pour octobre tombait lˆ au milieu, sans quĠon envisage‰t quĠil put revenir sur la chose.

Dans les collectifs nationaux de lĠUNEF, on votait ˆ la fin sur le rapport, sans possibilitŽ dĠamendement. Curieusement, rien nĠŽtait prŽvu sur ce qui serait fait en cas de rejet, ce qui nĠŽtait jamais arrivŽ, pour des raisons dites plus haut, et nĠarriverait pas non plus ce jour lˆ.

Je nĠai plus le moindre souvenir de ce que jĠai dit en sŽance ce jour lˆ. Ce fut certainement violent : jĠai dit plus haut que les bureaucrates habituŽs du CN ne se f‰chaient que quand ils estimaient y avoir intŽrt. CĠŽtait Žvidemment le cas. Je me suis surtout agitŽ dans les coulisses, dans la perspective dĠune liste refusant cette trahison, et nĠai laissŽ ignorer ˆ personne quĠune telle liste serait montŽe.

JĠai eu en fin de matinŽe un appel sur mon tŽlŽphone portable (allumŽ en sŽance, comme annoncŽ), de Christelle Munch, que je connaissais comme le bras droit de Nathan au SEUL, qui voulait savoir ce qui se passait, suite ˆ mes mails de la nuit. Je le lui dis, que la direction de lĠUNEF va avec lĠUNEF-ID (le vote final ne faisait dŽjˆ aucun doute), que nous ferions tout ce que nous pourrions pour dŽposer une autre liste, en espŽrant leur soutien.

Il faut ici un retour en arrire. Dans le cadre de mes manÏuvres pour que la liste UNEF fžt ouverte, jĠavais demandŽ publiquement, sur le forum unef.org, quelles seraient les conditions du SEUL pour y participer, et obtenu (au bout de quelques sommations) une rŽponse de Nathan le 1er juin  au mme endroit

Deux conditions minimales (le reste peut tre discutŽ: Qu'il soit EXPLICITEMENT indiquŽ dans le texte que la liste

1/ "combat pour la constitution d'une structure syndicale d'ampleur nationale pour la dŽfense rŽelle des intŽrts des Žtudiants et contre la privatisation de l'universitŽ entreprise par les gouvernements qui se succdent depuis 30 ans".

2/"exige l'abrogation pure et simple des rŽformes Bayrou et Allgre de l'UniversitŽ (ArrtŽ Bayrou, U3M, loi sur l'innovation, Edufrance)".

Je lui avais rŽpondu (en privŽ, sur la liste ecra), que le deux me semblait possible et souhaitable, que le un posait problme puisquĠon ne pouvait pas demander ˆ lĠUNEF de combattre pour une nouvelle structure, donc sa disparition, que dĠautre part, si jĠapprouvais la mention Ç depuis trente ans È, je ne pensais pas quĠil fžt possible dĠy amener lĠUNEF en une semaine[22]. Il avait prŽcisŽ (sur le forum) Ç As-tu lu quelque part dans la phrase "et que cette structure ne soit surtout pas l'UNEF" ? È, ce qui, de sa part, Žtait un pas Žnorme, en ajoutant quĠil ne serait pas question pour eux de voter SUD, que ce serait UNEF ou abstention[23].

JĠai alors dit ˆ Christelle quĠŽvidemment, dans la situation nouvelle, notre liste reprendrait leurs deux exigences. Je ne me rappelle plus si elle sĠest engagŽe immŽdiatement. JĠai un mail lapidaire de Nathan, indiquŽ comme envoyŽ ˆ 15h23, que jĠai donc dž avoir en revenant du CN (sĠil nĠy a pas dĠerreur sur lĠheure[24]), Ç D'accord pour une liste alternative incluant tous les syndicats de luttes (y compris SUD) È

Aprs le vote et la dispersion du CN, nous nous sommes retrouvŽs, Olivier Ruet et moi, sur le quai de la gare de Nanterre (Je ne sais plus sĠil y en avait dĠautres, et lesquels. Pas Guirec, puisquĠil Žtait venu en voiture. En tout cas, la chose sĠest faite entre lui et moi). Je me rappelle fort bien les premiers mots. Je dis Ç Donc, nous faisons une liste È, il rŽpond Ç Oui È, jĠenchaine Ç Le premier point est de trouver la tte de liste È. Il rŽpond Ç Moi È. CĠŽtait la rŽponse que jĠattendais, parce que jĠŽtais convaincu quĠil Žtait lĠhomme de la situation[25]. La suite a prouvŽ que cette opinion Žtait partagŽe puisque personne de ceux que nous avons contactŽs pour en tre, quĠils acceptent ou refusent, nĠa Žmis dĠobjection sur son nom. Nous verrons que la fin ne nous a pas donnŽ raison.

Nous avons certainement ensuite causŽ des choses ˆ faire, rapidement puisquĠOlivier descendait ˆ Saint-Lazare pour revoir sa Normandie, et que je rentrais dans ma chambre du Quartier latin.

Ce que nous entreprenions Žtait quasiment impossible. Nous Žtions certains que si nous dŽposions une liste, Olivier serait Žlu, parce que tous les Žlus de nos AGE, et une bonne partie des autres Žlus UNEF, voteraient pour elle, et aussi des Žlus hors UNEF, du SEUL, des scissionnistes, dĠautres Žventuellement. Mais pour la dŽposer, il nous fallait trouver en quarante-huit heures, sans aucune prŽparation puisque nous Žtions pris totalement par surprise, vingt-deux candidats Žlus dans vingt-deux universitŽs (ou Žcoles Žventuellement, mais cĠŽtait trs Žventuel pour nous) diffŽrentes. Nous avions alors des candidatures assurŽes de Caen, Paris IV, Paris I, Evry, et, par Fabienne Yung, de Lille I (Sciences) et Lille III (Lettres) (LĠAGEL nĠavait personne en droit ˆ Lille II). Le soutien du SEUL nous en donnait une de Montpellier III (Lettres), son nid, et une autre de Montpellier II (Sciences) o une opŽration parachutiste lui avait permis de ramasser au moins un Žlu. Il en manquait quatorze. Nous comptions sur Nantes, et Manuel Canevet, avec qui jĠŽtais alors en contact quotidien par mail. Treize. LĠUGEM de Montpellier devait logiquement nous soutenir, mais ne nous apportait rien en termes de candidatures puisquĠelle faisait double emploi avec le SEUL. Treize toujours.

C™tŽ UNEF, le premier souci Žtait de retrouver le contact avec lĠAGER de Rouen, silencieuse depuis le dernier CN. Il y avait aussi lĠUGED de Dijon, que nous nĠavions plus revue depuis le congrs, mais avec qui jĠavais un contact par mail depuis lĠaffaire du CNOUS[26], et Paris XII, dont nous nĠavions aucune nouvelle. Il y avait ensuite Lyon, dont nous ne savions rien depuis la bonne surprise quĠils nous avait faite ˆ lĠautomne, et Bordeaux et OrlŽans, qui soutenaient jusque lˆ la direction nationale, dont le CN venait de montrer quĠelles pouvaient se joindre ˆ nous, Rennes, absente, qui devait logiquement rŽagir de la mme faon. Mais avec celles-lˆ nous nĠavions aucun contact sžr : pas de tŽlŽphone personnel, parfois des mails qui tra”naient, toujours douteux, les numŽros de leurs locaux syndicaux, non utilisables le week-end, pas forcŽment un lundi de juin.

Hors UNEF, le SEUL Žtait acquis. Pour lĠAGET-ASL, jĠavais le fil utilisŽ pour le CNOUS. Le contact avec SolidaritŽ Žtudiante Žtait plus compliquŽ, mais leur soutien nous semblait alors aller de soi. Quant ˆ SUDÉ leur appel donnait des numŽros o les appeler. Il fallait essayer. JĠy reviendrai longuement.

Je crois pouvoir dire, mme si bien sžr il est toujours compliquŽ dĠavoir un regard rŽtrospectif sur ce quĠon pensait ˆ un moment prŽcis, que je savais alors exactement o je voulais en venir. Il Žtait Žvident que deux options allaient sĠaffronter, ceux qui voudraient continuer lĠUNEF comme avant, en changeant une direction manifestement scŽlŽrate, ceux qui voudraient constater sa mort pour crŽer la nouvelle organisation de leur rves, dont il Žtait question depuis le rapport Attali, que prŽconisaient le SEUL et, moins vigoureusement, SolidaritŽ Žtudiante.

Ces deux options me paraissaient Žgalement des impasses. JĠŽtais bien convaincu que lĠUNEF telle quĠelle avait existŽ depuis 1971 Žtait morte ce samedi, aprs une longue et pitoyable agonie, et que nous ne pourrions la faire revivre en en changeant la direction, pour une raison simple : la direction nationale de lĠUNEF nĠexistait que par le PCF, qui venait de dŽcider de se retirer, et ne soutiendrait Žvidemment pas une direction alternative ˆ notre gožt. Nous nĠaurions pas les moyens de le faire par nous-mmes : les millions du CNESER, sur lesquels nous commencions ˆ fantasmer, Žtaient beaucoup plus dĠargent que nous nĠen avions jamais eu, mais ne pourraient suffire.

Il me semblait dĠautre part que ce serait folie de renoncer ˆ lĠhŽritage de lĠUNEF, au moment o nous en Žtions clairement la majoritŽ rŽelle, pour crŽer un machin dont la nouveautŽ serait le seul argument, que nous y perdrions des camarades, et beaucoup plus en termes de cohŽrence. DĠailleurs, bien des fantasmes sur la nouvelle organisation miraculeusement surgie rejoignaient lĠerreur prŽcŽdente, en ce quĠils semblaient fondŽs sur la croyance quĠil suffirait dĠannoncer la rupture avec lĠUNEF pour avoir une direction nationale comparable (mais pure, Žvidemment).

Mon idŽe, que je gardais largement pour moi car le premier souci Žtait de regrouper sur la liste du CNESER les deux options contradictoires, Žtait que nous ne pouvions avoir une direction nationale comme avant, bureaucratique, pour employer le mot juste, ce que je regrettais bien sžr (JĠŽtais, vous lĠavez compris, un bureaucrate, et le reste en esprit, en esprit seulement faute de bureaucratie ˆ laquelle mĠaffilier), quĠil fallait partir de ce qui existait, les AGE de lĠUNEF encore solides qui refusaient la liquidation, et celles qui lĠavait quittŽe pour de bonnes raisons, plus Žventuellement des syndicats extŽrieurs comme le SEUL, pour reconstituer une Union nationale dont la direction serait nŽcessairement faible, assurant seulement dans la mesure du possible leur coordination et leur reprŽsentation au niveau national. La formule que jĠadoptais (je ne saurais dire si cĠŽtait dŽjˆ, ou seulement ensuite), mais en la disant rarement et lĠŽcrivant encore moins, pour Žviter des ennuis, Žtait la troisime UNEF (oui, il y avait aussi une allusion ˆ tout ˆ fait autre chose) : de mme que notre UNEF sĠŽtait b‰tie sur les ruines de lĠancienne, celle de 1907 modifiŽe 1946, ˆ partir de ses AGE saines, pour faire tout ˆ fait autre chose, mais qui avait ŽtŽ incontestablement utile aux Žtudiants, en faire sur son cadavre une troisime. Il fallait pour cela garder prŽcieusement le nom UNEF (en lui ajoutant Žventuellement un suffixe quelconque), que personne ne pouvait nous refuser sŽrieusement, puisque nos AGE lĠavaient dans leurs statuts, puisque surtout la justice bourgeoise avait constatŽ vingt ans plus t™t quĠil nĠappartenait ˆ personne, en conclusion du conflit sur le terrain judiciaire des deux UNEF dĠalors[27]. Je reste convaincu aujourdĠhui que cĠŽtait la moins idiote des options possibles. Je ne suis plus sžr du tout quĠelle nĠait pas ŽtŽ, quoique moins, idiote.

LĠobstacle majeur Žtait lĠabsence de soutien politique consŽquent. JĠai retrouvŽ dans mes archives en 2007, et publiŽ sur unef.org parmi les textes internes de Paris IV[28], une note trs confidentielle que jĠavais Žcrite avant le congrs de lĠannŽe prŽcŽdente. JĠy disais, entre autres choses Ç nous avons pu construire des syndicats forts localement, nous n'avons pas les moyens d'assumer la direction d'une fŽdŽration nationale de ces syndicats, qu'elle soit l'UNEF reconquise ou une troisime UNEF[29]. La raison en est simple, et il est inutile de tourner autour: on n'a jamais vu, en trente ans, et on ne verra pas de sit™t, une organisation Žtudiante qui ne s'appuie pas sur un soutien politique de poids (en gros, un parti ou une tendance reprŽsentŽs ˆ l'AssemblŽe nationale) È.  CĠŽtait pourtant ce que jĠentreprenais quinze mois plus tard. Ma position constante avait ŽtŽ, mme si jĠaimais agiter, toujours trs dialectiquement, lĠidŽe dĠune scission possible, la politique du coucou dans lĠUNEF du PCF. Le PCF venait de dŽtruire le nid. Quand il nĠy a plus quĠune option envisageable, on considre, si on ne veut pas tout arrter, que cĠest forcŽment la bonne. Ensuite, cĠest toujours la mme histoire : mettez vous ˆ genoux, priez et implorezÉ

2- Chasse aux candidats, en chambre

Pour le moment, la prioritŽ Žtait de faire la liste, et il Žtait Žvident que la seule ligne pour rŽussir Žtait Ç LĠUNEF, trahie par sa direction scŽlŽrate, continue, pour dŽfendre les Žtudiants contre le mŽchant ministre et la trs mŽchante UNEF-ID È. Tous ses initiateurs semblaient alors dĠaccord sur ce point, quelles que fussent leurs idŽes sur la suite des Žvnements.

CĠest ˆ a que jĠallais mĠatteler en rentrant chez moi, comme les autres dŽjˆ impliquŽs de chez eux, avec comme seules armes, le week-end, mon ordinateur et mon tŽlŽphone. Il est sans doute utile de rappeler quĠen ce temps lˆ, Internet Žtait encore peu rŽpandu, surtout ˆ domicile (et sans haut dŽbit, avec des modems qui faisaient longtemps tut tut avant de donner une connexion trs lente). JĠŽtais alors le seul des dirigeants de Paris IV et Paris I ˆ avoir une adresse Žlectronique (a a changŽ ˆ la rentrŽe, parce que cĠŽtait le mouvement gŽnŽral, parce que notre situation particulire incitait les camarades ˆ sĠŽquiper). Guirec Žtait notre champion informatique. Nathan venait de sĠy mettre spectaculairement, comme on lĠa dit. Manuel CanŽvet, de Nantes, utilisait le compte de ses parents, abondamment. Olivier Ruet avait un mail, mais je nĠai jamais su sĠil pouvait le consulter de chez lui (en tout cas, il lĠutilisait peu, et pas du tout ce week-end). Les tŽlŽphones portables commenaient seulement ˆ prolifŽrer (avec des forfaits assez chers, et trs limitŽs), le tŽlŽphone fixe cožtait trs cher ds quĠon appelait en interurbain, ou un portable. Beaucoup de camarades habitaient chez leurs parents et nĠavaient mme pas de tŽlŽphone personnel. JĠajoute pour tre complet que dans ma chambre sous les combles rue Pierre Nicole, je nĠavais ni pigeonnier, ni moyen de faire des signaux de fumŽe. Beaucoup de choses Žtaient donc remises au lundi, dernier jour, o nous pourrions rentrer dans les UniversitŽs et utiliser nos locaux syndicaux.

Mon premier coup de tŽlŽphone en rentrant fut pour Philippe Lieutaud, qui nĠŽtait pas au CN, ce qui mĠavait surpris puisquĠil Žtait au BN la veille, et mĠavait appelŽ ensuite. Je nĠen ai su la raison que beaucoup plus tard. JĠavais alors pensŽ quĠil ne voulait pas sĠimpliquer, puisque son courant politique, poperŽniste rappelons le, Žtait en principe pour la Ç rŽunification È, ce que la suite a immŽdiatement dŽmenti. Bien sžr, je ne lui ai pas posŽ de questions. Il mĠa avouŽ bien des annŽes aprs quĠil avait une partie dĠun jeu qui le passionnait alors, auquel je nĠai jamais rien compris (ƒvidemment, sa prŽsence ˆ Nanterre nĠaurait rien changŽ). Je lĠai mis au courant du dŽroulement du CN, et de notre dŽcision de monter une liste. Je lui ai dit que jĠŽtais prt ˆ donner ma candidature sĠil le fallait, mais que pour des raisons Žvidentes, je prŽfŽrais que ce fžt lui pour Paris IV. Les raisons Žvidentes, inutiles ˆ prŽciser alors avec lui, Žtaient dĠaffichage universitaire, puisquĠil Žtait vice-prŽsident Žtudiant et moi seulement membre du CS, et surtout politique, parce quĠun socialiste connu comme tel ferait trs bien dans le dŽcor.  Philippe mĠa rŽpondu quĠil Žtait dĠaccord, mais pensait devoir demander son autorisation ˆ Emmanuel Maurel, et mĠa rappelŽ quelques minutes aprs pour me dire quĠil nĠavait pas rencontrŽ dĠobjection, mais reu le conseil de demander une des premires places non Žligibles de la liste (ce qui ne posait pas de problme, bien au contraire).

JĠai envoyŽ le communiquŽ sur le forum ˆ 21h30 (son texte est sur unef.org[30]). JĠai certainement donnŽ plusieurs coups de tŽlŽphone avant, mais ne me rappelle plus lesquels (probablement ˆ Nathan, pour confirmer notre accord), sinon un, que mon texte Žvoque, ˆ Yves Croguennec, de lĠAGET-ASL. Yves Žtait assez embtŽ, parce quĠils sĠŽtaient engagŽs auprs de SUD, aprs la plaisanterie du CNOUS o ils avaient eu lĠimpression de se faire avoir par lĠUNEF (JĠai commentŽ Ç Et donc, vous avez dŽcidŽ de vous faire avoir par SUD, pour changer È). Evidemment, il nous prŽfŽrait, mais hŽsitait ˆ trahir lĠengagement pris. JĠai tentŽ de le convaincre que la situation nouvelle le rendait caduc.  Il a fini par me dire que Wilfried Pennetier Žtait ˆ Paris, et ne nous refuserait certainement pas sa candidature. Je nĠen demandais pas plus, puisque lĠurgence Žtait dĠavoir un candidat par universitŽ. Dans le communiquŽ, a devient Ç Des contacts, assez positifs, ont dŽjˆ ŽtŽ pris avec le SEUL et l'AGET-ASL È (Avec le SEUL, je suis ˆ peu prs certain que lĠaccord Žtait dŽjˆ fermement conclu. JĠai dž ne pas vouloir distinguer entre les deux).

Le communiquŽ sĠappelle RŽsistons ˆ la liquidation de l'UNEF. Il commence par le  fait, hallucinant pour tous ceux qui nĠŽtaient pas encore au courant : le vote par le CN de lĠUNEF de Ç la participation ˆ une liste pour le CNESER avec l'UNEF-ID, aux conditions de l'UNEF-ID dans la perspective d'une rŽunification ˆ l'automne È. Il encha”ne sur lĠabsence de plate-forme connue (ce sera finalement mot pour mot celle de lĠUNEF-ID), Ç Sur la plate-forme, rien ne nous a ŽtŽ dit, sinon que la "rŽvolution pŽdagogique" pr™nŽe par l'U-ID correspondait exactement ˆ la ligne de l'UNEF È, avec un grand coup sur les rŽformes. Je rappelle lĠopposition de lĠavant-dernier congrs ˆ la rŽforme Bayrou, du dernier au 3/5,8[31], en omettant soigneusement de dire que la direction nĠa rien fait, avec lĠapprobation de toutes les AGE autres que les n™tres, pour appliquer ces dŽcisions, et a mme obtenu du congrs de Pantin un vote refusant de renouveler la condamnation de Bayrou. Je ne dis rien du plan U3M, que la direction et sa majoritŽ ont toujours refusŽ de condamner malgrŽ nos efforts.

Suit le dŽtail du vote, dŽjˆ citŽ, la mention de lĠabsence de quatre des principales AGE, Nantes, Rouen, Lyon et Clermont, et du fait quĠaucune nĠa pu dŽbattre de cette dŽcision surprise, puis vient la premire conclusion Ç Il s'agit d'une liquidation de l'UNEF par la direction issue du congrs de Pantin, par surprise, sans les AGE ayant des Žlus en nombre important ou malgrŽ elles. Une certaine UNEF vient de mourir ˆ Nanterre. L'UNEF doit vivre ! Elle doit vivre pour dŽfendre et reprŽsenter les intŽrts des Žtudiants de France (ce que l'UID ne fait certes pas), dans la fidŽlitŽ ˆ ce qu'il y a eu de meilleur en elle depuis le renouveau de 1971. Ceux qui se sont opposŽs ˆ la trahison d'aujourd'hui, ceux qui n'ont pu venir ˆ Nanterre faute d'avoir ŽtŽ prŽvenus ˆ temps de l'enjeu, sont l'UNEF, la vraie, celle qui est prŽsente sur les facs. È Je mĠavance beaucoup dans le sens de ma position personnelle sur lĠavenir, longuement expliquŽe ci-dessus, mais de faon suffisamment obscure pour que seuls les initiŽs sĠen aperoivent, et que le sens principal soit que nous voulons maintenir lĠUNEF.

JĠen viens ˆ lĠannonce que nous faisons une liste dans ce but,

Ils doivent manifester leur volontŽ de continuer l'UNEF, et d'abord en faisant tout, malgrŽ la brivetŽ des dŽlais, pour que soit dŽposŽe, contre ceux qui prŽtendent nous avoir bradŽ ˆ l'U-ID, une liste qui soit celle de la fidŽlitŽ ˆ l'UNEF et au syndicalisme Žtudiant.

De cette liste, Olivier Ruet (Caen, BN), Jihad Wachill (Paris I, BN), Sancia De Cooman, Philippe Lieutaud (BN), et moi-mme pour Paris IV [JĠavais oubliŽ Guirec, erreur rectifiŽe ˆ minuit. Je ne me rappelle pas pourquoi je ne citais pas de Lillois alors que Fabienne nous avait donnŽ leur accord de principe, probablement confirmŽ par William au tŽlŽphone (parce que cĠŽtait soumis ˆ une ratification formelle ? parce que le prŽsident dĠAGE Žtait Gilles Andries et que je nĠavais pas encore eu de contact avec lui ?).] venons de dŽcider d'en prendre l'initiative. [une vilaine rupture de construction : jĠavais manifestement oubliŽ le dŽbut de la phrase quand jĠen ai Žcrit la fin, et nĠai apparemment pas relu avant dĠenvoyer] Olivier Ruet s'est dŽclarŽ prt ˆ prendre la tte. Cette liste doit tre celle de tous ceux qui, dans l'UNEF, refusent la dissolution de l'UNEF dans l'U-ID.

Elle doit, comme nous le prŽvoyions pour la liste UNEF avant la trahison, tre ouverte, mais ouverte ˆ tous ceux qui veulent un vrai syndicalisme vraiment Žtudiant et refusent donc le monopole de l'U-ID. Des contacts, assez positifs, ont dŽjˆ ŽtŽ pris avec le SEUL et l'AGET-ASL. Nous souhaitons bien sžr que les camarades de SUD et des syndicats SolidaritŽ Žtudiante s'associent ˆ notre dŽmarche.

Je termine en appelant ˆ me contacter dĠurgence, en prŽcisant quĠil nous faut 22 Žlus aux centraux de 22 Žtablissements diffŽrents.

JĠenvoie vers minuit et demi un message complŽmentaire, LĠUNEF continue, pour rectifier lĠoubli de Guirec, et donner deux nouvelles. La premire est que Manuel CanŽvet, de Nantes, mĠa tŽlŽphonŽ pour me promettre sa candidature (confirmŽe par mail personnel dimanche au rŽveil, quĠil a transmis sur le forum douze heures plus tard). La deuxime est que nous avons le soutien de lĠUnion nationale des Žtudiants du Maroc, partenaire historique de lĠUNEF. JĠavais appelŽ Khalid Pijous, son responsable parisien, et notre alliŽ constant ˆ Paris IV o il partageait notre local, qui me lĠavait donnŽ (JĠavais depuis longtemps renoncŽ ˆ comprendre quelle Žtait la structure de lĠUNEM, et si mme il y en avait une. Je savais que Khalid pouvait parler en son nom ˆ Paris et Žventuellement en France, et a me suffisait). ‚a ne nous rapportait rien en termes dĠŽlus, puisquĠils nĠen avaient que sur nos listes, mais cĠŽtait un beau symbole, propre ˆ embter lĠUNEF-ID et la direction nationale de lĠUNEF.

Je suis incapable de me rappeler dans lĠordre ce que jĠai fait la journŽe du dimanche. Je nĠai certainement fait que a, sinon que jĠai dž aller ˆ la messe (Les fois o jĠai ratŽ la messe pour raisons bureaucratiques, je mĠen souviens), sans doute ˆ Saint Jacques du Haut Pas ˆ 18h15, o jĠai probablement continuŽ (ˆ ma grande honte) ˆ penser ˆ a. Je sŽpare donc le recueil des candidatures et les discussions avec des partenaires potentiels, Žtant incapable de reconstituer comment cela sĠest chevauchŽ.

Outre le SEUL et lĠAGET-ASL, nous avions deux partenaires possible, SUD ƒtudiants, et SolidaritŽ Žtudiante.

Le SUD, donc. Il Žtait clair que nous ne les aimions pas (cĠŽtait un point dĠaccord avec le SEUL, mme si les raisons nĠŽtaient pas tout ˆ fait les mmes). SUD avait ŽtŽ crŽe dans le dos de lĠUNEF, largement contre elle, et pratiquait ce qui nous semblait (je nĠai pas changŽ dĠavis ˆ ce jour) une activitŽ dŽlibŽrŽment groupusculaire, fire de lĠtre car elle y voyait la preuve de sa vertu, fort ŽloignŽe de ce que nous pensions tre (je nĠai pas changŽ non plus sur ce point), le syndicalisme Žtudiant (Nous, nous nĠŽtions pas trs gros, plus cependant, mais prŽtendions nŽanmoins reprŽsenter les intŽrts de tous les Žtudiants de nos universitŽs). Les tentatives de contact lors du mouvement contre le rapport Attali, et de ses suites contre Allgre en gŽnŽral, nĠavaient rien donnŽ. Il paraissait Žvident quĠil y avait une alliance objective contre nous entre lĠUNEF-ID et SUD qui, par lĠŽtalage de ses vertus gauchistes, retenait un certain nombre de militants et dĠŽlecteurs, sans jamais parvenir ˆ rien. Quelques incidents, que je vous Žpargne, nous avaient conduits ˆ penser que lĠalliance nĠŽtait pas seulement objective. Quand SUD avait ˆ choisir ente lĠU-ID et nous (nous lĠUNEF, mais nous aussi les AGE contestataires de lĠUNEF) il choisissait systŽmatiquement lĠU-ID. La prŽsence de la LCR dans ces deux organisations (nous avons vu ce quĠil en Žtait alors dans lĠUNEF) donnait lĠidŽe dĠun canal possible.

Nous ne les aimions pas parce quĠils ne nous aimaient pas, et cĠŽtait notre seul point dĠaccord. Il nĠen Žtait pas moins clair que nous avions intŽrt ˆ essayer de nous entendre avec eux, dĠabord parce que nous pr™nions le rassemblement syndical, ensuite pour de btes raisons arithmŽtiques. SUD Žtait prŽsent dans des universitŽs o nous nĠŽtions pas, et y avait ramassŽ quelques Žlus. Pour lĠŽlection elle-mme, a ne pesait pas grand-chose : ils Žtaient trs peu nombreux. Mais pour pouvoir prŽsenter la liste, avec le systme des vingt-deux Žlus de vingt-deux Žtablissements diffŽrents, a valait de lĠor. Si nous avions la liste, nous Žtions ˆ peu prs sžrs dĠun sige, puisque derrire chaque Žlu UNEF dĠune vraie AGE, il y en avait plusieurs autres. Eux nĠavaient aucune chance dĠobtenir un sige, mais leurs Žlus dispersŽs pouvaient nous donner lĠappoint indispensable pour atteindre les vingt-deux candidats.

LĠennuyeux Žtait que nous nĠavions ˆ peu prs rien ˆ leur offrir, puisque si le sige Žtait presque certain, un deuxime Žtait impossible. En cas dĠaccord, la supplŽance leur revenait naturellement, mais la supplŽance nĠa dĠintŽrt que si le titulaire et le supplŽant font un travail commun, ce ˆ quoi le titulaire nĠest nullement obligŽ. Nous Žtions bien sžr prts ˆ leur promettre ce travail commun, et mme peut-tre ˆ essayer de tenir cette promesse ensuite, mais il Žtait douteux que cela les intŽress‰t. Nous pouvions aussi leur promettre une part gŽnŽreuse de la subvention, bien supŽrieure ˆ leur apport rŽel ˆ la liste. Ils Žtaient malheureusement sur cette question dĠun dŽsintŽressement total : SUD PTT les arrosait si somptueusement que cette somme, qui Žtait indispensable ˆ lĠUNEF du PCF tant quĠelle avait voulu vivre, Žtait pour eux une broutille. Il est donc inutile de vous dire que mon optimisme ˆ leur sujet Žtait trs modŽrŽ (Ma conversation avec Yves Croguennec vous lĠaura dŽjˆ indiquŽ).

Le seul espoir, trs faible, Žtait que nous parvinssions ˆ les contraindre ˆ prendre, ou du moins faire semblant de prendre, leur appel ˆ lĠunitŽ syndicale contre les rŽformes au sŽrieux, et donc ˆ contribuer ˆ lĠŽlection au CNESER dĠun Žlu, le seul possible, clairement contre ces rŽformes. Il Žtait manifestement vain. JĠai eu au tŽlŽphone ce dimanche matin ƒlise Allard, une des trois signataires de lĠappel qui nous avait ŽtŽ adressŽ[32]. Lˆ, jĠai un trou de mŽmoire. Je ne sais plus lequel de nous deux a appelŽ lĠautre. Logiquement, cĠŽtait ˆ moi de prendre lĠinitiative. Mais je ne vois pas pourquoi je lĠaurais appelŽ elle, que je ne connaissais pas, et non Jean-Luc Delauney, dĠOrlŽans, un autre des trois, qui Žtait venu en touriste ˆ notre rŽunion de Limoges de mai 1999 et avec qui jĠavais causŽ gentiment dans le train du retour. Avais-je laissŽ un message ˆ Jean-Luc, qui mĠa fait rappeler par Elise ? CĠest possible. Je vois que jĠavais envoyŽ ˆ Elise (certainement parce quĠelle Žtait la seule ˆ avoir donnŽ une adresse Žlectronique) copie de mon communiquŽ RŽsistons de la veille. MĠa-t-elle appelŽ ˆ sa suite ? CĠest Žgalement possible. Le fait est que nous nous parl‰mes au tŽlŽphone, et que ce fut violent (Je retrouve dans un communiquŽ ultŽrieur quĠil y a eu deux conversation, une le matin, une en dŽbut de soirŽe. Je ne peux aujourdĠhui distinguer lĠune et lĠautre). ƒlise considŽrait faire une grande faveur ˆ ce quĠelle appelait Ç lĠoppo UNEF È (ce qui sentait trs fort la LCR) en Ç rouvrant È la liste SUD pour lui faire une petite place. Elle a hurlŽ plusieurs fois dans mon tŽlŽphone Ç Ma liste est complte È (la suite des ŽvŽnements montrera pourquoi jĠinsiste sur ce point). La tte de la liste nĠŽtait pas nŽgociable, ni le nom (Je ne me rappelle plus ce que cĠŽtait, et a nĠa jamais ŽtŽ publiŽ. CĠŽtait forcŽment grotesque), ni la plate-forme (aussi mystŽrieuse que celle de la liste U-ID/Direction de lĠUNEF).

La question de la tte de liste Žtait un point dĠachoppement suffisant. Nous Žtions alors la moitiŽ de lĠUNEF,  la plus grosse vraisemblablement, et savions pouvoir compter, si la liste Žtait dŽposŽe, sur la majoritŽ des voix de lĠautre moitiŽ. Eux nĠŽtaient rien ˆ c™tŽ, et nous avaient abondamment prouvŽ quĠil Žtait impossible de leur faire confiance pour porter une ligne syndicale. Il aurait donc fallu tre parfaitement idiot pour accepter de leur servir de supplŽtif. Ce jour lˆ, jĠŽtais convaincu quĠil Žtait impossible dĠtre idiot ˆ ce point. La suite mĠa prouvŽ que je me trompais. Je suis allŽ jusquĠˆ proposer, en plus de la premire supplŽance qui allait de soi, la deuxime place de titulaire, certes symbolique, mais qui donnait ˆ SUD une position sur la liste sans rapport avec son importance rŽelle. Comme la fillette hurlait de plus en plus fort, et que je tenais ˆ lui montrer ce que je savais faire ˆ ce jeu lˆ,  la conversation sĠest terminŽe dans une extrme violence.

JĠai ŽtŽ rappelŽ tard dans la soirŽe, voire au milieu de la nuit (aprs mon communiquŽ de minuit. JĠignore bien sžr sĠil y avait un rapport), par Nadia Benhelal, la troisime des trois signataires de lĠappel initial. Trs bien ŽlevŽe, beaucoup plus aimable. Elle mĠa rŽpŽtŽ Ç La camarade nĠa pas ŽtŽ raisonnable È, ˆ chaque fois que jĠŽvoquais mes justes griefs contre lĠaffreuse Allard. Malheureusement, si elle Žtait dĠhumeur ˆ causer gentiment, elle ne voulait pas non plus cŽder sur la tte de liste. Je ne sais toujours pas, et ne saurais vraisemblablement jamais, si elle voulait sincrement un accord, mais Žtait bloquŽe par lĠintransigeance de ses camarades, ou si elle Žtait aussi hypocrite que moi. Nous nous sommes quittŽs, trs tard, aimablement, sur un constat dĠŽchec.

Autant je nĠavais pris contact avec SUD que pour quĠon ne pžt pas me reprocher de ne point lĠavoir fait, autant le soutien de SolidaritŽ Žtudiante (Limoges, Toulouse Le Mirail, Pau, peut-tre encore un ou deux Žlus restant ˆ Grenoble) me semblait aller de soi. CĠŽtaient nos amis, ils avaient quittŽ lĠUNEF ˆ notre grand regret, mais sans dŽsaccord essentiel avec nous, sinon sur lĠopportunitŽ dĠune scission, nous nous Žtions alors jurŽ de maintenir le contact mme si nous ne lĠavions pas fait autant que nous lĠaurions voulu (ils Žtaient particulirement peu portŽs sur Internet). Leur refus de notre proposition pour le CNOUS Žtait parfaitement comprŽhensible, puisquĠils lĠavaient interprŽtŽe, pas forcŽment ˆ tort, comme celle dĠun retour au bercail quĠils avaient quittŽ. Lˆ, la scission Žtait faite, par la direction de lĠUNEF, et nous devions logiquement nous retrouver.

JĠai appris, certainement par le SEUL, quĠils Žtaient en rŽunion Ç nationale È ˆ Limoges ce week-end lˆ. ‚a aurait dž tre notre chance. JĠai appelŽ au local (Je ne sais plus si cĠŽtait avant ou aprs le SEUL. Nous avons essayŽ par les deux bouts) et eu, en leur nom ˆ tous, Matthias Lambert, du Mirail, que je connaissais bien du congrs et des rŽunions Ensemble contre les rŽformes Allgre de lĠannŽe prŽcŽdente, un anarchisant (assez modŽrŽ dans son genre pour avoir adhŽrŽ ˆ lĠUNEF, et dans une association particulirement communiste, voire stalinienne selon certains). Il mĠa rappelŽ, ce qui Žtait vrai, quĠun an auparavant, lors de notre rŽunion de Limoges aprs le congrs (au moment o la Ç rŽunification È Žtait prŽvue pour dŽcembre) il parlait dŽjˆ de faire une liste pour le CNESER, et que nous avions trouvŽ a prŽmaturŽ, et a conclu quĠil Žtait trop tard et que nous ne pouvions faire a en trois jours. JĠavais quelques arguments alors pour lui dire quĠil Žtait possible dĠy arriver. Il a conclu Ç Rappelle moi quand vous aurez dix-huit candidats È. JĠai voulu prendre a positivement. Nous verrons la suite.

Il y avait aussi le cas trs particulier de lĠUNEF-ID Amiens, qui devait tre de cÏur avec nous, mais nĠavait sžrement pas envie de se lancer, nous lĠavions vŽrifiŽ sans surprise pour le CNOUS, dans une aventure menant ˆ son exclusion de lĠU-ID. Nathan, avait apparemment rŽussi ˆ les convaincre de nous aider, puisquĠil a publiŽ sur le forum vers minuit, sous le titre Bonne nouvelle Ç L'UNEF-ID Amiens nous prte un de ses Žlus. Je rŽpte l'UNEF-ID Amiens nous prte un de ses Žlus. È CĠŽtait inespŽrŽ, mais pas impossible. Ce sont des choses qui peuvent se faire : on demande ˆ un Žlu de se dŽvouer, puis on explique ˆ la direction nationale quĠil sĠagit dĠune regrettable initiative personnelle, que le coupable sera sŽvrement puni mais pas trop quand mme pour ne pas perdre sa voix pour la liste officielle. Mais publier a avant le dŽp™t de la liste sur un forum que tout le monde pouvait lire, et que, dans ce contexte, lĠEnnemi ne pouvait que surveiller, menait droit au dŽsastre. Il nĠest pas difficile dĠimaginer ce que les camarades dĠAmiens ont pris sur la tte le lundi. Comme il Žtait logique, la candidature promise nĠest jamais arrivŽe. JĠai quand mme appelŽ, dans la journŽe de lundi, la prŽsidente dĠAGE, Carla Hodeika, qui mĠa dit schement que le nŽcessaire avait ŽtŽ fait, que lĠheureux Žlu aurait dž faxer. Je lui ai demandŽ, ce quĠelle pensait de ce qui se passait. Elle mĠa rŽpondu fermement Ç Rien È. Ce fut notre dernier contact.

Je ne comprends toujours pas, vingt ans aprs, pourquoi Nathan a fait ce qui semble ne pouvoir tre quĠune Žnorme sottise ou un acte de sabotage dŽlibŽrŽ. Les sottises de cette taille, ce nĠŽtait pas son genre. Il nous a abondamment prouvŽ avant et aprs que le sabotage dŽlibŽrŽ pouvait lĠtre, mais je ne vois pas quel intŽrt il aurait pu y trouver ˆ ce moment prŽcis, puisquĠil a par ailleurs tout fait pour que la liste fžt dŽposŽe. Il Žtait bien dans ses mŽthodes de compromettre les camarades dĠAmiens plus quĠils voulaient lĠtre, mais il Žtait dŽcidŽment idiot de le faire avant le dŽp™t de la liste, avec un rŽsultat aisŽment prŽvisible. Mystre.

C™tŽ UNEF, les choses allaient beaucoup mieux. Nous avons ramassŽ sept candidatures dans cette journŽe, trois par mails, quatre par tŽlŽphone apparemment. Un de mes premiers soucis a ŽtŽ Paris XII dont, je lĠai dŽjˆ dit, nous nĠavions plus de nouvelles depuis le congrs. JĠy avais alors un contact, FrŽdŽric Blot, que je connaissais, comme Yves et Wilfried, du MdC (a avait beaucoup simplifiŽ la liaison pendant le congrs). Je nĠen avais pas de nouvelles non plus depuis lors, et me suis mis en chasse, ce qui fut compliquŽ, car il nĠŽtait plus ˆ Paris XII, et, si je me rappelle bien, poursuivait ses Žtudes trs loin de Paris. JĠai eu ses parents, puis lui, qui mĠa donnŽ le contact avec Julien Giral, qui a marchŽ sans problme.

Dijon, avec qui jĠavais repris contact au moment du CNOUS est mentionnŽ dans mon communiquŽ de minuit comme nous donnant une candidature. Je nĠai pas de traces de mail. Je nĠai pas souvenir de coup de tŽlŽphone, ni mme dĠavoir eu un tŽlŽphone o les joindre. Peut-tre lĠai je oubliŽ, peut-tre est ce venu dĠun autre camarade (Jihad ?).

Nous avons rŽcupŽrŽ une candidature, que le communiquŽ ne cite pas, de Paris III, o il nĠy avait plus dĠUNEF depuis longtemps, mais o Camille Marqus, parce quĠelle Žtait au PCF, en tenait lieu aux yeux de la direction nationale. Elle avait ŽtŽ Žlue ˆ un des conseils centraux, sur liste commune avec lĠUNEF-ID (ce qui Žtait paradoxal, mais plut™t dr™le. Et il nous fallait des Žlus, dĠo quĠils vinssent) nŽgociŽe depuis la rue Pailleron. Jihad et moi la connaissions assez bien. Comme elle Žtait devenue rŽsolument anti mutation, elle a rŽpondu volontiers ˆ notre sollicitation (de Jihad ou de moi, je nĠen sais plus rien).

Le problme Žtait lĠAGER de Rouen, qui Žtait nagure la tte de lĠopposition, mais ne donnait plus de nouvelles depuis le dernier CN (Officiellement, Leila Messaoudi, son ex prŽsidente, passait le CAPES, et nĠavait trouvŽ personne pour la remplacer). Je nĠai eu ce dimanche aucun contact avec Leila (Je ne me rappelle plus si cĠest parce que je nĠavais pas son numŽro personnel, ou parce quĠelle ne rŽpondait pas). JĠai fini par joindre, sur son numŽro personnel, que jĠavais donc, ƒmilie Picot, qui avait ŽtŽ son adjointe (sans tre de la GR), Žtait ˆ peu prs retirŽe, mais restait Žlue. ƒmilie approuve Žvidemment notre dŽmarche, mais hŽsite ˆ nous donner sa candidature sans autorisation de lĠAGE. Je lui prche, contre tous mes principes, dĠavant et dĠaprs (salus populi suprema lex esto), les vertus de lĠindiscipline dans les circonstances exceptionnelles. Je crois lĠavoir convaincue. Elle obtiendra le lendemain lĠaccord de Leila, et nous aurons sa candidature[33].

Nous avons eu aussi trois bonnes surprises, trois candidatures spontanŽes reues par mail suite ˆ la diffusion de lĠappel. La premire vint ˆ quinze heures vingt de Besanon, dĠun nommŽ JŽr™me Christin, en DEA de biologie cellulaire et physiologie, Žlu au Conseil scientifique, si jĠai bien compris dĠune association dĠŽtudiants de troisime cycle, qui me disait quĠil suivait notre forum depuis un moment, et Žtait dĠaccord avec nous. Il a prŽcisŽ ensuite quĠil voulait bien tre candidat, mais non Žlu. Je lui ai rŽpondu que a mĠarrangeait, puisquĠil nĠy a avait quĠune place Žligible. Sancia De Cooman, qui avait gardŽ contact avec un dŽlŽguŽ de feue lĠUNEF Besanon rencontrŽ au congrs (elle Žtait de lˆ-bas), lĠa appelŽ le lendemain, et mĠa dit quĠil pensait que cĠŽtait un gars bien. JĠen ai ŽtŽ heureux, mais plus encore de recevoir son acte de candidature et sa carte dĠŽtudiant par mail. Je nĠai plus eu de nouvelles de lui aprs la fin du mois.

Le second fut ˆ dix-sept heures dix un Messin, Claude Maillot, en deuxime annŽe de DEUG dĠHistoire Žlu au CEVU, avec un discours tout ˆ fait sainement anti UNEF-ID, mais qui ne nous disait pas comment il avait ŽtŽ Žlu. Ce nĠŽtait certes pas le moment de le lui demander. Je nĠai pas eu non plus de nouvelles de lui par la suite. Beaucoup plus tard, Fabrice Chambon, de lĠU-ID, sĠest vantŽ auprs de Philippe Lieutaud, qui avait alors ce genre de mauvaise frŽquentation et me lĠa rŽpŽtŽ longtemps aprs, de nous avoir refilŽ un sous-marin comme candidat. Si cĠest vrai, ce ne peut tre que lui. Mais jĠai du mal ˆ y croire, car je ne vois pas quel aurait pu tre lĠintŽrt de lĠEnnemi de nous offrir, mme pour nous espionner, une candidature quand le succs de notre liste pouvait dŽpendre dĠune de plus ou de moins. Un espion non candidat, certes. Avec un peu de perversitŽ (mais ces gens lˆ manquaient dĠimagination), de faux candidats qui nous l‰chent au dernier moment, oui, bien sžr. Mais un vrai candidat, qui nous a envoyŽ son acte dans les dŽlais (ce ne fut pas de sa faute si nous lĠavons reu trop tard), je nĠy crois vraiment pas. Mon impression est que Fabrice sĠest trompŽ en parlant de candidat, ou que Philippe lĠa mal compris : jĠai eu ensuite, alors quĠil nĠŽtait plus question de candidatures, un message dĠun autre Lorrain (de Nancy) trs intŽressŽ par ce que nous faisions et demandant ˆ tre tenu au courant, avant de ne plus donner de nouvelles, qui me para”t un sous-marin beaucoup plus crŽdible.

La dernire bonne surprise vint dĠArras, de MŽlanie Bourdrel, prŽsidente dĠune AGE de lĠUNEF dont nous nĠavions jamais entendu parler, et Žlue, qui avait eu mon message RŽsistons (parce quĠelle Žtait sur le forum, ou parce que jĠavais ramassŽ son adresse dans les mails envoyŽs par CŽcile aux Žlus quĠelle en jugeait dignes, que me transmettait Manuel CanŽvet), et y rŽpondit dimanche ˆ 22h20 en me proposant sa candidature et en me donnant son numŽro de portable (message partiellement transmis sur le forum, avec son autorisation, deux heures plus tard).

Avec les huit de dŽparts, celles de Nantes et de lĠAGET-ASL, et ces sept lˆ nous arrivions dimanche soir ˆ dix-sept promesses de candidatures (dix-huit avec celle dĠAmiens). CĠŽtait inespŽrŽ, mais il en manquait encore au moins quatre. Nous avions logiquement ŽchouŽ avec SUD, fait le plein des AGE qui sĠopposaient aux rŽformes et ˆ la Ç rŽunification È depuis le congrs de Pantin, connu avec celles qui avaient fait scission aprs ce congrs un Žchec que nous pouvions espŽrer provisoire. Il restait ˆ trouver le contact, que nous nĠavions pas, dans la situation de guerre froide de lĠannŽe ŽcoulŽe, avec les AGE qui soutenaient la direction ˆ Pantin et (sauf Lyon) jusquĠˆ la veille encore. Il nous faillait aussi rŽcupŽrer les actes promis. JĠavais envoyŽ par mail ˆ dix-huit heures le modle prŽvu pour la liste de lĠUNEF (sans doute rŽcupŽrŽ dans les mails de CŽcile Cukierman), en prŽcisant quĠil fallait laisser le titre (encore ˆ discuter) en blanc.

Dans ce mail, je proposais pour ce titre Ç Contre les rŽformes libŽrales, pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous, liste de rassemblement syndical È en ajoutant prudemment Ç A dŽbattre È. Le deuxime point Žtait un assez vieux slogan de lĠUNEF, bien oubliŽ alors de la direction nationale, mais toujours utilisŽ ˆ Paris IV. Il nous mettait clairement du c™tŽ de lĠUNEF qui continue contre une direction trahissant. Le premier Žtait une garantie pour nos partenaires actuels et Žventuels, dont la formulation caractŽrisant ces rŽformes nĠŽtait pas trs heureuse. Nous ne pouvions pas dire (ce que je fais constamment dans ce texte, et ce qui est vrai) que nous Žtions Ç contre les rŽformes È, toutes. Nous ne pouvions non plus les ŽnumŽrer : a aurait ŽtŽ trs long. SĠen tenir ˆ Allgre aurait ŽtŽ trahir (en soi, et dĠaprs les conditions du SEUL remontant ˆ Faure, que nous avions acceptŽes). Je me dis aujourdĠhui que la bonne formule aurait ŽtŽ Ç Contre les rŽformes de casse de lĠUniversitŽ È. Elle ne mĠest pas apparemment venue ˆ lĠesprit. Peu importe, puisque le titre a finalement ŽtŽ, bien meilleur Ç Ensemble, pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous, liste de rassemblement syndical È, sans rŽformes ˆ lĠhorizon. Je ne sais plus du tout comment il a changŽ (Rien dans les mails : tout sĠest fait par tŽlŽphone, donc). Apparemment, nos partenaires nĠont pas estimŽ avoir besoin de cette garantie. Pour moi, il Žtait Žvident que parler dĠÇ UniversitŽ de qualitŽ È impliquait le rejet des rŽformes depuisÉ depuis trs longtemps.

Ë minuit et quart, mon communiquŽ sur le forum, poŽtiquement intitulŽ Montez de la mine, descendez des collines (Oui. CĠŽtait a, lĠambiance, alors), fait le bilan des deux journŽes et envisage la troisime :

Vingt-quatre heures aprs notre appel pour que l'UNEF, trahie par sa direction, vive, nous pouvons constater son succs.

Outre les soutiens manifestŽs sur ce forum [Soient les initiateurs, Caen, Paris IV, Paris, I, ƒvry, plus Nantes et les trois bonnes surprises de Besanon, Metz et Arras], nous avons dŽjˆ recueilli les candidatures sur la liste de rassemblement syndical pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous [Ce sera finalement son titre. Je ne me rappelle plus sĠil Žtait alors dŽcidŽ, ou si cĠŽtait une anticipation] d'Žlus de Lille I et Lille III, de Paris XII et de Dijon.

Le SEUL a confirmŽ son soutien ˆ la dŽmarche, et la candidature de ses Žlus de Montpellier II et III.

L'AGET-ASL est favorable ˆ la dŽmarche de rassemblement et ˆ la proposition d'Olivier Ruet comme tte de liste. Elle se prononcera demain sur sa participation. [Je ne parle Žvidemment pas de la promesse dĠune candidature spontanŽe de Wilfried quoi quĠil arrive. Pas des choses ˆ dire]

De nombreux autres camarades Žlus ont manifestŽ leur intŽrt et nous donneront leur rŽponse demain. [Pas tant que a, Rouen, Paris III dont il ne fallait pas parlerÉ]

Une seule dŽception: le refus brutal opposŽ par SUD Žtudiants, qui nous a aimablement proposŽ de nous faire une petite place sur sa liste. [Je prŽfŽrais ne pas parler de SolidaritŽ Žtudiante, gardant alors espoir, mais ne voulant pas lĠafficher]

Manifestement, les camarades de SUD n'ont pas mesurŽ l'enjeu, et prŽfrent s'en tenir ˆ une dŽmarche d'auto-affirmation de leur organisation par une liste qui ne peut pas avoir d'Žlus plut™t que saisir la chance qui s'offre ˆ nous d'avoir un Žlu qui soit celui du rassemblement et du renouveau de toutes les forces vŽritablement syndicales.  Puissent-ils changer d'avis d'ici ˆ demain. [Hypocrite. CĠest certainement a qui mĠa valu une heure au tŽlŽphone avec Nadia]

Notre pari de monter une liste en 48 heures pouvait sembler fou. A l'heure qu'il est, il est clair qu'il peut tre gagnŽ.

Il le serait ˆ coup sžr si nous avions une semaine devant nous Nous avons 24 heures. Ceux qui ont attendu le dernier moment pour publier leur trahison savaient ce qu'ils faisaient.

Que chacun prenne ses responsabilitŽs. Nous savons que vous tes beaucoup ˆ avoir pensŽ, en lisant notre appel, que vous voteriez pour notre liste. Cela ne sera possible que si nous avons demain matin les dernires candidatures qui nous manquent.

Ce sera aux AGE de se dŽterminer sur le vote pour la liste. Mais pour qu'elles puissent le faire, il faut qu'elle existe, et donc que des Žlus prennent l'initiative d'y figurer.

[Tentative acrobatique de dŽbauchage. Je savais trs bien que presque tous les camarades des AGE ayant jusque lˆ soutenu la direction Žtaient contre la liste de la trahison, mais diraient quĠils ne pouvaient soutenir une autre liste tant quĠils ne se seraient pas rŽunis. JĠinventais donc la participation sans soutien. ‚a nĠa pas marchŽ. ‚a aurait pu marcher, si plus dĠŽlus UNEF avaient eu Internet]

Nous attendrons vos appels au local de l'UNEF Paris IV en Sorbonne, 01-40-46-32-27.

La liste doit tre dŽposŽe ˆ 17 heures [toujours la mme erreur]. Si elle est dŽposŽe, il est presque certain qu'elle aura un Žlu.

Nous avons besoin de vous.

Nous comptons sur vous.

JĠai fini par me coucher. Nous avions rendez-vous au local UNEF de la Sorbonne, le lendemain.

3- Le lundi dŽcisif

Quelques mots sur les lieux sĠimposent. Nous avions obtenu, gr‰ce en partie ˆ notre triomphe Žlectoral, un local merveilleux, dans la Sorbonne, de huit mtre carrŽs environ, donnant sur une des petites cours intŽrieures (si vous pensez que cĠŽtait commode pour sortir pour fumer, cĠest que vous nĠavez pas encore compris quĠˆ lĠŽpoque nous vivions encore un peu dans un pays libre. CĠŽtait pratique pour tenir des rŽunions ˆ plus de six, quand il faisait beau), au pied de lĠescalier H, dans la partie haute, c™tŽ rue Saint Jacques, au-delˆ de la galerie Gerson qui reliait lĠentrŽe Cousin et lĠentrŽe Saint-Jacques Nord (Si vous nĠavez rien compris, le plan ci-dessus vous confirmera que cĠŽtait incomprŽhensible). Il devenait ce jour-lˆ ce quĠil allait rester pendant un an, le quartier gŽnŽral de la rŽbellion.

Techniquement, cĠŽtait globalement mieux que ma chambre, parce que nous pouvions y tenir ˆ plusieurs, dĠabord, parce que nous y avions, ensuite, un tŽlŽphone branchŽ sur le standard de lĠUniversitŽ et dont les communications (Nous en avons souvent abusŽ. Jamais autant que ce jour lˆ) Žtaient payŽes par elle, province et portables compris. CĠŽtait aussi le bon endroit pour attendre les actes de candidatures avec photocopie de carte dĠŽtudiants promis : nous avions demandŽ quĠils fussent faxŽs (en ce temps, le scanner Žtait un objet trs rare, surtout pour nous autres littŽraires, ce qui excluait leur envoi par mail. Il y en eut cependant deux, des scientifiques de Besanon et Metz) Ç ˆ lĠattention de lĠUNEF È ˆ lĠUniversitŽ Paris IV (nous nĠavions pas de fax) dont le centre administratif Žtait de lĠautre c™tŽ de la galerie Gerson. Nous nĠavions pas non plus de connexion internet : Paris IV venait dĠtre enfin c‰blŽe, il y avait une prise dans notre local, mais lĠordinateur fourni bien avant par lĠUniversitŽ (Un trs beau Mac, comme on nĠen fait plus) nĠavait pas de port Ethernet (Si vous pensez quĠil suffisait que lĠun de nous v”nt avec son ordinateur portable et un c‰ble, cĠest que vous nĠavez pas encore tout compris). SĠil y avait dŽjˆ des salles informatiques pour les Žtudiants de Paris IV (je ne me rappelle plus quand elles sont apparues), elles Žtaient minuscules, et bondŽes. Notre seule connexion possible Žtait dans le bureau des relations avec les IUFM, trs loin, hors de la Sorbonne, de lĠautre c™tŽ de la rue (Il Žtait voisin de notre ancien local, dĠavant notre triomphe, et nous avions fraternisŽ avec sa responsable, non sans arrire-pensŽes douteuses de sa part, puisquĠelle Žtait de la CFDT. Ce jour-lˆ, cĠŽtait utile). ‚a explique quĠil nĠy ait quĠune seule intervention de moi dans la journŽe sur le forum unef.org. Nous avons donc dž courir toute la journŽe, ˆ c™tŽ pour voir si des fax arrivaient, trs loin pour voir les mails.

Il y avait donc, dans le local, Philippe, Sancia, Jihad et moi. Nous avions un premier souci, qui surprendra le lecteur qui a subi tant de subtilitŽs bureaucratiques : comment fait-on, au juste, pour dŽposer une liste au CNESER ? CĠest pourtant la triste vŽritŽ : jusque lˆ, il Žtait clair que ces choses lˆ Žtaient lĠaffaire de la direction nationale, que notre r™le se bornait ˆ r‰ler, obtenir quelques promesses dont certaines seraient peut-tre tenues, puis donner notre acte de candidature en pleurnichant, la suite ne nous concernant plus. Nous avons donc appelŽ Sophie Grosjean la seule camarade appartenant ˆ la direction (de fait) de lĠAGE ayant internet chez elle, pour lĠassigner ˆ rŽsidence jusquĠelle ežt trouvŽ a (Il nĠy avait pas de Google ˆ lĠŽpoque, mais des moteurs de recherche merdiques, et bien sžr pas de LŽgifrance non plus). Sophie prŽparait lĠagrŽgation de Lettres, mais a su trouver les vertus bolchŽviques pour lĠoublier. Elle nous a rejoints plus tard, mission accomplie : une adresse, rue Dutot, dans le XVe, derrire la gare Montparnasse, et une limite, dix-huit heures, une heure de plus que ce que nous croyions jusque lˆ.

Je suis bien sžr incapable de me rappeler dans lĠordre qui jĠai eu au tŽlŽphone dans cette journŽe, et ˆ plus forte raison qui mes camarades ont eu. Nous avons forcŽment eu contact avec Olivier Ruet pour faire le point, mais je ne crois pas lui avoir parlŽ. Pour le SEUL, jĠai plusieurs fois parlŽ ˆ Dominique Buttay, un des jeunes qui le dirigeait depuis que Nathan nĠŽtait plus Žtudiant (Lui nĠest pas intervenu ce jour. Sans doute Žtait-il pris par son travail), dans une ambiance pour une fois cordiale. Il me semble que nous nous Žtions rŽpartis le travail : le SEUL se consacrait ˆ convaincre SolidaritŽ Žtudiante, toujours rŽuni ˆ Limoges, nous nous occupions des AGE jusque lˆ non contestataires de lĠUNEF (Nous Žtions les moins mal placŽs pour se faire, car pas du tout trotskistes, et, ˆ part moi, moins marquŽs comme oppositionnels que les Caennais ou les Lillois) et Caen cherchait ailleurs. Nous avions des espoirs du c™tŽ de SUD Le Havre, qui venait, comme je lĠai dit de quitter lĠUNEF et semblait pouvoir tre ramenŽ au bercail du moment que cĠŽtait contre la direction.

Nous avons trouvŽ le contact avec Lyon vers quinze heures. JĠavais envoyŽ dans la nuit un mail personnel ˆ CŽcile PiŽtu : jĠai appris ainsi que ce nĠŽtait pas le bon fil. Entre 14h10 et 14h30, Nicolas Pailleux, de lĠINSA, que nous ne connaissions pas mais qui Žtait inscrit sur la liste, a envoyŽ trois mails successifs (que jĠai dž avoir un peu plus tard, en traversant la rue), dont un sur le forum, pour annoncer sa candidature, rŽclamer un acte ˆ nous faxer, et me donner le numŽro de tŽlŽphone de Sylvain Henry, de Lyon II (que nous voyions au CN mais qui jusque lˆ ne nous parlait pas) que jĠai aussit™t appelŽ. LĠaffaire a ŽtŽ rŽglŽe trs vite et trs cordialement. Il mĠa dit que Lyon nĠavait rien contre une prise de position contre les rŽformes en gŽnŽral et la semestrialisation en particulier, et mĠa promis des candidatures de Lyon II et Lyon I (pas dĠŽlus UNEF ˆ Lyon III). Il a ŽtŽ assez surpris que je suggŽrasse que celle de Lyon II fžt CŽcile PiŽtu, et mĠa appris quĠelle avait changŽ depuis lĠautomne.

JĠai aussi eu au tŽlŽphone SŽbastien Lantenois, dĠOrlŽans, membre du BN, qui sĠŽtait abstenu au CN. Vraisemblablement, cĠest lui qui a pris lĠinitiative dĠappeler notre local. Il approuvait chaleureusement ce que nous faisions, souhaitait notre succs, nous promettait la plupart des voix dĠOrlŽans, mais ne pouvait pas nous donner sa candidature ˆ cause de sa position dans lĠUEC. Je pouvais le comprendre, mais a ne mĠarrangeait pas du tout. JĠai insistŽ en lui disant que nous serions certainement ˆ une prs. Il a fini par me dire Ç Je vais te mettre en contact avec le plus sectaire dĠentre nous È.

JĠai appelŽ HŽlne Galmiche, de Nice, dont jĠavais gardŽ le portable depuis le mouvement contre Attali. Elle Žtait de tout cÏur avec nous, mais ne pouvait sĠengager ˆ cause de son organisation politique. Elle, cĠŽtait la LCR.

JĠai parlŽ avec deux camarades de Rennes, Yann Renault et un Arnaud dont je nĠai pas retenu le nom, totalement surpris et dŽsespŽrŽ par la trahison de la direction nationale, ravis de ce que nous faisions, mais qui mĠont dit quĠil nĠy avait plus dĠŽlus UNEF ˆ Rennes.

Nous avons ŽtŽ appelŽs par David Dumas, de Montpellier Sciences, qui mĠa proposŽ sa candidature. CĠŽtait une grande et belle nouvelle, mais qui ne nous apportait rien pour lĠinstant puisque nous avions dŽjˆ un Žlu du SEUL. JĠai donc expliquŽ ˆ David, aprs lĠavoir remerciŽ, que si jĠavais seulement 24 heures devant moi, jĠaurais entrepris de convaincre le SEUL, qui aurait certainement acceptŽ de lui laisser la place, car lĠUNEF Sciences avait beaucoup plus de poids, mais que lˆ nous nĠavions pas le temps. JĠai eu lĠimpression quĠil comprenait.

Je nĠai pas de souvenir prŽcis dĠun contact avec Bordeaux ce jour lˆ. Il y en a certainement eu, soit par moi, soit par un autre camarade. Leur position Žtait claire : ils rŽprouvaient la liste avec lĠU-ID, mais estimaient ne pouvoir sĠengager avec nous avant dĠen avoir dŽlibŽrŽ, soit beaucoup trop tard. Ce nĠŽtait pas une surprise pour nous, et nous avons dit comprendre leur position, pour prŽserver lĠavenir (ce fut dĠailleurs vain), mais cĠŽtait bien dommage, puisquĠils avaient des Žlus dans les quatre universitŽs bordelaises et auraient pu rŽsoudre, dĠun coup, tous nos problmes.

JĠavais aussi essayŽ de recruter, par un mail envoyŽ ds le vendredi 2 au soir[34], parmi les Žlus de lĠƒcole normale qui, par une Žtrange aberration (dont je nĠaurais pas songŽ ˆ me plaindre si a avait marchŽ) Žtaient Žlecteurs et Žligibles au CNESER, que je connaissais de nom au moins parce quĠil avaient ŽtŽ impliquŽs dans la lutte contre un machin visant ˆ dŽtruire le concours (qui para”t aujourdĠhui ridicule, vu ce quĠil a subi depuis) nommŽ ENS Europe, lutte dĠailleurs victorieuse, pour une fois, pas pour longtemps. JĠai eu au tŽlŽphone (je ne me rappelle plus quand) un nommŽ Charles GuŽrin, qui mĠavait assez somptueusement lŽchŽ les bottes alors, ˆ qui jĠai surtout parlŽ, bien sžr, de rŽformes, qui mĠa rŽpondu quĠil Žtait tout ˆ fait dĠaccord, mais ne pouvait sĠengager sur notre liste, puisquĠil Žtait ˆ peu prs adhŽrent ˆ FO, et ne pouvait donc se prŽsenter pour une autre organisation. ƒtant prt ˆ toutes les bassesses pour complŽter notre liste, je ne lui ai pas dit ce que je pensais exactement de FO, mais lui ai signalŽ, ce qui dĠailleurs Žtait vrai, quĠil sĠagissait ici dĠune Žlection Žtudiante, o FO, syndicat enseignant, nĠavait pas la moindre part, et que ce nĠŽtait donc pas une raison de nous refuser sa candidature. Il a demandŽ ˆ rŽflŽchir, Je nĠen ai plus eu de nouvelles. Quand jĠai eu la rŽponse de DŽborah Cohen, par mail le lundi ˆ midi, qui me disait quĠelle comprenait bien ma position, lĠapprouvait entirement mais, Žtant syndiquŽe FO ne pouvait participer ˆ la liste , jĠai compris quĠil sĠagissait dĠun coup (ni le premier, ni le dernier) de Ludovic Hetzel, la pire ordure (jĠen ai connu, pourtant, des ordures) que jĠaie jamais connue, manifestement favorable ˆ la Ç rŽunification È, comme il seyait ˆ une ordure[35].

C™tŽ SolidaritŽ Žtudiante, ce fut un dŽsastre. JĠespŽrais encore quĠils marcheraient avec nous en constatant que notre coup Žtait sŽrieux. Point du tout. JĠai appris par Dominique Buttay quĠils Žtaient injoignables cet aprs-midi, car en manif (une manif ˆ Limoges, dont je nĠai jamais su quel Žtait lĠobjet). JĠai dit ˆ Dominique quĠon voyait bien les syndicalistes Ç de lutte È, qui savaient mŽpriser les contingences Žlectorales pour aller manifester pour on ne savait pas quoi au juste.

Il y eut une exception, Pau, dans des circonstances compliquŽes que je ne parviens pas ˆ me rappeler exactement. Apparemment, Dominique Buttay avait rŽussi ˆ avoir Vincent Labatut au tŽlŽphone et ˆ le convaincre. Ne recevant pas lĠacte, nous avons fini par apprendre quĠil lĠavait faxŽ ˆ SUD parce quĠil croyait que nous marchions ensemble. Il a ŽtŽ question des moyens de le rŽcupŽrer. Finalement, il nous a ŽtŽ faxŽ, et interdiction a ŽtŽ faite ˆ SUD dĠutiliser celui quĠil avait reu. Notre communiquŽ du soir mentionne le soutien de lĠUSEP SE, et leur candidat est sur la liste dŽfinitive pour laquelle nous avons votŽe malgrŽ sa non validation. Mais je retrouve un communiquŽ datŽ du mardi 6 ˆ 19 heures, en Sorbonne, envoyŽ de chez moi ˆ 23, dont jĠavais oubliŽ lĠexistence qui dŽment le  prŽcŽdent[36]. Pour que je publiasse a, qui nous ridiculisait, il fallait que les cloches eussent sonnŽ trs fort. Je me rappelais pourtant avoir, lors dĠune conversation tŽlŽphonique tenue en dŽbut de soirŽe au local, convaincu de haute lutte Vincent, en lui promettant, si la liste Žtait validŽe, un vingt-deuxime de la subvention, ce qui nĠŽtait pas prŽvu du tout, et nĠa pas plu au SEUL  qui comme nous, mais encore plus que nous, pensait que lĠargent ne devait pas tre partagŽ mais servir ˆ faire vivre une organisation nationale (Je mĠen suis tirŽ en invoquant la nŽcessitŽ, et en soulignant quĠil en resterait 95%). Il faut croire que cĠŽtait mercredi 7.

Nous avions donc, avant le dŽmenti palois, atteint vingt-deux promesses de candidatures, les dix-sept du dimanche soir, les trois de Lyon, celle dĠOrlŽans, celle de Pau. Malheureusement, Ç le plus sectaire È des OrlŽanais Žtait en virŽe ˆ la campagne, injoignable, et SŽbastien ne pouvait dŽcidŽment nous en donner un autre. De mme, le seul Žlu de Lyon I, CŽdric UdrŽa, nĠa pu tre touchŽ ˆ temps, et nous nĠavons eu son acte que mardi matin. LĠacte de Pau a ŽtŽ Žgalement faxŽ trop tard. Le mystŽrieux Messin a envoyŽ le sien ˆ temps, ˆ dix-sept heures, mais par mail, et nous ne lĠavons pas rŽcupŽrŽ avant le soir (a nĠaurait dĠailleurs rien changŽ) parce que nous avions alors autre chose ˆ faire que traverser la rue.

En effet, cĠest ˆ peu prs ˆ cette heure lˆ, alors que nous cherchions dŽsespŽrŽment o trouver des candidats pour remplacer au moins le Lyonnais et lĠOrlŽanais manquant, que le ciel nous est tombŽ sur la tte. Nous avons appris, sans doute par le SEUL (ils nĠont mme pas eu la dŽcence de nous appeler) que les Caennais avaient repris dans notre dos les nŽgociations avec SUD et acceptŽ la premire supplŽance pour Olivier Ruet, avec un accord sur le partage du fric. Olivier comptait sur nous pour remettre ˆ SUD les actes de candidature que nous avions reus, dont le sien. Je crois que cĠest Philippe qui a demandŽ si nous pouvions accepter a. Nous avons hurlŽ en chÏur, Sancia, Sophie, Jihad et moi Ç Jamais ! È, ˆ sa grande satisfaction.

Il nĠŽtait ds lors plus question de chercher des candidatures, mais dĠavoir rapidement une explication avec Olivier Ruet. JĠappelle donc le local de Caen. Je trouve dans mon mail confidentiel du soir que je lĠai eu ˆ 17h15 aprs avoir dž essayer pendant plus dĠune heure. Nous nĠavions alors que quelques minutes si nous voulions tre au CNESER ˆ dix-huit heures. Je tombe sur Fabien Guillot, que je nĠavais pas vu depuis un an (il avait Žlu au BN par le congrs de Pantin, mais avait rapidement disparu), ˆ qui jĠessaie dĠexpliquer que le but de lĠopŽration est de continuer lĠUNEF, pas de servir de supplŽtifs ˆ SUD, et qui me rŽpond en ricanant Ç Mais lĠUNEF est morte, Emmanuel ! È et encha”ne sur la reprise de tous ses discours de lĠannŽe prŽcŽdente. Je dois supplier pour obtenir quĠil me passe Olivier. Celui-ci se retranche derrire la dŽcision dŽmocratique prise, contre son avis, par une rŽunion de lĠUNEF Caen ˆ midi. Nous lĠentendrons souvent par la suite, celle-lˆ : la dŽmocratie consiste ˆ ce quĠune demi douzaine de Bas-Normands dŽcident pour toute la France. Comme je nĠarrive ˆ rien, Philippe me prend lĠappareil et pose le problme urgent : nous avions sollicitŽ et obtenu des actes pour une liste de rassemblement syndical autour des AGE de lĠUNEF refusant sa liquidation, menŽe par lui. Il nous Žtait donc absolument impossible de les donner, sans lĠaccord de nos mandants, pour une liste SUD. Bien Žvidemment, sĠil nous le demandait, nous remettrions, ˆ notre grand regret, son acte aux sudistes, mais celui-lˆ seulement (Je ne sais plus sĠil a ŽtŽ nŽcessaire de prŽciser o nous prŽfŽrions nous mettre les actes de Paris IV et Paris I plut™t que les donner aux salopards, ou si cĠest allŽ de soi). Olivier lui a rŽpondu quĠil ne voulait pas aller seul chez SUD, et donc restait avec nous. Affaire rŽglŽe, mais plus aucune chance de complŽter la liste.

Nous partons en catastrophe prendre le mŽtro pour le XVe, Sancia, Jihad, Philippe et moi (Sophie sĠŽtait apparemment rappelŽ quĠelle Žtait agrŽgative), avec les dix-huit actes de candidature que nous avions, pour les dŽposer, symboliquement croyions nous, avant dix-huit heures. Le site de la RATP mĠapprend que le trajet dure une demi heure. Dans un communiquŽ ultŽrieur, je dis que nous sommes arrivŽs ˆ 17h55 et avons attendu les sudistes avec qui nous avions rendez-vous pour lĠentrevue de la dernire chance jusquĠˆ 17h59. Nous leur disons quĠOlivier nous a demandŽ de ne donner son acte que pour la premire place. Ils refusent. LĠun dĠeux demande Ç QuĠest-ce quĠon fait, alors ? È Je rŽponds Ç Vous nous avez dit que vous aviez une liste complte. DŽposez la È. Ils tournent les talons. Ils nous mentaient donc depuis le dŽbut en nous disant quĠils nĠavaient pas besoin de nous et ne nous accueilleraient que par pure bontŽ.

Ils ont publiŽ le lendemain ˆ 20h50 un communiquŽ odieux, o ils accusaient lĠUNEF Paris IV dĠavoir empchŽ le dŽp™t de la liste en retenant les actes de candidature, alors que tous les autres de ce quĠils appelaient Ç lĠoppo UNEF È Žtaient dĠaccord. Dans lĠaprs-midi, jĠavais subi alors que jĠŽtais seul dans le local de la Sorbonne, lĠirruption de cinq nervis de SUD Paris I trs agressifs et passŽ un trs mauvais moment avant que lĠarrivŽe dĠautres camarades perm”t de les mettre dehors. Je rŽponds point par point dans la nuit, en soulignant quĠaucun des camarades nous ayant confiŽ leur acte ne nous a reprochŽ de ne pas le leur avoir donnŽ, et en concluant J'ajoute qu'ˆ titre personnel, au vu des mŽthodes employŽes par SUD avant pendant et aprs le dŽp™t des listes, et aprs l'invasion de notre local par cinq nervis de SUD en dŽbut d'aprs-midi, je n'ai aucune raison de regretter de ne pas avoir acceptŽ de contribuer ˆ l'Žlection au CNESER d'un membre de cette organisation.

Nous avons constatŽ quĠils ne dŽposaient pas de liste. Je me demande toujours si leur but Žtait vraiment dĠen dŽposer une, ou seulement de faire obstacle ˆ la n™tre. Nous ne savions que trop quĠils avaient un accord au moins objectif, peut-tre pas seulement objectif, avec lĠU-ID, facilitŽ par la prŽsence de la LCR dans les deux organisations : ˆ elle les Žlections, ˆ eux lĠagitation gauchiste stŽrile, lĠUNEF Žtant donc leur ennemi commun. Dans cette perspective, leur opŽration CNESER ne se comprenait pas si elle avait pour but de disputer des voix ˆ lĠU-ID, et fort bien si elle avait pour but de tuer la n™tre, but qui aurait ŽtŽ Žgalement atteint si nous avions ŽtŽ assez stupides pour accepter ce quĠils nous proposaient.

Nous rentrons ˆ  dix-huit heures tapantes. Je dis au Monsieur qui nous reoit que nous savons que la liste est incomplte mais voulons la dŽposer quand mme symboliquement (parole imprudente). CĠest Jihad Wachill qui signe pour nous quatre, et reoit rŽcŽpissŽ (apparemment, nos montres et celles de Monsieur GuŽdon n'Žtaient pas synchronisŽes, puisqu'il indique 17h55). Mais lˆ, alors que nos ex amis, bient™t ex camarades, nous battent froid, nous sommes abordŽs par des gens charmants, qui ne sont pas de nos amis, puisquĠils sont de lĠUNI et de la FAGE, mais ont manifestement un attachement tout ˆ fait dŽsintŽressŽ au respect des procŽdures dŽmocratiques, puisquĠils tiennent ˆ nous apprendre, ce que nous ignorions totalement, quĠil est possible de rectifier aprs coup une liste jugŽe invalide. LĠespoir rena”t. Nous terminons au bistrot pour nous consoler et pour passer des coups de tŽlŽphone ˆ certains camarades, dont les Caennais, pour leur expliquer la situation.

RentrŽ chez moi, je rŽdige un communiquŽ que je publie ˆ minuit et demi, sous triple signature UNEF Paris IV (AGEPS), UNEF Paris I, AGEE UNEF (Evry), sur le forum, et ˆ la une du site web, en direct sans souci de mise en page (image ci-contre)

Aujourd'hui, lundi 5 juin, ˆ 18 heures mandatŽs par des Žlus Žtudiants de toute la France, Sancia De Cooman, Jihad Wachill, Philippe Lieutaud et Emmanuel Lyasse, responsables de nos syndicats, ont dŽposŽ au CNESER une liste de dix-sept noms, de 18 Žlus Žtudiants dans 18 Žtablissements diffŽrents [Un lapsus particulirement idiot. Recomptage fait, le bon chiffre Žtait 18], intitulŽe "Ensemble, pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous, liste de rassemblement syndical". Cette liste, ne remplissant pas les conditions fixŽes par la loi, devrait tre invalidŽes. Nous tenterons nŽanmoins, en usant du droit de rectification prŽvu Žgalement par la loi, d'y ajouter les deux candidatures reues depuis, et les deux qui devraient nous parvenir dans la journŽe de demain [de Lyon I et OrlŽans].

Cette liste, montŽe en 48 heures, est issue du refus par des responsables de l'UNEF de la trahison ouverte par la direction issue du 79e congrs (Pantin, avril 1999) du mandat reu par ce congrs et des prŽcŽdents, qui l'a conduite ˆ s'engager sur la liste de l'UNEF-ID sur une ligne anti syndicale. Ils ont pris l'initiative d'une liste de rassemblement syndical, qui a trouvŽ le soutien immŽdiat du SEUL, de l'Union Nationale des Etudiants du Maroc, de l'USEP-SE (Pau), de responsables de l'AGET ASL (qui n'a pu se rŽunir ˆ temps pour se prononcer en tant que telle.) Elle a ˆ sa tte Olivier Ruet, de l'UNEF Caen. Elle comprend des Žlus de Paris IV, Paris I, Evry Montpellier II, Montpellier III, Rouen, Nantes, Lille I, Lille III, Lyon II, l'INSA Lyon, Toulouse I, Dijon, Paris III, Paris XII, Besanon, et Arras. Les deux candidatures parvenues aprs 18 h sont de Pau et de Metz. Parmi les candidats figurent quatre membres du Bureau national de l'UNEF.

Pour la complŽter, il nous a manquŽ 24 heures. Elle n'en prouve pas moins que c'est l'Žcrasante majoritŽ des AGE de l'UNEF qui refuse la trahison par une direction dŽsormais illŽgitime de tout ce qui a caractŽrisŽ l'UNEF depuis le renouveau de 1971. Elle prouve aussi que sur cette base a ŽtŽ possible un large rassemblement de toutes les forces vŽritablement syndicales, sans volontŽ hŽgŽmonique d'aucun c™tŽ. Nous dŽplorons que SUD Žtudiants ait refusŽ de s'associer ˆ ce rassemblement et ait tout fait, avec un succs certain, pour le saboter, en allant jusqu'ˆ rŽpandre les mensonges les plus odieux, et nous interrogeons sur les motivations rŽelles de cette organisation que nous ne pouvons dŽsormais qualifier de syndicale.

Si la liste Žtait finalement invalidŽe, nous appellerions tous les Žlus Žtudiants de France ˆ refuser de choisir entre quatre listes d'organisations qui ont prouvŽ leur absence de volontŽ de dŽfendre les intŽrts des Žtudiants. Quoi qu'il en soit, ce que nous avons rŽussi en deux jours augure bien de ce que nous pouvons faire en un mois, d'ici aux cha”nes d'inscription et durant la prochaine annŽe universitaire, pour dŽvelopper un vŽritable syndicalisme vŽritablement Žtudiant. Nous appelons tous les responsables, Žlus et militants des AGE de l'UNEF ˆ refuser avec nous la liquidation de leur syndicat par une soi-disant direction qui s'en est exclue d'elle-mme en trahissant tout ce qui l'a fondŽ.

Nous appelons tous les responsables, Žlus et militants d'autres organisations syndicales, nous appelons tous les Žtudiants de France ˆ prendre contact avec nous pour construire ensemble l'indispensable rassemblement syndical pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous, contre les rŽformes qui vont dans un sens inverse.

Nous sommes l'UNEF.

L'UNEF vivra !

Je tape trs fort sur SUD, omets bien sžr le dŽsaccord avec Caen, oublie SolidaritŽ Žtudiante, et affiche mon optimisme pour lĠavenir. Mais, une heure et demie plus tard, jĠenvoie ˆ la liste ecra un message intitulŽ LĠenvers du dŽcor

(message confidentiel, vous l'aurez compris)

Mes camarades,

Vous avez eu notre communiquŽ.

Vous savez tout, ou presque.

Nous avons tentŽ un truc extraordinaire, et l'avons ratŽ, de peu.

De quoi tre fier somme toute. Pas de cette bte fiertŽ des vaincus qui ont vocation ˆ l'tre toujours. Mais parce que cette dŽmarche, vaine aujourd'hui, est porteuse d'avenir.

Ce que j'ai Žcrit dans notre communiquŽ, je le pense.

Mais je n'ai pas tout dit.

Nous avons ŽchouŽ parce que nous avons manquŽ de temps, certes. Mais mme dans ces conditions, nous aurions pu et dž rŽussir.

Si quelqu'un m'avait dit en mai 99, ˆ Limoges, quand nous envisagions vaguement les possibilitŽs d'une liste anti rŽunification pour le CNESER 2000:

"Dans moins de treize mois, tu essaieras dŽsespŽrŽment de bricoler une telle liste. Tu auras le soutien inconditionnel du SEUL. Tu recevras des candidatures spontanŽes par mail. Tu rallieras l'UNEF Lyon en un coup de fil. Mais tu te planteras parce que manqueront au dernier moment les rŽponses de Limoges et du Mirail", ,je ne l'aurais pas cru. Et voilˆ...

Certes, nous avons ŽtŽ victimes de salopards, dont la fin a prouvŽ qu'ils Žtaient moins dŽterminŽs ˆ prŽsenter leur liste qu'ˆ faire Žchouer notre dŽmarche de rassemblement. Mais il y a surtout lˆ de quoi pleurer sur notre propre na•vetŽ, sur notre incapacitŽ flagrante ˆ rŽagir ˆ des provocations pourtant prŽvues et analysŽes de trs longue date.

Leurs propositions n'Žtaient mme pas discutables, et n'auraient pas dž tre discutŽes, d'autant plus qu'ils n'ont cessŽ de nous mentir. L'odieuse Elise Allard a hurlŽ dans mon tŽlŽphone dimanche matin que de toute faon leur liste Žtait complte, et qu'ils nous faisaient une grande faveur en acceptant de la rouvrir. Ce soir, nous avons dŽposŽ une liste incomplte, d'autant plus incomplte que ce sont leurs mensonges qui ont empchŽ la dŽclaration de Pau d'arriver ˆ temps. Eux n'ont rien dŽposŽ du tout. Le dernier Žlu de la liste U-ID/Marion Brun/ Lise Pastor leur devra beaucoup. Tout comme le 5e Žlu U-ID du CROUS de Paris.

Pas de quoi tre surpris, direz-vous. Certes. Ce n'est pas a qui m'a surpris.

Ce qui m'a surpris et navrŽ, c'est de voir les camarades de Caen, au moment o, ˆ Paris comme ˆ Montpellier, nous cherchions dŽsespŽrŽment des Žlus pour complŽter la liste, et  en trouvions, mener des nŽgociations avec SUD hors des bases sur lesquelles nous Žtions partis. Nous avions convenu sur le quai de la gare ˆ Nanterre de participer ˆ une liste de rassemblement sur la ligne "nous continuons l'UNEF". Olivier, avec une fermetŽ impressionnante, avait dit qu'il en prendrait la tte, ce que je ne pouvais qu'approuver avec enthousiasme. Aprs avoir ŽchouŽ ˆ joindre Caen pendant prs d'une heure, au moment dŽcisif, j'ai rŽussi ˆ avoir leur local ˆ 17 h 15, et ai dž Žcouter pendant dix minutes les sottises profŽrŽes par un triple connard nommŽ Fabien Guillot, dont les mŽfaits antŽrieurs sont connus, qui me hurlait que l'UNEF Žtait morte et qu'il Žtait beau d'accepter une place de premier supplŽant pour que SUD triomph‰t, avant de pouvoir parler ˆ Olivier.  Beaucoup trop tard.

S'il n'y a pas ce soir de liste SUD avec supplŽtifs de l'UNEF dŽposŽe, c'est du fait de Paris IV et Paris I. Nous n'avons pas jugŽ utile de cŽder ˆ un odieux chantage dans le seul but de faire Žlire un menteur contre d'autres menteurs. Ma part dans cette dŽcision a ŽtŽ importante, et je l'assume.  Mais les salopards ont rŽciproquement rŽussi ˆ tuer notre liste (ce qui ne pourra qu'amŽliorer leurs rapports dŽjˆ excellents avec l'U-ID). Cela n'est pas dž ˆ leur force, mais ˆ notre inqualifiable faiblesse.

Je ne doute pas que les camarades de Caen et de Limoges sauront s'expliquer en reconnaissant d'Žventuelles erreurs. Je suis ˆ peu prs sžr de commettre ici des erreurs aussi, que je saurais reconna”tre demain, quand j'aurai, enfin, dormi. J'espre de tout cour que nous travaillerons ˆ nouveau et plus que jamais ensemble. Mais en cette nuit qui aurait pu tre celle d'une victoire historique, je suis amer.

Pas une raison pour oublier que ce que nous avons fait est nŽanmoins formidable et que la lutte continue.

Dans deux ans, le CNESER....

JĠaurais vraisemblablement Žcrit a diffŽremment sans lĠeffet de la fatigue et, probablement, de la boisson. Mais je tenais ˆ crever lĠabcs immŽdiatement (ce ne fut pas un succs). Je suis incapable de dire si la restriction finale Žtait sincre ou hypocrite. Si elle Žtait sincre, jĠavais tort : relecture faite vingt ans aprs, je ne commettais aucune erreur (Sauf sur Fabien Guillot. Vous lirez mon autocritique plus bas). On voit aussi que je ne croyais alors pas du tout ˆ la possibilitŽ dĠune validation de la liste (MŽfiez vous de la premire impressionÉ) malgrŽ ce que jĠen disais dans le communiquŽ officiel. Je nĠavais pas encore mis la main sur lĠarrtŽ et le dŽcret sur ses Žlections, qui mĠont prouvŽ quĠelle Žtait possible, et prouvent que le refus quĠon nous a opposŽ Žtait illŽgal.

II– TranchŽes

Pour les trois semaines qui suivirent, il est impossible de poursuivre un exposŽ chronologique, car nous avons luttŽ simultanŽment sur trois fronts distincts : pour faire valider la liste pour le CNESER, contre la direction nationale de lĠUNEF et ses rares soutiens, pour dŽfendre la lŽgitimitŽ de notre dŽmarche et nier la leur, et enfin sur la question quĠil nĠaurait surtout pas fallu poser alors, qui a provoquŽ le dŽsastre final, celle de lĠavenir. Nous avions aussi, et de plus en plus, une quatrime prŽoccupation, dont il ne sera pas question ici : la prŽparation de ce que nous appelions poŽtiquement les chaines dĠinscription, soit les permanences pour sĠadresser aux nouveaux bacheliers venant sĠinscrire en juillet, pour faire conna”tre notre existence ˆ tous, et recueillir les dossiers de ceux ˆ qui on refusait lĠinscription pour les dŽfendre (nous appelions a SOS Inscriptions). Mes lecteurs pensent sans doute quĠil y a dans ce rŽcit beaucoup de bureaucratie, et bien peu de syndicalisme. CĠest en partie parce que juin Žtait la morte-saison, aprs les examens, avant les cha”nes. Le reste de lĠannŽe, mes prŽoccupations Žtaient sans doute principalement bureaucratiques, mais pas dans la mme proportion.

Nous verrons donc successivement ces trois fronts.

1- DŽfendre la liste face au ministre

Je ne me rappelle plus quand et comment nous avons pu mettre la main sur les textes officiels (ƒtait-ce par internet ? Pas sžr quĠil sĠy soient trouvŽs. Peut-tre par nos nouveaux amis de lĠUNI) sur les modalitŽs de lĠŽlection des reprŽsentants Žtudiants au CNESER, lĠarrtŽ du 14 mars 2000 convoquant les Žlections, dont lĠarticle 4 disait Ç  Les listes de candidats peuvent tre rectifiŽes, dans les conditions prŽvues par le quatrime alinŽa de l'article 6-1 du dŽcret du 2 janvier 1989 susvisŽ, dans un dŽlai d'un jour franc ˆ compter de la notification de la demande de rectification È[37], lequel article 6-4 disait, dans la version alors en vigueur Ç  Les listes de candidats doivent tre dŽposŽes auprs du ministre chargŽ de l'enseignement supŽrieur au plus tard le vingtime jour avant l'ouverture du scrutin. Le ministre fait procŽder ˆ la vŽrification des conditions d'ŽligibilitŽ des candidats et de la conformitŽ des listes aux dispositions du prŽsent dŽcret. Il recueille l'avis de la commission nationale prŽvue ˆ l'article 6-3 et demande, le cas ŽchŽant, la rectification des listes non conformes dans un dŽlai fixŽ par arrtŽ. A l'expiration de ce dŽlai, le ministre refuse, le cas ŽchŽant, par une dŽcision motivŽe prise aprs avis de la commission nationale, l'enregistrement des listes qui ne remplissent pas les conditions ŽnoncŽes ci-dessus È[38].

 Nous avions de quoi tre surpris, puisque cette possibilitŽ philanthropique de rectification nĠexistait pas pour les Žlections universitaires que nous connaissions bien (ni dĠailleurs, ˆ ma connaissance, pour aucune autre Žlection). Nous avons bien sžr dŽcidŽ de la saisir. Nous nous Žtions entre-temps rabibochŽs avec Olivier Ruet et les Caennais, en considŽrant de part et dĠautre apparemment que lĠincident SUD Žtait clos, non que nous nĠeussions pas envie dĠen faire des tripes ˆ leur mode, mais parce que nous Žtions dans le mme bateau sans possibilitŽ alternative, et Žtions dĠaccord pour dŽfendre ensemble la liste (la suite montrera ce que valait cet accord).

Le mercredi 7 en fin dĠaprs-midi, nous avons donc envoyŽ Sancia et Sophie porter au CNESER les quatre actes que nous avions reus lundi soir et dans la journŽe de mardi, de Metz, de Pau, dĠOrlŽans et de Lyon I, et la liste des candidats dans lĠordre. Surprise ! Jean-Franois Guedon, secrŽtaire gŽnŽral du CNESER, leur a dŽclarŽ ne rien pouvoir accepter de notre liste. Comme elles lui demandaient des explications, il a invoquŽ un Ç ordre venu de trs-haut È. Il a Žgalement refusŽ de leur donner un Žcrit attestant quĠelles sĠŽtaient prŽsentŽes en vain (mais leur a cependant dŽclarŽ, sur question de leur part, que si lĠaffaire venait devant les tribunaux, il tŽmoignerait en bon citoyen. Nous verrons pourquoi elle nĠy est pas venue). Quand elles ont essayŽ de laisser du moins lĠenveloppe ˆ lĠaccueil, on leur a rŽpondu quĠon nĠy acceptait jamais de courrier. Elles y avaient pourtant vu ˆ lĠinstant dŽposer un courrier, dont elles ont notŽ quĠil Žtait adressŽ ˆ Francine Demichel. JĠai envoyŽ le soir un communiquŽ de presse intitulŽ Une liste Žtudiante indŽsirable au CNESER ? , rapportant cela et concluant Ç Est-ce cela la dŽmocratie Žtudiante  que l'institution du CNESER est censŽe promouvoir ? La reprŽsentante d'une liste rŽgulirement enregistrŽe, venant dŽposer des rectifications dans les dŽlais lŽgaux refoulŽe sans contestation aucune de ces deux points, mais par l'invocation d'un ordre mystŽrieux ? Nous savions que notre liste gnait. Nous venons de voir jusqu'o Žtaient capables d'aller certains au moins de ceux qu'elle gne Nous sommes dŽcidŽs ˆ utiliser tous les recours possibles contre cette dŽcision scandaleuse. Nous appelons les candidats sur les autres listes, toutes les organisations Žtudiantes, les syndicats de salariŽs, les parlementaires et les Žlus locaux, tous les Žtudiants de France, tous les citoyens attachŽs au respect par l'Etat des principes qu'il fixe lui-mme ˆ nous manifester leur soutien. È

JĠai ensuite envoyŽ un message privŽ ˆ tous les camarades impliquŽs dans notre liste, via une nouvelle adresse collective liste-cneser@unef.org sous le titre La bourgeoisie viole sa propre lŽgalitŽ[39]

Voilˆ. Vous avez eu le communiquŽ, vous connaissez l'histoire. A chacun de rŽagir. Une liste utile journaux@unef.org, toutes les adresses que j'ai pu rŽcupŽrer (ˆ placer en copie cachŽe seulement, sinon a la grille) D'autre part, faites jouer toutes vos relations (presse, politique (dŽputŽs surtout), syndicats) Il y a lˆ de quoi faire un Žnorme scandale, mme sous le gouvernement rŽpressif de Jospinochet.

Je sous estimais le dit gouvernement, et son caractre rŽpressif. Ce communiquŽ envoyŽ ˆ toutes les adresses de journaux que jĠavais pu rŽcupŽrer nĠa suscitŽ, comme le prŽcŽdent, aucun intŽrt. La police Žtait bien faite.

Nous avons appris, sans doute par nos nouveaux amis de lĠUNI, que la commission Žlectorale sĠŽtait rŽunie le jeudi 8, et quĠon sĠy Žtait ŽtonnŽ de notre absence, apparemment sans que personne prŽcis‰t que nous nĠy avions pas ŽtŽ invitŽs. Le vendredi 9, nous sommes donc allŽs, Sylvestre Roth, de Paris I, et moi, remettre au CNESER lĠenveloppe qui avait ŽtŽ refusŽe le mercredi, accompagnŽe dĠune lettre signŽe de Jihad, adressŽe ˆ Monsieur le PrŽsident de la Commission nationale chargŽe des Žlections Žtudiantes au CNESER, que nous avions Žgalement postŽe en recommandŽ. Cette fois ci, lĠenveloppe a ŽtŽ acceptŽe. Nouveau communiquŽ de presse : La liste Žtudiante indŽsirable au CNESER s'obstine, avec copie ˆ toutes les organisations prŽsentant des listes, lĠU-ID, la FAGE, PDE et lĠUNI. Le texte de la lettre Žtait

Monsieur le PrŽsident,

Nous apprenons que la commission rŽunie hier matin jeudi 8 juin s'est ŽtonnŽe de l'absence de reprŽsentants de notre liste, et a constatŽ qu'il lui manquait le rŽcapitulatif des noms des candidats dans l'ordre prŽfŽrentiel.

Je tiens donc ˆ vous signaler par la prŽsente d'une part que nous n'avons pas ŽtŽ prŽvenus de l'heure et du lieu de cette rŽunion, d'autre part que deux de nos camarades, Sancia De Cooman et Sophie Grosjean se sont prŽsentŽes au CNESER mercredi en fin d'aprs-midi, porteuses d'une enveloppe comprenant le rŽcapitulatif en question, ainsi que les quatre actes de candidature qui nous manquaient lundi.. Monsieur GuŽdon leur a alors dŽclarŽ ne rien pouvoir recevoir de notre liste et, comme elles insistaient, a invoquŽ un ordre venu "de trs haut" lui interdisant mme de leur remettre un Žcrit certifiant qu'elles s'Žtaient prŽsentŽes devant lui porteuses d'une enveloppe. Elles ont alors tentŽ de dŽposer l'enveloppe ˆ l'accueil en l'adressant ˆ Monsieur le Ministre, et se sont heurtŽes ˆ un nouveau refus.

Bien entendu, nous voulons rester persuadŽs qu'il s'agit d'une malheureuse erreur, laquelle pourrait nŽanmoins avoir des consŽquences graves sur le dŽroulement du processus Žlectoral.

L'article 4 de l'arrtŽ du 14 mars 2000 (JO du 21 mars, p. 4362) prŽvoit que les listes peuvent tre rectifiŽes "dans un dŽlai d'un jour franc ˆ compter de la notification de la demande de rectification". Ne doutant pas de recevoir cette notification, nous l'anticipons en vous adressant par ce courrier, que nous dŽposerons dans un instant au 61-65 rue Dutot, et dont nous envoyons Žgalement copie par recommandŽ avec accusŽ de rŽception, les pices qui nous semblent manquantes.

Nous ne doutons pas que ce courrier sera reu et transmis ˆ la commission. S'il ne l'Žtait pas, nous nous verrions obligŽs de saisir nos conseillers pour envisager tous les recours et poursuites possibles, devant les juridictions administratives et Žventuellement, s'il se confirme qu'il y en a, comme on nous l'a dit, possibilitŽ, au pŽnal.

Convaincu que nous ne n'aurons pas besoin d'en arriver lˆ et que les Žlections des reprŽsentants Žtudiants au CNESER pourront se dŽrouler conformŽment ˆ la loi, je vous prie d'agrŽer, Monsieur le PrŽsident, l'expression de ma haute considŽration.

Pour les candidats sur la liste de rassemblement syndical Ensemble, pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous.

Jihad Wachill, prŽsident de l'UNEF Paris I

Le lendemain, CŽcile Cukierman a publiŽ sur le forum un mail particulirement odieux intitulŽ (curieusement) ElŽment de la commission Žlectorale (o elle siŽgeait, apparemment en tant quĠŽlue UNEF sortante), manifestement en rŽponse ˆ notre communiquŽ, o elle disait que notre liste nĠŽtait pas une liste (essai de surrŽalisme), et soulignait lourdement que cĠŽtait lĠUNI qui nous avait dŽfendus. Je lui ai rŽpondu point par point, sous signature UNEF Paris IV, avec ˆ lĠappui le texte de lĠarrtŽ quĠelle dŽformait scandaleusement, en concluant bien sžr que je ne doutais pas que sa bonne foi ežt ŽtŽ abusŽe, et savais que nous pourrions compter sur son soutien ˆ lĠavenir, comme sur celui des reprŽsentants de toutes les listes concurrentes. Contrairement ˆ ce que disait CŽcile, ce nĠŽtait pas seulement lĠUNI qui nous avait dŽfendus, mais tout le monde (FAGE et PDE, donc) sauf lĠU-ID et elle. Cela, nous lĠavons su, apparemment aprs, puisque ma rŽponse nĠen fait pas mentionÉ par lĠUNI.

Nous avons en effet reu dans notre local de la Sorbonne, ˆ sa demande, un responsable national de lĠUNI. Je ne me rappelle plus la date de cette rencontre, et nĠen ai aucune trace dans mes archives (cela fait aussi, encore plus dĠailleurs, partie des choses qui ne sĠŽcrivent pas). Je crois me rappeler quĠil sĠappelait Arnaud Legros (si je me trompe, toutes mes excuses ˆ celui-ci et celui-lˆ). Il Žtait en tout cas trs sympathique. Nous avons ŽvoquŽ ensemble notre hostilitŽ commune ˆ Maastrikt, et mme le pacte De Gaulle - Staline de dŽcembre 44 (aprs son dŽpart, cĠest un autre pacte, de quatre ans antŽrieur, que nous Žvoquions). Il nous a donnŽ beaucoup dĠinformations trs utiles sur la procŽdure, et sur la commission Žlectorale, nous a appris en particulier quĠune liste (dont je nĠai jamais rien su de plus) comportant seulement deux noms avait ŽtŽ, au contraire de la n™tre, examinŽe par la commission, et invitŽe ˆ fournir les candidatures manquant dans le dŽlai dĠun jour franc aprs notification (ce quĠelle nĠa pas fait). Il est allŽ jusquĠˆ nous demander si, au cas o lĠinvalidation de notre liste serait confirmŽe, nous ne pourrions pas envisager de voter pour lĠUNI, puisque nous Žtions les uns et les autres contre Maastrikt. JĠai pris lĠair navrŽ pour rŽpondre que non, quand mme, nous ne pouvions pas. ‚a nĠŽtait pas dĠordre moral : jĠaurais, pour ma part, ŽtŽ fort capable de lĠenvisager, non ˆ cause de Maastrikt, mais pour nuire plus sžrement ˆ la liste de lĠEnnemi et des tra”tresses (vieux truc connu : quand on peut mettre deux coups, pourquoi nĠen mettre quĠun seul ?) si le vote avait ŽtŽ secret. Il ne lĠŽtait pas, de fait, puisquĠon dŽpouillait universitŽ par universitŽ, et que, si lĠUNI avait fait plus que les voix de ses Žlus ˆ Paris IV, tous les scrutateurs sĠen seraient aperu. JĠai pensŽ aprs que jĠaurais dž lui dire que cĠŽtait possible, si bien sžr la profession de foi de la liste mentionnait cette opposition, et revendiquait la pendaison de tous ceux qui avaient votŽ oui, ˆ commencer par Chirac. Ce sont des choses auxquelles on ne pense jamais quĠaprs[40].

Nous avons Žgalement parlŽ dĠun sujet sur lequel lĠaccord entre nous Žtait beaucoup plus large encore que sur Maastrikt, lĠUNEF-ID, et en particulier de la rŽcente annulation des Žlections de 1998 au CNESER, suite ˆ une manÏuvre particulirement amusante de sa part. Les enveloppes pour le vote par correspondance Žtaient envoyŽes aux Žlus par le ministre aux adresses fournies par leurs Žtablissements, mais ceux-ci avaient la possibilitŽ, aprs publication des listes, de faire rectifier la leur sĠils en avaient changŽ. En 1998, 376 Žlus, rŽpartis sur toute la France, avaient ainsi fait savoir au ministre quĠils habitaient dŽsormais ˆ Paris, 46 rue Albert ThomasÉ le sige national de lĠU-ID. Celle-ci a soutenu, sans rire, quĠelle avait choisi de rŽunir ses Žlus ˆ Paris pour quĠils votassent tous ensemble, afin de montrer leur belle unitŽ. CĠŽtait Žvidemment idiot : qui pouvait croire quĠon avait payŽ tant de trajets vers Paris, en pleines vacances, seulement pour un symbole, aussi beau soit il (et clandestin bien sžr, puisque cette prŽtendue rŽunion Žtait restŽe secrte jusquĠˆ ce quĠil y ežt contestation) ? Il Žtait Žvident que le but de la manÏuvre Žtait de rŽunir non les Žlus, mais les enveloppes, et ainsi de voter ˆ leur place puisquĠil nĠy avait aucun contr™le, sinon la signature sur lĠenveloppe (qui ne pouvait, lors du dŽpouillement, tre comparŽe ˆ aucun modle). On comprenait fort bien son intŽrt quand on savait ce quĠŽtait lĠUNEF-ID, cĠest ˆ dire une Žquipe de professionnels des Žlections tournant en fonction du calendrier, ˆ peu prs dŽpourvue de structures locales : pour composer les listes, les professionnels prenaient ˆ peu prs nĠimporte qui, souvent en racontant nĠimporte quoi (Grand classique : Ç si tu ne nous donnes pas ta candidature, les fascistes risquent dĠtre seuls et de gagner tous les siges È. En gŽnŽral, bien sžr, il nĠy avait pas de fascistes, ou qui nĠavaient aucune chance dĠavoir des Žlus). Bref, au moment du vote pour le CNESER (plusieurs mois, voire plus dĠune annŽe aprs), beaucoup de ces Ç Žlus È avaient totalement oubliŽ, sĠils lĠavaient jamais su, quĠils lĠŽtaient, et risquaient fort de mettre lĠenveloppe ˆ la poubelle sans lĠouvrir, comme nĠimporte quelle publicitŽÉ ou comme les courriers de la fac ˆ propos du conseil dans lequel ils Žtaient censŽs siŽger. Bien Žvidemment, on ne voit pas pourquoi des Ç Žlus È qui risquaient de ne pas voter, faute dĠen avoir seulement lĠidŽe, auraient eu celle de faire spontanŽment une demande de domiciliation rue Albert Thomas. LĠexplication Žtait assez Žvidente. Notre interlocuteur nous a dit savoir que, devant la condamnation de son opŽration de regroupement familial, lĠU-ID avait changŽ de mŽthode, et envoyait ses nervis rŽcupŽrer les enveloppes puisquĠelle ne pouvait plus se les faire envoyer directement par le ministre (Cette pratique semble, dĠaprs des aveux de repentis, sĠtre intensifiŽe par la suite jusquĠˆ nos jours, jusquĠˆ devenir une des principales activitŽs de ses cadres).

Il nous a fait aussi une proposition trs sŽrieuse, puisquĠil sĠagissait dĠargent : lĠUNI Žtait prte, si lĠinvalidation de notre liste Žtait confirmŽe, ˆ envoyer ˆ ses frais ˆ tous les Žlecteurs du CNESER (dont elle avait les adresses personnelles par des manÏuvres douteuses, comme dĠailleurs les autres organisations) un courrier que nous Žcririons librement pour expliquer la situation et appeler ˆ ne pas voter pour la liste prŽtendument commune de lĠU-ID. Nous lui avions rŽpondu que nous devions consulter nos camarades. Nous nĠavons consultŽ quĠOlivier Ruet, ˆ qui a a fait si peur quĠil a ŽtŽ inutile de sĠadresser aux autres. JĠŽtais naturellement partisan dĠaccepter, en observant que de toute faon lĠEnnemi nous accuserait dĠtre financŽs par lĠUNI (a nĠa pas ratŽ) et quĠil Žtait donc bien bte, ne pouvant Žchapper aux inconvŽnients, de se priver des avantages. Je crois que cĠest un peu plus tard que jĠai dit que mme si, en aožt 39 (toujours la pactomanie) nous nĠavions pas ajoutŽ de protocole secret sur le partage de la Pologne, on nous aurait accusŽs de lĠavoir fait. Quand notre interlocuteur mĠa relancŽ par tŽlŽphone ˆ ce sujet, je nĠai pu que bafouiller lamentablement. Il a eu lĠair dŽu. Je crois quĠil nous a pris pour des pitres. La suite a montrŽ ˆ quel point il avait raison.

Nous avons appris, toujours par lĠUNI bien sžr, que la seconde rŽunion de la commission Žlectorale aurait lieu le mercredi 14, ˆ dix heures. Olivier Ruet, venu spŽcialement ˆ Paris pour a, et Sancia De Cooman, porteurs de notre bulletin de vote (ci-contre) ont essayŽ dĠy entrer, pendant que nous les attendions dehors. Nous nĠavons pas eu ˆ attendre longtemps : on leur a refusŽ lĠentrŽe, et, comme le 7, on a refusŽ de leur remettre un document attestant quĠils avaient essayŽ dĠentrer. Nouveau communiquŽ de presse, avec cette fois ci appel ˆ tous les parlementaires[41]. Je lĠenvoie en copie ˆ toutes les adresses pchŽes sur le site de lĠAssemblŽe nationale. Nous nĠavons eu aucune rŽponse[42], et toujours aucune de la presse, hors un contact, ˆ notre initiative, qui fut instructif.

Olivier Ruet connaissait Emmanuel Davidenkoff, alors ˆ LibŽration, rencontrŽ ˆ lĠoccasion dĠune campagne de lĠUNEF Caen pour exiger des transformations permettant aux aveugles et mal-voyants dĠassister au cours. JĠŽtais sceptique, car sĠil Žtait naturel que LibŽ sĠintŽress‰t aux droits des aveugles, il lĠŽtait moins quĠelle pr”t partie pour nous contre le gouvernement et lĠU-ID, dĠautant moins que ce journaliste dŽfendait fanatiquement les rŽformes que nous combattions, mais a ne cožtait rien dĠessayer. Ë ma grande surprise, le premier contact fut cordial. Il Žtait trs intŽressŽ, scandalisŽ par ce quĠon nous faisait. Il mĠa mme dit quĠil y en avait marre du monopole de lĠUNEF-ID. Je lui ai donc envoyŽ tout le dossier par mail (ce qui me donne la date de la conversation : le 14 juin). Fin de la bonne surprise au bout de quelques heures seulement : Davidenkoff me rappelle, manifestement embtŽ, pour me dire que le ministre, interrogŽ par lui,  lui rŽpondu que notre liste nĠŽtant pas une liste (deuxime attestation de ce qui Žtait en train de devenir le mensonge officiel) le refus de nous donner le droit de la rectifier Žtait parfaitement lŽgitime, et que dans ces conditions il ne pouvait pas faire dĠarticle. Je lui ai demandŽ sĠil trouvait surprenant que le ministre ne reconnžt pas spontanŽment quĠil agissait illŽgalement, et me suis ŽtonnŽ de la conception quĠil manifestait de son mŽtier de journaliste. Il mĠa rŽpondu fermement quĠil nĠavait pas ˆ prendre parti entre le ministre et nous. Je lĠa reconnu volontiers, mais ai observŽ quĠil pourrait, par exemple, prŽsenter impartialement les deux points de vue. Il mĠa fait une rŽponse tout ˆ fait Žpatante : il nĠŽtait pas journaliste politique mais Ç sociŽtŽ È. La police Žtait dŽcidŽment bien faite. Nous nous sommes quittŽs gentiment. Il mĠa mme souhaitŽ bonne chance. (Je ne me souviens plus ˆ quel moment de cette conversation je lui ai dit quĠon nous avait donnŽ le lundi 5 un rŽcŽpissŽ. Il mĠa dit alors Ç SĠil y a dessus le mot liste, vous gagnez È. Je lĠai laissŽ pour appeler Jihad, qui lĠavait reu et conservŽ, et mĠa confirmŽ que le mot y Žtait. JĠai rappelŽ Davidenkoff. Mais a ne lui semblait plus suffisant).

Sancia a voulu appeler le Canard encha”nŽ. Lˆ, pas de surprise. Elle a eu un gars ˆ qui elle a racontŽ lĠhistoire, qui a dit quĠil transmettrait. Aucune suite bien sžr.

JĠavais publiŽ dans la journŽe, ou le lendemain, sur le site unef.org, une version ordonnŽe de lĠensemble du dossier. Elle y est toujours, telle quelle[43] (celles des annexes qui nĠŽtaient quĠannoncŽes parce quĠil fallait scanner les documents sont toujours absentes), avec seulement une ligne rajoutŽe un peu plus tard, ˆ laquelle je viens.

Il ne nous restait donc plus quĠˆ attaquer en justice, non que nous eussions beaucoup dĠillusions, mais parce que nous avions menacŽ de le faire. Ce fut logiquement Jihad Wachill, notre juriste, qui sĠen chargea. Il trouva pour ce faire une amie avocate (je ne me rappelle plus si cĠŽtait bŽnŽvolement, ou ˆ prix dĠami) qui lui donna les formules pour attaquer en rŽfŽrŽ, la premire chose ˆ faire bien sžr, vue lĠurgence, pour obtenir la suspension du vote par correspondance.

Voici le texte de la demande, dŽposŽe le 20 juin, que jĠai immŽdiatement publiŽe sur le forum sous la signature de Jihad :

Jihad Wachill, 1 rue Lefbvre 75015 Paris, agissant en tant que dŽposant de la liste Ensemble pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous pour l'Žlection des reprŽsentants Žtudiants au CNESER. ˆ Monsieur le PrŽsident du Tribunal de grande Instance de Paris

objet: demande de rŽfŽrŽ d'heure en heure pour voie de fait.

Monsieur le PrŽsident,

Je vous Žcris par la prŽsente pour une requte en rŽfŽrŽ d'heure en heure, Žtant donnŽe la situation d'urgence, pour voie de fait ˆ l'encontre de Monsieur le Ministre de l'Enseignement supŽrieur et de la Recherche, responsable des actes de ses subordonnŽs exercŽs dans le cadre de leur fonction.

En effet, certains de ceux-ci ont agi de manire grossirement irrŽgulire, commettant des actes insusceptibles de se rattacher ˆ l'exercice d'un pouvoir de l'administration

Le secrŽtaire gŽnŽral du CNESER, Monsieur Jean-Franois Guedon, aprs avoir reu la liste Ensemble pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous, et m'en avoir donnŽ rŽcŽpissŽ le lundi 5 juin, a refusŽ de recevoir nos reprŽsentantes venues lui remettre les pices qui semblaient suffisantes ˆ sa validation, sans nier la possibilitŽ prŽvue par les textes d'exercer un droit de rectification, mais en Žvoquant des "ordres venus de trs haut". Il a refusŽ de leur remettre un document attestant qu'elles s'Žtait prŽsentŽes ˆ lui en vain.

Le personnel de l'accueil du CNESER a refusŽ immŽdiatement aprs de recevoir les mmes documents sous enveloppe adressŽe ˆ Monsieur le Ministre, et refusŽ de donner ˆ nos reprŽsentantes un document attestant leur demande et leur refus.

La Commission nationale consultative sur les Žlections du CNESER semble avoir refusŽ par deux fois d'examiner la conformitŽ de notre liste, et ne nous a en tout cas fait parvenir aucune notification, ˆ ce sujet, en contradiction flagrante avec l'article 4 de l'arrtŽ du 14 mars 2000 fixant les modalitŽs d'Žlections au CNESER.

Ces actes portent atteinte ˆ une libertŽ fondamentale, le droit d'ŽligibilitŽ qu'avaient souhaitŽ exercer activement les candidats de notre liste en se prŽsentant, dans les conditions prŽvues pour ce faire.

De plus, ces faits perturbent l'exercice du droit de vote des Žlecteurs ˆ ces Žlections en restreignant arbitrairement leurs possibilitŽs d'expression, situation qui doit tre rŽparŽe.

Enfin, ces dŽcisions sont, sans aucun doute possible, discriminatoires, comparŽes au traitement dont ont bŽnŽficiŽ les autres listes, et donc contraires au principe d'ŽgalitŽ. La commission nationale semble en particulier avoir acceptŽ lors de sa rŽunion du jeudi 8 juin, d'enregistrer sous rŽserve qu'elle soit complŽtŽe une liste ne comportant que deux noms. 

Nous avions dŽposŽ le lundi 5 une liste de 18 noms, o manquait l'ordre des candidats et quatre actes de candidatures. MalgrŽ l'absence de notification de non-conformitŽ, qui laisse courir le dŽlai d'exercice de notre droit ˆ rectification de la liste dŽposŽe, a ŽtŽ, aprs le refus dŽjˆ citŽ de Monsieur GuŽdon, adressŽ par courrier recommandŽ avec accusŽ de rŽception au prŽsident de la commission, reu par lui le mardi 13 juin. Nous n'avons ˆ ce jour reu aucune rŽponse, alors que le processus Žlectoral est commencŽ.

Le ministre semble prŽtendre que ce n'est pas une liste que nous avons dŽposŽe, en contradiction avec le rŽcŽpissŽ qui m'a ŽtŽ remis par Monsieur Guedon le lundi 5 juin. Surtout, rien dans l'arrtŽ dŽjˆ citŽ ne permet de dŽnier la qualitŽ de liste ˆ des documents dŽposŽs au lieu prŽvu dans le dŽlai prŽvu.

Pour ces motifs, constatant la voie de fait (atteinte ˆ une libertŽ fondamentale et actes manifestement insusceptibles de se rattacher ˆ un pouvoir de l'administration), nous vous prions d'ordonner l'interruption des opŽrations de vote en cours pour l'Žlection des reprŽsentants Žtudiants au CNESER, le report de ces Žlections dans l'attente d'une dŽcision sur le fond,, le versement d'astreintes significatives en cas de continuation du processus Žlectoral et la mise sous sŽquestre des bulletins de vote retournŽs par voie postale si le ministre persistait jusqu'ˆ la date prŽvue de cl™ture du scrutin.

Le lendemain, 21, nous avions lĠordonnance nous autorisant ˆ assigner Jack Lang pour le 22 ˆ seize heures (communiquŽ sur le forum ˆ 10h30). Lˆ se posa un problme imprŽvu : lĠassignation devait lui tre remise par un huissier, ˆ notre initiative (et ˆ nos frais) avant 21 heures, et nous avons dŽcouvert que ces choses lˆ ne poussaient pas sur les arbres. Pas moyen dĠen trouver un disponible. Nous avons donc dž (aprs avoir pris la prŽcaution de trouver prŽalablement lĠhuissier) demander une nouvelle date, quĠon nous a donnŽe presque immŽdiatement, mais pour le mardi suivant, 27 juin (communiquŽ sur le forum ˆ 17 heures).

Nous attend”mes donc, en nous disant quĠavec un juge unique, il y avait une petite chance que a march‰t, mme si le plus probable Žtait quĠil gob‰t le grossier mensonge officiel contre notre juste cause. Le juge nĠa pas gobŽ, mais a nĠa pas marchŽ : il sĠest, courageusement, dŽclarŽ incompŽtent. Aprs vingt ans, cette dŽcision me para”t toujours, si elle nĠest que trop comprŽhensible politiquement, juridiquement aberrante. Nous Žtions dans le cas typique pour lequel on a inventŽ les rŽfŽrŽs, et les juges de ceux-ci. Il y avait Žvidemment urgence, puisquĠun processus Žlectoral Žtait commencŽ, que nous disions entachŽ dĠirrŽgularitŽ. LĠaffaire Žtait trs claire : nous produisions un rŽcŽpissŽ attestant que nous avions dŽposŽ une liste dans les dŽlais requis, citions lĠarrtŽ qui donnait un droit de rectification aprs notification ˆ quiconque avait dŽposŽ une telle liste, si elle Žtait jugŽe invalide, constations que nous nĠavions reu aucune notification (ce point nĠa jamais ŽtŽ contestŽ) et que le processus Žlectoral avait commencŽ sans nous ; en face, le ministre soutenait, contre toute vŽritŽ, que puisquĠil ne sĠagissait pas dĠune liste, faute de rŽcapitulatif, nous nĠavions aucun droit ˆ rectification. Le juge pouvait donc choisir, souverainement puisque telle est la loi, entre la vŽritŽ, qui aurait donc entrainŽ le report de lĠŽlection, et provoquŽ le scandale que nous essayions de susciter depuis le 7, et le mensonge manifeste. Il nĠa apparemment pas osŽ assumer le mensonge, mais pas non plus choisir la vŽritŽ, et toutes ses consŽquences.

Nous aurions dž bien sžr attaquer ensuite au fond, devant les juges administratifs sur la validitŽ de lĠŽlection, et au pŽnal sur ce quĠon nous avait fait. Il nĠy avait bien sžr pas grand-chose ˆ en attendre : nous avons parlŽ de lĠannulation des Žlections prŽcŽdentes pour fraude massive de lĠUNEF-ID ; il ne vous aura pas ŽchappŽ quĠelle avait ŽtŽ prononcŽe prŽcisŽment ˆ lĠŽchŽance du mandat, ce qui la rendait sans effet concret, de telle sorte quĠil Žtait difficile de ne pas croire que les juges bourgeois nĠavaient pas voulu nier une fraude Žvidente, mais avaient soigneusement attendu la fin du mandat pour la constater. Une annulation de cette sorte Žtait ce que nous pouvions espŽrer de mieux. Nous nĠaurions pas moins dž poursuivre, si nous avions voulu montrer de quel bois nous nous chauffions. Mais les ŽvŽnements que nous allons incessamment voir nous en ont empchŽs, puisque le collectif qui avait des raisons lŽgitimes de se plaindre nĠexistait plus.

Il nĠa pas ŽtŽ question de cette absence de jugement sur le forum, et je nĠen ai aucune trace dans mes mails privŽs non plus. CĠest que nous Žtions alors, comme on va le voir, occupŽs ˆ dĠautres choses, puis que le rŽsultat nous a conduit ˆ oublier cela.

Les candidats sur notre liste ont reu bien tard, pendant lĠŽtŽ (JĠai conservŽ un mail de Guirec du 8 aožt, Ç Au fait, je viens de recevoir par lettre recommandŽe avec AR un courrier de A.PERITAZ expliquant que ma candidature pour les Žlections n'avait pu tre prise en compte car elle n'Žtait pas jointe en annexe ˆ une liste, et que conformŽment ˆ l'article 3 de l'arrtŽ du 14 mars 2000 cette candidature ne pouvait donner lieu ˆ aucune rŽgularisation au delˆ du lundi 5 juin 2000, ˆ 18 heure, date limite de dŽp™ts des listes de candidats. È.  JĠai aussi un mail de Wilfried du 9 aožt mĠindiquant quĠil avait reu le mme), un courrier du ministre expliquant, que leur candidature nĠŽtait pas recevable car elle nĠŽtait pas dĠune liste.  Il aurait Žvidemment fallu attaquer ce courrier devant les juridictions thŽoriquement (ceci vue lĠexpŽrience prŽcŽdente) compŽtentes. Nous nĠen avions plus les moyens, ni la volontŽ.

Comme lĠaffaire nĠest jamais venue devant les tribunaux au fond, nous nĠavons jamais pu solliciter le tŽmoignage promis ˆ Sancia et Sophie par Jean-Franois Guedon, et savoir qui Žtait ce Ç Trs-Haut È qui lui avait ordonnŽ de ne rien recevoir de nous. On ne peut quĠŽmettre des hypothses. Une telle altitude semble indiquer quĠil sĠagissait au moins du ministre, en tout cas de son cabinet que dans ce monde lˆ on lui assimile volontiers. Il faut rendre cette justice ˆ Jack Lang quĠil nĠa jamais rien compris au syndicalisme Žtudiant, ni essayŽ de faire semblant. Y avait-il ˆ son cabinet quelquĠun pour faire a ˆ sa place ? CĠest possible. On ne peut Žviter de se rappeler aussi quĠil avait un ministre dŽlŽguŽ ˆ tout ˆ fait autre chose, qui a depuis acquis une notoriŽtŽ relative, un nommŽ MŽlenchon, qui avait ŽtŽ de la maison dĠen face, et sĠil nĠavait plus de lien direct avec elle, en avait un trs fort avec son camarade de courant Julien Dray, alors son vŽritable patron. Il est Žgalement possible que Ç Trs-Haut È ait ŽtŽ plus haut encore, ˆ Matignon (Si un lecteur ne voit pas le rapport entre Jospin et lĠUNEF-ID, quĠil nous Žcrive).

Entre-temps, le rŽsultat des Žlections avait ŽtŽ publiŽ. La liste de lĠUNEF-ID et des tra”tresses obtenait 684 voix, soit moins que le nombre des Žlus revendiquŽs par la seule UNEF-ID (715 selon le rapport de CŽcile au CN du 3 juin). Il Žtait clair quĠil y avait eu fort peu dĠŽlus de lĠUNEF pour voter pour a, ce qui confirmait tout ce que nous avions dit sur lĠimposture de la Ç rŽunification È. Les voix manquantes de lĠU-ID sĠexpliquaient aisŽment, ce qui confirmait ce que nous avons dit plus haut sur lĠannulation de lĠŽlection de 1998, et justifiait en un sens le coup de la domiciliation rue Albert Thomas : certains de leurs Žlus Žtaient si bidon quĠils nĠavaient mme pas lĠidŽe de renvoyer le courrier officiel. Nous nĠavons pas eu de dŽcompte par universitŽ. Il nĠexistait pas officiellement, mais comme on lĠa dit, on dŽpouillait ainsi. DĠhabitude, lĠUNEF-ID le publiait officieusement : elle ne lĠa pas fait cette annŽe. Personne de ceux qui Žtaient prŽsents au dŽpouillement ne sĠest souciŽ de nous faire savoir combien de nos bulletins Žtaient apparus. La liste U-ID et compagnie a obtenu cinq Žlus (autant que les sortants de lĠU-ID) sur onze, alors que les deux UNEF avaient toujours eu jusque lˆ la majoritŽ. LĠŽlu perdu est allŽ ˆ lĠUNI, ce qui Žtait, somme toute, moral.

2- DŽfendre lĠUNEF contre les liquidateurs

Paralllement ˆ ce combat juridique honteusement truquŽ, nous en menions un autre pour dŽfendre la lŽgitimitŽ de notre dŽmarche ˆ lĠintŽrieur de lĠUNEF. Le forum du site unef.org a ŽtŽ, en lĠabsence de rŽunion nationale jusquĠau 28 juin, le seul thŽ‰tre public des affrontements, ce qui a montrŽ ˆ quel point lĠidŽe quĠavait eue Guirec de le crŽer un an plus t™t Žtait gŽniale.

Quelques prŽcisions techniques semblent sĠimposer. Il sĠagissait dĠun service offert par altern, alors notre hŽbergeur. CĠŽtait une liste dĠadresse Žlectroniques : tous les messages envoyŽs ˆ lĠadresse discussions@unef.org parvenaient ˆ tous ceux qui sĠy Žtaient inscrits (ou que nous avions inscrits) avec le prŽfixe [discussions]. Les messages Žtaient aussi lisibles sur le site unef.org, sur une pages dĠarchives qui Žtait en fait une page mail dĠaltern, pourvue par une adresse archives-discussions ajoutŽe ˆ la liste. Nous avons, manuellement, ˆ mesure que les messages sĠaccumulaient, crŽŽ plusieurs pages dĠarchives, en modifiant lĠadresse sur la liste. Vous pouvez voir aujourdĠhui ces pages dĠarchives sur le site unef.org.  Si vous les trouvez moches (Il y a en particulier un problme sur les caractres accentuŽs dans les titres. Manifestement, il y avait dans lĠaffaire une machine angle ou saxonne qui ne voulait pas les reconna”tre, et mettait des abominations ˆ la place), sachez quĠelles sont le rŽsultat dĠun bricolage ultŽrieur, et quĠelles lĠŽtaient encore plus alors. Nous nĠen avons malheureusement pas conservŽ de copie.

SĠest posŽ rapidement le problme de la censure, dite Ç modŽration È. Au tout dŽbut du forum, il nĠy en avait pas du tout, ˆ un moment o presque personne ne lisait ce que fort peu de gens Žcrivaient. Quelques messages regrettables, genre provocation de fascistes assumŽs, nous avaient conduits ˆ mettre en place un systme o les messages des abonnŽs passaient automatiquement, les autres Žtaient soumis ˆ lĠautorisation de deux Ç modŽrateurs È dŽsignŽs dŽmocratiquement par Guirec, lui et moi bien sžr. LĠinscription sur la liste Žtait aussi soumise ˆ notre autorisation, ce qui ne servait pas ˆ grand-chose puisque la plupart des noms ou pseudos des candidats ne nous disaient rien (mais permettait cependant dĠempcher les indŽsirables de se rŽinscrire avec la mme adresse aprs avoir ŽtŽ exclus). Au dŽbut des hostilitŽs, je tenais ˆ maintenir le systme de libertŽ totale de publication pour les inscrits, avec lĠargument que tous ceux qui Žtaient concernŽs avaient le droit de sĠexprimer comme ils le souhaitaient (ce qui nĠa pas empchŽ beaucoup de gens nĠayant aucune envie de sĠexprimer sur le forum de rŽpandre quĠon ne les y voyait pas parce quĠils Žtaient censurŽs). LĠidŽe Žtait quĠil y avait des gentils, nous et les n™tres, quĠil fallait laisser parler  (Il Žtait aussi bien pratique, quand certains allaient jusquĠaux insultes, de rŽpondre aux vertus indignŽes que nous nĠy pouvions rien, puisque nous nous refusions ˆ censurer), et des mŽchants qui, nĠayant aucun argument valable, nous serviraient en le montrant (beaucoup en Žtaient malheureusement conscients). Il a vite fallu constater que ce plan ne valait rien, parce quĠil y avait des tireurs dans le dos qui prŽtendaient sĠexprimer au nom de certaines de nos AGE (un des premiers censurŽs a ŽtŽ Hugues LŽvŽcot, dĠEvry, sur dŽcision de Guirec qui ne voulait voir quĠune seule tte), et surtout parce que certains ont commencŽ ˆ poser la question ˆ Žviter de lĠavenir (on en parlera en troisime partie). Dans un premier temps, nous avons maintenu le systme en virant de la liste quiconque publiait un message indŽsirable, ce qui Žtait doublement mauvais : dĠune part, a nous privait de lecteurs, et parfois de contributeurs utiles sur dĠautres sujets, dĠautre part nous ne pouvions intervenir que quand le mal Žtait fait. Nous avons fini par adopter (ˆ la fin de lĠŽtŽ) le seul systme raisonnable : libertŽ dĠinscription ˆ la liste, censure prŽalable de tous les messages.

Les messages sont sur le site. Il est donc inutile de les reprendre ici. Ils ne manquent pas dĠintŽrt, mais sont impossibles ˆ rŽsumer ou analyser dans un espace raisonnable

Cas particulier, le forum a reu, ds lundi 5 au soir, des prises de position officielles dĠAGE (nous les avons regroupŽes sur une page du site unef.org, o elles sont toujours), de la FAEB de Bordeaux (bureau le 5 juin, assemblŽe gŽnŽrale le 20), de lĠUNEF Arras (AG le 5), de lĠUGED de Dijon (AG le 6), de lĠAGEUR de Rennes (bureau le 6), de lĠUNEF Caen (AG le 7), de lĠUGEM de Montpellier (bureau le 7), de lĠUNEF Lyon (collectif de ville le 9), du CEN de Nantes (AG le 19) et enfin de lĠUNEF Paris VIII (collectif le 21), la seule ˆ approuver le processus engagŽ. Toutes les autres le condamnent fermement, exigent en gŽnŽral la dŽmission du BN, parfois un congrs extraordinaire, soutiennent parfois explicitement notre liste, ˆ lĠexception de Bordeaux qui prend une position trs balancŽe, dŽplorant la liste avec lĠU-ID, rejetant le processus de Ç rŽunification È, mais ne voulant pas non plus de notre liste et rŽservant sa position pour lĠavenir[44]. Ni OrlŽans, ni Clermont, ni Orsay ne se sont exprimŽes.

Pour le reste, le dŽbat a ŽtŽ limitŽ ˆ quelques personnes. Comme on lĠa dŽjˆ vu, lĠusage dĠinternet Žtait alors trs peu rŽpandu. Je nĠai jamais su qui nous lisait exactement (mme si jĠai pu mesurer que nous avions un impact certain), ni, parmi les camarades inscrits sur la liste qui ne sĠexprimaient pas ou trs peu quels Žtaient ceux qui ne souhaitaient pas le faire, quels Žtaient ceux qui avaient une adresse mais non les moyens de la consulter rŽgulirement. Le seul thŽ‰tre public Žtait donc, de fait, trs peu reprŽsentatif, mme si la plupart des intervenants prŽtendaient parler au nom de beaucoup dĠautres, parfois ˆ raison.

De notre c™tŽ, il y a eu quelques interventions de GaŽtan Alibert, de Montpellier, de Jean-Franois Mazert, de Lyon, un peu plus de Nicolas Pailleux, de Guirec aussi (qui, prudent, prŽfŽrait me laisser faire), mais trois intervenants principaux, presque exclusifs sur la fin, Nathan Balsan-Duverneuil, du SEUL, Manuel CanŽvet, de Nantes, et moi-mme. Comme cela ne faisait pas beaucoup, jĠai essayŽ de varier mes signatures, en mĠappelant UNEF Paris IV quand il sĠagissait de choses pouvant engager lĠAGE, Webmestre quand il sĠagissait du site et du forum, et en prenant une adresse spŽciale, dŽjˆ citŽe, pour les communiquŽs officiels. JĠai aussi crŽŽ, avec leur accord, deux adresses @unef.org pour Jihad et Sancia, qui nĠavaient aucun accs ˆ internet, pour y publier certaines choses ˆ leur demande, dĠautres ˆ mon initiative avec leur autorisation, parfois sans quand je trouvais a urgent.

En face, un seul membre de la direction nationale de lĠUNEF sĠest impliquŽ, StŽphane Paturey (ˆ part une tentative particulirement ridicule de RŽmi Lacapre), qui a tentŽ de dŽfendre ce qui Žtait indŽfendable, que la dŽcision du CN Žtait lŽgitime, et quĠil ne sĠagissait pas du tout dĠune liquidation de lĠUNEF dans lĠU-ID, alors quĠil nĠavait manifestement pas les capacitŽs pour ce faire. Il en a pris plein la tte, ce qui est un peu injuste : il a payŽ pour tous les autres, qui nĠont mme pas essayŽ. CŽcile Cukierman nĠest intervenue que sur la question de la validitŽ de notre liste, comme on lĠa vu. Tous les autres ont ŽtŽ trs discrets, pas pour des raisons techniques, Internet fonctionnant trs bien rue Pailleron (cĠŽtait la seule chose qui y fonctionn‰t), mais apparemment parce quĠils avaient compris (ou quĠon leur avait fait comprendre) quĠil vaut mieux, quand on nĠa aucun argument, se taire. Le seul soutien de StŽphane a ŽtŽ un nommŽ Laurent MŽly, trŽsorier de lĠAGE dĠOrsay, tout ˆ fait grotesque.

Le dŽbat aurait pu tourner court (ˆ notre grand regret, car nous pensions y avoir intŽrt), si nĠŽtaient pas venus des soutiens tout ˆ fait inattendus ˆ la direction. Ce fut dĠabord le mystŽrieux Redstar, se prŽsentant dŽsormais comme Ç rŽseau È et utilisant la premire personne du pluriel, qui, surprise, employait dŽsormais la mŽthode baveuse dont il usait nagure contre Karine Delpas et son Žquipe pour dŽfendre leur dŽcision de liquider (ce qui expliquait bien des choses) et nous accuser de nombreuses turpitudes. JĠai rŽpondu fermement point par point, et Ç Redstar È nĠest plus revenu (Il est ˆ peu prs certain quĠil a continuŽ ˆ baver ailleurs, en Žvitant soigneusement mon adresse et celles des camarades qui mĠauraient transmis ses crachats). Lionel Benharous, ancien prŽsident de lĠUNEF Paris IV (jusquĠen 1997) et membre du BN (jusquĠen 1998) est intervenu pour prcher lĠunitŽ, le seul qui lĠait fait avec intelligence, et courtoisie. Je lui ai rŽpondu avec la mme courtoisie pour conclure quĠil devrait tre de notre c™tŽ. Il nĠa pas insistŽ. En revanche, nous avons assistŽ ˆ un dŽchainement de Rapha‘l Aulas, ancien secrŽtaire national dont il a dŽjˆ ŽtŽ question, sans intelligence ni courtoisie, pour insulter tout le monde, moi particulirement, et dŽfendre le Ç processus È en prŽtendant quĠil ne sĠagissait pas du tout de rŽunification. CĠŽtait, comme dans la phase prŽcŽdente, quand il bavait sur Karine, le ton, la ligne et les arguments de Ç Redstar È la syntaxe en moins (Rapha‘l nĠŽtait donc pas lĠanonyme, mais un de ses laquais).

LĠUNEF-ID ne sĠest absolument pas mlŽe ˆ nos dŽbats. Alors que nos contradicteurs nous disaient quĠil ne sĠagissait pas du tout de rŽunification, mais de lĠamorce dĠun processus beaucoup plus large dĠunitŽ du mouvement Žtudiant, dans lequel rien nĠŽtait jouŽ (en ayant commencŽ par la renonciation unilatŽrale ˆ lĠŽlu UNEF au CNESER, il fallait avoir un culot dĠacier ou tre trs con. Je suis incapable, aujourdĠhui encore, de dire qui avait un culot dĠacier), elle affichait paisiblement, dans la presse bourgeoise et sur son site web (avec ˆ la une un logo animŽ o le leur et le n™tre se rapprochaient pour fusionner, avec la conclusion ÇÊUne seule UNEF, la grande UNEFÊÈ)

que la Ç rŽunification È Žtait faite[45]. Il y eut une seule exception, dans son Ç opposition È, la LCR (son blase alors Žtait TUD, mais commenait dŽjˆ ˆ devenir Tous ensemble). Est arrivŽe sur le forum, le 14 en soirŽe, une Ç contribution de camarades de lĠUNEF Paris X È, signŽe bizarrement Julien Dutripon (secrŽtaire ˆ lĠorganisation de lĠunef Paris X), Marie Quinot (membre du Bureau dĠAGE de lĠunef Paris X) et Ga‘l Quirante, sans attribution (le bizarre Žtait quĠil nĠy ežt pas de prŽsident dĠAGE, et que le Chef fžt sans attribution) qui se consacrait ˆ dŽnigrer lĠUNEF (en la limitant ˆ sa direction nationale) pour laisser entendre quĠil Žtait donc trs chouette dĠaller dans lĠU-ID, sans en dire du bien cependant, mais parce que lĠunitŽ cĠŽtait beau. Ce mail avait la particularitŽ dĠtre envoyŽ par Karel Yon, le chef LCR dans lĠU-ID, ce que jĠai fait remarquer immŽdiatement, en signant Ç Sancia È pour changer, et parce que a convenait mieux ˆ un Žtonnement na•f, sous le titre Le monde est tout petit Ç Signalons ˆ tous les gentils militants de l'UNEF lecteurs de l'intŽressante contribution de "camarades de l'UNEF Paris X" que Karel Yon, sous l'adresse de qui le mail est envoyŽ au forum, est membre du BN de l'U-ID au titre de la TUD. En somme, c'est l'U-ID qui veut se rŽunifier avec l'U-ID... Instructif È. Karel a rŽpondu ˆ Ç Sancia È en lui disant que voilˆ, il y avait beaucoup dĠŽtudiants pauvres qui nĠavaient pas Internet, et quĠil avait fait preuve de charitŽ en leur prtant son adresse, puis en recopiant un appel ˆ lĠunitŽ syndicale datant de mars, pour lutter contre les rŽformes bien sžr. JĠai rŽagi, sous mon nom cette fois ci, pour lui demander ce quĠil faisait quand il y avait deux listes pour le CNESER, une de lĠU-ID et de la direction de lĠUNEF (dont il pensait tant de mal) soutenant les rŽformes, une de rassemblement syndical sĠy opposant. JĠattends toujours sa rŽponse.

Il y avait aussi un Nantais nommŽ Vincent Charbonnier, qui publiait de trs longues tartines dans un jargon ayant fort peu ˆ voir avec la langue franaise (il para”t quĠil a fait depuis une belle carrire universitaire : il avait toutes les qualitŽs pour cela) dont il semblait ressortir que nous Žtions tout trs mŽchants, et que lĠunitŽ cĠŽtait beau. Nous avons  pris renseignements auprs de Manuel CanŽvet, dont nous avons tirŽ que cĠŽtait un garon qui avait quittŽ lĠU-ID au moment du congrs de Clermont de 1993, qui aspirait paradoxalement ˆ y retourner, Žtait seul de son espce dans le CEN, bref, un pitre inoffensif. La suite des ŽvŽnements fait douter de son caractre isolŽ et inoffensif, non du reste.

Si la direction nationale de lĠUNEF sĠexprimait peu en public, elle Žtait trs active en coulisses. Aucun de ses membres ne sĠest adressŽ ˆ moi pendant ces semaines : jĠŽtais devenu, dŽfinitivement, infrŽquentable. En revanche, Philippe Lieutaud et Manuel CanŽvet, sans doute Žgalement Olivier Ruet, ont eu des coups de tŽlŽphone pour leur parler apaisement, baisse de la tension, nŽcessitŽ de sĠentendre entre gens raisonnables (pas comme moi). Nous nĠavons gure eu le temps de nous rŽjouir de ces intentions irŽniques, car nous avons rapidement appris par des camarades quĠavec tous les autres que les ttes dĠaffiche, la mŽthode Žtait plut™t lĠintimidation et le chantage ˆ lĠexclusion. Julien Giral, de Paris XII, a ŽtŽ ainsi averti quĠil serait chassŽ de lĠUNEF et de son local de CrŽteil sĠil persistait. Guirec a ŽtŽ menacŽ ˆ propos du site unef.org. A Lyon, la direction cherchait des adhŽrents ˆ dresser contre Sylvain Henry et Nicolas Pailleux. GaŽtan Alibert, de Montpellier, a Žgalement ŽtŽ menacŽ. Une affaire particulirement grotesque a ŽtŽ montŽe contre Jihad Wachill qui avait observŽ dans le dŽbat du CN que la poussŽe rŽunificatrice revenait ˆ chaque printemps et sĠŽtait demandŽ (cĠŽtait sa faon ˆ lui dĠtre subtil) si ce nĠŽtait pas hormonal. ‚a a ŽtŽ transformŽ en propos sexistes contre les filles du secrŽtariat (ces conneries commenaient alors seulement) justifiant une procŽdure dĠexclusion. RŽmi Lacapre a fini par Žcrire sur le forum Ç Les propos de Jihad lors du collectif national ; "peut-tre cette dŽcision soudaine est d au cycle hormonal des personnes qui ont rencontrŽ les autres organisations" ne peuvent tre banalisŽ. NON Jihad, les femmes peuvent prendre des dŽcisions importantes mme pendant leurs pŽriodes de rgles, elles ont une ‰me et mŽritent d'tre traitŽes ˆ ŽgalitŽ! La Direction du Medef n'aurait pas fait mieux pour argumenter qu'une femme ne peut pas tre ˆ un poste important d'une entreprise. Ce discours des plus rŽactionnaires doit s'arrter trŽs vite, avant que les dŽrapages ne se gŽnŽralisent (homophobie, antisŽmitisme peut-tre ?). C'est sur ce point qu'a ŽtŽ saisie la Commission de contr™le de l'Unef. È De gros efforts ont ŽtŽ dŽployŽs pour convaincre les accusateurs que les hommes avaient aussi des hormones, en vain. Puis il nĠen a plus ŽtŽ question.

Je ne sais si ces manÏuvres dĠintimidation ont eu quelque succs. Fatalement, nous nĠavons eu connaissance que de celles dont les victimes nĠont pas ŽtŽ impressionnŽes. Le fait est que des camarades dĠabord trs excitŽs contre la direction nationale ont soudain disparu de la circulation.

Nous avons eu aussi des indices dĠun mouvement dĠŽvacuation sanitaire de cadres communistes opposŽs ˆ la Ç rŽunification È vers des responsabilitŽs dans lĠUEC, le Parti, ou vers des municipalitŽs.

Sur ce front lˆ, du moins, tout allait bien pour nous. Il Žtait clair que la direction nationale nĠavait que lĠintimidation pour dŽfendre une dŽcision indŽfendable, quĠune nette majoritŽ des AGE Žtait de notre c™tŽ, que quelques-unes hŽsitaient, mais quĠaucune hors Paris VIII nĠapprouvait la liquidation. Nous nĠaurions pas les millions du CNESER mais pouvions, pour la premire fois, espŽrer raisonnablement tre majoritaires ˆ un collectif national, la quasi unanimitŽ des AGE, si toutes envoyaient des dŽlŽgations compltes, pouvant compenser le poids du secrŽtariat et de ce quĠil lui restait du bureau national. En gardant notre cohŽsion, et en Žvitant tout excs gauchiste, nous pouvions rŽcupŽrer la quasi totalitŽ de ce quĠil y avait de syndical dans lĠUNEF pour reconstruire une Union nationale.

Nous nĠavons pas gardŽ notre cohŽsion, du fait dĠexcs gauchistes.

3- Defendre notre unitŽ contre la division

Les ennuis ont commencŽ ds le mardi 6 juin, avec lĠapparition sur le forum dĠun message de Guillaume CavŽ, de Nantes (o il Žtait lĠŽternel opposant ˆ Manuel CanŽvet) qui disait tout ce quĠil ne fallait pas dire, et lanait, pour la premire fois, le nom de FŽdŽration Syndicale ƒtudiante.

A tous les aveugles qui s'attachent au nom et ˆ la structure de l'unef, je demande d'aprs eux comment va s'appeler la grande organisation qui va sortir de cette belle rŽunification? L'Unef! Vous voulez garder cela, il ne vous reste plus qu'ˆ fonder l'Union Nantaise (ou NoyotŽe) des  Etudiantes Frivoles. Trve de baliverne, le nom importe peu, ce qui compte vŽritablement c'est le syndicalisme que nous dŽfendons, que nous faisons chaque jour dans nos villes respectives. Vous voulez dŽsespŽrŽment un nom, FŽdŽration (ou Union) Syndicale Etudiante. L'Unef est morte, dŽfinitivement, profitons en pour achever les mŽthodes qui l'on amenŽe lˆ ou elle est. Le renouveau de 1971 est le moment de la  mise en place de ces pratiques, je trouve plus que douteux de vouloir s'y rŽfŽrŽ. Oui, c'est bien une rŽvolution. Tout va trs vite, et personne ne peut dire de quoi demain sera fait. Moi, j'espre que demain ne sera pas sous l'ombre de l'Unef, car on n'aura vraiment fait une rŽvolution, un grand tour sur nous mme. Guillaume du Collectif des Etudiants de Nantes (la suite je ne sais plus)

Une telle position nĠŽtait pas surprenante de la part de Guillaume, qui avait ŽtŽ partisan de la scission dĠavec lĠUNEF aprs le congrs de Pantin, avait fondŽ (presque seul) le CEN PSL (Pour un Syndicalisme de Lutte) ˆ lĠautomne, et Žtait revenu au CEN UNEF la queue entre les jambes aprs son Žchec. Elle tombait mal, puisquĠelle soulignait les contradictions que nous efforcions de taire en attendant de pouvoir les rŽsoudre, sĠen prenant mme ˆ mon slogan, pourtant inoffensif, du deuxime renouveau et, ˆ travers lui, ˆ notre ligne de dŽfense de lĠhŽritage de lĠUNEF. Il a reu le soutien immŽdiat et enthousiaste de Julien Chuzeville (que nous ne connaissions pas alors) du SEUL, avec un message intitulŽ CrŽons la FŽdŽration syndicale Žtudiante, puis de Gauthier Chomel, lĠun de nos deux jeunes interlocuteurs dans celui-ci. Ce nĠŽtait pas tout ˆ fait surprenant, puisque la ligne du SEUL avait toujours ŽtŽ dĠappeler ce quĠil nommait syndicats Ç de lutte È ˆ rompre avec lĠUNEF pour faire un syndicat national pur, mais nous croyions quĠelle avait changŽ avec les derniers ŽvŽnements. Un coup de tŽlŽphone ˆ Nathan a permis apparemment de mettre fin au malentendu : il avertirait ceux de ses militants qui nĠŽtaient pas au courant du changement. Le mail de Julien Žtait passŽ. JĠai pu intercepter (avec lĠaccord de Nathan) celui de Gauthier, qui, nĠŽtant pas inscrit sur la liste, passait par la censure.  Si Guillaume restait seul, il ne faisait que dŽsordre.

Mais les gros ennuis sont rapidement venus de Caen. Guillaume HŽdouin, le seul Caennais ˆ sĠexprimer rŽgulirement sur le forum, y a publiŽ ds le mercredi 7 au soir une Position de lĠUNEF Caen, tout ˆ fait correcte de notre point de vue[46]

Entendu que les dŽcisions prises lors du collectif national de l'UNEF du 3 juin 2000 n'ont pas ŽtŽ portŽes ˆ l'ordre du jour et que les dŽlŽguŽs n'ont pu avoir de mandat clair de leurs AGE ; que le rŽsultat des votes est contraire aux dŽcisions du 79ime Congrs de l'UNEF rŽuni  ˆ Pantin :

L'UNEF-Caen, rŽunie en AG le 7 juin 2000, dŽcide de refuser catŽgoriquement la dŽcision du collectif national du 3 juin 2000 concernant la participation de l'UNEF ˆ une liste avec l'UNEF-id au  CNESER, et le processus de rŽunification.

Elle propose aux Associations GŽnŽrales d'ƒtudiant-e-s qui refusent-elles aussi cette dŽcision de se rencontrer le 17 et 18 juin pour entamer une rŽflexion ainsi qu'une dŽmarche collective.

Nous ne voulons pas aujourd'hui que chacun dŽcide de quitter, ou de rester, ˆ l'UNEF de manire isolŽe. Nous refuserons dans tous les cas une rŽunification contre nature avec l'UNEF-id et nous quitterions l'UNEF le cas ŽchŽant.

UNEF-Caen, Le 7 juin 2000.

Mais avec un Ç Post Scriptum È redoutable, malgrŽ une heureuse restriction : Nous organiserons au plus pressŽ la tenue de cette rencontre, mais si d'autres AGE posent candidature, nous examinerions ensemble la solution la plus ˆ mme d'tre satisfaisante

Encore plus inquiŽtant, dans un message du lendemain, Guillaume prŽcisait que les dŽbats avaient ŽtŽ Ç houleux È, et que la motion publiŽe la veille Ç Žtait opposŽe ˆ une proposition d'organisation ds la semaine prochaine d'une AG extraordinaire ayant pour ordre du jour le dŽpart dans les dŽlais les plus bref de l'UNEF. Ce texte a ŽtŽ repoussŽ ˆ une voix prs en faveur de l'organisation d'une rencontre des AGE s'opposant ˆ la rŽunification. È. La suite Žtait beaucoup mieux Ç L'ensemble de l'AGE de Caen est persuadŽe que nous ne pourrons pas "refaire" l'UNEF ˆ l'heure actuelle. Mais nous ferons tout ce qui nous para”t possible pour empcher que les AGE qui ne se reconnaissent pas dans le BN se dispersent "dans la nature" ou disparaissent par manque d'alternatives et d'avenir. Nous prŽfŽrons les actions collectives ˆ une logique "d'appel d'air". È, et pouvait nous rassurer. Pourtant, tout ce quĠils disaient ne pas vouloir sĠest produit, de leur fait, ce qui lui donne un caractre prophŽtique.

Une rŽunion entre nous Žtait Žvidemment nŽcessaire. La tenir ˆ Caen Žtait absurde gŽographiquement, car on pouvait difficilement imaginer plus excentrŽ. CĠŽtait aussi toxique politiquement, dĠune part parce que cĠŽtait lĠAGE la plus marquŽe comme oppositionnelle, ce qui nĠŽtait pas un tort en soi mais pouvait rebuter certaines vocations rŽcentes, dĠautre part, surtout, en raison de son instabilitŽ manifeste, que le vote ˆ une voix prs illustrait.

JĠai immŽdiatement rŽpondu ˆ Guillaume que nous prŽfŽrerions la faire en Sorbonne Ç plus central, plus symbolique È. Lyon  avait dŽjˆ proposŽ dĠorganiser des Ç ƒtats gŽnŽraux de lĠUNEF È, ce qui Žtait ˆ peine moins bien gŽographiquement, et beaucoup mieux politiquement. Manuel CanŽvet, pour Nantes, trouvait quĠil fallait faire a plus tard, sans proposer de lieu (mais ne voulait manifestement pas de Caen non plus). Nous nĠavons eu aucune rŽponse, mais, ds le vendredi 9, une invitation unilatŽrale pour la rŽunion ˆ Caen, avec un ordre du jour non discutŽ entre nous. Nous Žtions mis devant un fait accompli, et nĠavions dĠautre choix que cŽder, ou rompre avec eux, ce qui ne paraissait certes pas opportun. JĠai rŽpondu (le 13) ˆ Nicolas Pailleux qui voulait relancer la proposition lyonnaise Ç Ces temps-ci, chacun semble d'humeur ˆ convoquer une grande rŽunion unitaire chez lui: a va faire beaucoup de grandes rŽunions. Caen a pris une initiative en postant des convocs pour le week-end prochain sans crier gare. Ce n'Žtait peut-tre pas la meilleure mŽthode, mais il me semble difficile de ne pas rŽpondre ˆ l'invitation. È.

Je voulais rester optimiste, puisque les Caennais affirmaient quĠils ne prendraient pas de dŽcision unilatŽrale, et que jĠŽtais certain quĠil nĠy aurait pas de majoritŽ parmi nous pour annoncer la sortie de lĠUNEF et la crŽation dĠune nouvelle organisation. Je me trompais.

Il faut ici expliquer lĠenjeu. La rupture immŽdiate avec lĠUNEF pour crŽer une FSE quelconque Žtait Žvidemment une sottise qui nĠaurait jamais dž tre envisagŽe dans ce contexte o cĠŽtait la quasi totalitŽ de lĠUNEF qui sĠopposait ˆ la trahison de la direction, o il sĠagissait donc de maintenir la cohŽsion de cet ensemble sur ce point (ce qui aurait dž tre facile) et de lui en donner une suffisante sur les autres pour assurer sa survie (ce qui nĠallait certes pas de soi). Rompre officiellement avec lĠUNEF pour crŽer un nouveau truc sur la ligne qui Žtait jusque lˆ celle des AGE oppositionnelles, cĠŽtait se couper de toutes les autres qui nĠen Žtaient pas, quĠon ramenait ˆ la situation de guerre froide qui avait existŽ depuis le congrs de Pantin. PrŽcisŽment, les tenants de cette position Žtaient restŽs bloquŽs sur ce congrs. La question de la scission de lĠUNEF Žtait alors une question sŽrieuse, tant toute discussion y Žtait impossible. ‚a avait ŽtŽ le choix, nous lĠavons vu, de Limoges, du Mirail et de Pau, qui faisaient de fortes pressions, fortement appuyŽes par le SEUL, pour que dĠautres AGE suivissent. Partout ailleurs, les amateurs de scission se sont heurtŽs ˆ des gens vieux et se pensant raisonnables, qui, ne pouvant nier quĠil nĠy ežt alors plus rien ˆ faire dans lĠUNEF, les ont convaincus par la persuasion quand cĠŽtait possible, par le fer et par le feu ˆ dŽfaut, quĠil nĠy avait pas non plus de perspective crŽdible dehors, et que la sagesse Žtait dĠattendre les ŽvŽnements. Ceux-ci venaient de leur donner raison spectaculairement, puisque la dŽsertion unilatŽrale de la direction de lĠUNEF rendait dŽsormais possible la discussion entre toutes les AGE. La ligne Ç Ils sĠen vont. Nous restons È Žtait incontestablement la seule efficace pour permettre de mener cette discussion sur lĠorganisation que nous voulions, et arriver ˆ une position acceptable par tous contre la politique anti Žtudiante du gouvernement. Le SEUL, via Nathan, disait lĠavoir compris (je reviendrai sur ce point). DĠautres ont ŽtŽ incapables de le comprendre, les battus du dŽbat prŽcŽdent, qui sĠŽtaient totalement dŽsintŽressŽs depuis un an de lĠUNEF, nationalement en tout cas (localement, je ne peux savoir ce quĠil en est), nĠy revenaient que parce quĠils ne voyaient  dans les ŽvŽnements qui changeaient tout que lĠoccasion de prendre leur revanche.

Nous avons dŽjˆ parlŽ de Guillaume CavŽ. Ë Caen, le dŽbat sur la scission post congrs avait ŽtŽ trs rude (A la rŽunion Ensemble contre les rŽformes Allgre de Limoges en mai 99, il y avait autant de positions que de Caennais, presque toutes scissionistes) mais Olivier Ruet avait rŽussi ˆ imposer le maintien dans lĠUNEF, et mme, pour enfoncer le clou, lĠabandon du nom ACE-UNEF (Association caennaise des Žtudiants) pour UNEF Caen. Il nĠest pas difficile de reconstituer ce qui sĠest passŽ le lundi 5 juin, et ensuite : alors quĠOlivier sĠŽtait engagŽ avec nous pour une liste sur la ligne LĠUNEF continue, ses adversaires dĠalors, Fabien Guillot en tte, que nous croyions totalement disparu, lui sont tombŽs dessus pour lui imposer une ligne du genre Aidons joyeusement lĠUNEF-ID ˆ dŽtruire lĠUNEF, derrire SUD, puis une scission immŽdiate. Il est plus difficile de comprendre pourquoi Olivier nĠa pas eu cette fois ci la volontŽ de leur rŽsister, lĠargument Ç CĠest la dŽmocratie È quĠil a parfois sorti Žtant de nature ˆ faire rire un chat, si ce chat a la moindre expŽrience du syndicalisme Žtudiant. Il est assez facile de comprendre, trs difficile dĠaccepter, quĠOlivier, au lieu de nous dire quĠil ne contr™lait plus rien, se soit constamment payŽ notre tte, et ce, comme on va incessamment le voir, jusquĠˆ la fin du mois.

La rŽunion de Caen a tournŽ au guet-apens. JĠignore encore quelle fut la part des intentions dŽlibŽrŽes, de circonstances malheureuses, de la maladresse. Je ne pouvais y tre le samedi, parce que nous ftions les soixante-dix ans de mon pre, une grande fte comme ma mre aimait les organiser, avec toute la famille, chez moi, ˆ lĠautre bout de la France, plus exactement ˆ lĠh™tel Le Fartoret ˆ ƒloise qui appartenait ˆ un de nos cousins, et que je ne pouvais dŽcemment tre ailleurs (cĠest le jour o jĠai fait autre chose dont jĠai parlŽ en introduction). Je vois en retrouvant un mail ˆ Manuel CanŽvet que je prŽvoyais dĠy tre le dimanche : je lĠavais oubliŽ. Je ne me rappelle plus pourquoi Philippe, Jihad et Sylvestre nĠy Žtaient pas non plus. Il nĠy avait personne de Paris XII. Pour les quatre AGE de la rŽgion parisienne, la dŽlŽgation se rŽduisait ˆ Sancia et Guirec, ce qui semblait tre suffisant. Manuel CanŽvet, qui commenait ˆ branler dans le manche (mais a, je ne lĠai compris quĠaprs) mĠavait dit par mail que cette rŽunion ne lĠintŽressait pas (mail conclu par Ç frite bien du gauchiste È) ne venait pas, et nĠenvoyait personne de Nantes. Il y avait pour lĠAGEL de Lille son prŽsident, Gilles Andris, pour lĠUGEM de Montpellier GaŽtan Alibert, pour Lyon son tout nouveau prŽsident, Matthieu Piquemal, dont cĠŽtait la premire rŽunion nationale, pour lĠUGED de Dijon Julien Zloch, pour Arras MŽlanie Bourdrel, tout aussi inexpŽrimentŽs. Les organisateurs caennais avaient demandŽ quĠil nĠy ežt pas plus de deux dŽlŽguŽs par AGE, prŽcaution manifestement inutile, vue la distance ˆ parcourir. Il nĠy avait personne de Rouen, pourtant proche.

JĠŽtais au bord de la piscine de lĠh™tel, le samedi soir en fin dĠaprs-midi (si jĠavais vraiment eu lĠidŽe dĠaller ˆ Caen le lendemain, jĠy avais en tout cas renoncŽ) quand jĠai eu un appel sur mon portable de Guirec, qui mĠa appris quĠils Žtaient en train de fonder la FSE, que tout le monde Žtait dĠaccord sauf Gilles, pour Lille, que Guillaume CavŽ, qui Žtait lˆ, avait garanti que lĠAGE de Nantes le suivrait, que Sancia avait dit quĠˆ Paris IV tout le monde serait pour, sauf Philippe et moi. Je dois ˆ la vŽritŽ historique de dire que lui-mme nĠŽtait pas clair : il mĠappelait aussi pour me demander sĠil devait rŽserver le nom de domaine fse.org.

Je ne sais plus si ses explications mĠont suffit pour comprendre ce qui se passait, ou si je lĠai compris le lendemain seulement. Je le place ici quand mme. CĠŽtait trs simple. On sĠattendait ˆ ce que les Caennais, qui avaient demandŽ deux dŽlŽguŽs par AGE, mandatassent deux des leurs pour parler en leur nom. Point du tout : ils Žtaient tous lˆ. Dans un mail ultŽrieur, je parle de sept, auxquels sĠajoutaient Guillaume CavŽ et un copain quĠil avait amenŽ, qui ne reprŽsentaient pas le CEN de Nantes mais faisaient comme si. Il nĠŽtait donc pas Žtonnant que cette majoritŽ Žcrasante dans la salle ežt convaincu GaŽtan, dont cĠŽtait la pente naturelle, et les trois dŽlŽguŽs totalement inexpŽrimentŽs de Lyon, Dijon et Arras. Il Žtait en revanche scandaleux pour moi que Sancia sais”t lĠoccasion de nous faire un enfant dans le dos. Ce nĠŽtait certes pas le premier, plut™t un des cadets (non le benjamin) dĠune nombreuse famille. Mais elle semblait avoir compris que a ne lui rŽussissait pas, et paraissait, la veille encore, sžre sur la ligne LĠUNEF continue.

JĠai dit ˆ Guirec ce que jĠen pensais, puis ai cherchŽ une voiture pour redescendre ˆ Bellegarde, attrapŽ le dernier TGV pour Paris (Je me rappelle vaguement avoir essayŽ de passer des coups de tŽlŽphone du train, ˆ Matthieu sans doute, MŽlanie peut-tre, voire Sancia, sans grand succs en tout cas), dormi dans ma piaule rue Pierre Nicole, et, le lendemain matin, pris ˆ Saint-Lazare le train pour Caen.

JĠai ŽtŽ accueilli ˆ lĠentrŽe de la fac par deux camarades, Guillaume HŽdouin, et un Nicolas dont je nĠai jamais su le nom (pas Gosselin, donc, lĠautre), trs cordiaux, souriants, mais un peu gnŽs quand mme, qui mĠont conduit ˆ la salle de rŽunion. Il devait alors tre assez tard dans la matinŽe. Je suis incapable de reconstituer le dŽroulement de cette journŽe. JĠai deux documents Žcrits. Le premier est lĠAppel de Caen (jĠy viens). Le deuxime est un mail que jĠai envoyŽ dimanche soir de ma piaule ˆ Manuel CanŽvet, avec copies ˆ Guirec, ˆ Nathan, ˆ Wilfried (de Toulouse) puis ˆ William Roger (de Lille) comme compte-rendu officieux et strictement confidentiel, peu sobrement intitulŽ Enfer sans purgatoire, totalement nŽgatif o il est question dĠŽcarteler et de pendre. Avant de le citer, je dois prŽciser quĠil ne correspond pas ˆ mes vagues souvenirs sur un point : il me semble quĠil y a eu deux phases distinctes, la premire le matin, o il Žtait possible sinon de sĠentendre du moins de discuter gentiment, et de prŽsenter mon point de vue, et lĠaprs-midi, avec lĠarrivŽe de Fabien Guillot (qui nĠŽtait manifestement pas de ceux qui se lvent t™t) o a a tournŽ au massacre, avec la menace de coup de boule au final.

JĠai dŽfendu le maintien au moins provisoire dans lĠUNEF, avec les raisons que je viens dĠexposer. JĠai parlŽ de la liste pour le CNESER, que tout le monde semblait avoir oubliŽe, et de la nŽcessitŽ de faire campagne pour elle (Elle nĠŽtait pas encore totalement invalidŽe, puisque nous attendions le jugement. Nous avions dŽcidŽ de diffuser quoi quĠil en fžt notre bulletin de vote), de rŽdiger pour elle, ce que nous nĠavions pas encore trouvŽ le temps de faire, ce quĠon appelle, curieusement, une Ç profession de foi È. Lˆ aussi, il y a un eu un avant et un aprs Fabien Guillot, lequel a entrepris de rŽdiger tout seul ladite profession, et sĠest arrtŽ aprs trois lignes ridicules.

Je ne me rappelle plus du tout quand et comment on en est arrivŽ ˆ lĠAppel de Caen, la seule publication officielle de la rŽunion, si contradictoire avec son ambiance gŽnŽrale. Le voici, tel quĠil a ŽtŽ envoyŽ au forum sous le titre En direct de Caen, par Guillaume HŽdouin, ds 17h06 ce dimanche dĠaprs lĠheure conservŽe par ma machine

Appel

RŽunis aujourd'hui, 18 juin 2000, ˆ Caen, dans un processus de rŽflexion face aux changements radicaux en marche dans le paysage syndical Žtudiant, nous tenons ˆ vous faire part de notre analyse et de nos rŽactions face ˆ la situation actuelle.

Le 3 juin, le collectif national de l'UNEF rŽunit ˆ Nanterre s'est positionnŽ pour une liste commune avec l'UNEF-id pour les Žlections au CNESER. Cette proposition n'Žtait pas ˆ l'ordre du jour et il nous semble inacceptable qu'une dŽcision aussi importante ait ŽtŽ imposŽe par le secrŽtariat national sans discussion prŽalable au sein des AGEs.

De mme, nous refusons le processus d'unification en marche qui ne correspond en rien ˆ notre volontŽ de pratiquer un syndicalisme unitaire. Lˆ encore, la mise en route de ce processus nous a ŽtŽ imposŽe par un secrŽtariat national qui semble de plus en plus dŽconnectŽ de la rŽalitŽ militante de l'UNEF.

En consŽquence, nous ne reconnaissons plus la lŽgitimitŽ de la direction nationale et surtout du secrŽtariat national dont nous exigeons la dissolution.

Face ˆ une situation rŽellement critique, nous exigeons la tenue d'une rŽunion dŽcisionnelle de type collectif national avant l'ŽchŽance des tables de juillet pour une rŽorganisation complte de notre direction nationale et l'Žlaboration d'une orientation rŽellement syndicale.

Nous appelons donc toutes les AGEs militantes de l'UNEF ˆ envoyer, ˆ la rencontre nationale des 28 et 29 juin, non seulement des dŽlŽguŽs mandatŽs sur ces questions mais aussi et massivement leurs militants qui doivent aujourd'hui prendre toute la mesure de la situation nationale de notre organisation.

Ce faisant, toutes les AGEs de l'UNEF pourront affirmer leur existence et leur refus d'un processus inacceptable en imposant que cette "rencontre nationale" se constitue en collectif national, tenu en public, devant les militants.

Nous appelons aussi toutes les AGEs ˆ rejoindre notre dŽmarche en signant cet appel.

Paris I, Paris IV, Evry, Montpellier, Arras, UGE Dijon

Post scriptum Pour tous problmes financiers, contactez nous, nous pouvons vous aider.

Je lĠai dŽjˆ dit plus haut : je nĠai aucun souvenir de la faon dont a ŽtŽ rŽdigŽ cet appel, auquel jĠai en tout cas donnŽ la signature de Paris IV avant de quitter Caen. Je ne lĠai Žvidemment pas rŽdigŽ : ce nĠest pas du tout mon style. Mais le fond correspond tout ˆ fait ˆ ma position alors. Cela demande quelques explications.

La direction nationale de lĠUNEF avait convoquŽ (par mail signŽ de Silvre Magnon envoyŽ le 15 juin[47]) une rŽunion nationale pour prŽparer les cha”nes dĠinscription ˆ laquelle pouvaient participer tous les adhŽrents pour les 28 et 29 juin ˆ Saint Denis, sans pouvoir de dŽcision. LĠidŽe Žtait de la subvertir en y venant massivement, pour la transformer de force en un CN abolissant les dŽcisions du prŽcŽdent, et remplaant la direction faillie.

Ce nĠŽtait pas a priori une bonne idŽe. Il devait y avoir un CN ˆ la rentrŽe, pour prŽparer le congrs de liquidation programmŽ, o nous Žtions sžrs, si nous venions tous, dĠtre majoritaires. Il aurait donc ŽtŽ plus sage de lĠattendre. Si la direction ne lĠavait pas convoquŽ, nous aurions eu alors beaucoup plus de lŽgitimitŽ ˆ le faire ˆ sa place, quĠˆ en constituer un de faon manifestement putschiste fin juin, ce qui risquait de rebuter certaines AGE qui Žtaient contre la Ç rŽunification È, mais nĠavaient pas encore tout compris. Je ne me rappelle plus si jĠai avancŽ ces arguments, ou jugŽ que cĠŽtait inutile. Face ˆ lĠurgence de la menace de scission, il fallait agir vite, quitte ˆ casser un peu plus de vaisselle quĠil aurait ŽtŽ souhaitable.

Les camarades caennais, sĠils sĠengageaient ˆ venir en masse, prŽsentaient clairement a comme lĠopŽration de la dernire chance, dont lĠŽchec entrainerait leur retrait de lĠUNEF. Il fallait absolument Žviter la scission immŽdiate. Un putsch o nous proclamerions ce qui Žtait vrai, que nous Žtions lĠUNEF et laissions une direction faillie et illŽgitime aller ˆ lĠUNEF-ID Žtait la meilleure solution. Mais il y avait quelques raisons de douter de leur sincŽritŽ.

[Il y a dĠailleurs une bizarrerie dans la liste des signataires. Lille (Gilles Žtait parti le samedi soir) signera par mail plus tard. Matthieu nĠavait pas voulu engager Lyon, qui dŽcidera en assemblŽe gŽnŽrale, le lundi 26, de signer. Nous aurons ensuite lĠaccord de Paris XII. La prŽsence de Paris I dans la premire liste me surprend, puisque je nĠai aucun souvenir quĠils aient ŽtŽ prŽsents (Avais-je un mandat explicite dĠeux ? LĠaurais-je usurpŽ ? Ai-je oubliŽ un dŽlŽguŽ ?). Mais Caen nĠappara”t pas parmi les signataires de lĠappel du mme nom. Je lĠai signalŽ dans un mail ultŽrieur, sans avoir de rŽponse. Oubli, ou aveu ?]

CĠest ce que jĠexprimais dans le mail confidentiel dŽjˆ ŽvoquŽ, dont voici le texte. Je dois prŽciser, en ces temps o personne ne veut en gŽnŽral entendre ce que parler veut dire, que je le publie en tant que document historique, que la faon dont je qualifiais certaines personnes, dans un courrier alors strictement privŽ, ne mĠengage Žvidemment pas aujourdĠhui, et ne vise certes pas ce quĠelles sont Žventuellement devenues depuis vingt ans que je ne les ai pas rencontrŽes, que les intentions meurtrires que je manifestais sont clairement, quĠelles aient ŽtŽ ou non suivies dĠeffet, prescrites.

Enfer sans purgatoire

Ce fut pire que tout ce qui pouvait tre imaginŽ.

Sept brutes bas-normandes  menŽes par le quintuple connard Fabien Guillot (Je tiens ici ˆ exprimer une autocritique solennelle pour m'tre trompŽ et avoir tentŽ d'induire en erreur le prolŽtariat mondial: Fabien Guillot n'est pas un triple connard) appuyŽ par le rŽpugnant CavŽ et l'odieuse Sancia De Cooman ont lancŽ par acclamation la FSE, en prŽparant du matŽriel FSE pour les cha”nes (!).

En mme temps, on prŽvoit de tenter de renverser la direction de Pailleron ˆ l'occasion de la rencontre nationale (cf appel que tu as dž recevoir). C'est contradictoire, d'autant plus que Caen annonce son intention de voter en AG sa sortie de l'UNEF... le 28 au soir. En somme, pour eux, il s'agit de se donner bonne conscience en faisant semblant d'agir dans l'UNEF pour prouver que c'Žtait impossible.

J'ai tout essayŽ, dramatisŽ au maximum. Rien ˆ faire. GaŽtan dŽconne, bien sžr. Le Dijonnais et le Lyonnais, qui n'avaient pas les ŽlŽments pour juger, s'interrogent et attendent pour voir.

Pour l'instant, je pense qu'il faut calmer le jeu et tout jouer sur l'opŽration des 28-29, ce qui enverrait la ridicule FSE dans les poubelles de l'Histoire. Mais nous devons tre conscients que l'UNEF Caen est une branche pourrie et Olivier Ruet un jean-foutre.

En prime, il para”t que le rŽpugnant CavŽ a dit samedi qu'il allait tre majoritaire ˆ votre AG de demain, et l'odieuse Sancia qu'ˆ Paris IV tout le monde serait partant pour la FSE sauf deux (Philippe et moi). Je crois qu'il ne serait pas excessif que nos deux AGE Žcrivent ˆ Caen pour rappeler que le travail en commun entre AGE exclut l'activitŽ fractionnelle en direction des AGE avec qui on travaille.

Enfin, je signale qu'ˆ la fin le quintuple connard m'a menacŽ de coup de boule. Le jean-foutre Žtait lˆ, n'a rien dit, et quand je l'ai interpellŽ, m'a donnŽ tort.

Mais tout ceci est top secret.

Rester calme. Manger des pommes...

PS: je compte sur vous pour Žcarteler CavŽ et nous envoyer ce qui en restera pour que nous nous en servions pour pendre Sancia.

PS2: Evidemment, il ne fut pas question des moyens de faire campagne pour la liste, malgrŽ mes demandes rŽpŽtŽes. Le quintuple connard a simplement fini par entreprendre de rŽdiger sa profession de foi. J'espre que les reprŽsentants de la juste ligne prolŽtarienne sur la liste sauront la rejeter avec Žclat. Rester calme...

(NB: cela veut dire pas question de tirer les premiers sur le forum. Pour le moment, on fait comme si cette dŽsastreuse rŽunion n'avait pas existŽ)

Pour une fois, la consigne de silence jusquĠau 28 a ŽtŽ respectŽe. NĠest sorti en public de la rŽunion de Caen que le fameux appel. Au collectif dĠAGE de Paris IV, nous nĠavons eu aucun mal ˆ montrer ˆ Sancia qui Žtait majoritaire (comme elle avait lĠair calmŽe, nous ne lĠavons pas exclue, ce qui nous a cožtŽ cher dans la suite). LĠassemblŽe gŽnŽrale de Nantes a ŽtŽ compliquŽe, et a regrettablement dŽbordŽ sur le forum. Alors que Manuel avait rŽpondu ˆ mon mail quĠil allait anŽantir Guillaume, lequel nĠavait jamais su gagner un dŽbat, lĠaffaire sĠest jouŽe entre eux par apparemment quatre voix contre trois, deux abstentions et un Ç NPPV È (chiffres donnŽs par Guillaume, non dŽmentis par Manuel). Il est vrai quĠelle sĠŽtait jouŽe de faon bizarre, puisque ce vote ne portait pas sur la FSE, mais sur lĠappel de Caen, auquel la (courte) majoritŽ a opposŽ un autre texte (encore) beaucoup moins prŽcis, qui ne demandait que la dŽmission du BN (une vieille obsession nantaise) et sa rŽŽlection lors dĠun CN extraordinaire, alors que lĠappel constatait lĠillŽgitimitŽ de la direction et prenait lĠinitiative du CN pour les 28 et 29. Nous avons voulu croire que cĠŽtait la mme chose, mais ne comprenions pas tout. La suite semble avoir donnŽ lĠexplication.

JĠavais rŽdigŽ et fait adopter par le collectif dĠAGE de Paris IV du mardi 20 un projet de dŽclaration ayant pour but de prŽciser lĠAppel de Caen, que jĠai envoyŽ le soir mme sous signature UNEF Paris IV  ˆ liste-cneser, avec copie ˆ Julien De Benito de Bordeaux et Yann Renault de Rennes, prŽcŽdŽ de cette introduction

Ci-dessous, texte adoptŽ par le collectif d'AGE de Paris IV ˆ l'instant. CONFIDENTIEL DEFENSE. Le but serait de le publier au dŽbut de la rencontre du 28 juin avec le maximum d'AGE et de membres du BN signataires. Envoyez-nous vos signatures et / ou vos remarques. PAS QUESTION QU'IL PARAISSE AVANT. Nous souhaiterions organiser une rencontre prŽparatoire ˆ Paris le 27 au soir [JĠai prŽcisŽ trois jours plus tard que nous proposions 18h30 en Sorbonne] pour mettre la tactique au point (un reprŽsentant par dŽlŽgation seulement).

Le voici, avec quelques commentaires entre crochets :

ConsidŽrant que la dŽcision prise le 3 juin par le collectif national d'engager l'UNEF dans un processus de soi disant rŽunification avec l'UNEF-ID commenant par la participation de trois membres du BN ˆ la liste de l'UNEF-ID pour les Žlections du CNESER ne va dans le sens du rassemblement du syndicalisme Žtudiant, mais de sa disparition,

ConsidŽrant qu'elle est contraire au vote du 79e congrs contre toute forme de rŽunification,

ConsidŽrant que la plate-forme de cette liste est en contradiction flagrante avec les positions jusque lˆ adoptŽes par l'UNEF, en particulier celles du 79e congrs refusant le 3/5,8 (reprise dans son appel final ˆ l'unitŽ) et du 78e congrs condamnant la rŽforme Bayrou, [mme argument et mmes omissions que dans les prŽcŽdents]

Constatant que cette dŽcision a ŽtŽ soumise ˆ un CN rŽuni en pŽriode d'examens, o beaucoup d'AGE Žtaient donc absentes, alors que 24 heures avant sa rŽunion il n'en avait jamais ŽtŽ question, et que la majoritŽ ˆ ce CN a ŽtŽ obtenue gr‰ce aux voix du secrŽtariat national, contre presque toutes les AGE prŽsentes, [argument Žgalement souvent utilisŽ, strictement vrai celui-lˆ]

Constatant qu'une trs large majoritŽ des AGE de l'UNEF a dŽjˆ condamnŽ cette dŽcision [pas de prŽcision de leur nombre, tant les formulations variaient],

Constatant que dix-sept Žlus UNEF [Seize en fait, une erreur que personne nĠa relevŽe[48]] ont participŽ ˆ la constitution d'une liste de rassemblement syndical alternative ˆ celle de l'UNEF-ID, et que cette liste a ˆ ce jour reu le soutien de douze AGE de l'UNEF [voir liste plus bas], celui de l'AGET-ASL, partenaire de l'UNEF pour les Žlections du CNOUS, de l'Union nationale des Etudiants du Maroc et du SEUL.

DŽduisant logiquement des six points qui prŽcdent que la direction nationale issue du 79e congrs a perdu toute lŽgitimitŽ et doit tre remplacŽe, [La nouveautŽ, reprise de lĠAppel de Caen]

Les membres du Bureau National et les Associations GŽnŽrales ƒtudiantes signataires du prŽsent texte appellent les participants ˆ la rencontre nationale convoquŽe par Silvre Magnon [Comme nous ne reconnaissions plus la direction, il Žtait logique de faire comme sĠil agissait ˆ titre personnel] les 28 et 29 juin ˆ se constituer en Collectif National extraordinaire [LĠŽnormitŽ, que nous imposaient les circonstances] pour

– constater la nullitŽ des dŽcisions prises ˆ Nanterre le 3 juin

– reconna”tre la liste de rassemblement syndical Ensemble pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous comme celle de l'UNEF pour le CNESER, soutenir les poursuites judiciaires engagŽes contre son invalidation, appeler tous les Žlus UNEF ˆ utiliser, malgrŽ cette invalidation, son bulletin de vote.

– Žlire une direction nationale provisoire pour coordonner l'action des AGE sur les cha”nes d'inscription et organiser ˆ l'automne un 80e congrs qui engage l'UNEF dans la voie de la rŽnovation et du rassemblement syndical. [La scission assumŽe, logiquement dŽduite de tout ce qui prŽcŽdait]

Notons que dans ce mme mail, jĠajoutais : Enfin, nous recherchons actuellement activement les statuts de l'UNEF, cet objet si secret. Nous les avons demandŽ ˆ la PrŽfecture, mais a peut prendre du temps. Donc, si vous les dŽtenez (les statuts, pas le rglement),  signalez-vous vite, ce qui montre bien  dans quel flou nous agissions. Nous nĠavons pu mettre la main dessus quĠˆ lĠautomne. Je renvoie sur ce point ˆ la rubrique Statuts du site unef.org, dŽjˆ citŽe, qui publie les trois textes concurrents avec une note explicative.

Je nĠai conservŽ aucune rŽponse par mail ˆ cette proposition, et ne me rappelle plus dans quelle mesure on en a discutŽ par tŽlŽphone. En tout cas, la rŽunion prŽvue a eu lieu le 27 ˆ 18h30, dans la cour devant notre local puisquĠil faisait beau et sĠest fort bien passŽe, puisque notre proposition de texte a ŽtŽ adoptŽe sans problme, ˆ une nŽcessaire modification prs : comme il apparaissait que de nombreux membres provinciaux du BN censŽs nous soutenir ne pouvaient tre contactŽs, et quĠune liste presque uniquement parisienne aurait fait dŽsordre, nous nous en sommes tenus ˆ des signatures dĠAGE. Je ne saurais dire exactement qui Žtait lˆ. On devrait logiquement pouvoir dŽduire le nombre des prŽsents de la liste des AGE signataires publiŽe le lendemain soir, Arras, Caen, Dijon, ƒvry, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris I, Paris IV, Paris XII, Rouen, mais il nĠest pas impossible que des signatures aient ŽtŽ donnŽes par tŽlŽphone, voire sur place le lendemain juste avant la lecture en sŽance.

Nous avions limitŽ la rŽunion ˆ un dŽlŽguŽ par AGE, pour Žviter de refaire le coup du guet-apens caennais (a aurait ŽtŽ cette fois au profit des Parisiens, mais nous serait certainement retombŽ sur le nez dĠune faon ou dĠune autre). JĠy Žtais, donc Philippe nĠy Žtait pas. Il y avait probablement Jihad (ou peut-tre Sylvestre) pour Paris I, certainement Guirec et Julien pour ƒvry et Paris XII. Gilles devait tre lˆ pour Lille, Matthieu pour Lyon, MŽlanie pour Arras. Il y avait peut-tre un Dijonnais, sans doute un Nantais (Manuel, ou un de ses deux acolytes, Matthieu Lavois ou Romain Bessonnet ?). Je me rappelle fort bien quĠƒlise Lemercier reprŽsentait Rouen, dont cĠŽtait le grand retour. JĠai un gros doute sur la prŽsence de Caen.

Quoi quĠil en soit, lĠaccord a ŽtŽ total sur le texte, et sur la faon de sĠen servir : le lire en dŽbut de sŽance ds que nous pourrions avoir la parole, exiger un vote qui serait bien sžr refusŽ par la direction, discuter un peu dans lĠespoir dĠen convaincre dĠautres, puis quitter la salle et aller ailleurs nous proclamer CN extraordinaire. CĠŽtait la scission assumŽe, mais se revendiquant (ˆ juste titre) comme majoritaire et affirmant continuer lĠUNEF en prŽtendant que les scissionnistes Žtaient les autres (ce qui ne serait faux que formellement). Vous savez, puisque vous connaissez dŽjˆ la fin de cette triste histoire, que les choses ne se sont pas du tout passŽes comme cela.

Premire surprise, en arrivant ˆ Paris VIII pour la Ç rŽunion convoquŽe par Silvre Magnon È : alors que les Caennais sĠŽtaient engagŽs solennellement, lors de la rŽunion tenue chez eux, ˆ venir en masse jouer ce qui Žtait pour eux la dernire chance avant scission unilatŽrale, nous voyons venir Olivier Ruet, seul (CĠest pour a que je doute quĠil ait ŽtŽ ˆ la rŽunion de la veille : il nĠaurait pu nous cacher ce coup lˆ, quand mme), qui nous explique que ses aimables camarades nĠont finalement pas jugŽ utile de se dŽplacer, et se rŽuniront le soir mme en assemblŽe gŽnŽrale pour dŽcider de leur avenir au vu des rŽsultats que nous aurons obtenus sans eux.

Pour Rouen, il nĠy avait pas ƒlise, mais Leila Messaoudi, avec deux petits jeunes. Je ne sais plus si ƒlise nous en avait prŽvenus la veille, ou si ce fut une autre surprise. Cela nĠavait en tout cas rien dĠinquiŽtant a priori, notre expŽrience de lĠAGER nous conduisant ˆ croire que la parole dĠune valait pour tous.

Pour le reste, la mobilisation en masse de la province nĠŽtait Žvidemment pas celle que nous rvions, nous nĠŽtions pas non plus trs nombreux de Paris (la date ne facilitait pas les choses), mais comme en face il nĠy avait, hors la direction nationale, ses supplŽtifs et la LCR, presque personne, le rapport des forces semblait en notre faveur.

Le plan a ŽtŽ appliquŽ. Aprs un rapport introductif de Karine dont personne nĠa rien retenu, certainement parce quĠil nĠy avait rien dedans[49], Jihad a lu notre dŽclaration. A suivi un dŽbat sans intŽrt, o nous rŽpŽtions les mmes choses ˆ des gens qui, nĠayant manifestement rien ˆ dire, parlaient quand mme, dans lequel nous nous sommes enlisŽs un moment avant de prendre la dŽcision qui sĠimposait, sortir.

Les reprŽsentants des douze AGE signataires de la dŽclaration se sont donc rŽunis ˆ lĠextŽrieur. LĠair Žtait pur, la route large, et nous allions faire ce pour quoi nous Žtions venus. Surprise (la deuxime, donc, Žgalement normande) : ds que nous parlons de nous constituer en CN extraordinaire, Leila hurle que nous nĠavons pas de lŽgitimitŽ pour faire a. CĠŽtait tout ˆ fait vrai, et cĠest prŽcisŽment pour cela que cĠŽtait la chose ˆ ne pas dire, qui a suffit ˆ nous paralyser. Leila avait une grande autoritŽ naturelle. Cela nĠen montrait pas moins la faiblesse de notre dŽtermination. Ë ce moment lˆ, elle Žtait la seule de Rouen : jĠavais remarquŽ quĠelle avait, tout de suite aprs notre sortie, parlŽ trs fermement ˆ ses petits jeunes, qui ne furent plus ensuite parmi nous.

Alors que nous flottions lamentablement, nous avons ŽtŽ rejoints par la LCR, son chef Ga‘l Quirante en tte, venue nous expliquer combien il Žtait nŽcessaire de tous sĠunir contre les mŽchantes rŽformes du mŽchant gouvernement, et comme cette union avait pour prŽalable que nous adhŽrassions tous sans conditions ˆ une organisation qui les soutenait avec constance, dont la structure garantissait que nous y serions toujours minoritaires. Il y avait lˆ de quoi nous rŽveiller. Malheureusement, ˆ chaque fois que lĠun dĠentre nous parlait de les mettre dehors (dedans, plut™t, puisque nous Žtions dehors), Leila hurlait. Tout cela sĠest terminŽ dans la plus grande confusion. Nous avons nŽanmoins pu convenir de nous retrouver en Sorbonne le lendemain pour tenter de recoller les morceaux. JĠai envoyŽ dans la soirŽe la dŽclaration au forum, sans commentaire bien sžr.

LĠŽvŽnement de la nuit, que jĠappris le lendemain en arrivant le lendemain en Sorbonne, Žtait normand, mais nĠŽtait pas une surprise : les Caennais restŽs chez eux avaient votŽ leur sortie de lĠUNEF pour crŽer la FSE, ˆ lĠunanimitŽ moins la voix dĠOlivier Ruet, qui participait ˆ lĠassemblŽe gŽnŽrale par tŽlŽphone depuis lĠappartement de Philippe Lieutaud, qui lĠhŽbergeait. Olivier mĠa dit quĠil nĠavait rien pu faire, quĠil Žtait mme allŽ jusquĠˆ leur mentir sur nos exploits de la veille, en vain. Il se confirmait que lĠ Ç Appel de Caen È Žtait un affreux mensonge. LĠambiance Žtait donc plut™t fraiche ce jeudi 29 au matin au dŽbut de notre rŽunion, dans un amphi (facile ˆ prendre en cette saison o il nĠy avait plus ni cours ni examen) Bachelard sauf erreur de ma part. Je suis incapable aujourdĠhui de dire qui Žtait lˆ, hors ceux que je vais citer (Je retrouve dans un mail dĠinsultes adressŽs aux Nantais un an plus tard quĠil nĠy en avait pas).

Il nĠy eut pourtant pas de rglement de comptes sanglant, ce qui paraissait alors une bonne chose. Trs vite, se dessina un accord quasi gŽnŽral pour tourner la page de la scission avortŽe, et se consacrer ˆ prŽparer le congrs de lĠUNEF de lĠautomne, prŽvu par les autres pour la dissoudre et permettre la Ç rŽunification È en dŽcembre, avec pour but dĠy tre majoritaires, et de rejeter la liquidation. CĠŽtait ce que voulait Leila, que soutenaient les Lillois toujours partisans de la lutte interne. Philippe et Jihad ne demandaient que a. De faon plus surprenante, Olivier Ruet Žtait aussi vigoureusement pour. JĠai ŽtŽ le dernier ˆ mĠy opposer, en soutenant que nous ne pouvions pas sŽrieusement, aprs avoir dŽclarŽ que nous ne reconnaissions pas la direction, revenir la queue entre les jambes pour reprendre le jeu habituel. JĠai fini par rappeler ce qui Žtait vrai, que jĠavais ŽtŽ dĠabord contre cette dŽclaration qui me semblait prŽmaturŽe, mĠŽtais ralliŽ ˆ la position majoritaire, et me trouvais le seul ˆ la dŽfendre et ˆ demander quĠon f”t preuve de cohŽrence, avant de cŽder puisque tous les autres Žtaient dĠaccord. Nous dŽcid‰mes de nous constituer en tendance (dŽcision jamais suivie dĠeffet concret), ce qui plaisait naturellement aux trotskistes et socialistes, mais aussi pour une fois aux communistes, si la rŽfŽrence Žtait la tendance Renouveau des dernires annŽes de la premire UNEF.

Le coup paraissait jouable, si nous concentrions nos efforts sur le CN de rentrŽe, qui dŽciderait des modalitŽs du congrs, et validerait lĠeffectif des dŽlŽgations. En y Žtant majoritaires, nous pourrions rejeter (les arguments ne manqueraient pas) la dŽlŽgation plŽthorique de Paris VIII (voir plus haut) qui nous garantissait dĠtre minoritaires au congrs. Nous avions toutes les raisons de penser que nous le serions. Olivier sĠŽtait engagŽ spontanŽment ˆ maintenir une UNEF fictive ˆ Caen, et ˆ venir avec deux camarades. Ce nĠŽtait pas trs glorieux, cĠŽtait mme exactement ce que nous reprochions ˆ la LCR et ses AGE Ç fant™mes È de Jussieu et Nanterre, mais cĠŽtait pour la bonne cause, et cĠŽtait aussi un moyen de ramener aprs le succs la FSE ˆ une simple parenthse, puisquĠelle ne semblait pas devoir sĠŽtendre au-delˆ de Caen.

Le 29 au soir, un communiquŽ signŽ Jihad Wachill (parce quĠil ne pouvait tre question de signature collective, et quĠil avait une lŽgitimitŽ pour sĠexprimer au nom de tous, ayant lu la dŽclaration, ayant ŽtŽ auparavant le dŽpositaire officiel de la liste), mais rŽdigŽ et publiŽ par moi, tentait de mettre une cohŽrence lˆ o il nĠy en avait certes pas :

En Sorbonne, jeudi 29 juin 2000,

A toutes les AGE et ˆ tous les militants de l'UNEF

Chre camarade, cher camarade

Au dŽbut de la rencontre nationale ˆ Paris VIII, hier, mercredi 28 juin j'ai lu la dŽclaration suivante au nom des douze AGE signataires: [ici, le texte dŽjˆ publiŽ ci-dessus]

Un dŽbat assez long a suivi au cours duquel il est apparu clairement que cette position Žtait majoritaire parmi les participants et parmi toutes les AGE de l'UNEF, mais que l'obstruction de la minoritŽ, dont le secrŽtariat national, empchait qu'il fžt fait droit ˆ la demande de tenue d'un collectif national.

Nous avons donc dŽcidŽ de quitter cette rencontre sans intŽrt.

RŽunis en Sorbonne aujourd'hui, nous appelons toutes les AGE de l'UNEF

ˆ affirmer publiquement leur refus du processus dit d'unification

ˆ demander ˆ leurs Žlus de voter pour la liste de rassemblement syndical Ensemble pour une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous, malgrŽ son invalidation (bulletin ci-joint)

ˆ refuser de vendre sur les cha”nes d'inscription les coupons de participation au prŽtendu congrs d'unification

 ˆ affirmer au contraire sur les cha”nes leur volontŽ de faire vivre l'UNEF comme un syndicat de lutte utile aux Žtudiants,

 — ˆ prŽparer avec nous le 80e congrs pour y faire triompher cette volontŽ et y adopter une orientation syndicale digne de ce nom.

Nous prŽparons ensemble un matŽriel commun pour les cha”nes d'inscription. Nous invitons toutes les AGE intŽressŽes par ce matŽriel ˆ nous contacter.

Nous sommes l'UNEF !

L'UNEF vivra !

Jihad Wachill, prŽsident de l'UNEF Paris I, membre du bureau national

Le coup paraissait jouable : il ne lĠŽtait pas. Il y avait une condition nŽcessaire ˆ ce quĠil le fžt : quĠOlivier Ruet t”nt ses engagements, quĠune UNEF fant™me fžt maintenue ˆ Caen, que la FSE rest‰t un phŽnomne local. Je me demande encore aujourdĠhui comment nous avons pu lĠenvisager, alors que deux prŽcŽdents rŽcents nous montraient que tenir une promesse Žtait manifestement contraire ˆ ses principes. Il nĠa jamais ŽtŽ question dĠUNEF Caen maintenue ensuite, et les Caennais, Olivier Ruet compris, qui publia le 4 aožt un appel abominable sur le forum intitulŽ Syndiquez-vous, en une phrase, La FŽdŽration Syndicale Etudiante est lancŽe. Que tous ceux qui veulent agir comme des militants syndicaux nous contactent ˆ Caen pour que le regroupement syndical devienne effectif[50], ont consacrŽ leur ŽtŽ ˆ tenter de convaincre des camarades de rejoindre la FSE, en sĠadressant non aux directions dĠAGE, mais ˆ des individus pour leur prcher que la Ç rŽunification È Žtait faite, leur machin la seule alternative, et les inciter ˆ le rejoindre quitte ˆ fractionner leurs AGE, en mentant dŽlibŽrŽment quant ˆ des ralliements imaginaires dĠautres. Leur seul succs fut Dijon qui, aprs un engagement contraire solennellement pris sur le forum le 28 aožt, rejoignit leur FSE en septembre, ce qui nous privait dĠune AGE de plus pour le CN et le congrs. Mais dans bien dĠautres leurs agissements crŽrent du dŽsordre, et conduisirent au dŽpart ou ˆ lĠexclusion de militants. Nous devions dŽsormais lutter sur deux fronts, contre les liquidateurs, et contre la FSE, officiellement ennemis mais qui avaient pour point commun de proclamer que la Ç rŽunification È Žtait inŽluctable, et quĠil Žtait vain de sĠy opposer. Cela nous condamnait inŽluctablement.

La comŽdie dura cependant encore tout lĠannŽe universitaire 2000/2001, pour rien. Au CN du 23 septembre, il nĠy avait donc ni Caennais, ni Dijonnais, et pas de MontpelliŽrains non plus. Nous avons nŽanmoins ŽtŽ 21 ˆ voter pour le report du congrs en dŽcembre, ce qui Žtait la simple application du rglement intŽrieur qui exigeait deux mois de prŽparation, et condamnait ŽlŽgamment la sauterie Ç rŽunificatrice È prŽvue en ce mme mois. La direction a dŽcrŽtŽ que nous Žtions battus par 20 voix (Pourquoi ? Mystre) contre 22 (dont trois faux mandats, un de Montpellier, un de Caen, un dŽmissionnaire du BN, et trois de la LCR que nous considŽrions comme faux. SĠil y avait eu trois Caennais, deux Dijonnais, deux MontpelliŽrains, ou au moins une partie dĠentre eux, le truquage aurait ŽtŽ beaucoup plus difficile). Nous avons alors fait ce que nous avions tentŽ en vain en juin, sortir et nous dŽclarer majoritaires et seuls lŽgitimes, en affichant notre intention dĠorganiser le congrs.

Mais aprs une confŽrence nationale o nous fžmes peu nombreux, qui avait bien commencŽ mais sĠest enlisŽe, nous nous sommes rŽsignŽs ˆ aller au Ç congrs È organisŽ illŽgitimement ˆ Orsay, en partie parce que nous avons appris que lĠAGE dĠOrsay, et, surtout, celle de Clermont se prononaient dŽsormais contre la Ç rŽunification È, rŽsultat dĠune rŽaction venue de lĠintŽrieur du PCF, dĠanciens de lĠUNEF dont la tte dĠaffiche Žtait (surprise !) Rapha‘l Aulas, ce qui nous donnait de grands espoirs. CĠŽtait une erreur : jĠignore sĠils Žtaient sincres et ˆ quel point (jĠy reviendrai), mais leur manque total de cohŽrence et dĠefficacitŽ a contribuŽ ˆ accŽlŽrer notre perte.

Ce Ç congrs È fut grotesque de bout en bout, ˆ tout point de vue. Mais, malgrŽ un festival de faux mandats, une dŽlŽgation massive de Paris VIII, la trs sale trahison des Nantais qui passrent ˆ la LCR, Karine Delpas et son Žquipe, devant lĠimportance de lĠopposition (plus celle de membres du PCF non suspects dĠopposition ˆ la mutation que la n™tre, vraisemblablement), firent marche arrire et renoncrent ˆ faire voter la dissolution de lĠUNEF, lĠEnnemi Žtant priŽ de transformer le congrs de Ç rŽunification È pour lequel il avait dŽjˆ louŽ la MutualitŽ en une rencontre bidon de plus.

A suivi un hiver particulirement horrible, marquŽ par lĠeffondrement de lĠactivitŽ de la plupart de nos AGE, Paris IV, Lyon et Rouen en particulier, partie parce quĠon passait beaucoup de temps ˆ faire des calculs bureaucratiques, beaucoup moins ˆ faire du syndicalisme (cĠŽtait, je lĠai dit, normal en juin : pendant lĠhiver, cĠŽtait un suicide), partie parce que beaucoup de militants, dŽsorientŽs par les sollicitations contradictoires et les nombreux renversements, prŽfŽraient laisser tomber, mais surtout pour des raisons structurelles sur lesquelles je reviendrai.

Au printemps, lĠUNEF-ID a lancŽ son congrs, le 77e selon son dŽcompte officiel, qui semblait tirer les consŽquences de lĠŽchec de sa Ç rŽunification È et lui tourner le dos, en lĠaffirmant comme la seule UNEF (ce qui Žtait hŽlas de moins en moins faux). La LCR jusque lˆ officiellement dans lĠUNEF tirait les mmes consŽquences en passant ˆ lĠID, Ga‘l Quirante en tte (finalement Žlu au BN), sa rŽcente acquisition nantaise en queue, Manuel CanŽvet Žtant Žlu ˆ sa commission administrative. La page semblait tournŽe, ce qui ne rŽsolvait pas tous les problmes de lĠUNEF, moribonde, mais paraissait rŽgler celui de la Ç rŽunification È.

Elle est pourtant revenue, avant mme la fin du congrs de lĠU-ID. Les rares participants aux  rŽunions du BN ont appris quĠil fallait dissoudre lĠUNEF pour faire une Ç nouvelle organisation È puis que celle-ci se ferait par une Ç constituante È avec lĠUNEF-ID. Un CN grotesque, le 13 mai, o partisans et adversaires de la chose Žtaient ˆ peu prs ˆ ŽgalitŽ, malgrŽ un nouveau festival de faux mandats (de part et dĠautre, mais pas dans les mmes proportions), et la prŽsence de militants LCR et apparentŽs dŽjˆ passŽs ˆ lĠU-ID (huit, dĠaprs mes pointages dĠalors) fut dŽcrŽtŽ, aprs de nombreux cafouillages dus ˆ nos nouveaux amis dĠOrsay et de Clermont, avoir convoquŽ un congrs de dissolution, o personne ne fut assez idiot pour venir (ils furent une trentaine le 23 juin). Le 25 juin, la fameuse constituante accoucha dĠune UNEF Ç rŽunifiŽe È dont le prŽsident, la secrŽtaire gŽnŽrale et le trŽsorier Žtaient ceux Žlus par le rŽcent congrs de lĠU-ID. Pour ajouter une note comique, le communiquŽ triomphal prŽcisait quĠun vice-prŽsident Ç issu de lĠUNEF-SE È serait prochainement dŽsignŽ. On a su ensuite que cĠŽtait parce quĠil avait fallu plusieurs jours pour convaincre StŽphane Paturey dĠaccepter de jouer ce r™le. Les opposants Žtaient dŽjˆ depuis longtemps occupŽs ˆ sĠentre-massacrer, chacun accusant lĠautre (le plus souvent ˆ raison) dĠtre responsable du dŽsastre (Vous aurez compris tout seul quĠˆ ce jeu lˆ, jĠŽtais assez douŽ). Notre UNEF avait vŽcu et, avec elle, le syndicalisme Žtudiant, puisquĠil ne restait plus que des groupuscules gauchistes occupŽs ˆ se prouver mutuellement leur vertu, et lĠUNEF dŽsormais ex ID qui nĠavait dŽsormais plus aucune raison de faire semblant. RŽpŽtons le : tout cela Žtait dŽjˆ Žcrit le 29 juin 2000 au matin, et nĠa tra”nŽ un an que par lĠobstination, certes dŽraisonnable, de certains, et lĠincurie dĠautres.

III— Ce que jĠai cru comprendre, et ce que je nĠai toujours pas compris

Aprs ce laborieux exposŽ quasi chronologique, un bilan des positions des uns et des autres, et de ce quĠon peut en comprendre rŽtrospectivement, est nŽcessaire.

1- Pourquoi ont-ils tuŽ lĠUNEF ?

SĠagissant de la direction Delpas, on a dŽjˆ dit abondamment que son choix rŽel nĠŽtait pas une unification Žvidemment impossible, moins encore une refondation fantasmatique, mais la liquidation pure et simple, Ç on ferme et on sĠen va È. Il est tout aussi Žvident que ce choix ne venait pas dĠelle, mais lui Žtait dictŽ du PCF, qui ne voyait pas lĠintŽrt de maintenir une UNEF qui, fatalement, malgrŽ tous les efforts en sens contraire, finissait par dŽnoncer la politique anti-Žtudiante dĠun gouvernement quĠil soutenait alors servilement. Cela est clair, mais nĠexplique pas les nombreux rebondissements entre les premires pulsions Ç rŽunificatrices È, dŽbut 1999, jusquĠˆ lĠeffondrement final, plus de deux ans aprs. ƒtait-ce en raison du refus de la base de lĠUNEF (Pas nous, bien sžr, quĠils passaient volontiers par pertes et profits. Mais celle des AGE, dont pas mal de militants du PCF,  qui soutenaient la direction mais ne voulaient pas entendre parler de Ç rŽunification È) ? ƒtait-ce parce quĠil y avait des rŽticences dans la direction mme du PCF ? Mystre. Ce point nous est toujours restŽ obscur.

Le fait est que la direction Delpas, aprs avoir soutenu avec zle la Ç rŽunification È au congrs de Pantin, pris dans la figure le vote miraculeux Ç contre toute rŽunification È, sĠtre assise dessus, a reculŽ ˆ lĠautomne 1999, que pour le CNOUS elle a choisi la solution la plus sectaire, celle que nous voulions, bien quĠelle fžt sans espoir, avant le grand renversement de juin pour le CNESER. CĠest un autre fait quĠil nĠy a eu alors  aucune opposition venant du PCF, hors des camarades dŽjˆ dans lĠopposition, et quelques autres ˆ titre personnel, et que ceux qui montaient dans les semaines prŽcŽdentes des complots contre Karine Delpas, comme Rapha‘l Aulas et le mystŽrieux Redstar, ont ŽtŽ les plus bruyants soutiens de cette dŽcision objectivement indŽfendable. CĠest Žgalement un fait quĠˆ lĠautomne, ceux-lˆ mme (hors le mystŽrieux Redstar mystŽrieusement disparu) et quelques autres quĠon nĠavait pas entendus, tous anciens de lĠUNEF, anciens membres de sa direction ou attachŽs ˆ elle, Rapha‘l Aulas en tte, Pierre-Henri Lab pas loin derrire, Alan Pirrotina et Olivier Liaigre dans les bagages, tous connus pour tre du PCF, et pas dans une des nombreuses oppositions, ont soudain dŽcouvert quĠils Žtaient radicalement contre la Ç rŽunification È, entrainŽ derrire eux les AGE de Clermont et Orsay, les seules rŽunifiantes en juin hors Paris VIII, et contribuŽ ˆ son Žchec ˆ lĠautomne avant de dispara”tre ensuite (sauf Allan Pirotina, qui Žtait rŽunifiant ˆ la rŽunion du 28 juin 2000, et lĠest redevenu en juin 2001).

Le seul effet concret de cette fronde tardive a ŽtŽ de nous convaincre dĠaller au Ç congrs È dĠOrsay, pour tre encore un peu plus ridicules, un peu plus longtemps. Je ne crois pas que cĠait ŽtŽ son but. On ne peut exclure que ces camarades aient ŽtŽ sincres. Nous avions vu dans les positions de la direction de lĠUNEF sur les rŽformes gouvernementales, Ç Nous nĠavons pas ˆ dire aux Žtudiants ce quĠils doivent en penser È, et sur lĠunitŽ qui ne devait pas tre une addition dĠappareils mais une chose tout ˆ fait merveilleuse et totalement inŽdite des dŽrobades pour masquer ce quĠŽtait son but, la liquidation. Je nĠai Žvidemment pas, expŽrience faite, changŽ dĠavis sur ce point. Mais si certains avaient pris ces fadaises au sŽrieux, les plus consŽquents dĠentre eux avaient de bonne raisons dĠtre surpris quand on leur proposait soudain dĠadhŽrer ˆ lĠUNEF-ID sans conditions, et ce pour expliquer aux Žtudiants que les rŽformes gouvernementales Žtaient merveilleuses, et quĠil en fallait encore plus du mme genre. Mais ces camarades ne pouvaient malheureusement vouloir que le maintien en lĠŽtat de lĠUNEF du PCF, ce qui aurait sans doute ŽtŽ souhaitable, mais nĠŽtait pas possible,  puisque le PCF nĠen voulait plus.

Il resterait ˆ savoir, mais nous ne le saurons pas, ce quĠŽtait Ç le PCF È dans ce cas, ˆ quel niveau et par qui, aprs quels dŽbats Žventuellement, la sentence de mort de lĠUNEF a ŽtŽ rendue. Il est certain que cette dŽcision correspondait ˆ la ligne dĠalors du Parti, de soutien inconditionnel ˆ Jospin (et les fadaises sur les formes nouvelles dĠorganisation qui Žmergeraient miraculeusement ds quĠon aurait sabotŽ les anciennes au discours de la Ç mutation È). JĠouvre ici une parenthse de plus, ˆ lĠintention de qui douterait que la dŽcision a ŽtŽ prise au niveau de la direction du Parti. JĠai jouŽ ˆ un colloque organisŽ en janvier 2001 en Sorbonne par la section PCF du Ve arrondissement, ˆ laquelle jĠavais fini par adhŽrer en septembre 2000 (il serait trs long, et tout ˆ fait hors-sujet dĠexpliquer ici pourquoi), le r™le de lĠŽtudiant de service, pour parler de prŽcaritŽ. Je ne sais plus comment jĠavais ŽtŽ amenŽ ˆ parler dĠUNEF-ID. ForcŽment, comme je dis toujours la vŽritŽ quand je nĠai pas une bonne raison de mentir, ce nĠŽtait pas en bien. JĠai ŽtŽ agressŽ trs grossirement par un nommŽ Alain Hayot, professeur de sociologie dans une universitŽ quelconque, conseiller dĠune rŽgion quelconque et membre de la direction du PCF, qui a pŽrorŽ sur la beautŽ de la Ç rŽunification È et, comme je lui faisais observer que ce nĠŽtait plus dĠactualitŽ suite au Ç congrs È dĠOrsay (cĠŽtait vrai, ˆ lĠŽpoque), m Ôa aboyŽ ˆ la figure quĠil avait des informations que je nĠavais pas, et que la Ç rŽunification È se ferait (ce que la suite a tristement confirmŽ). JĠai ŽtŽ trs surpris par son ton : on mĠavait ŽlevŽ dans un monde o, dans ce genre de colloque rigolo, lĠuniversitaire de service nĠinsultait pas lĠŽtudiant de service, et, sĠil estimait devoir le contredire, le faisait courtoisement. La mutation vers de nouvelles formes beaucoup plus dŽmocratiques avait manifestement changŽ cela, au point dĠautoriser le moindre pitre ˆ jouer ˆ la mauvaise caricature de mandarin. RŽtrospectivement, on ne peut quĠen conclure que la dŽcision Žtait prise de liquider au niveau de la direction du PCF, et le Ç congrs È dĠOrsay considŽrŽ comme un contretemps de peu dĠimportance. Il est bien Žvident que ce con de compŽtition nĠŽtait pour rien dans cette dŽcision. Mais quĠil me la braill‰t ˆ la figure ˆ un moment fort peu opportun (il prouvait lˆ quĠil Žtait de compŽtition) suffisait ˆ prouver quĠau niveau de la direction du PCF on considŽrait quĠelle Žtait faite, au point de la diffuser mme ˆ des subalternes incapables de fermer leur grande bouche. Refermons la parenthse.

Restent deux questions qui nĠauront pas de rŽponse. La direction du PCF nous est apparue comme un bloc, mais il faut bien que quelquĠun ait pris une dŽcision, ˆ un moment o, au sommet, on trouvait surtout des gens nĠayant aucune expŽrience du syndicalisme Žtudiant, et un intŽrt trs relatif pour lui (Il est vrai que a commenait ˆ changer. Marie-George Buffet est devenue prŽcisŽment ˆ ce moment lˆ le premier dirigeant communiste de haut niveau ˆ tre passŽ par lĠUNEF). On a beaucoup attribuŽ ˆ Marie-Pierre Vieu, qui a incontestablement beaucoup agi pour pousser la direction Delpas dans cette voie, et pour couvrir ses arrires (On sait quĠelle a appelŽ ˆ lĠautomne Laurent Frajerman pour tenter de le dissuader de prendre position contre la Ç rŽunification È en lui disant que les anciens nĠavaient pas ˆ se mler dĠune affaire qui concernait les militants actuels de lĠUNEF, et comme il sĠŽtonnait quĠelle sĠen ml‰t elle-mme, lui a rŽpondu que son cas Žtait diffŽrent puisquĠelle appartenait ˆ la direction du Parti). On ne sait si elle a vraiment ŽtŽ ˆ lĠinitiative (qui ne correspondait certes pas ˆ ses positions quand elle prŽsidait lĠUNEF) ou seulement ˆ lĠexŽcution.

Nous ne savons pas non plus si les tergiversations avant la ridicule liquidation finale sont dues seulement ˆ la rŽaction de la base, qui Žtait en partie Žgalement la base Žtudiante du PCF, sur laquelle on aurait hŽsitŽ deux ans ˆ sĠasseoir lourdement, ou Žgalement ˆ des rŽticences au niveau de la direction du Parti. Pour rŽpondre ˆ cette question, il faudrait des tŽmoignages de lĠintŽrieur : ˆ ce jour, il nĠy en a pas.

On peut remarquer enfin que si le PCF avait tout ˆ fait raison, vue sa ligne, de considŽrer entre 1999 et 2001 quĠil nĠavait plus besoin dĠune UNEF qui ne pouvait lui rapporter que des ennuis avec Jospin, il aurait pu en avoir ˆ nouveau lĠusage ds mai 2002, quand il sĠest trouvŽ ˆ nouveau dans lĠopposition ˆ des gouvernements de droite qui menaient la mme politique anti Žtudiante. Mais ˆ lĠŽpoque, cĠŽtait un dogme que Jospin entamait un rgne de mille ans et que la place du Parti ne pouvait tre quĠau gouvernement. Le 21 avril 2002, il Žtait trop tard pour ressusciter lĠUNEF. (Certains, prenant conscience de la lacune, ont tentŽ de crŽer plus tard une tendance Ç communiste È dans lĠUNEF ex ID, par importation massive de trotskistes anglais. Ce ne fut pas un succs)

On ajoutera, ici parce quĠil faut bien le mettre quelque part, que les directions des syndicats de grandes personnes, CGT et FSU, ont incontestablement poussŽ dans le sens de la Ç rŽunification È, pour des raisons diffŽrentes de celles du PCF. La CGT, premier syndicat de salariŽs et tenant ˆ le faire savoir, qui avait naturellement soutenu lĠUNEF du Renouveau contre lĠUNEF Lambert en 1971, Žtait de plus en plus gnŽe par son lien exclusif avec celle qui Žtait devenue la plus petite des deux, et de loin selon les media (mme si cĠŽtait en partie, on lĠa vu une illusion dĠoptique : elle la partageait) et voyait dans leur unification au profit de la plus grosse un moyen de rŽsoudre le problme, sans se soucier des enjeux Žtudiants qui lĠintŽressaient peu (Le lien connu entre UNEF et PCF Žtait plut™t dŽsormais pour elle une circonstance aggravante, puisquĠelle cherchait ˆ se dŽbarrasser de son assimilation ˆ celui-ci). La FSU, de par sa fondation rŽcente et sa volontŽ Ç unitaire È, nĠavait jamais pris parti entre les deux UNEF, syndiquait des profs et instits ŽlevŽs dans lĠune ou lĠautre, et trouvait Žgalement plus simple quĠil nĠy en ežt quĠune.

La position de LCR se comprend parfaitement, et pouvait mme para”tre lŽgitime jusquĠˆ un certain point (hŽlas dŽpassŽ ˆ vitesse supersonique) si on constate un fait indŽniable, quĠelle nĠa jamais eu aucun intŽrt pour le syndicalisme Žtudiant en tant que tel. Ce nĠest pas par hasard quĠelle nĠappara”t pas, alors quĠelle Žtait extrmement forte, plus certainement que jamais depuis, dans le grand massacre pour lĠUNEF de 1971, mais parce quĠelle Žtait alors occupŽe ˆ thŽoriser son inutilitŽ (il faut signaler que les arguments thŽoriques contre la possibilitŽ mme dĠun syndicalisme Žtudiant ne manquent pas, et ne sont pas forcŽment illŽgitimes). Elle a changŽ de position quelques annŽes plus tard en constatant ce que les deux UNEF apportaient ˆ leurs directions politiques respectives, mais nĠa jamais considŽrŽ en fait le syndicalisme Žtudiant que comme un moyen dĠaffichage politique et de recrutement, dĠo son obsession du droit de tendance qui lui permettait dĠappara”tre en tant que telle, sous un blase avec des T, des L, ou des D tout ˆ fait transparent. CĠest un fait bien connu quĠhors des congrs et CN, on trouvait ses militants en abondance quand il sĠagissait dĠimpliquer le syndicat dans des choses anti racistes ou anti fascistes, ou fŽministes (On ne se lancera pas dans un dŽbat thŽologique sur leur lŽgitimitŽ en soi, ni sur celle dĠy faire intervenir des syndicats Žtudiants : on espre convaincre quĠelles ne peuvent en tout cas tre lĠunique activitŽ dĠun tel syndicat), trs rarement quand il sĠagissait de questions universitaires (Les rŽformes Žtaient dŽnoncŽes vigoureusement aux tribunes, mais quand on parlait dĠaction concrte, il y avait toujours des sans-papiers ˆ aider avant de sĠy mettre) ou de dŽfendre un Žtudiant particulier contre lĠadministration.

La Ligue Žtait dans la  maison dĠen face depuis quĠelle Žtait devenue ID en 1980 (sa premire Ç rŽunification È, toute seule, comme la seconde). Elle avait commencŽ ˆ pŽnŽtrer la n™tre par des voies compliquŽes qui ne sont pas notre sujet au dŽbut des annŽes 1990. Dans les deux, elle jouait le r™le de lĠopposition de gauche resplendissante de puretŽ, et rŽclamait trs fort la rŽunification (elle Žtait bien seule, alors) pour diminuer lĠŽvidente contradiction. Cette rŽpartition nĠavait pour elle que des avantages, parce quĠelle doublait ses possibilitŽs dĠaffichage, parce que surtout elle lui offrait deux positions trs diffŽrentes. Dans lĠU-ID, elle pouvait compter sur la complaisance de la direction, qui avait besoin dĠune opposition de gauche inoffensive pour prouver le caractre dŽmocratique de la direction, mais le soutien constant aux gouvernements anti-Žtudiants pouvait gner certains de ses militants ayant gardŽ une ‰me simple. LĠUNEF ne soutenait pas, jusquĠˆ la triste Žpoque dont nous traitons, les gouvernements, ce qui Žtait meilleur pour le salut des ‰mes, mais pouvait toujours tre accusŽe de ne pas tre assez radicale, ce qui Žtait encore mieux, dĠautant plus quĠon pouvait ainsi prendre des coups sur la tte. Bien Žvidemment, sĠil sĠŽtait rŽellement agi de faire du fractionnisme avec des objectifs concrets, il aurait ŽtŽ absurde de diviser ainsi ses forces. Mais comme dans lĠU-ID le nombre de mandats de congrs Žtait nŽgociŽ au niveau politique, sans rapport connu avec le nombre de cartes, on pouvait nĠy affecter que les chefs, et envoyer, avec un chef ou deux quand mme, les petits militants ˆ conscience pure, dans lĠUNEF, o il nĠŽtait pas question non plus dĠtre majoritaire, mais o le recul de lĠimplantation communiste permettait de ramasser un certain nombre dĠAGE, avec les avantages en termes dĠaffichage, matŽriels aussi (locaux, subventions, tŽlŽphoneÉ), affŽrents.

LĠapparition de SUD ƒtudiants (je ne crois pas que la LCR y ait ŽtŽ pour quelque chose) a rompu cette harmonie. Il y avait dŽsormais pour le salut de lĠ‰me bien mieux que lĠUNEF (et sans coups sur la tte), avec lĠavantage dĠtre garanti absolument inefficace syndicalement, ce qui ne pouvait que plaire ˆ lĠU-ID. LĠUNEF nĠavait donc plus aucun intŽrt pour la LCR, lĠutile dualitŽ Žtant dŽsormais entre SUD et lĠU-ID. Il Žtait ainsi logique que ses militants la quittassent aprs le congrs de Toulouse pour passer ˆ lĠun et ˆ lĠautre, et les AGE quĠils contr™laient avec eux. Ils ne sont restŽs officiellement quĠˆ Jussieu, o lĠAGE Žtait alors toute ˆ eux, et ˆ Nanterre, o ils jouaient avec des membres de la direction nationale un jeu curieux dĠalternance dont je nĠai pas toutes les clefs, certainement pour des raisons essentiellement matŽrielles (ˆ Jussieu, cĠŽtait Žvident. Nanterre, jĠai moins connu), mais sans aucune activitŽ pour lĠUNEF, et en Žtant systŽmatiquement absents des CN.

On ne parle pas, jusque ici, de mŽchants et de bons. Pas du tout. Je ne suis pas en train de dire quĠils Žtaient mŽchants parce quĠils avaient des arrire-pensŽes politiques. Nous nĠen manquions pas non plus. Mais ce nĠŽtaient pas les mmes. Les n™tres Žtaient de faire du syndicalisme pour en retirer un bŽnŽfice politique, ce dont lĠUNEF nous donnait les moyens que ni lĠU-ID, ni bien sžr SUD, ne nous auraient donnŽs, les leurs dĠutiliser exclusivement les syndicats comme tribune politique. Dans leur logique, leur abandon de lĠUNEF Žtait Žvidemment lŽgitime.

Il ne lĠŽtait pas en revanche, par rapport au discours mme quĠils tenaient, quĠaprs avoir abandonnŽ lĠUNEF ils y revinssent pour y tre le dernier soutien dĠune direction nationale quĠils avaient toujours prŽsentŽe comme leur ennemi principal, contre nous avec qui ils disaient tre totalement dĠaccord quant ˆ la politique du gouvernement. Penser quĠon Žtait plus efficace contre cette politique en Žtant lĠopposition de gauche dans une organisation qui la soutenait quĠen tentant de la combattre syndicalement avec de faibles moyens Žtait aprs tout lŽgitime, quoique surprenant. Avec un peu de bonne volontŽ et beaucoup dĠhypocrisie, nous aurions mme pu trouver cela complŽmentaire. Aider ceux qui soutenaient cette politique ˆ nous exterminer, nous qui la combattions, jetait un Žclairage qui aurait pu tre surprenant sur leur puretŽ rŽvolutionnaire revendiquŽe. Est-il utile de prŽciser que nous nĠavons pas ŽtŽ surpris ? Bien entendu, aprs avoir prchŽ lĠunitŽ, ils ont continuŽ comme auparavant ˆ se rŽpartir, selon les mmes critres, entre lĠUNEF qui avait cessŽ dĠtre ID et SUD.

JĠai ŽtŽ en revanche, et reste aujourdĠhui encore, surpris par lĠobstination rŽunifiante de la direction de lĠU-ID, alors (pour peu de temps encore) sous obŽdience du groupe Dray. Au dŽbut des grandes manÏuvres, en janvier 1999, elle pouvait lŽgitimement penser y avoir intŽrt : se dŽbarrasser de lĠUNEF, qui Žtait encore une Žpine dans son pied, affirmer ainsi son monopole, et ce tout en rendant service au PCF, avec qui ses relations Žtaient alors excellentes, puisquĠil voulait liquider et quĠelle donnait ˆ son UNEF lĠoccasion de mourir dans une apparence de dignitŽ. Elle nĠa pas eu lĠair maligne quand la Ç rŽunification È annoncŽe au printemps sĠest perdue dans lĠautomne et a ŽtŽ enterrŽe en dŽcembre. Revenir ˆ la charge six mois plus tard nĠŽtait pas forcŽment une mauvaise affaire, surtout de cette faon lˆ, en commenant par Žliminer la reprŽsentation propre de lĠUNEF au CNESER. Mais le nouvel Žchec de lĠautomne, alors que la MutualitŽ Žtait rŽservŽe pour le congrs dĠunitŽ en dŽcembre et que la presse aux ordres džment convoquŽe six mois ˆ lĠavance se p‰mait, la ridiculisait, y compris en interne face ˆ ses oppositions de droite cambadŽliste et rocardiennes. Je ne vois dŽcidŽment pas pourquoi elle a remis a au printemps suivant. Tous ses buts Žtaient atteints : lĠUNEF Žtait morte en tant quĠorganisation nationale, ses AGE avaient prouvŽ quĠelles Žtaient incapables de faire quoi que ce soit ˆ ce niveau, et la plupart Žtaient aussi en train de prouver quĠelles Žtaient incapables de se maintenir localement comme syndicats, la LCR et ses supplŽtifs avaient officialisŽ leur passage ˆ lĠID. De dignitŽ, il nĠŽtait Žvidemment plus question. On arrivait ainsi au rŽsultat voulu : ˆ la rentrŽe suivante, il nĠy aurait quĠune seule UNEF (la mŽchante), et des groupuscules gauchistes grotesques occupŽs ˆ sĠexcommunier mutuellement. Pourquoi donc se ridiculiser une fois de plus en faisant semblant de ramasser les derniers dŽbris de la direction Delpas ? Avaient-ils fini par croire ˆ leurs propres mensonges sur la Ç grande UNEF È ? SĠils y avaient jamais cru, le spectacle donnŽ par leurs interlocuteurs aurait dž les ramener au bon sens. était-ce seulement lĠeffet de lĠŽlan pris, conduisant ˆ une obstination ˆ terminer ce quĠon avait commencŽ, mme de faon grotesque ? CĠest possible. Y avait-il un motif secret de faire cela ? Il mĠŽchappe tout ˆ fait, alors. JĠignore totalement si cette pantalonnade a eu un r™le dans la rŽvolution de palais qui lĠa suivie de peu, qui a vu presque tous les drayistes passer, derrire Pascal Cherki et Isabelle Thomas, au Ç Nouveau Monde È crŽŽ par Emmanuelli et MŽlenchon (puis plus tard ˆ Beno”t Hamon. Ë lĠUNEF-ID, il nĠy a pas de changement de majoritŽ, mais des changements dĠobŽdience). Elle a en tout cas servi dĠargument ˆ la scission des rocardiens de droite (a a lĠair dĠun plŽonasme, mais cĠest ˆ prendre relativement : ils Žtaient encore beaucoup plus ouvertement ˆ droite que les autres rocardiens) qui a donnŽ la ConfŽdŽration Žtudiante dŽbut 2003.

2- Pourquoi avons nous ŽtŽ trahis ?

JĠen arrive ˆ ceux qui furent au dŽbut nos alliŽs, avant de se tourner violemment contre nous, soit en soutenant objectivement la Ç rŽunification È, comme ceux qui ont fait la FSE, soit en y passant, comme les Nantais.

Un point est certain : la crŽation de la FSE ˆ ce moment lˆ Žtait, quoi quĠon pens‰t de ce que devait tre la suite, une Žnorme sottise. Je crois avoir dŽjˆ dit pourquoi. Pour rŽsumer, cĠŽtait un repli groupusculaire, fondŽ sur le dŽnigrement de lĠUNEF, sur une partie seulement de lĠancienne opposition (la plus influencŽe par le SEUL), dĠautant plus groupusculaire que lĠunion avec les scissionnistes de lĠannŽe prŽcŽdente qui avaient formŽ SolidaritŽ Žtudiante Žtait impossible[51], au moment o on pouvait espŽrer, en prenant lĠŽtendard de la fidŽlitŽ ˆ lĠUNEF, rassembler presque toutes les AGE.

Il nĠest pas besoin dĠtre trs parano•aque pour se demander si une sottise dĠune telle taille, qui a eu de telles consŽquences, pouvait vraiment tre seulement une sottise, si les sots qui lĠont faite nĠont pas dž leur succs ˆ lĠinfluence et ˆ la direction dĠautres qui, nĠŽtant pas des sots, avaient dĠautre buts que les n™tres.

CĠest poser la question du r™le dans toute cette affaire du SEUL, cĠest ˆ dire presque exclusivement de Nathan Balsan-Duverneuil. JĠai toujours une impression curieuse quand je relis mes mails de cette pŽriode, et constate que mes deux meilleurs amis sur internet Žtaient alors Nathan et Manuel CanŽvet (jĠy viendrai, ˆ celui-lˆ). CĠest un fait que la crŽation de la FSE Žtait lĠapplication de ce que prŽconisait le SEUL lĠannŽe prŽcŽdente (et depuis sa fondation), la rupture avec lĠUNEF pour faire un beau syndicat pur luttant clairement contre les rŽformes gouvernementales, quĠelle a ŽtŽ lĠÏuvre de ceux qui avaient tentŽ et ratŽ cela aprs le congrs de Pantin, incapables de comprendre que le contexte avait radicalement changŽ, en mal parce que lĠenthousiasme nŽ du mouvement contre le rapport Attali Žtait rapidement retombŽ, en bien par la rŽaction de presque toutes les AGE de lĠUNEF ˆ la relance de la Ç rŽunification È. Cela, Nathan semblait lĠavoir compris, ˆ ce quĠil me disait en privŽ, et ˆ ce quĠil disait publiquement. CĠŽtait dĠautant plus crŽdible que cĠŽtait diffŽrent. En privŽ, nous discutions dans une apparente franchise, avec des dŽsaccords et des rŽticences, mais toujours pour conclure que nous avions le mme but, la crŽation face au monopole ˆ venir de lĠUNEF-ID dĠun vrai syndicat vraiment Žtudiant, en considŽrant (hypocritement, et en toute conscience que cĠŽtait hypocrite, car chacun savait que cĠŽtait essentiel pour lĠautre) que la question de son nom, UNEF ou un truc nouveau, nĠŽtait pas dĠactualitŽ et serait traitŽe ultŽrieurement. Nous avons eu des discussions charmantes ˆ propos de Titanic, de radeaux, de canots de sauvetage, et de la possibilitŽ de boucher les voies dĠeau. En public, il Žtait strictement sur la mme ligne que moi, lĠUNEF justement soulevŽe contre sa direction liquidatrice, et soucieux de recadrer les amateurs de FSE. Ce que je ne sais pas, cĠest ce quĠil disait alors aux autres en privŽ. Il a tenu publiquement une ligne unitaire pendant toute lĠannŽe suivante, puis a pris de plus en plus violemment parti pour lĠabominablement ridicule FSE, y reconnaissant soudain le grand syndicat Žtudiant national quĠil avait toujours voulu fonder, et piŽtinant dĠune faon tout ˆ fait odieuse, quand je lĠinterpellais ˆ ce sujet, ce que nous avions fait ensemble en ce mois de juin 2000.

A priori, pour prendre ce ridicule groupuscule gauchiste occupŽ ˆ se dŽchirer sur des questions nĠayant que peu ˆ voir avec le syndicalisme Žtudiant, cautionnant ainsi objectivement le monopole revendiquŽ par lĠUNEF qui avait cessŽ dĠtre ID sur la Ç reprŽsentation Žtudiante È, pour le grand syndicat Žtudiant dont nous avions rvŽ ensemble, il fallait vraiment ne pas tre physionomiste. On ne peut cependant exclure quĠil y ait eu, du dŽbut, un malentendu entre nous sur ce quĠŽtait le syndicat Žtudiant de nos rves, bien plus fort que la divergence, dŽjˆ capitale, sur son nom.

Les choses sont pourtant, dŽcidŽment, compliquŽes. Le SEUL Žtait Žvidemment groupusculaire : dans la seule universitŽ o il ait jamais existŽ (hors une opŽration parachutiste ˆ Montpellier II dont il a ŽtŽ question ˆ propos de la composition de la liste), Montpellier III, il a toujours ŽtŽ derrire lĠU-ID et lĠUGEM-UNEF aux Žlections (ce nĠest pas un critre dŽcisif, mais cĠest un des critres ˆ prendre en compte). Il Žtait, jusquĠau bref miracle de juin 2000, dĠun sectarisme Žpouvantable. Mais il avait la particularitŽ sur tous les groupuscules gauchistes genre SUD de fonder son sectarisme sur une dŽfinition trs stricte du syndicalisme Žtudiant (au point dĠavoir fait peur mme ˆ moi ˆ propos de sans-papiers, dont selon lui il ne fallait pas se prŽoccuper sĠils nĠŽtaient pas Žtudiants). LĠennuyeux, du point de vue qui Žtait le mien, Žtait que cette conception, proche de la mienne, sentait trs fort, horriblement fort, FO, avec tout ce que cela impliquait en aval, et en amont. CĠŽtait un point quĠil valait mieux ne pas aborder en juin 2000. JĠai nŽanmoins essayŽ plusieurs fois, ˆ lĠautomne, dĠinterroger Nathan sur ce qui paraissait au guesdiste qui ne sommeille jamais totalement en moi une adoration fŽtichiste de la Ç charte È dĠAmiens : il ne mĠa pas rŽpondu. Nathan Žtait, foncirement, un lambertiste. SĠil Žtait dĠun groupe qui avait rompu avec la maison mre, dans des conditions, comme toujours avec ces gens lˆ, obscures et compliquŽes, il en avait tous les rŽflexes, ˆ commencer par un anticommunisme instinctif et par la manie de semer la division pour des queues de cerises ŽlevŽes en principes doctrinaux non nŽgociables.

Il Žtait certain que lĠaccord entre nous, mme sĠil avait ŽtŽ sincre (ce que je nĠexclus pas tout ˆ fait), ne pouvait tre que provisoire : la question du nom, quoi que nous en dissions alors, Žtait dŽterminante quant ˆ la nature de la chose ˆ construire. Il est tout aussi certain que le groupuscule gauchiste quĠest rapidement devenue, ce qui me paraissait fatal, la FSE ne correspondait en rien ˆ ce que prŽconisait le SEUL auparavant, ni mme ˆ ce quĠil Žtait rŽellement (la diffŽrence entre les deux Žtant bien sžr le caractre groupusculaire).

Je ne peux dŽcidŽment savoir si Nathan a dŽcidŽ sincrement en ce printemps 2000 de marcher avec nous, provisoirement du moins (Je ne peux cependant exclure quĠil ait ŽtŽ convaincu alors de renoncer ˆ ses turpitudes lambertistes pour participer au maintien dĠun vrai syndicalisme vraiment Žtudiant. Il est de foi que la gr‰ce peut toucher les cÏurs les plus endurcis. ‚a nĠen est pas moins lĠhypothse la plus improbable), et sĠŽtant trouvŽ dŽpassŽ par les Žvnements et par sa base (De ce que jĠai vu de ses successeurs au SEUL, jĠai eu lĠimpression quĠil avait fort bien rŽussi ˆ leur apprendre le sectarisme, mais non les bases thŽoriques sur lesquelles il le fondait, moins encore la bonhomie et les Žlans lyriques qui lui permettaient de donner le change), a prŽfŽrŽ reconna”tre dans la ridicule FSE son enfant plut™t quĠavouer son Žchec, ou si son but vŽritable Žtait du dŽbut, ce qui serait alors un franc succs, la destruction de notre UNEF, tout le reste Žtant littŽrature. JĠai nŽanmoins une certitude, quĠil nĠŽtait Žvidemment pour rien dans lĠabominable Ç charte È et les grotesques statuts de la FSE, publiŽs pendant lĠŽtŽ 2000 : Nathan savait, et cĠŽtait une des bases de notre entente paradoxale, lire et Žcrire (ce qui commenait ˆ se faire rare ˆ lĠŽpoque). ‚a ne permet pas de dire sĠil en a ou non encouragŽ en privŽ les auteurs.

Je dois ajouter ˆ ces nombreux aveux dĠignorance que je ne sais pas du tout quel a ŽtŽ le r™le dans tout a du groupe La Commune, auquel il appartenait. Nous nĠavons jamais vu que lui, et jamais eu trace dĠune prise de position de ce groupe. Agissait-il de faon autonome, les autres ne se prŽoccupant pas de syndicalisme Žtudiant ? DŽpendait il de chefs peu soucieux dĠappara”tre, mais suivant les opŽrations ? Mystre.

Ce groupe avait alors fusionnŽ depuis un an avec la Gauche rŽvolutionnaire, que nous connaissions en revanche fort bien, ˆ laquelle je viens pour dire que je nĠai absolument pas compris sa position, si on peut parler de position, en ce mois de juin 2000. La GR avait en commun avec la LCR dĠtre prŽsente dans les deux UNEF, avec cette diffŽrence que cĠŽtait pour y faire du syndicalisme Žtudiant. Elle avait, comme on lĠa vu, depuis 1997 au moins, un r™le dirigeant parmi les AGE de lĠUNEF opposŽes ˆ la direction. Elle a pourtant ŽtŽ, en ce mois de juin, ˆ peu prs totalement absente des dŽbats, hors la prise de position aussi dŽcisive que surprenante de Leila le 28, que nous avons vue, et totalement ensuite (Certes, Olivier Ruet en Žtait officiellement, mais, ˆ moins de supposer un complot si vaste et si compliquŽ que je ne peux, mme moi, aller jusque lˆ, on ne peut envisager que ses prises de position successives et contradictoires en aient ŽmanŽ, sauf peut-tre celle du 29, o il Žtait dĠaccord sur tout avec Leila, ce quĠil a rapidement oubliŽ). La GR Žtait, comme nous, adepte de la politique du coucou, et avait, comme nous, et avec les mmes arguments, refusŽ dĠenvisager une scission qui semblait logique ˆ certains aprs le congrs de 1999. La position de Leila le 28 juin peut tre interprŽtŽe comme une obstination sur cette ligne, ˆ un moment o elle nĠavait plus de sens. Il est beaucoup plus surprenant que la GR ait ensuite totalement disparu du syndicalisme Žtudiant, son principal terrain dĠactivitŽ jusque lˆ, ˆ Rouen, mais aussi ˆ Lille et Paris I, et, dans la maison dĠen face, ˆ Amiens. Nous pouvions espŽrer, nos positions jusque lˆ Žtant presque les mmes, son soutien. Elle aurait pu aussi choisir, puisquĠelle Žtait dans les deux UNEF, la Ç rŽunification È en sĠy nŽgociant une petite place. Elle nĠa fait ni lĠun ni lĠautre, mais sĠest ŽvaporŽe. ƒtait-ce un choix fait au niveau politique dĠabandonner le syndicalisme Žtudiant, peut-tre parce que la Ç rŽunification È empchait la poursuite de ce qui Žtait fait jusque lˆ dans les deux UNEF ? ƒtait-ce liŽ aux difficultŽs crŽŽes par la fusion aberrante, tant ces deux groupes Žtaient diffŽrents, avec La Commune, dont les positions sur le sujet Žtaient trs diffŽrentes, fusion alors en train dĠexploser ? ƒtait-ce, beaucoup plus simplement, un problme de renouvellement des militants et des directions, ceux qui terminaient leurs Žtudes (cĠŽtait le cas de Leila) ne trouvant point de successeurs ? En tout cas, nous avons perdu soudainement, au pire moment, ce qui avait ŽtŽ le principal ŽlŽment structurant de lĠopposition dans lĠUNEF depuis 1997.

JĠen viens aux seuls, au seul en fait tant tous les autres nĠŽtaient que ses laquais, qui, aprs avoir ŽtŽ de notre liste pour le CNESER en juin 2000, sont passŽs ˆ lĠUNEF-ID via la LCR ds lĠannŽe suivante, le CEN de Nantes, soit Manuel CanŽvet. Aprs avoir ŽtŽ un des premiers, parmi les absents du CN, ˆ manifester son soutien ˆ la liste, et avoir dit avec une violence extrme le mal quĠil pensait de la Ç rŽunification È, il est devenu beaucoup plus flottant ds la mi-juin, a jouŽ les blasŽs, puis dans un renversement spectaculaire, est passŽ pendant le Ç congrs È dĠOrsay de novembre (alors quĠil mĠavait jurŽ solennellement au tŽlŽphone le lundi prŽcŽdent quĠil ne ferait jamais a) ˆ la LCR et a manifestŽ ds lors un enthousiasme rŽunificateur qui lĠa conduit ˆ rejoindre lĠU-ID, dans la tendance LCR, ds son congrs dĠavril, sĠy faire Žlire ˆ sa commission administrative, et revenir voter la mort au CN de lĠUNEF du 13 mai. Peu de temps aprs, il est passŽ de la LCR aux rocardiens, avec ses bagages. Je nĠai jamais bien rŽussi ˆ le situer politiquement, au milieu de tant de choses contradictoires (il est mme allŽ jusquĠˆ me dire, dans un moment de fraternisation, quĠil Žtait, comme moi, catholique). Pendant longtemps, ses deux acolytes, Matthieu Lavois et Romain Bessonnet, ont ŽtŽ prŽsentŽs officiellement par lui lĠun comme vert, lĠautre comme communiste. CĠŽtait sans doute une farce. Aprs la trahison dĠOrsay, Bessonnet mĠa envoyŽ de nombreux courriers (dont un se terminant par Ç A poil Trotski ! È) pour mĠexpliquer quĠil Žtait contraint de faire semblant de suivre, mais restait de cÏur avec nous, me demandant des conseils pour exterminer lĠinf‰me CanŽvet, auxquels jĠai rŽpondu avec circonspection. La suite a montrŽ que jĠavais bien fait, et quĠil jouait (trs mal, et trs btement) le r™le de lĠagent provocateur.

Il sĠest trouvŽ des gens connaissant trs bien Manuel CanŽvet depuis sa plus tendre enfance pour nous expliquer quĠil se moquait de nous depuis le dŽbut, et nĠavait jamais eu dĠautre but que se vendre (ˆ bas prix : il ne valait pas plus) ˆ lĠUNEF-ID. Ils avaient probablement raison. Quand on repense ˆ ce qui a prŽcŽdŽ le moment dĠenthousiasme de ce dŽbut de juin, on constate quĠil avait toujours, lors des rŽunions importantes o il y avait matire ˆ se compromettre, des empchements en gŽnŽral familiaux, qui lĠobligeaient ˆ envoyer un de ses sbires ˆ sa place (souvent avec consigne de mĠobŽir en tout, ce qui Žtait flatteur pour moi, mais non compromettant pour lui), quĠil avait ŽvitŽ, par une histoire tout ˆ fait invraisemblable de vote de son AGE contre le cumul des mandats, dĠtre tte de liste pour le CNOUS, quĠil ne publiait dĠailleurs de positions gauchistes (souvent btement gauchistes) que comme positions de lĠAGE sans sĠengager, quĠil sĠŽtait dŽjˆ arrangŽ pour ne pas tre au congrs de Pantin lĠannŽe prŽcŽdente (laissant carte blanche ˆ Guillaume CavŽ), que la faon dont il sĠŽtait fait Žlire ˆ la rentrŽe 98 au BN en sortant du nŽant, et en faisant croire ˆ la direction quĠil Žtait de son c™tŽ, Žtait dŽjˆ significative. Il reste que, pendant deux semaines environ, ˆ partir du 3 juin 2000, il sĠest vraiment compromis avec nous, contre lĠUNEF-ID et sa Ç rŽunification È. ƒtait-ce uniquement pour faire monter (un peu) sa cote ˆ la revente ? Ce nĠest pas impossible.

3- Pourquoi avons-nous ŽtŽ ridicules ?

JĠen viens ˆ nous, ceux qui ont ŽtŽ constamment contre la Ç rŽunification È et pour le maintien de lĠUNEF du printemps 2000 au printemps 2001, qui avons lamentablement ŽchouŽ. Il est clair quĠon ne peut expliquer cet Žchec uniquement par la mŽchancetŽ de tous les autres (Eux aussi, dĠailleurs, ont ŽtŽ ridicules, mais ce nĠest pas une consolation, cĠest plut™t une circonstance aggravante).

JĠŽcarterai dĠabord une fausse explication, qui nous a ŽtŽ beaucoup opposŽe, au point de convaincre certains des n™tres, que nous nĠŽtions unis que par notre dŽtestation de lĠU-ID, et ne pouvions avoir de projet tant nous Žtions diffŽrents les uns des autres. Elle est fausse car il y avait dans cette dŽtestation, fondŽe non sur des prŽjugŽs, mais sur une longue expŽrience et sur notre pratique militante, toutes les bases dĠun projet, tant lĠEnnemi montrait tout ce quĠil ne fallait pas faire si on voulait faire du syndicalisme Žtudiant. Ç S'il y a beaucoup de manires de ne pas faire de syndicalisme, il n'y en a qu'une de faire du syndicalisme È, Žcrivais-je dans une contribution sur le forum en aožt 2000[52].

Il nĠen est pas moins vrai que nous avons ŽtŽ handicapŽs par le manque de cohŽsion dĠune coalition nŽe en quelques heures aprs la dŽcision du CN du 3 juin, de gens qui jusque lˆ ne travaillaient pas ensemble, voire ne se parlaient pas, et quĠil Žtait fort difficile de convaincre quĠen fait ils voulaient la mme chose. LĠidŽe Žtait au dŽpart de rallier autour des AGE qui sĠopposaient jusque lˆ ˆ la direction ˆ propos de rŽformes et de Ç rŽunification È, qui Žtaient habituŽes ˆ travailler ensemble, qui avaient participŽ de faon relativement coordonnŽe au mouvement de lĠautomne 98 contre le rapport Attali et sĠŽtaient retrouvŽes sur les mmes positions ˆ chaque CN (comprises celles qui avaient fait des scissions dont les raisons nĠexistaient plus alors), celles qui refusaient la seconde, en restant ferme sur le premier point mais en Žvitant dĠen rajouter. Ce nĠaurait certes pas ŽtŽ simple, mais il y aurait eu au dŽpart un bloc cohŽrent. Ce bloc nĠexistait plus ˆ la fin du mois de juin. Avec les trahisons symŽtriques de Caen et Nantes (celle-lˆ officialisŽe en novembre, mais manifestement dŽjˆ dŽcidŽe fin juin) et lĠŽvaporation de Rouen, venant aprs le refus de marcher avec nous de Limoges et du Mirail, il ne nous restait, de ce qui Žtait avant le congrs de Pantin lĠopposition ˆ la direction de lĠUNEF, qui avait participŽ au mouvement contre le rapport Attali et rejetait la Ç rŽunification È que Paris IV et Lille, la seconde trs affaiblie par sa rŽcente explosion, la premire dont la prospŽritŽ Žtait largement illusoire. Nous avions pu depuis compter sur Evry, notre seul succs, et sur Paris I, o les choses Žtaient plus compliquŽes. Elles lĠŽtaient encore plus ˆ Montpellier, officiellement passŽe de notre c™tŽ au printemps. Lyon sĠŽtait fermement prononcŽe contre la Ç rŽunification È ˆ lĠautomne, mais nous nĠavions eu aucun contact avant le lundi 5 juin. Les autres nĠont compris que le 3 juin (Les moins vifs, Clermont et Orsay, ˆ lĠautomne seulement) ce que nous rŽpŽtions depuis Pantin, que le seul but de la direction Delpas Žtait la liquidation de lĠUNEF dans lĠU-ID.

Une des consŽquences de ce manque de cohŽsion, qui a aussi contribuŽ ˆ lĠaggraver, a ŽtŽ lĠincapacitŽ ˆ comprendre ce qui se passait rŽellement, et ˆ en tirer toutes les consŽquences sur nos rapports avec la direction Delpas. Beaucoup des camarades qui se trouvaient soudain dĠaccord avec nous Žtaient convaincus que lĠUNEF fonctionnait de manire parfaitement dŽmocratique, et quĠil suffisait dĠutiliser ses procŽdures habituelles pour y tre entendu, et obtenir, si on Žtait majoritaire, de la direction quĠelle renon‰t ˆ ses funestes projets, jusquĠˆ sĠindigner quand on leur parlait de faux mandats et de verrouillage des dŽbats. Le plus ahurissant a ŽtŽ que certains trouvassent tout ˆ fait juste que le vote de motions portant directement sur lĠordre du jour dĠun CN fžt renvoyŽ ˆ la fin de la sŽance (deux fois, le 23 septembre 2000 et le 13 mai 2001), et scandaleux que certains dĠentre nous hurlassent. Ce genre de crŽtinisme pseudo-parlementaire nĠŽtait dĠailleurs pas le propre de nos nouveaux amis. JĠai constatŽ plusieurs fois que certains des meilleurs des n™tres croyaient vraiment, sĠils savaient eux, quĠil y avait des faux mandats, que si nous parvenions, malgrŽ ceux-ci (en en ajoutant Žventuellement quelques-uns de notre c™tŽ), en respectant les rgles du Ç dŽbat È fixŽes par la direction, ˆ tre majoritaires au dŽcompte final, tous nos problmes seraient rŽsolus. Nous avons plusieurs fois manquŽ la majoritŽ en CN dĠune poignŽe de voix, et constatŽ tristement que si tous les camarades sur qui nous croyions pouvoir compter Žtaient venus, nous lĠaurions eue. Cela aurait-il changŽ quelque chose ? Non, bien Žvidemment, puisque ceux dĠen face Žtaient dŽcidŽs ˆ nĠen tenir aucun compte.

Il y avait lˆ une incapacitŽ fondamentale ˆ tirer les consŽquences du changement radical que nous subissions, provoquant une obstination ˆ faire comme si tout Žtait comme avant, en appelant a dŽmocratie. Du moment que la direction Delpas, en fait ceux, quels quĠils fussent exactement, qui en tiraient les ficelles, avait adoptŽ la ligne Ç On liquide, et on sĠen va È, elle nĠavait plus aucune raison de tenir compte de lĠopinion de la base dĠune organisation dont elle ne voulait plus. Si elle nous avait jusque lˆ laissŽ faire dans nos facs ce que nous voulions sous le nom UNEF, avait tolŽrŽ nos objections dans les CN, en avait parfois (de moins en moins) tenu compte, ce nĠŽtait pas par souci dŽmocratique : cĠŽtait que tant quĠil sĠagissait de maintenir lĠUNEF, elle avait absolument besoin de nous, ne serait ce que pour les Žlections au CNESER o nos voix Žtaient indispensables. Inversement, si nous acceptions dĠtre, ˆ chaque fois, minoritaires, face ˆ des positions de plus en plus scandaleuses quant ˆ la politique du gouvernement, ce nĠŽtait pas (certains dĠentre nous lĠavaient apparemment oubliŽ en route, avec lĠhabitude) parce que nous Žtions des dŽmocrates convaincus (si tel avait ŽtŽ le cas, nous aurions joyeusement appliquŽ dans nos facs la ligne votŽe par les CN), mais parce que nous savions que nous Žtions malgrŽ tout mieux ˆ lĠintŽrieur de lĠUNEF, en faisant ce que nous voulions dans nos facs, que dehors (la triste suite des ŽvŽnements a confirmŽ cette impression). Il nĠy avait donc aucune raison de penser que, de mme que nous avions acceptŽ dĠtre minoritaires pendant trs longtemps, la direction Delpas accepterait de lĠtre dŽsormais, puisque les positions nĠŽtaient pas du tout symŽtriques. Le vote est un bon moyen de trancher entre gens dŽterminŽs, ou rŽsignŽs, ˆ rester dans la mme organisation : quand la sŽparation est dŽcidŽe par lĠune des parties, il nĠa aucune utilitŽ. La seule chose rationnelle ˆ faire Žtait de dŽcrŽter que nous Žtions majoritaires, ce qui Žtait dĠailleurs exact, et dĠignorer la rŽaction des autres. Nous en avons ŽtŽ incapables.

Cela renvoie ˆ un problme beaucoup plus vaste : nous savions, quoi quĠon en ait dit, ce que nous voulions, mais ne savions pas du tout comment le faire. Nous voulions, tout simplement, continuer ce que nous faisions depuis des annŽes, du syndicalisme Žtudiant dans nos facs, dans une perspective nationale parce que nous savions bien que ce ne pouvait tre crŽdible sans. Il nĠŽtait pas besoin dĠavoir beaucoup dĠexpŽrience de lĠUNEF-ID les jours dĠŽlections, pendant les cha”nes dĠinscriptions, les jours o elle tenait congrs local, et de son absence tous les autres jours pour comprendre que cela serait impossible dans le cadre de la Ç rŽunification È quĠon prŽtendait nous imposer, dont il Žtait clair que ses structures seraient celles de lĠU-ID (On ne peut que renoncer ˆ distinguer, parmi les quelques-uns qui ont prŽtendu le contraire, quels Žtaient les na•fs, quels Žtaient les faux-derches. La plupart, hors LCR bien sžr, Žtaient sans doute lĠun et lĠautre ˆ la fois). Pour la plupart dĠentre nous, la solution Žtait simple : remplacer la direction qui voulait liquider par une autre, un bureau national de 31 membres, un prŽsident, un secrŽtaire gŽnŽral, un trŽsorier, quatre ou cinq secrŽtaire nationaux, pour que tout continu‰t comme avant (Je passe sur les quelques-uns qui prchaient quĠil ne fallait pas tre mŽchant comme a, mais convaincre la direction Delpas quĠelle se trompait. Mme remarque que dans la parenthse prŽcŽdente). CĠŽtait rigoureusement impossible sans appui politique solide, que nous nĠavions pas, mais fort peu sĠen rendaient compte. Ë force de faire des discours sur lĠindŽpendance politique de lĠUNEF et de la dŽnŽgation sur son lien avec le PCF, beaucoup avaient fini, ˆ dŽfaut dĠen convaincre dĠautres, par se convaincre eux-mmes. Inversement, beaucoup dĠopposants (rŽcents, en gŽnŽral) qui dŽnonaient ce lien Žtaient persuadŽs que sa suppression abolirait tous les problmes, sans voir quĠil condamnait la structure. Localement, nous pouvions avoir lĠillusion dĠtre indŽpendants financirement gr‰ce aux subventions, pourtant maigres, des universitŽs (indŽpendance certes paradoxale) et aux locaux, Žgalement fournis par elles. Il ne pouvait tre question pour nous dĠavoir un sige national ˆ Paris (il nĠy avait bien sžr aucun espoir de conserver celui de la rue ƒdouard Pailleron, puisque la direction confŽdŽrale de la CGT soutenait la Ç rŽunification È), ni de rŽtribuer des permanents renonant de fait (au moins provisoirement) ˆ faire des Žtudes en leur donnant des garanties suffisantes quant ˆ leur avenir.

Comme je lĠai dit plus haut, jĠŽtais conscient du problme. Cela ne signifie pas que jĠaie eu une vision claire de la solution. Je crains dĠavoir parfois donnŽ lĠimpression, au cours de ce long rŽcit, de considŽrer que jĠŽtais le seul lucide, victime des errements de tous les autres. Ce serait absurde : la preuve suffisante en est que a nĠa pas marchŽ. Si jĠavais un peu plus de recul que la plupart de mes camarades, je nĠai pas rŽussi ˆ les convaincre. Je crois dĠailleurs de moins en moins, avec le recul, que ce que je voulais ežt pu tre durablement viable. Mon idŽe Žtait quĠil fallait maintenir lĠactivitŽ syndicale au niveau local, en improvisant une direction nationale qui ne pourrait, faute de moyens, quĠtre essentiellement symbolique, et en comptant sur internet pour coordonner lĠaction des AGE. ‚a nĠŽtait pas totalement absurde, puisque cĠŽtait ce que nous avions fait au moins depuis le congrs de Pantin, en ignorant totalement une direction nationale qui prouvait son inutilitŽ.

Ce nĠŽtait pas totalement absurde, ˆ une condition prs : pour que les AGE pussent fonctionner de faon presque totalement autonome, il fallait que chacune ežt une direction politique solide[53]. Ces directions pouvaient tre de toutes doctrines, affiliations, obŽdiences, ou compromis entre ces trois aspects, pourvu quĠelles estimassent avoir un intŽrt ˆ faire du syndicalisme Žtudiant, et en dŽduisissent une volontŽ de travailler avec dĠautres directions dĠAGE ayant doctrines, affiliations, ou obŽdiences diffŽrentes. Il sĠagit encore, dĠun autre bout, de ce qui a toujours ŽtŽ refoulŽ, le rapport entre syndicalisme Žtudiant et politique. En thŽorie, le but du syndicalisme Žtudiant est de rŽunir le plus possible dĠŽtudiants, idŽalement tous ou presque tous, pour dŽfendre les intŽrts quĠils ont en tant quĠŽtudiants, sur le modle des syndicats de salariŽs, et ceci donc sans rapport avec dĠŽventuelles appartenances politiques, mme sĠil est bien sžr normal que les Žtudiants syndiquŽs en aient par ailleurs, et donc normal que ces appartenances aient une influence sur la composition des directions syndicales. Cette thŽorie se heurte ˆ un constat empirique incontestable : on ne peut pas, on nĠa jamais pu, et tout indique quĠon ne pourra jamais, faire du syndicalisme Žtudiant sŽrieusement, efficacement et durablement, sans arrire-pensŽes politiques. CĠest un triste fait, quĠon explique par le caractre transitoire de cette condition et bien dĠautres choses, que fort peu dĠŽtudiants ont spontanŽment conscience quĠils ont des intŽrts communs ˆ dŽfendre en tant que tels, et quĠil est rare quĠon puisse leur en faire prendre conscience avant quĠils aient cessŽ dĠtre Žtudiants. Presque toujours, cette conscience syndicale suit la conscience politique, elle-mme forcŽment trs minoritaire, au lieu de la prŽcŽder comme on considre, en bonne thŽorie, quĠil est normal chez les salariŽs.

Bien sžr, il nĠy avait pas dans les syndicats Žtudiants que des militants politiques conscients, agissant syndicalement dans un but politique. Il y Žtaient mme largement minoritaires. La plupart des militants adhŽraient au syndicat parce quĠils Žtaient (plus ou moins) convaincus de son utilitŽ, parce quĠils Žtaient heureux dĠaider leurs camarades ayant des problmes individuels, ou tout simplement parce que lĠambiance du local Žtait sympathique. Mais lĠexpŽrience montre quĠil fallait une direction politique pour que ceux-lˆ vinssent, pour que la continuitŽ fžt assurŽe les jours o personne nĠavait envie de militer, pour que la ligne rest‰t ferme sur une activitŽ syndicale, ou du moins principalement syndicale. Quand cette direction venait ˆ manquer, a tournait inŽvitablement soit au nĠimporte quoi, des pires ‰neries gauchistes ˆ lĠorganisation de matchs de football, soit, le plus souvent, au vide total, ceux qui aimaient ˆ frŽquenter le local de temps en temps constatant quĠil Žtait dŽsormais vide.

Si nous avons pu faire ce que nous avons fait, cĠest que nous avions, au dŽbut du processus de liquidation, de telles directions, dans presque toutes les AGE qui lĠont dĠabord refusŽ, le plus souvent Žtablies depuis longtemps. Mais il y avait une condition supplŽmentaire pour durer, que ces directions politiques fussent capables de se reproduire. LĠhistoire de notre liquŽfaction est dĠabord celle de cette incapacitŽ. Le grand et glorieux sursaut du dŽbut de ce mois de juin 2000 avait ŽtŽ presque partout lĠÏuvre de cadres relativement ‰gŽs, presque tous en fin dĠŽtudes. ‚a nĠaurait rien eu, en soi, dĠŽtonnant, de navrant, de scandaleux, sĠils avaient eu des successeurs prts ˆ prendre la relve. Il ne sĠen est point trouvŽ. Il ne manquait pas, en gŽnŽral, de militants pour les approuver et pour les suivre, mais aucun pour assumer leur succession.

Ë Paris IV, tout reposait, depuis janvier 1998, sur Philippe et sur moi qui, ayant pris la direction de lĠAGE ensemble un peu par hasard (de mon c™tŽ, en tout cas), nous Žtions trouvŽs heureusement complŽmentaires en pratiquant lĠunion dialectique (trs dialectique, parfois). JĠatteignais vingt-neuf ans, ce qui Žtait incontestablement trop, lui vingt-cinq, ce qui Žtait dŽjˆ beaucoup. Une tentative de transition, dont il a dŽjˆ ŽtŽ question, ˆ lĠautomne 1999, avait tournŽ au dŽsastre et au massacre entre nous deux. Comme toujours en cas de massacre, beaucoup de militants innocents avaient alors pris la fuite. LĠaffaire du CNESER nous avait rŽconciliŽs, et conduit ˆ reprendre la direction, mais nous manquions largement de troupes, et totalement de ttes politiques capables de nous succŽder, ce qui est apparu nettement quand jĠai dŽcidŽ de me retirer dŽbut 2001.

On hŽsite ˆ dire que Paris I avait, avec le couple Jihad Wachill / Sylvestre Roth (trs dialectique, rarement uni), une direction politique solide. Elle suffisait ˆ peu prs gr‰ce au voisinage de Paris IV. Mais quand ils se sont massacrŽs ˆ lĠautomne 2000, il est apparu clairement quĠil nĠy avait personne derrire eux pour arbitrer, ou les remplacer.

Lille venait dĠŽlire une telle direction, assez jeune, avec Gilles Andris et Fabienne Yung, suivis de prs, bien quĠil ne fžt plus Žtudiant, par William Roger. Mais a avait ŽtŽ au prix dĠun massacre gŽnŽral. Eux non plus nĠont pas eu de successeurs. Gilles est restŽ seul quand Fabienne sĠest retirŽe. Si lĠAGER de Rouen a totalement disparu en un an, cĠest quĠil nĠy a eu personne pour succŽder ˆ Leila Messaoudi, qui terminait ses Žtudes par le CAPES. JĠai dŽjˆ dit ne pas avoir compris si la GR sĠŽtait retirŽe du syndicalisme Žtudiant faute de troupes, ou par choix. Le rŽsultat est lˆ : ˆ lĠautomne 2000, il ne restait plus que des militants non politiques qui, aprs avoir affichŽ leur ferme intention de continuer, se sont dispersŽs rapidement. LĠorigine du problme caennais, pour un rŽsultat diffŽrent, est vraisemblablement la mme : Olivier Ruet Žtait le seul politique, ce qui nĠŽtait manifestement pas suffisant (mais nĠexcuse pas bien sžr ses procŽdŽs contre nous). Le CEN de Nantes avait incontestablement une direction politique solide, mais dont lĠobjectif exclusif Žtait manifestement le culte de la personnalitŽ de Manuel CanŽvet, ce qui est rapidement apparu incompatible avec le syndicalisme Žtudiant.

Je suis convaincu, bien que je nĠaie eu aucun contact avec elle aprs la conversation tŽlŽphonique au moment du CNOUS dont jĠai parlŽ (en partie dĠailleurs parce que je nĠai plus pu avoir de contact) que ce fut Žgalement la cause principale du dŽsastre de lĠAGEL de Limoges. Sa dernire direction politique avait vu dans la scission de lĠUNEF en avril 1999 le moyen de rŽgler ce problme. RŽsultat : un an plus tard, on sĠy souciait plus de lutter contre la cŽlŽbration de la Saint Valentin que des Žlections au CNESER. JĠai un peu plus dĠŽlŽments sur Le Mirail, puisque jĠai retrouvŽ ensuite le contact avec des anciens, et la mme impression, que la direction communiste (anti mutation) a ŽtŽ incapable de se reproduire, avec cette nuance quĠil y a eu au moins dans un premier temps une direction politique pour la remplacer, mais beaucoup trop anarchisante pour tre syndicale au sens o nous lĠentendions (et o je persiste ˆ lĠentendre).

Ë Lyon, le basculement de notre c™tŽ a ŽtŽ lĠÏuvre de Nicolas Pailleux et Sylvain Henry, le premier en dernire annŽe ˆ lĠINSA, le second terminant ses Žtudes ˆ Lyon II. Ë la rentrŽe 2000, ils nĠŽtaient plus lˆ. Il restait une seule tte politique, Caroline Ramirez, trŽsorire devenue en cours dĠannŽe prŽsidente par Žvaporation du prŽsident et de la secrŽtaire ˆ lĠorga, qui avait le handicap dĠtre trs jeune, dĠtre seule, et surtout dĠtre de Lyon I, la fac de Sciences, qui Žtait depuis trs longtemps une petite annexe pour lĠUNEF Lyon dont presque toutes les forces Žtaient ˆ Lyon II. RŽsultat : tous les militants de Lyon II (il y en avait), qui Žtaient trs fort contre la Ç rŽunification È ont disparu sans laisser dĠadresse, faute de direction.

OrlŽans semblait avoir une forte direction PCF dŽbut juin 2000. Elle sĠest ŽvaporŽe, et lĠAGE avec elle. Les choses furent plus compliquŽes ˆ Bordeaux (et je nĠai pas tout compris, en particulier comment ceux qui nous considŽraient comme de dangereux gauchistes et fuyaient tout dialogue sŽrieux avec nous avaient pu finir ˆ la grotesque FSE), mais jĠai Žgalement lĠimpression que les cadres PCF solides commenaient ˆ manquer.

Il y avait en juin 2000 une exception, ƒvry, avec une direction politique solide mais jeune, autour de Guirec Manceau et Natacha Sommer. CĠest certainement pour cela quĠelle a ŽtŽ la dernire AGE ˆ tenir, qui arborait encore deux ans aprs la Ç rŽunification È notre superbe logo rouge. Mais le rŽsultat final a ŽtŽ le mme que partout ailleurs, avec deux ans de dŽcalage. Quand Guirec a achevŽ ses Žtudes, il nĠa pas eu de successeur, et il nĠy a plus eu de syndicat, seulement une corpo locale qui nĠa pas longtemps survŽcu.

Aucun de ces syndicats (sauf peut-tre Paris IV, dans un processus compliquŽ qui nĠest pas de notre sujet) ne sĠest jamais relevŽ. Cette hŽcatombe demande explication. Il faut dĠabord remarquer que les vrais militants politiques, au sens o nous pensions lĠtre, essayions du moins, commenaient ˆ se faire rare dans le milieu Žtudiant. ‚a ne sĠest pas arrangŽ depuis : nous pouvons appara”tre rŽtrospectivement comme les derniers individus dĠune espce en voie de disparition. ‚a contribue ˆ expliquer que nous nĠayons trouvŽ personne pour nous succŽder. Le contexte particulier nĠarrangeait rien, puisquĠil sĠagissait de sĠopposer ˆ une Ç rŽunification È que toutes les principales forces politiques encore prŽsentes dans les facs, le PS, le PCF, la LCR, et Žgalement le mystŽrieux groupe Socialisme par en bas, qui connaissait alors un bref succs[54], applaudissaient, hors LO qui nĠa jamais voulu sĠimpliquer, et les lambertistes, alors PT, dont nous nĠaurions certes pas voulu. Nous ne pouvions donc avoir que des sans-partis, ou de quelques groupuscules, ou des marginaux dans leurs partis.

Nous Žtions presque tous, hors les camarades de la GR, issus dĠorganisations politiques soutenant le gouvernement Jospin, dont nous nous Žtions ŽloignŽs, pour des raisons en partie universitaires, mais en partie seulement (il nĠy avait pas que dans ce domaine quĠil faisait pire que JuppŽ et Balladur), soit en les quittant, soit en y passant ˆ diverses oppositions. Pour la plupart (moi en particulier), le syndicalisme Žtudiant, entrepris comme un aspect dĠune action politique, Žtait devenu un refuge, le seul domaine o nous pussions faire ce qui paraissait juste, combattre la politique du gouvernement. Nous nĠavions donc aucun vivier politique o recruter des cadres syndicaux. Nous Žtions dĠune gŽnŽration de militants qui Žtaient venus ˆ la politique et ˆ la gauche pour lutter contre les gouvernements de droite (pour les plus vieux, dont jĠŽtais, contre les gouvernements PS dĠavant 93, quand il y avait une opposition de gauche ˆ ceux-ci, du PCF principalement), et avions constatŽ, plus ou moins rapidement aprs la victoire et lĠaccs au pouvoir dĠƒtat dĠune coalition de nos partis en mai 97, dĠabord que a ne changeait rien, ensuite que cĠŽtait pire. Une telle expŽrience ne pouvait tre transmise. Les Žtudiants qui adhŽraient, en ces horribles annŽes, ˆ nos partis, ou anciens partis, le faisaient parce quĠils aimaient la politique de Jospin, menteur, voleur, affameur et assassin. Ils Žtaient dĠailleurs fort peu nombreux. Ceux qui nĠaimaient pas ne faisaient pas de politique, ou alors, ce qui Žtait une autre manire de ne point faire de politique, sombraient dans les pires dŽlires gauchistes, incompatibles avec une conception saine du syndicalisme Žtudiant.

Il aurait bien sžr fallu que nous fussions capable de faire Žmerger, parmi les militants syndicaux qui nous suivaient (Il y en avait. En nombre ridicule, certes, mais nŽanmoins supŽrieur ˆ ce quĠon trouvait en face) des cadres politiques capables de nous remplacer, hŽritiers de notre pensŽe syndicale et de nos arrire-pensŽes. CĠŽtait bien ˆ peu prs, en moins prŽcis bien sžr, lĠidŽe que nous avions. Il nĠest pas surprenant que a nĠait pas marchŽ. CĠŽtait un handicap structurel du syndicalisme Žtudiant quĠil Žtait incapable de produire lui-mme ses cadres, tant Žtait Žnorme, et fatale, la coupure entre les directions, politiques, et la base, qui trs majoritairement ne lĠŽtait pas. Cela ne se voyait pas trop tant quĠil y avait suffisamment de politiques dans lĠAGE pour pourvoir ˆ chaque fois les postes vacants, qui leur revenaient naturellement. Quand, faute de tels candidats, on en est arrivŽ ˆ les donner au meilleur militant ou, pire, ˆ celui qui en avait envie, le dŽsastre Žtait certain.

Cette coupure, tant que les choses Žtaient normales, nĠŽtait Žvidemment pas totale, pas totalement irrŽmŽdiable en tout cas. Il arrivait bien sžr quĠun militant apolitique au moment de son adhŽsion au syndicat fžt convaincu par dĠautres qui ne lĠŽtaient pas de rejoindre leur organisation politique, et y acqu”t ainsi les qualitŽs nŽcessaires ˆ un bureaucrate syndical. CĠŽtait un intŽrt annexe du syndicalisme Žtudiant pour les organisations politiques qui y Žtaient impliquŽes, quĠil Žtait aussi un moyen de recruter.  Notre problme en 2000 Žtait que nous nĠavions pas dĠorganisation politique o pousser ceux de nos militants syndicaux que cela pouvait intŽresser. Ceux qui en trouvaient une sans nous la trouvaient hostile ˆ nous, et devaient choisir.

On en revient toujours au mme point, quĠon ne peut pas faire de syndicalisme Žtudiant sŽrieusement et durablement sans quĠil soit appuyŽ sur une organisation politique existant nationalement de faon significative. Cela, tous les gens raisonnables qui ne sont pas de fieffŽs menteurs, lĠadmettent volontiers, mme si certains peuvent lĠoublier dans des pŽriodes dĠexaltation comme celle dont nous parlons. Mais quand on dit cela, on pense essentiellement au problme de son financement. CĠest un aspect important : ce nĠest pas le seul. Nous avons pu, dans le moment dĠexaltation dont il est question, penser le dŽpasser ou du moins le contourner. Nous avons butŽ sur lĠautre aspect, incontournable celui-lˆ : le renouvellement des cadres. Une direction politique nationale issue dĠune organisation bien implantŽe peut parfois  fournir aux syndicats locaux les cadres quĠils ne trouvent pas spontanŽment. Elle peut surtout, et cĠest le plus important, pallier provisoirement leur absence, en permettant, par son suivi, le maintien dĠAGE sans direction politique, en attendant quĠil leur en arrive une, voire en crŽant ou recrŽant des AGE ex nihilo quand elle se trouve avoir un politique, recrutŽ par dĠautres voies (ds le lycŽe, ou par une organisation locale sans prŽsence ˆ la fac) sur place. Sans une telle direction, tout manque ponctuel de direction pour une AGE conduit ˆ sa disparition, sans retour possible. CĠest pour cela que ce que je voulais faire de lĠUNEF ˆ lĠŽpoque nĠŽtait pas viable ˆ moyen terme : partant dĠune prŽsence sur un bon tiers ou une petite moitiŽ des universitŽs franaises, ce qui Žtait estimable, nous ne pouvions, dans la durŽe, que perdre des AGE (mme si a aurait pu tre moins rapide), sans espoir dĠen gagner ou regagner jamais.

Une autre chose a contribuŽ ˆ accŽlŽrer notre dŽbandade, dont nous nĠavions pas conscience au dŽbut du processus, que le lien connu entre UNEF et PCF, outre les avantages tout ˆ fait thŽorisables analysŽs ci-dessus, en avait un annexe, paradoxal, contraire ˆ toute thŽorie syndicale, et qui nous a manquŽ cruellement par la suite : quĠil dissuadait un certain nombre de gens dĠadhŽrer. Il nĠŽtait pas nŽcessaire, pas du tout certes, dĠtre communiste pour adhŽrer ˆ lĠUNEF, mais il fallait du moins pouvoir accepter dĠappartenir ˆ une organisation dirigŽe par des membres du PCF, dont lĠaction profitait nŽcessairement au PCF. Cet effet repoussoir a plut™t lĠair dĠun dŽfaut, pour une organisation ayant pour but de rassembler tous les Žtudiants conscients dĠavoir des intŽrts en commun, et nĠŽtait ˆ lĠŽpoque, envisagŽ que comme tel, sur le mode du regret ou de la rŽsignation, voire de la dŽnŽgation (chez les comiques qui prŽtendaient quĠil fallait changer a, ou, plus dr™le encore, expliquer aux Žtudiants combien cĠŽtait faux). Il avait pourtant lĠavantage certain, quĠon a bien peru ensuite quand il est venu ˆ manquer, dĠŽcarter a priori, sans quĠaucun effort fžt nŽcessaire, les gauchistes les plus toxiques comme les plus affreux droitiers, ˆ qui lĠidŽe dĠtre dans un syndicat Ç stalinien È Žtait insupportable, ce qui Žvitait bien des difficultŽs. Sit™t cette heureuse hypothque levŽe, en bien des endroits, les uns ou les autres, voire les deux, se sont jetŽs sur nos AGE comme jadis la vŽrole sur le bas-clergŽ breton, et contribuŽ ˆ leur faire perdre tout caractre syndical. CĠest une autre explication, complŽmentaire, de lĠeffondrement de Limoges et du Mirail aprs leur scission : avant la scission, il y avait quelques anarchisants (relativement) modŽrŽs, assez pour accepter dĠadhŽrer ˆ lĠUNEF ; aprs, ceux qui ne lĠŽtaient pas nĠavaient plus aucune raison de se retenir, ce qui a totalement changŽ les AGE. CĠest encore une limite structurelle du syndicalisme Žtudiant : son caractre fatalement groupusculaire fait que lĠadhŽsion ˆ un syndicat local dĠun groupe cohŽrent dŽcidŽ ˆ lĠutiliser pour en faire autre chose peut en faire basculer la majoritŽ (ce qui nĠarrive pas, ou trs rarement, dans les syndicats de grandes personnes, qui ont beaucoup plus dĠadhŽrents, et sachant pourquoi il sont lˆ) si on ne prend pas ˆ temps des mesures horriblement antistatutaires pour lĠempcher. LĠidentitŽ communiste (tue, mais flagrante) de lĠUNEF offrait contre cela une sorte dĠimmunitŽ naturelle assez efficace, quoique dŽcidŽment non thŽorisable (puisque la thŽorie ne pouvait tre autre chose que : le syndicat est par dŽfinition ouvert ˆ tout Žtudiant souhaitant y adhŽrer pour dŽfendre ses intŽrts, cĠest tout ˆ fait par hasard quĠil est dirigŽ par des communistes). CĠŽtait si naturel quĠon ne sĠen est vraiment aperu quĠaprs lĠavoir perdue.

Nous avions donc dŽcidŽment fort peu de chances de rŽussir ˆ maintenir une UNEF, et moins encore quĠelle fžt durable. Il aurait fallu pour compenser tous nos handicaps conjoncturels et structurels un trs haut niveau de vertu que nous nĠatteignions Žvidemment pas.

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*         *

Il reste une question : que serait-il arrivŽ si nous avions rŽussi ˆ dŽposer pour le CNESER une liste qui aurait ŽtŽ reconnue comme valide, et donc ˆ y avoir un Žlu ? Cela nĠavait rien dĠimpossible.

Il est certain que notre ignorance totale jusquĠau lundi matin de la procŽdure ˆ suivre, et encore le lundi soir de la possibilitŽ de complŽter la liste aprs dŽp™t, nous a nui. DĠaprs les arguments (le seul, dĠailleurs) qui ont prŽtendu justifier son invalidation, il nous aurait suffit de dŽposer dans les dŽlais une feuille simple portant le titre, et le nom dĠOlivier Ruet prŽcŽdŽ du chiffre un, pour disposer dĠun jour franc ˆ partir de la premire rŽunion de la commission, donc trois jours au moins, pour complŽter la liste, ce que nous aurions fait sans difficultŽ. Il nĠy a cependant pas de grands regrets ˆ avoir, tant on peut tre certain que Ç Trs-Haut È aurait trouvŽ autre chose pour nous interdire, lequel Ç Trs-Haut È a, rappelons le, commencŽ par interdire dĠaccepter quoi que ce fžt de notre liste, avant de trouver lĠargument du rŽcapitulatif pour dire que ce nĠen Žtait point une.

En revanche, si nous avions dŽposŽ dans les dŽlais une liste irrŽprochable, Ç Trs-Haut È nĠaurait vraisemblablement pas osŽ sĠopposer ˆ sa validation. Il ne nous a manquŽ que trois actes, qui sont finalement arrivŽs dans les heures qui ont suivi. Si les camarades dĠOrlŽans et de Lyon I avaient pu faxer ˆ temps (Il nĠy a aucune raison de leur en vouloir de ne pas avoir ŽtŽ disponibles le bon jour, puisque tout cela Žtait imprŽvisible. Ils auraient pu lĠtre), lĠaffaire Žtait faite (et nous aurions bien sžr fait, Žventuellement dans le mŽtro, le fameux rŽcapitulatif). Plus radicalement, si les scissionnistes de SolidaritŽ Žtudiante avaient acceptŽ, comme ils devaient logiquement le faire, de marcher avec nous au lieu de nous cracher ˆ la figure, nous aurions eu deux candidatures de plus, de Limoges et du Mirail, et celle de Pau serait arrivŽe ˆ temps. On peut envisager bien dĠautres possibilitŽs : si les camarades de Bordeaux avaient marchŽ, et nous avaient fourni quatre candidatures, si ceux dĠOrlŽans avaient bien voulu nous en donner une autre quand nous nĠarrivions pas ˆ joindre Ç le plus sectaire È, si lĠun des deux Žlus de lĠƒcole normale avait traitŽ le veto de lĠaffreux Hetzel comme il mŽritait de lĠtreÉ et bien sžr si nous nĠavions pas dž passer la dernire du peu dĠheures que nous avions pour trouver des candidats ˆ essayer dĠavoir Olivier Ruet au tŽlŽphone pour le convaincre de ne pas passer ˆ SUD contre la parole quĠil nous avait donnŽe.

Nous aurions indŽniablement pu rŽussir, avec un peu plus de chance. Cela aurait-il changŽ quelque chose ˆ la suite ? Avoir un Žlu au CNESER, et les millions y affŽrant, nous aurait-il rendu plus raisonnables, ou ŽtŽ, avec beaucoup de fric en jeu, une raison dĠaggraver le massacre ? Avec le recul, la rŽponse me para”t malheureusement Žvidente.

QuĠaurait-il fallu faire, alors ? Nous partions dĠune idŽe simple, comme je lĠai dŽjˆ dit, que nous voulions continuer ce que nous faisions depuis des annŽes, que nos prŽdŽcesseurs avaient fait avant nous, qui Žtait incontestablement utile, en tant quĠaide concrte ˆ des Žtudiants, que moyen de limiter au moins lĠeffet des rŽformes nocives, que moyen de prise de conscience politique contre les gouvernements anti Žtudiants, pas seulement anti Žtudiants. LĠennui, dont nous nĠavions pas conscience, ou alors pour les meilleurs une conscience trs partielle, Žtait que la construction sur laquelle ce travail Žtait appuyŽ, qui bien que depuis quelque temps en ruine tenait encore suffisamment debout pour lĠusage que nous en avions, sĠeffondrait brusquement sous lĠeffet dĠune action extŽrieure, et que contre cela nous ne pouvions rien. Notre projet, dans ses versions les plus lucides, Žtait donc quelque chose comme : accrochons nous au pinceau puisquĠils ont enlevŽ lĠŽchelle.

Il Žtait dŽcidŽment impossible de rŽussir. Nous aurions pu, avec plus de cohŽrence intellectuelle, Žviter dĠtre ridicule, et maintenir plus longtemps nos syndicats, ce qui, dŽjˆ, nĠaurait pas ŽtŽ mal. Il valait la peine de lĠessayer. Nous ne pouvions en tout cas, quand dĠautres ont dŽcrŽtŽ la mort de lĠUNEF et de tous les syndicats qui la composaient, et lĠont publiŽe en deux jours, que tenter de rŽsister, pour dŽnoncer cette trahison et lĠimposture de la Ç rŽunification È. Cette protestation, aussi grotesque quĠait ŽtŽ la suite, reste un acquis, qui nous permet aujourdĠhui encore, quand un jeune imbŽcile ou un vieux salopard ose dire pŽremptoirement que lĠUNEF-ID nĠexiste plus ou quĠil y a eu rŽunification, de le traiter comme il mŽrite de lĠtre. Il est certain que nous aurions mieux fait, moi en particulier, de renoncer plus t™t, en tirant les consŽquences de notre Žchec, plut™t que nous obstiner ˆ tenir des serments auxquels personne ne croyait, pas mme nous. Il est tout aussi sžr que nous nĠy avons, hors notre temps, rien perdu, puisquĠil nĠy avait plus rien ˆ faire en matire de syndicalisme Žtudiant, ni ˆ lĠUNEF-ID prŽtendument rŽunifiŽe, ni ˆ la FSE.

Il est bien dommage quĠil nĠy ait plus de syndicalisme Žtudiant digne de ce nom en France. Mais il est tout ˆ fait clair quĠil ne servirait ˆ rien dĠessayer dĠen refonder un tant que nĠexistera pas une organisation politique ayant la capacitŽ de le prendre en charge, tant par son poids dans le dŽbat gŽnŽral que par son implantation parmi les Žtudiants et des objectifs gŽnŽraux compatibles avec leurs intŽrts. Nous sommes donc renvoyŽs ˆ un problme global, dont la liquidation du syndicalisme Žtudiant nĠa ŽtŽ quĠune manifestation : lĠeffondrement de la gauche au sens o on lĠentendait dans les annŽes 1970.

JĠai fait tout ce quĠun bureaucrate a lĠhabitude de faire,
et pour le reste, jĠai fait ce que jĠai pu.

Bellegarde - Mijoux - Bellegarde, 5 juin - 23 septembre 2020 (revu en novembre),

E. L.

 

Introduction

PrŽalables

1- Pourquoi deux UNEF ?

2- Crise

3- PrŽmices : le CNOUS

I- Illusion lyrique

1- Le collectif national du 3 juin

2- Chasse aux candidats, en chambre

3- Le lundi dŽcisif

II– TranchŽes

1- DŽfendre la liste face au ministre

2- DŽfendre lĠUNEF contre les liquidateurs

3- DŽfendre notre unitŽ contre la division

III— Ce que jĠai cru comprendre, et ce que je nĠai toujours pas compris

1- Pourquoi ont-ils tuŽ lĠUNEF ?

2- Pourquoi avons nous ŽtŽ trahis ?

3- Pourquoi avons-nous ŽtŽ ridicules ?

Conclusion

 



[1] Le site Tombeau pour lĠUNEF a ŽtŽ construit ˆ partir de celui des opposants ˆ la Ç rŽunification È en 2000/2001 (voir sa rubrique Histoire du site) en reprenant tout ce qui Žtait publiŽ alors.

[2] Je ne dŽveloppe pas, car ce tŽmoignage, qui sera dŽjˆ trs long, nĠest pas un article thŽorique (jĠespre en Žcrire un un jour). Je renvoie ceux qui voudraient en savoir plus ˆ mes trois contributions de 2000/01 qui sont publiŽes dans la partie Paris IV du site, Žcrites dans trois contextes trs particuliers et avec des intentions polŽmiques certaines, refltent nŽanmoins assez bien sur ce point ma conception dĠalors, qui nĠa que peu ŽvoluŽ.

http://www.unef.org/paris4/interne/contribelyasseete2000.pdf http://www.unef.org/paris4/interne/vieuxcriseneuf.pdf http://www.unef.org/paris4/interne/contrib2704.pdf

[3]  JĠai trouvŽ en juin 2001 sur un site nommŽ Transfac, et publiŽ sur le forum (o elle est toujours http://www.unef.org/forumunef/forum17.htm@body=1&forum=archive17-discussion.htm) une note passionnante (quoique dĠun point de vue qui nĠest Žvidemment pas le n™tre) de Robi Morder sur la scission de 1971. JĠignore sĠil sĠagit du texte de son article Ç 1971, la scission de l'UNEF È, dans La Revue de l'UniversitŽ de 1997, qui est citŽ en bien des endroits, mais sur lequel je nĠai pu mettre la main.

[4] CĠest tout ˆ fait dŽlibŽrŽment que je ne dis rien du r™le, certes capital, des ESU, puisquĠil a pris fin quarante ans avant le sujet de cet article.

[5] Les statuts de 1969, qui ont ŽtŽ officiellement ceux de notre UNEF jusquĠˆ sa fin, ceux de lĠautre jusquĠen 1980, lĠavaient abolie. Ils nĠont jamais ŽtŽ appliquŽs. Voir la rubrique Statuts du site http://www.unef.org/statuts/statuts.htm

[6] [note de novembre] J'ai appris rŽcemment que ce n'Žtait pas tout ˆ fait exact, que la question de l'utilitŽ du maintien avait ŽtŽ posŽe au niveau du PCF en 1987 aprs les ƒtats gŽnŽraux. ‚a n'a cependant rien ˆ voir, puisqu'elle avait rapidement eu une rŽponse positive.

[7] [note en novembre 2020] J'apprends gr‰ce aux discussions sur le groupe Facebook qu'elle Žtait, aux Žlections pour le CROUS de 1991, largement en tte, avec cinq cents voix.

[8] http://www.unef.org/paris4/attcomcn.htm

[9] http://www.unef.org/paris4/interne/collnat300199.pdf
http://www.unef.org/paris4/interne/collnat210299.pdf

[10] http://www.unef.org/paris4/interne/textep479econgres.pdf

[11] Les camarades de Limoges nous avaient avertis quĠils pensaient sŽrieusement ˆ quitter lĠUnion nationale aprs le congrs. Ils ne nous avaient pas dit quĠils le feraient en plein milieu de celui-ci. Les deux premiers jours, ils nous ont ŽvitŽ (ce qui a fort compliquŽ la coordination des AGE contestataires) et nous ont fait la surprise le troisime. La dŽclaration quĠils ont lue ˆ la tribune, et la contribution, o il nĠŽtait pas question de scission, quĠils avaient diffusŽe au dŽbut sont sur le site unef.org, rubrique congrs http://www.unef.org/congres/79/79declarationlimoges.pdf http://www.unef.org/congres/79/79contriblimoges.pdf

[12] FŽdŽration des Associations Žtudiantes de Bordeaux. Comme on lĠa abondamment dit, lĠUNEF Žtait une fŽdŽration dĠAssociations gŽnŽrales Žtudiantes (gŽnŽrales par opposition aux associations de filires ou de facultŽs). A lĠorigine, chacune avait son nom propre, les plus prestigieuses ayant ŽtŽ crŽŽes avant leur fŽdŽration dans lĠUNEF en 1907. Certaines lĠavaient conservŽ qui, ayant ŽtŽ du renouveau ds le dŽbut, avaient une continuitŽ juridique : cĠŽtait le cas de lĠAGET de Toulouse, des deux AGEL de Lille et Limoges. DĠautres ont repris de vieux noms sans continuitŽ juridique : sauf erreur de ma part, lĠAGER UNEF, de Rouen, ne lĠavait pas du tout. Certaines aussi, de crŽation ou recrŽation rŽcente, se sont donnŽ un nom propre pour faire comme les anciennes : cĠest le cas du CEN (Collectif des Žtudiants de Nantes)É ou de lĠUNEF Paris IV (AGEPS), Association gŽnŽrale des Žtudiants de Paris Sorbonne, sur le modle des vieilles (et en oubliant dŽlibŽrŽment que ce nom avait ŽtŽ pris par une corpo de droite ŽphŽmre quelques annŽes plus t™t). CĠŽtait une idŽe ˆ moi, que Philippe avait approuvŽe, dans la perspective dĠune scission possible. Elle mĠest revenue dans la figure au printemps 2001 (justice immanente).

[13] On a citŽ celle du Mirail (les Lettres, Toulouse II) aprs le congrs de 99. LĠArsenal, Toulouse I, Droit et Žconomie et, surtout en ce qui concernait lĠUNEF, IEP, avait fait scission aprs le congrs de 1997. Restait officiellement ˆ lĠUNEF, Rangueil (Toulouse III, Sciences), ayant apparemment (ce serait ˆ vŽrifier) la continuitŽ juridique avec lĠAGET, mais sans militants semble-t-il.

[14] [Note de novembre 2020: je mets "beaucoup de socialistes" plut™t que "les socialistes" (version prŽcŽdente), pour faire plaisir ˆ Johann Morri, qui lui-mme Žtait socialiste, et ˆ l'UNEF]

[15] Elle sĠŽtai prŽsentŽe (avec notre approbation) au BN ˆ un renouvellement partiel et en Žtait membre associŽe (je crois me rappeler que cĠest parce que la direction voulait bien dĠelle, mais avait trop de candidats ˆ caser).

[16] [Note de novembre 2020. Je l'ai retrouvŽ, au fond des archives informatiques de l'UNEF Paris IV (pas conservŽ dans mes mails, mais dans un fichier word apparemment fait pour le faire conna”tre ˆ mes camarades)]

Ç FŽdŽration SUD-Etudiant Solidaires Unitaires DŽmocratiques 23, rue de la Mare 75020 Paris RŽpondeur 01 44 62 13 21 TŽlŽcopie 01 44 62 12 34 mail <sud-etudiant@ras.eu.org>

 Objet : campagne des Žlections au Conseil National de lâEnseignement  SupŽrieur et de la Recherche (CNESER)

 CherEs camarades,

 En vue des Žlections au CNESER (du 26 juin au 5 juillet 2000), nous comptons prŽsenter une liste regroupant celles et ceux qui se sont mobilisŽEs contre les attaques libŽrales et pour la dŽfense d'un service  public d'enseignement supŽrieur de qualitŽ. Le CNESER est obligatoirement consultŽ sur tous les problmes touchant ˆ l'organisation gŽnŽrale de l'enseignement supŽrieur. Toute rŽforme doit lui tre soumise, pour avis. Il n'est donc pas dŽcisionnel, mais est sensŽ permettre au ministre de demander l'avis de la communautŽ universitaire. Son r™le est relativement restreint, mais le dŽveloppement de la contractualisation lui a donnŽ un r™le dans la  dŽfinition des grands axes de la politique universitaire. Alors que les attaques contre le service public sont de plus en plus virulentes, la reprŽsentation Žtudiante a toujours entŽrinŽ (en votant " pour " ou en s'abstenant) tous les projets gouvernementaux. C'est pourquoi mme si nous ne nous faisons aucune illusion sur cette instance et sur son poids , nous voulons y porter un contre-pouvoir Žtudiant. En association avec les forces syndicales enseignantes et IATOS (notamment Sud Žducation) qui partagent notre projet, nous porterons dans ce conseil une voix alternative.

Ensemble nous nous sommes retrouvŽs depuis le mouvement de novembre-dŽcembre 1995 pour dŽnoncer la privatisation progressive de l'universitŽ , ouvrant les portes de l'enseignement supŽrieur aux entreprises et aux fonds privŽs, l'autonomisation des universitŽs, les Žconomies d'enseignantEs et de personnels, et la prŽcarisation du statut de l'ŽtudiantE.

Ainsi, la rŽforme Bayrou (1997) censŽe lutter contre l'Žchec en DEUG a mis en place une semestrialisation scindant l'annŽe universitaire en  deux parties indŽpendantes. Loin d'avoir rŽussi ce pari, elle a permis d'Žclater la cohŽrence pŽdagogique annuelle et a ouvert la voie ˆ une politique de professionnalisation accrue par le biais de l'introduction de stages de longue durŽe. De plus, la rŽorganisation en unitŽs d'enseignements appauvrit les contenus des enseignements empchant toute  rŽelle ouverture interdisciplinaire et vers la recherche et faisant ainsi du DEUG un " Bac-bis ". De plus cette nouvelle organisation du DEUG laisse ouverte la voie de la semestrialisation de l'aide sociale.

Le projet Attali (1998) incitant individuellement enseignants et chercheurs, ˆ travers la loi sur l'innovation, ˆ se lancer dans la  crŽation d'entreprises " innovantes "(sic), engageant via le Plan UniversitŽ du Troisime MillŽnaire (U3M) les universitŽs ˆ tisser et ˆ renforcer les liens avec le milieu Žconomique local, organisant par l'intermŽdiaire de l'agence Edufrance la vente du " savoir-faire Žducatif franais " ˆ l'Žtranger ÷ qui prŽfigure la marchandisation du savoir Žducatif ÷, a travaillŽ de multiples faons ˆ inscrire dans les ttes et dans les faits l'emprise croissante du marchŽ sur l'Žducation.

Comme l'ont Žcrit fort justement Pierre Bourdieu et Christophe Charle dans Le Monde du 8 avril 2000, " dans l'universitŽ, ˆ moyen constant, la  crŽation de filires " professionnelles " ÷ dont le dernier avatar sont  les licences professionnelles ÷ ne peut se faire qu'au dŽtriment des filires existantes, qualifiŽes de classiques et dŽclarŽes inadaptŽes. Cette fausse professionnalisation est, en rŽalitŽ, le cheval de Troie de  la privatisation de l'enseignement supŽrieur. Elle favorise ou autorise  les interventions croissantes du " monde Žconomique ". Elle justifie l'allŽgement des savoirs disciplinaires au profit de l'acquisition de compŽtences floues dont on ne sait si elles pourront tre mise en ŝuvre dans un cadre professionnel. Enfin elle remet en cause la notion de dipl™me nationale et la certification par l'ƒtat de titres universitaires ".

La nouvelle rŽforme du CAPES ajournŽe ˆ 2001, est significative de la volontŽ de remodeler l'Žducation nationale dans son entier. En rŽduisant  comme une peau de chagrin le temps de prŽparation aux Žpreuves Žcrites d'admissibilitŽ, c'est en fait l'ensemble des connaissances disciplinaires qui seront ainsi amoindries. Enfin, alors mme que la volontŽ affichŽe Žtait de lutter contre l'Žchec massif des ŽtudiantEs ˆ ce concours, on assiste, en fait, ˆ un renforcement de la conception Žlitiste par la prŽsŽlection, et la rŽorientation " obligatoire ".

Ainsi, refusant une vision systŽmatiquement " allŽgŽe " de l'enseignement supŽrieur, nous voulons porter un projet alternatif de refonte du service public en renouant avec les valeurs fondamentales d'ŽgalitŽ et de solidaritŽ. ƒgalitŽ dans l'accs ˆ un savoir de qualitŽ,  solidaritŽ entre touTEs les acteurs/-trices de la communautŽ universitaire. Aujourd'hui, le dŽfi ˆ relever doit tre celui d'un enseignement dispensŽ par un vŽritable service public d'Žducation ouvert  ˆ toutes et ˆ tous, permettant ˆ chacune et chacun de ma”triser son destin social et professionnel.

Enfin, tre prŽsentE au CNESER peut nous permettre de faire avancer un certain nombre de revendications visant ˆ amŽliorer les conditions de vie et d'Žtude des ŽtudiantEs. Comme l'ŽgalitŽ rŽelle entre ŽtudiantE franaisE et ŽtudiantE ŽtrangrE (carte d'ŽtudiantE = carte de sŽjour), la lutte contre la prŽcaritŽ (rŽduction et mensualisation des frais d'inscription, ·).

Aujourd'hui, la mobilisation Žtudiante est encore trop faible du fait de  sa dispersion mais malgrŽ des sensibilitŽs diffŽrentes, ensemble, nous avons su rŽsister aux attaques libŽrales, ensemble nous pouvons le faire  savoir jusque dans l'instance interlocutrice du ministre, ensemble  faisons enfin vivre un contre-pouvoir syndical qui, informŽ, sera mieux armŽ pour contrer les projets gouvernementaux contraires aux intŽrts des ŽtudiantEs. C'est sur cette base unitaire que nous vous invitons ˆ participer ensemble ˆ une liste pour les Žlections du CNESER.

En espŽrant que cette proposition retiendra toute votre attention, veuillez recevoir nos salutations syndicales.

Nadia BENHELAL, Jean-Luc DELAUNAY et CŽdric de BELLAING, porte-paroles la fŽdŽration SUD-Etudiant. È [NdE: les E majuscules qui tra”nent partout ne sont pas la consŽquence d'un problme d'encodage de caractres, mais d'une rŽpugnante manie alors propre ˆ ces gens lˆ, qui s'est depuis malheureusement rŽpandue sous une forme lŽgrement diffŽrente, mais non moins rŽpugnante].

[17] Ç Camarades, Nous avons pris connaissance avec intŽrt de votre courrier du 14 mai ˆ propos des Žlections du CNESER, dont le contenu a tout pour nous satisfaire. En effet, nous avons eu depuis trois ans le souci constant de l'unitŽ de tous ceux qui agissent pour construire un vrai syndicalisme vraiment Žtudiant, pour dŽfendre les Žtudiants au quotidien, pour lutter pour le maintien de l'UniversitŽ publique et son ouverture ˆ tous.

Nous ressentons plus encore le besoin de cette unitŽ depuis les Žlections du CROUS de Paris o, SUD n'ayant pas rŽpondu ˆ nos propositions de liste unique, notre liste a manquŽ de 110 voix un Žlu alors que la v™tre en faisait 700, et le mouvement contre Allgre quand, alors que nous appelions ˆ une AG en Sorbonne pour le retrait des rŽformes l'U-ID et SUD ont lancŽ un mot d'ordre concurrent sur la seule question des moyens.

C'est pourquoi nous avons lancŽ au dŽbut du mois, avec l'UNEF Paris I et l'AGEE-UNEF (Evry), un appel au renouveau du syndicalisme Žtudiant, pour l'unitŽ sur une ligne clairement syndicale de tous ceux qui refusent le monopole sur la reprŽsentation des Žtudiants de l'U-ID et des corpos, qui ne les dŽfendent pas.

Cet appel a reu une premire rŽponse avec la constitution pour le CNOUS d'une liste de rassemblement pour la dŽfense du service public et de la justice sociale. Il est nŽcessaire que cette dŽmarche ne s'arrte pas lˆ, mais se poursuive et s'Žlargisse ˆ l'occasion des Žlections du CNESER, dont l'enjeu est plus important encore et o les chances de succs d'une telle liste sont bien supŽrieures. C'est pourquoi nous souhaitons participer ˆ une liste ayant les moyens et la volontŽ de proposer une alternative face ˆ l'UNEF-ID et aux corpos. Cela suppose un large rassemblement, au-delˆ de clivages  plus ou moins rŽcents, de toutes les AGE de l'UNEF, des SUDs Žtudiants, des AGE qui ont formŽ la SolidaritŽ Žtudiante, des syndicats locaux autonomes et de tous ceux qui veulent promouvoir une UniversitŽ publique de qualitŽ ouverte ˆ tous contre les rŽformes libŽrales. C'est ˆ ce rassemblement que nous sommes dŽterminŽs ˆ travailler. Au ton et au contenu de votre lettre, nous voyons que vous l'tes aussi, et nous en rŽjouissons. Cordialement, È

[18] Guirec mĠa confirmŽ quĠil Žtait lˆ avec Nathalie (dont le nom mĠŽchappe). JĠai retrouvŽ ensuite un Žchange postŽrieur dĠinsultes sur le forum avec RŽmi Lacapre (le 9 au soir) qui dŽnonait avec toute la stupiditŽ dont il Žtait capable le vote au CN de personnes arrivŽes Ç deux minutes avant È (cinq, selon lui). JĠai rŽpondu Ç Deux camarades sont effectivement arrivŽs dans la salle un quart d'heure avant le vote, qui ont votŽ contre la liste U-ID / Marion Brun / Lise Pastor. Deux. Pourquoi falsifier ? Il s'agit d'abord, par ordre d'entrŽe en scne, de Fabienne, secrŽtaire ˆ l'orga de l'AGEL (Lille) qui travaillait ˆ Lille jusqu'ˆ midi et, avertie par tŽlŽphone de ce qui se passait, s'est prŽcipitŽe dans un TGV pour venir voter contre la liquidation de l'UNEF. Lui refuses-tu, refuses-tu ˆ l'AGEL ce droit de voter ? Il s'agit ensuite de Guirec, qui Žtait en rŽvisions et que nous avons ŽtŽ trois ˆ appeler successivement pour lui dire qu'il devait venir (il est arrivŽ avec une autre camarade d'Evry, Nathalie, qui l'a amenŽ en voiture et qui Žvidemment n'a pas votŽ). L'un et l'autre ont votŽ comme tous les membres de leur AGE prŽsents le matin. È Que Nathalie nĠait pas votŽ prouve quĠil y avait dŽjˆ un reprŽsentant dĠEvry (Hakim ?) en plus dĠHugues LŽvŽcot. Je semble dire quĠil y avait Žgalement un Lillois, ce qui mĠŽtonne. Gilles nĠŽtait pas lˆ, en tout cas. Sans doute une erreur, involontaire ou volontaire.

Les deux autres qui ont appelŽ Guirec pour le forcer ˆ venir Žtaient certainement Sancia et Jihad. Je ne me rappelle plus du tout, puisque jĠavais oubliŽ cet Žpisode, pourquoi nous lui avons fait ce coup lˆ alors que le vote Žtait perdu, avec ou sans lui. VolontŽ de jouer le jeu jusquĠau bout ? Besoin de lui parler de vive voix de la liste que nous montions ?

[19] Je signale, parce que cĠest rigolo, quĠil a fini, onze mois plus tard, ˆ ce qui fut le dernier CN, pat voter avec les n™tres contre la Ç rŽunification È. Il nĠen figurait pas moins dans la liste du Bureau national de lĠUNEF prŽtendument rŽunifiŽe. Notre ex direction nationale nĠavait ˆ ce point plus personne avec elle quĠelle a dž ratisser trs large pour pourvoir les postes que lĠU-ID avait gŽnŽreusement accordŽs.

[20] Ç par nos discussions, nos actions, le dŽbat avec l'Unef-id a ŽvoluŽ et que sur un certain nombre de point dont l'Unef-id ne voulait mme pas entendre parler il y a encore trois mois, c'est aujourd'hui elle qui les propose : rassemblement, unitŽ, coŽlaboration, refus d'addition d'appareil mais rŽflexion sur le choix des individus. È

[21] Ç De fait le type de liste nous invite ˆ rŽflŽchir que un certain nombre de choix ˆ faire pour l'UNEF dans les semaines ˆ venir. Comme je l'ai dit, il s'agit maintenant de rŽflŽchir ˆ quel type de recomposition syndicale. Dans le choix d'une telle liste au CNESER, je vous propose d'engager un processus d'unification du monde Žtudiant avec la tenu d'un congrs fondateur en dŽcembre prochain. Pour la rŽussite d'un tel processus cela nŽcessite la mise ne place d'un certain nombre d'initiative commune et ce ds les cha”nes d'inscription afin d'avoir une prŽparation large et publique de ce congrs. Nous proposons donc qu'indŽpendamment des cartes de l'UNEF, puissent tre proposŽ ds juillet des coupons de participation de construction d'une nouvelle organisation. Que ce processus soit animŽ par un comitŽ de liaison paritaire qui soit animŽ par toutes les organisations partie prenante et qui ne soit pas exclusif dans le sens o une organisation peut dŽcider de le rejoindre ˆ tout moment. Que les coupons de participations soir gŽrŽs en commun tant dans leur retrait que dans leur remontŽe nationale.

Que ce congrs soit prŽparŽ avec les Žtudiant par des congrs locaux, qui Žlaboreront avec les Žtudiants adhŽrants au processus les statut, l'orientation de cette nouvelle organisation.

Que l'UNEF soit ˆ l'initiative de rencontre unitaire publique sur les facs, que nous ayons confiance dans ce que nous portons, dans notre dŽmarche syndical. En clair, que nous ne soyons pas spectateur d'un tel processus mais bel et bien acteur. Pour que cette nouvelle organisation soit ˆ l'image de la diversitŽ (sociale, de filire, gŽographique mais aussi d'opinion) des Žtudiants. Pour que cette nouvelle organisation soit utile au plus grand nombre.

Enfin la convocation d'un congrs de l'UNEF pour les 28 et 29 octobre, pour analyser l'Žvolution d'un tel processus, pour que tous les adhŽrents de l'UNEF donnent leur avis sur les choix de ce collectif national. È

[22] Ç Ne pas diffuser au-delˆ de la liste, merci.

Cher camarade, Merci de ta rŽponse. Elle sera versŽe, dans la mesure du possible, au dŽbat du CN de samedi. Mon impression personnelle: la condition 2 me semble pouvoir tre remplie. Elle correspond aux positions prises par l'UNEF ˆ l'apparition de chacune de ces rŽformes, ˆ part U3M (mŽfiez vous de la premire impression...), et ˆ ce que nous demandons pour notre part (nous ajouterions volontiers la licence professionnelle).  La 1 pose plus de problmes:

1) La formule "combat pour la constitution d'une structure syndicale d'ampleur nationale" me para”t difficilement pouvoir tre reprise par une liste de rassemblement comprenant toute l'UNEF. ‚a reviendrait ˆ combattre contre soi-mme. Il s'agirait plut™t ˆ mon avis d'affirmer que les participants ˆ la liste veulent former ensemble une telle structure. Nuance.

2) La prŽcision "depuis 30 ans" ne suscite Žvidemment pas d'objections de ma part (sinon qu'on pourrait dire 35 ans, depuis le temps que nous disons 30 ans). Mais il me semble impossible de la faire adopter an une semaine par des AGE qui ne l'ont pas dŽjˆ fait. Voilˆ. Evidemment, tout a n'engage que moi. La suite samedi, s'il n'y rien de nouveau d'ici lˆ.

D'autre part, je rŽitre une autre question: le choix est-il pour vous entre la liste UNEF et l'abstention, ou d'autres possibilitŽs sont-elles envisageables ? È

[23] Ç Pour rŽpondre ˆ ta deuxime question, si tu sous-entends que nous pourrions envisager de soutenir la liste SUD (c'est bien a que tu veux dire ?) voici ta rŽponse : leur plate-forme nous a semblŽ considŽrablement plus correcte que celle de l'UNEF... MAIS (car il y a un mais), Žtant donnŽ ce qu'est SUD et les combat qu'il a menŽ (l'absence de combat donc), la question ne se pose pas. Il est tellement facile d'Žcrire une belle plate-forme. Notre but reste toujours le retour ˆ une universitŽ publique, la•que, gratuite qui ne sacrifie aucune connaissance et ouverte ˆ tous. L'alternative est donc pour nous : voter UNEF si la plateforme est correcte (thats to say avec au moins nos 2 points) sinon : abstention. È

[24] Je prŽcise ici que, de faon tout ˆ fait mystŽrieuse, mon ordinateur personnel Žtait alors rŽglŽ sur lĠheure de la SibŽrie orientale, avec donc neuf heures dĠavance sur celle de Paris (jĠai mis assez longtemps ˆ mĠen apercevoir). Ce serait simple si tous mes mails avaient ce dŽcalage : ce nĠest pas le cas, selon les conditions de lĠenvoi et de rŽception. Dans la plupart des cas, on peut trancher facilement. Dans dĠautres pas du tout. Ce mail de Nathan peut donc aussi tre de sept heures du matin, mme sĠil est plus probable quĠil ait suivi la conversation tŽlŽphonique avec Christelle.

[25] Je prŽcise que je nĠai mme pas envisagŽ dĠtre tte de liste. CĠŽtait tout ˆ fait incompatible avec ma position, dŽjˆ ŽvoquŽe, dĠŽtudiant ˆ Paris, prof en province. De plus, jĠavais un peu trop jouŽ le r™le du porte-flingue dans toutes les bagarres prŽcŽdentes, pour jouer soudain les rassembleurs. Je lĠavais fait parce que je nĠai jamais envisagŽ de prendre des responsabilitŽs importantes, contrairement ˆ ce que quelques salopards et beaucoup dĠimbŽciles ont rŽpandu sur mes ambitions dŽmesurŽes. JĠŽtais alors en quatrime annŽe de thse, que je croyais tre lĠavant-dernire (il en a fallu une de plus, en fait). Ma seule ambition personnelle alors dans le syndicalisme Žtudiant Žtait de trouver la sortie (Ce ne fut pas un succs. Ce que je suis en train de faire montre que je ne lĠai, vingt ans aprs, toujours pas trouvŽe).

[26] Une rŽaction fort peu aimable du camarade ˆ la relance du site unef.org semble indiquer quĠil prŽfre oublier et faire oublier cette pŽriode. Je ne le nomme donc pas ici, puisque a nĠa pas une grande importance.

[27] Voir sur ce point la fin du texte de Robi Morder sur la scission de 1971 dŽjˆ citŽ note 3.

[28] http://unef.org/paris4/interne/postscriptlimoges.pdf

[29] Bien Žvidemment, je parlais lˆ dĠune troisime UNEF en ce quĠelle sĠajouterait aux deux alors existant. Rien ˆ voir avec ce qui prŽcde.

[30] http://www.unef.org/national1200/CNESER2000/appel3juinresistons.htm

[31] LĠabominable systme Licence /Mastre / Doctorat, remplaant lĠancien DEUG /Licence /Ma”trise /DEA /Thse, alors prŽconisŽ par le rapport Attali, depuis mis en place.

[32] [note de novembre] Non en fait, comme on le voit sur l'appel retrouvŽ depuis.

[33] Avec une embrouille supplŽmentaire. Je me rappelle que Leila avait donnŽ son accord, mais pour une candidate plus reprŽsentative de lĠAGE quĠƒmilie. Pourtant, cĠest ƒmilie qui est sur notre bulletin de vote. Je crois me rappeler quĠil y avait eu un souci de carte dĠŽtudiant : lĠautre camarade (dont le nom mĠŽchappe) avait perdu la sienne, mais en avait gardŽ photocopie, ce qui suffisait, sauf pour le CNESER qui exigeait le recto et le verso. Donc, retour ˆ ƒmilie.

[34] Ç Chers camarades,  Si ma mŽmoire est bonne, vous tes l'un et l'autre Žlus aux conseils centraux de l'Ecole, et ˆ ce titre Žlecteurs et Žligibles pour le CNESER. Je suis, moi-mme Žlu au CS de Paris IV, au titre de l'UNEF. Je viens d'apprendre que la direction nationale de l'UNEF proposera au collectif national de ce week-end de faire liste commune avec l'UNEF-ID pour le CNESER, ce qui veut dire renoncer ˆ tout positionnement contre les rŽformes Bayrou-Allgre. Nous sommes assez nombreux, dans l'UNEF et hors de l'UNEF, ˆ tre dŽcidŽs ˆ rejeter cette trahison, et ˆ tout faire pour dŽposer une liste de dŽfense de l'UniversitŽ publique si la direction de l'UNEF renonce ˆ le faire. Cette liste, d'aprs nos calculs, pourrait avoir un Žlu. Problme: il faudrait dŽposer avant lundi 17h 22 noms de 22 Žlus dans 22 Žtablissements diffŽrents. C'est possible, mais c'est loin d'tre gagnŽ. C'est pourquoi je me permets de vous de vous Žcrire pour vous demander si vous accepteriez Žventuellement d'tre candidats sur une telle liste. Je suis ˆ votre disposition pour toute demande de prŽcision. Merci de me rŽpondre vite ou, mieux de m'appeler : [É] EspŽrant pouvoir compter sur votre soutien, Emmanuel Lyasse. È

 

[35] Je lui ai rŽpondu, avec copie ˆ lĠautre, dans la nuit de lundi ˆ mardi Ç La liste est incomplte. Elle sera certainement invalidŽe (cf communiquŽ de presse sur le forum unef.org) Les corpos, l'UNI et l'UNEF-ID, tous favorables aux rŽformes Bayrou-Allgre, comprenant par exemple la liquidation de l'Ecole, auront le monopole de la reprŽsentation officielle des Žtudiants. Est-ce cela que tu voulais, ma camarade ? Peut-tre, aprs tout. Je dois t'avouer que si j'avais su que tu avais donnŽ ton adhŽsion ˆ ces gens qui, depuis 1947, n'ont cessŽ de nous mentir que pour nous fusiller, je n'aurais mme pas tentŽ cette vaine dŽmarche. Tristement, EL È

[36] Ç Vincent Labatut, responsable de l'USEP-SE (Pau), nous a fait savoir que l'acte de candidature de l'Žlu de son AGE n'Žtait valable que pour une liste unitaire comprenant aussi SUD Žtudiants, et demandŽ de ne pas l'utiliser. Nous ne comprenons pas cette dŽcision, dans la mesure o c'est SUD Žtudiants qui a refusŽ de participer au rassemblement syndical sur des bases sŽrieuses. C'est de bonne foi que nous avons cru en recevant ce fax que l'USEP s'associait ˆ notre dŽmarche. Nous regrettons Žvidemment d'avoir publiŽ cette erreur dans notre communiquŽ, et prŽsentons nos excuses aux camarades de Pau, comme nous regrettons qu'ils se soient laissŽ convaincre par des manÏuvres de division. En revanche, nous avons trouvŽ ce matin le fax, arrivŽ en Sorbonne d'un acte de candidature de Lyon I.  En Sorbonne, mardi 6 juin, 19 heures È

 

[37] https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000570334

[38] https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000006438080/1998-08-30/#LEGIARTI000006438080

[39] EmpruntŽ ˆ D. Motchane, Clefs pour le socialisme, Paris (Seghers), 1973, p. 227.

[40] Postface ˆ cette histoire : aux dernires Žlections universitaires dont je me sois mlŽ, celles de Paris IV dŽbut 2003, lĠUNI, le vent ayant dŽfinitivement tournŽ, faisait campagne avec des tracts expliquant comme cĠŽtait beau Ç lĠEurope È. JĠai bien sžr racontŽ ˆ ses petits militants cette conversation. Ils mĠont assurŽ quĠils ne me croyaient pas, mais je pense nŽanmoins leur avoir fait peur.

[41] http://www.unef.org/national1200/CNESER2000/communique14juinrefusentree.htm

[42] Il faut prŽciser que, si tous les dŽputŽs avaient depuis peu une adresse Žlectronique officielle, tous ne lĠutilisaient sans doute pas.

[43] http://www.unef.org/national1200/dossiercneser.htm

[44] Ces rŽactions ont ŽtŽ ensuite regroupŽes sur une page du site http://www.unef.org/national1200/agecneser.htm

[45] Ce logo, et notre subtile riposte (ci-contre), sont sur le site http://www.unef.org/national1200/logos.htm

[46] ˆ part une des premires apparitions hors LCR de ce qui deviendra lĠabominable Ç Žcriture inclusive È

[47] Aux bureaux d'AGE  Aux adherents qui vont tenir les chaines

L'actualite importante pour notre syndicat nous porte a nous  rencontrer pour discuter ensemble des actions qui vont marquer la  periode. C'est pourquoi nous te proposons de nous reunir lors d'une Rencontre Nationale de l'UNEF les mercredi 28 et jeudi 29 juin.  Les chaines d'inscription approchent et nous devons les preparer, tant en terme de materiel (tract, guide...) que de gestes pour mener  les batailles SOS-Inscription, SOS-Aide sociale, SOS-Examens,  preparer les reunions de pre-rentree... De nombreuses personnes qui seront presentes sur les chaines les tiendront pour la premiere fois, et cette rencontre doit permettre de leur donner des elements,  ainsi que d'echanger les experiences entre AGE afin d'etre mieux utiles dans la periode.

De plus, en lien avec la decision du Collectif National du 3 juin,  ces chaines marquent la mise en place sur les facs (et nationalement) de Collectifs Locaux Paritaires avec les syndicats et les  associations qui sont partie prenante du processus pour le rassemblement du mouvement etudiant. Des etudiants non organises pourront faire partie de ces collectifs locaux, grace a des coupons  de participation disponibles sur les chaines. Nous avons besoin de discuter dans l'UNEF de la mise en oeuvre de ce processus.

C'est pourquoi cette rencontre nationale a pour but de preparer les chaines d'inscription, en lien avec la demarche que nous avons decide  d'impulser. Ce sera l'occasion pour nous d'echanger et de donner notre avis sur la periode qui vient de s'ecouler, sur la preparation  des chaines et les objectifs de la rentree universitaire.

Un prochain courrier t'informera du lieu, des horaires et du  deroulement plus precis de cette rencontre. Je t'invite cependant a inscrire des maintenant les personnes concernees pour les 28 et 29 juin.

Silvere Magnon, Secretaire General UNEF - Union National des Etudiants de France unef@unef.eu.org http://www.unef.eu.org [message manifestement tapŽ avec un clavier sans accents]

[48] Sur les vingt-deux, il y en avait six hors UNEF : les deux du SEUL, celui de lĠAGET-ASL, le Palois, les deux miraculeux de Metz et Besanon. Il aurait pu y avoir deux UNEF de plus si les MontpelliŽrains nĠavaient pas fait double emploi avec le SEUL.

[49] Je le retrouve dans mes mails, car il avait ŽtŽ envoyŽ au forum (dont les archives ne conservent malheureusement pas les pices jointes) par CŽcile. Il nĠy a effectivement rien dedans. Un historique bidon, puis un hymne ˆ lĠunitŽ considŽrŽe comme acquise, aucune allusion ˆ lĠopposition manifestŽe par presque toutes les AGE et ˆ notre liste pour le CNESER.

[50] Je lui avais rŽpondu, hors forum, avec copie aux camarades impliquŽs dans notre dŽmarche, Je suis dŽjˆ syndiquŽ, merci en lui rappelant ses engagements de juin et en lui demandant des Žclaircissements, que je nĠai jamais reus.

[51] On a parlŽ des vaines nŽgociations pour le CNESER. MalgrŽ cela, un congrs dĠunion entre le SEUL et SE, apparemment prŽvu auparavant, firement annoncŽ, sĠest tenu le 14 juin 2000, qui fut un dŽsastre, dont rien nĠest sorti.

[52] Reprise ici http://www.unef.org/paris4/interne/contribelyasseete2000.pdf (page 8), dŽjˆ citŽ.

[53] LĠUNEF-ID nĠavait certes pas ce souci, ˆ qui suffisait une direction politique centrale, une Žquipe tournante de spŽcialistes des Žlections, salariŽe au moins de fait, et un correspondant dans chaque fac pour accueillir cette Žquipe quand elle dŽbarquait.

[54] Trotskiste, dĠorigine anglaise, comme beaucoup avant et aprs, pratiquant le confusionnisme mouvementiste et lĠentrisme dŽcomplexŽ dans le PCF et le PS, ce qui semble expliquer ˆ la fois son rapide succs et sa rapide Žvaporation.