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CNESER 2002: la profession de foi déposée par SUD et la FSE le 31 mai
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Ce texte, donné pour information, n'engage pas l'UNEF (Résistance syndicale) qui a refusé de s'y associer

Pour une Université publique de qualité,
Contre la marchandisation de l’Université !

Liste présentée par SUD-Etudiant (Union Syndicale G10 Solidaires),

FSE (Fédération Syndicale Etudiante)

Soutenue par l’Union Générale des Etudiants de Montpellier (UGEM), SUD-Rural, l'Union Syndical des Etudiants de Lyon (USEL), SUD-Culture, le Syndicat National des Journalistes, SUD-Education, SUD-Santé Sociaux.

Cette liste d’union est constituée autour de constats inquiétants sur la situation de l’enseignement supérieur aujourd’hui. Loin des pratiques des organisations étudiantes de cogestion (UNEF, UNI, FAGE, PDE), nous souhaitons que les étudiantEs soient pleinement associéEs aux débats et aux décisions sur les orientations universitaires. Nous voulons porter une alternative dans la durée capable de rassembler les étudiantEs opposéEs à la logique libérale dans laquelle l'enseignement supérieur est engagé. Nous avons lutté et lutterons sur l'ensemble des thématiques décrites ci-dessous.

Les universités françaises subissent depuis la loi FAURE de graves attaques dans leur nature et dans leur ampleur. Le rapport ATTALI (1998), contre lequel nous avions lutté avec les étudiantEs, voit aujourd'hui ses aspirations destructrices mises en œuvre. La mise en pièce de l'université publique avec la réforme LANG entre dans une phase décisive.

UNE penurie budgetaire generalisee due au desengagement de l'etAt : les universités souffrent d’un manque criant de moyens : le ministère reconnaissait lui-même en 2001 un manque de 11.408 enseignants dans l’enseignement supérieur ! Mais il y a aussi un manque très important de IATOSS et de locaux quelquefois insalubres. Cette pénurie budgétaire doit cesser pour que soient enfin garanties de bonnes conditions d’études pour tous et toutes, au sein d’une Université de qualité. Cette liste réaffirme que l’éducation est un droit, doit être gratuite, et exige un réengagement financier de l’Etat à hauteur des besoins, et non un appel aux fonds privés.

Dans le contexte global d'une réduction des dépenses publiques, qui encourage les enseignantEs à créer leur start-up (Loi sur l'innovation), l’Etat finance de moins en moins l’enseignement supérieur, augmentant les frais d’inscription (en 1984, la carte d’étudiant coûtait 100F, sécurité sociale comprise), délaisse l’aide sociale, et présente comme un progrès la participation des entreprises privées, en échange d’un droit de décision sur le contenu de nos formations, et délaisse l'aide sociale. En effet, aujourd'hui 48% des étudiantEs sont obligéEs de travailler pour étudier. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que les enfants issus des classes populaires soient 32% en DEUG mais 4% en maîtrise. Ceci montre bien que le système d'aide sociale actuel est incapable d'assurer une véritable justice sociale et une indépendance financière qui permettent l'égalité devant les études. Si rien n'est fait, les inégalités sociales ne peuvent que s'accroîtrent, et le salariat étudiant précaire se développer. Les luttes des salariéEs dans ces entreprises (Cf. Mc-Do) montrent le rejet de cette dégradation des conditions de vie étudiantes.

Des reformes successives pour "rentabiliser" l'universite : Toutes les réformes depuis la loi FAURE vont dans un seul et même sens, celui de la privatisation de l’université. Celle-ci instaure l’autonomie des Universités, et ouvre la porte aux intérêts privés. La loi SAVARY (1984) la renforce, en particulier en ouvrant leurs conseils à des personnalités extérieures. La semestrialisation BAYROU (1997) a commencé à remettre en cause le cadre de l'année universitaire et la session de septembre. Le plan U3M, inspiré du Rapport ATTALI (1998), tend à changer totalement la fonction de l’enseignement supérieur : non plus donner une formation intellectuelle et professionnelle pour la vie, mais satisfaire les exigences à court terme du MEDEF. Les licences professionnelles sont des diplômes bidons, dont l’épreuve essentielle est un stage sans garantie de paiement noté par le patron. De plus, les filières privilégiées seront celles rentables économiquement, le plus souvent à court terme, pour des intérêts privés locaux. Les filières "non-rentables" seront supprimées ou reléguées à un simple titre sans valeur. La réforme LANG poursuit toujours plus cette logique.

Cette politique dicte une attitude scandaleuse à l’égard des étudiantEs étrangerEs. Les privilégiés sont ceux qui peuvent payer, attirés par l’agence EduFrance. Dans le même temps, tous les autres sont persécutés. Depuis la circulaire SAUVE-MARCHAND (1991), la préfecture décide qui sont les vraiEs étudiantEs et expulse les autres. Il faut que la carte d'étudiant donne systématiquement droit à une carte de séjour et que la préfecture cesse son contrôle des études. De manière générale, il faut obtenir l'égalité des droits pour tous et toutes, sans discrimination quelle qu’elle soit.

COMBATTRE la réforme Lang et la casse des diplômes : Les arrêtés adoptés par le CNESER (26 novembre 2001, 4 février 2002 et 15 avril 2002) constituent l’ossature de la réforme LANG. L’enseignement supérieur sera organisé avec des diplômes en 3 ans, 5 ans et 8 ans, ce qui signifie la dévalorisation immédiate des DEUG et maîtrise, avant leur probable suppression d’ici quelques années. D’autre part, les DEA et DESS sont supprimés et remplacés par le master , qui "porte la mention du ou des établissements qui l’ont délivré ". Tous les diplômes seront accompagnés d’une " annexe descriptive ", qui indiquera les cours suivis par l’étudiantE. Actuellement, un diplôme est équivalent qu’il soit obtenu à Strasbourg, Paris ou Bordeaux. C’est une garantie qui protège les étudiantEs. Avec le master, le nom de l’université étant indiqué dans l’intitulé même du diplôme, et avec l’annexe descriptive, c’est purement et simplement la fin du cadre national des diplômes, sans reconnaissance en terme de qualification, notamment dans les conventions collectives. Enfin, la réforme LANG instaure le diplôme à points (" système ECTS "). Un diplôme universitaire ne s'obtiendra plus par année, avec des examens par matière validant l'assimilation de connaissances, mais par une accumulation de points (180 points pour une licence, 300 pour un master). Les diplômes à point renforcent le processus d'autonomisation des universités prôné par la CPU (Conférence des Présidences des Universités) et le ministère. Cette réforme remet en cause de nombreux acquis : la compensation et la session de septembre seront définies université par université.

Nous refusons cette déréglementation généralisée : La réforme LANG prévoit un système où chaque université fera comme elle l’entendra, sans se soucier d’une organisation nationale des études. C’est une offensive majeure contre l’Université comme lieu de création et de transmission de savoirs, qui s’inscrit dans la logique actuelle de mondialisation libérale, et en particulier de la rentabilisation et du démantèlement des différents services publics. Parce qu’elle est contraire aux intérêts des étudiantEs, nous dénonçons cette réforme, violant le principe d’un service public égalitaire. Cette attaque ne doit pas rester sans réponse, dans les conseils, au CNESER mais aussi et surtout sur les universités par les mobilisations des facs, l'organisation d'Assemblées générales d'information et de mobilisation. Cette liste se veut comme une contre-attaque supplémentaire pour inverser la logique actuellement à l’œuvre, en plus de l’indispensable activité de terrain sur nos universités.

Nos PRINCIPALES revendications

1-) porter l’exigence de l’abrogation de toutes les réformes depuis la loi FAURE.

2-) fonds publics à l’enseignement public, fonds privés à l’enseignement privé.

3-) dénoncer toute discrimination à l’égard des étudiantEs étrangers.

4-) rejet de toute nouvelle attaque, de toute maquette de diplôme présentée par une Université contraire à l’exigence d’un cadre national, en particulier toute nouvelle licence professionnelle.

5-) rejet de toute remise en cause, par les Universités qui ne l’ont pas encore fait, de la session de septembre et, plus généralement, de toute dégradation des conditions d’examen.

6-) rejet de toute augmentation des frais d’inscription, en portant l’exigence d’une Université gratuite.

LE SAVOIR NE DOIT PAS ETRE UNE MARCHANDISE !

Abrogation des réformes libérales de casse

du service public de l’Université

Pour en savoir plus :

www.luttes-etudiantes.com, www.sud-etudiant.org